‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 371 sur 437 · XL SAPOR I · texte numérisé non relu

XL SAPOR I

L'an 238, Sapor I , ou Schah-por , dit aussi Schavar ^ et surnommé ïirdeh , fils d'Artaxercès , fut placé sur le trône de Perse après la mort de son père. Il fit sa résidence dans la ville de Gandaschavar qu'Artarxercès , son père, avait rebâtie , et à laquelle il donna le nom de son fils. L'an 241 , il enlève aux Romains plusieurs villes en Syrie , et en Mésopotamie , qui furent reprises, les deux années suivantes , par le jeune Gordien. L'an 244 » après la mort de Gordien, il conclut la paix avec l'empereur Philippe, qui lui cède la Mésopotamie et l'Arménie , suivant 2iOnaras; ce qui est hors de vraisemblance , comme l'observe Muralori, L'an 268 , un magis-^ trat d'Antioche , nommé Mariade, chassé par ses concitoyens , pour ses malversations, s'étant leliré auprès de Sapor , l'excite à se rendre maître de celte ville , et lui en suggère les moyens. Le monarque sans délai se met en marche, avec soi», yrmée, pour la Syrie. Mais sur sa route, il s'empare de Carrhes et da Nisibe, après en avoir chassé les garnisons. Comme iL

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approchait d'Antioclie, les habitants étaient occupés au spec^ tacle (l'un histrion et de sa femme , qui les faisaient éclater de rire. La femme tout-à-coup s'écrie : mon mari , oiijeréoe, ou les Perses sont près d'ici. Tous les yeux , à l'instant , se tournent du coté de la montagne , d'où l'on voit effectivement descendre l'armée des Perses. Saporenlre sans résistance dans la ville cju'il met à feu et à sang, après l'avoir pillée. Il en fait autant dans les en\ irons , et pénètre jusqu'en Cappadoce , dont il assiège la capitale , Césarée , qui fut vaillamment défendue par Démosihènes, son gruv.'rneur. Il eut vraisemblablement échoué devant cette place s;ms un médecin de Césarée qui , ayant été fait prisonnier, et mis à la torture, indiqua l'endroit faible par oùl'oa fourrait la prendre. On comptait alors à Césarée quatre cent mille habitants, dont la plupart furent massacrés par le vainqueur, qui livra ensuite la ville aux flammes, après l'avoir pillée. En s'en retournaiit, chargé d'un immense butin , il prit Jî-mèse, qui éprouva le même traitement. Mais le traître Ma-^ riade , qui avait livré sa patrie, reçut le juste salaire de saperiidie. Sapor , avant de rentrer dans ses états, le fît brûler vif,; selon Jean Malala, ou décapiter, suivant Amraien Marcellin- Du reste ce iViariade paraît être le même que Cjriade , dont Trcbellius Pollion raconte qu'ayant engagé Sapor et Odenat à faire la guerre aux Romains, il profita des troubles de l'Orient pour usurper la pourpre dont il fut dépouillé presque aussitôt par ses soldats qui le tuèrent (i). L'an 269 , l'empereur Vetlérien étant venu en Orient , Sapor le défait en bataille rangée. Réduit , vers la fin de Tannée suivante, par le mauvais état de son armée, à demander la paix, Valéiien s'engage dans un pourparler avec Sapor, qui le fait arrêter, et le condamne à la plus ignominieuse captivité. ( Voy. les Empereurs romains. ) Odenat, prince de Palmyre , craignant pour son pays m^enacé par Sapor , lui envoie plusieurs chameaux charges de riches présents , avec une lettre respectueuse où il lui demande son amitié. <r Quel est cet Odenat , dit le farouche » monarque, en déchirant sa lettre et faisant jeter ses présents :» dans l'Euphrate; quel est ce vil esclave qui ose écrire si în- 3.J solemment à son maître ? Sil veut conserver l'espoir d'adou- D cir son châtiment , qu'il vienne se prosterner aux pieds de >) notre trône ; qu'il paraisse devant nous les mains liées derrière

