‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 356 sur 437 · JEAN PALÉOLOGUE IL · texte numérisé non relu

JEAN PALÉOLOGUE IL

1425. Jean Paléologue, né le 25 décembre 1890, cou-^ tonné empereur, à ce qu'on pi'éteud , le 19 janvier i4'9 » suc-* céda, le 2.1 juillet 1426, à l'empereur Manuel , son père. Il faut distinguer, avec Sponde , deux commencements du règnâ de Jean Paléologue , pour ne pas tomber dans la méprise dii iquelques historiens, qui ont cru que Jean Paléologue, cou-* tonné , comme ils le reconnaissent, en 1419, était fils d'Atidronic, et différent de Jean, fils et successeur de Manuel. Là situation déplorable à laquelle ce prince se trouva réduit pai* les Turcs , le porta à penser à la réunion des deux églises, dans l'espérance d'obtenir du secours des liatins. Il y eut , pour cet effet, différentes ambassades de part et d'autre , depuis 142(9 jusqu'en i4'^>7- Le 27 novembre de cette dernière année , l'em* pereur partit de Constantinople sur des galères envoyées parlé pape Eugène IV, arriva, le 8 février i43JS, à Venise, et de-là se rendit à Ferrare , où il fut reçu , le 4 mars , par Eugène , qui s'y était rendu pour le concile qu'il y avait indiqué. L'année suivante , le concile ayant été transféré à Florence, l'affiaire de la réunion y fut heureusement terminée. ( Voyez les Conciles année i43g. ) L'empereur quitta Florence le 26 août i43g» s'embarqua, le n octobre, à Venise, et rentra, le i'"". févrief i44f>, à Constantinople. La réunion fut d'aussi courte durée qu'elle avait tté solennelle. Marc d'Ephèse , le seul des Greca ^^ui avait refusé de la souscrire à Florence , renouvela le schisme

à son retour ; et échauffa tellement les esprits , que depuis il ji'y a plus eu moyen de réconcilier les deux églises. Pour comh\e de désolation, l'intérêt mit la division dans la famille impériale. Constantin, frère de Jean Paléologue , s'empara des domaines de Démétrius , son frère , qui avait accompagné l'empereur en Italie, Demélrius, voyant que l'empereur, sovu'd à ses plaintes, ne lui donne aucune satisfaction, s'adresse au sultan Amurath, qui lui fournit des troupes, avec lesquelles il vient assiéger Constant! nople le z'à avril i44>^- Obligé de lever le siège, après avoir ravage tous les dehors de la ville, il fait sa paix, et obtient une principauté sur les bords du Pont-Euxin , où il va s'établir. L'année suivante, après la célèbre bataille de Yarne, gagnée sur les Chrétiens par Amurath, le lo novembre, Jean Paléologue se voit menacé de toutes les forces des Turcs, sans apercevoir aucune ressource contre ces infidèles. Dans cette extrémité, il eut recours à la clémence du sultan, qui lui accorda la paix, et le laissa tranquille le reste de ses jours. Jean Paléologue, mourut sans enfants, le 3i octobre 6967 de l'ère de Constantinople, selon Phranzès, ( i448 de Jésus-Christ. ) Ce prince n'était point guerrier; mais il ne manquait pas de politique, et fit avec les Turcs des traités aussi avantageux que les circonstances le permettaient. Il aimait d'ailleurs ses sujets , et il ne tint pas à lui qu'il ne les rendît heureux. Il avait épousé trois femmes, dont on ne voit point qu'il ait eu aucun enfant, 1**. Anne de Moscovie, morte l'an 1417 ; 2.°. Sophie , fille de Jean II, marquis de Montferrat, qui abandonna son époux , et revint en Italie l'an 14^6; 3°. MARIE CoMNÈ^'E, fille d'Alexis, empereur de Trébisonde.

CONSTANTIN XII, PALÉOLOGUE, dit DRAGASÈS.

1448. Constantin, quatrième fils de l'empereur Manuel et d'Irène Dragasès, né vers la fin de février i4o3, prince du Pont, puis du Péloponèse , succéda, au commencement de novembre i44^î à l'empereur Jean, son frère. Démétrius , son cadet, ayant voulu lui disputer l'empire, le sultan Amurath se rend arbitre de la querelle, et décide en faveur de Constantin. L'an 1453, Mahomet II, successeur d'Amurath , ayant trouvé l'occasion de rompre l'alliance avec Constantin , marche vers Conslantinople à la tête d'une armée de trois cent mille hommes; quatre cents galères turques couvrent en même tems le détroit du Bosphore. Le siège est commencé par terre le 2 avril. Mais l'entrée du port étant fermée par deux chaînes d'une force extraordinaire, Mahomet, après avoir fait couper un chemin à travers les montagnes derrière le Bosphore , fait transporter ,

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à force de bras, en une nuit, ses bâtiments par terre jusqu'à l'autre côté du golfe de Cérat; ce qui formait un trajet de deux lieues. La ville, dont la garnison n'était que de huit mille hommes, se défend avec un courage incroyable. Enfin la valeur opiniâtre des Turcs triompha de la belle résistance des Grecs. La malheureuse Constantinople fut emportée d'assaut le 29 mai J453. Constantin y périt les armes à la main dans la cinquantième année de son âge , et la cinquième de son règne. La ville fut pillée et saccagée : le sultan avait défendu d'y mettre le feu ; mais à la réserve de l'incendie, les victorieux y exercèrent, pendant trois jours , tout ce qu'on peut imaginer de plus abominable en tout genre d'excès. Telle fut la fin de l'empire d'Orient; et Constantinople, fondée par Constantin le Cïrand, qui en avait fait la dédicace le 1 1 mal 33o , tomba sous la puissance des Turcs le 29 mai i453, après avoir été onze cent vingt-trois ans et dix-huit jours le siège des empereurs grecs, dont le dernier portait le nom de Constantin. C'est ainsi que l'empire d'Occident, fondé par un Auguste, finit sous un AugustCi Démétrius et Thomas, freines de Constantin Paléologue , lui survécurent , et se soutinrent quelque tems dans le Péloponèse , c'est-à-dire jusqu'en i4^8, que Mahomet s'en rendit maître. Enfin il restait aux Grecs Trébisonde, où régnait David Comnène; Mahomet s'en empara, l'an 1462, et emmena David à Constantinople , où , peu de tems après, il le fit mourir.

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