MANUEL PALÉOLOGUE
i3gi. Manuel Paléologue, second fils de l'empereur Jean, né Tan i348, associé, le 2.S septembre i373, au préjudice d'Andronic , son aîné , par son père, à Tempire , lui succéda l'an 1391. Ce fut à la cour du sultan Bajazet, où il était en otage, qu'il apprit la mort de l'auteur de ses jours. A cette nouvelle, il s'échappe furtivement, et se rend en diligence à Constantlnople , où il fut universellement reconnu. Le sultan, irrité de son évasion, passe dans la Thrace, saccage tous les lieux où il passe, et investit ensuite Constantlnople, qu'il réduit , en interceptant les vivres, à Tetat le plus déplorable. Mais , de-
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terminé à porter la guerre en Hongrie , il se fetîre dans la ré4 solution de revenir ^rès cette expédition. Il reparut en effet , l'an i397 , devant celte ville, dont il fît le siège , et qu'il aurait emportée sans la crainte que son grand-visir lui inspira d'une croisade prête à se former, disait-il , pour défendre ou recouvrer Constantinople. Ce visir était bien mal informé de l'état des affaires de l'Europe. Bajazet suivit le conseil qu'il lui donna de faire la paix avec l'empereur, et ia fit à trois conditions ; 1*^, qu'on lui payerait dix milles pièces d'or par an; 2.°. qu'on îjâtirait à Constantinople une mosquée pour les Musulmans; 3°. qu'ils y auraient un cadi, nommé par le sultan, pour juger leurs affaires. Bajazet , n'osant prendre Constantino])le à force ouverte , se proposait de l'obtenir par accommodement. Dans cette vue, il contraignit, le 4 décembre 1^99, Manuel à se donner pour collègue le piùi^ce Jean , son neveu , iils d'Andronic , sous la promesse que Jean lui fit d'échanger avec lui Conslantinople pour la Morée. Mais, sur le refus que celui-ci fit ensuite de tenir cet engagement, Bajazet se prépare à faire de nouveau le siège de la ville impériale. Manuel , l année sui-. vante , passe en Occident pour solliciter des secours contre les Turcs, et s'en revient, l'an i4oi , avec l'unique et frivole satisfaction d'avoir été reçu partout avec de grands honneurs,^ Heureusement il apprend à son retour que Bajazet a été fait prisonnier par Tamerlan, Mais les fils du sultan continuent la guerre contre les Grecs. Manuel cependant vint à bout de faire , quelques années après, une paix avantageuse avec Soliman P^ , successeur de Bajazet. Ce traité fut respecté parles sultans Ché— lébi et Mahomet 1^"", qui vinrent ensuite 1 un après l'autre, et laissèrent l'empire grec respirer pendant leurs règnes. Mais , l'an 1423, le sultan Amurath II, irrite contre Manuel de ce qu'il avait épousé la cause de Mustapha , son oncle , qui lui disputait l'empire , vient mettre le siège devant Constantinople» avec une armée de cent cinquante mille hommes. Il réduit en cendres les environs de la ville, et lui fait essuyer tout ce que la guerre a de plus cruel. Le canon jusqu'alors n'ètoit point connu dans l'Orient. Amurath en fit usage à ce siège. Les effets de ce terrible instrument n'abattirent pas le courage àcs Grecs. Ils se défendirent, hommes et femmes, avec toute la valeur possible, ÎLnfin, le 6 septembre de la même année , Amurath lève le siège pour aller s'opposer à Chélèbi-Mustapha, son frère , qui venait de se rendre maître de Nicée. L'an 1428, Manuel conclut, avec Amurath , un traité de paix , dont on ignore les conditions. îi était à peine signé , que Manuel finit subitement ses jours le 21 juillet. Ce prince avait régné trente-quatre ans depuis la snort de son père , et avait vécu sçixante-dijc-sept ans et vingt-.
Èinq jours. Quelques auteurs disent qu'en 1419,1! avait abdiqué fen faveur de son fils aîné, aprè, l'avoir fait couronner empe— reur. Si cela est, son abdication, comme on vient de le voir » ne l'empêcha pas de vaquer aux affaires de l'état. Il est plus certain que, deux jours avant sa mort, il se retira dans un mo-» nastère , où il prit l'habit et le nom d'Antoine. Ses funérailles furent honorées des larmes de ses sujets, qu'il avait gouvernés avec beaucoup de douceur. Il avait fait fermer l'entrée de la Morée , ou du Péloponèse , par un mur, dans la largeur de l'isthme, qu'on estime, d'après cette largeur, d'environ six milles ; ce qui l'a fait appeler hexamUle par les Grecs du basempire. jManucl eut de sa femme Irène , fille de Constantin Dragasès , souverain d'une petite contrée de la Macédoine , huit enfants, qui furent Jean, qui suit ; Théodore, prince de Sparte ; Andronic , prince de Thessalonique; Constantin, empereur; Démétrlus , prince du Péloponèse ; Thomas , prince d'Achaïe ; Hélène , femme de Lazare , souverain de Servie ; et Zoé , qui fut mariée à Jean Basile , duc de j^Ioscovie,