(i) La chronologie que nous suivons ici est celle de Trebellius, Pollion, adoptée par MM. de Tillemout et Muratori ; M. Gibbon, Ja trouvant coniuse et peu naturelle , a jugé à propos de la cbanger, en plaçant, comme le marque Zoqaras , la prise d'Antioche après i;\, capliyité de Vaierieni

DES ROIS SASSÂTÎIDES lîES PERSES. 34l

'« le dos. S'il hésite, une prompte destruction écrasera saleté,' » sa race et son pays. » Ces paroles, rapportées au prince de Palmyre , loin d abattre son courage, le rendirent un héros. Ayant fait alliance avec les Romains , il déclara une haine irréconciliable aux Perses. Dès la même année :>6o , il remporta sur eux de si grands avantages , qu'il obligea Sapor à rej)asser l'Euphralc , après lui avoir tué beaucoup de monde en divers combats , enlevé quelques-unes de ses femmes et pillé ses trésors. L'année suivante , il reprit Carrhes , Nisibe et toute la Mésopotamie. Peu s'en fallut rnéme qu'il n'emportât Ctésiphon, dont il forma le siège. Gallien , informé de ses succès , le nomma général de l'Orient, et lui-même prit le titre de roi qu'il communiqua à son fds Hérodien. Jusqu'à sa mort , arrivée l'an 267 , il ne cessa d'avoir les armes à la main contre les Perses , et la victoire ne cessa de couronner les assauts qu'il leur livra. L'an 271 , au mois de décembre , Sapor , devenu de plus en plus insupportable à ses sujets, est assassiné par les satrapes, à Gandi-Sapor , ville qu'il avait bâtie sur les ruines de Persépolis , dans la province d'Elam , et où ses successeurs firent leur résidence, au lieu de Ctésiphon et de Sélcucie, que les rois des Parthes avaient faites les deux sièges de leur empire. Bar Hcbrœus dit que ce fut dans cette ville que Sapor garda prisonnier l'empereur Valérien. I-es Syriens la nomment souvent Lapetha , ou Beth-Lapetha. Ils lui donnent aussi le nom d'Elymaïde , quoique l'ancienne Elymaïde fût à quelque dislance. Ce fut sous le règne de Sapor que p.irut en Perse le faïueux béré— siarque Manès ou Mani , surnommé Zendik par les Orientaux, et Cubri(jue par les Grecs et les Latins. Sa doctrine éiait un mélange de Magisme et de Christianisme , dont le principal fondement était la supposilion de deux principes contraires et coétcrnels , l'un du bien et l'autre du mal. Il se mcbit aussi de médecine. Mais ayant échoué dans le traitement d'un fds de Sapor, qui mourut entre ses mains, il fut mis en prison. Ayant trouvé depuis moyen de s'échapper, il se sauva sur les terres des Romains, où ses erreurs firent des progrès rapides malgré la conf'.isi.n dont le couvrit Archelaiis, évèque de Cascar, en Mésopotamie , dans une conférence publique qu'il eut avec lui en 272 , suivant Photius, et dont nous avons les actes authentiques. Enfin , étant retourné en Perse , il y fut mis à mort par ordre, non pas de Sapor, comme le dit un moderne, mais dq luii de ses successeurs , ainsi qu'on le verra ci-après.

m. HORMISDAS.

• L'an 271 , HoRMïSDAS, ou HoRMopz, fils de Sapor, lui sucï

S4a CHRONOLOGIE HISTORIQUE

céda. C'était un prince de très-bonne mine, robuste et de bclî» taille, 11 s'adonna à l'étude ; mais sa science lui nuisit , car elle le fit tomber dans les erreurs de Manès. Il chérit cet imposteur au point qu'il lui fit bâtir , dans le Kbusistan, qui est la Susiane «nchâteau pour lui servir de retraite contre ceux qui le poursuivaient à cause de son impiété. Le règne d'Hormisdas fut trèscourt. Il mourut en s.-jzouz'jS.

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