ATTILA
433. Attila , ou Ateula , sumommé le Fléau de Dieu , fib de Mundiuque, l'un des chefs des Huns, devint le successeur de Rouas, son oncle, avec Bléda , son frère. Théodose envoya, vers ces deux nouveaux chefs, des ambassadeurs qui conclurent avec eux un traité de paix, moyennant un tribut de 700 livres d'or, que les Romains s'obligèrent à leur payer. Théodose, en faisant ce traité , prétendait ne donner aux chefs des Huns que le titre de généraux de ses armées, et appelait gageÉ le tribut qu'il était forcé de leur payer. Mais Attila pensait autrement , et comptait parmi ses sujets des rois et l'empereur lui-môme. Mon maître et h vôtre , disaient ses ambassadeurs en parlant à l'empereur, qui ne manquait jamais de leur faire des présents considérables. Quand Attila voulait enrichir quelques-uns de ses favoris, il les envoyait en ambassade à Constantinople. (Condillac. ) L'an 444? ou 44^^? Attila fait tuer son frère Bléda pour régner seul sur les Huns, les Gépides, les Goths , restés dans leur pays, les Suèves, les Alains, les Hérules, etc. Jamais prince ne fit en si peu de tems de si grandes conquêtes et ne subjugua tant de pays qu'Attila. Il avait à sa suite une troupe de rois et de princes qui étaient dans la crainte et le tremblement en sa présence. On faisait monter son armée à cinq cent et même à sept cent mille hommes. Depuis Tan 433, Ilonoria, reléguée, pour sa mauvaise conduite, par ^ ilentinien , soi* frère , à Constantinople, sollicitait Attila de f .ire la guerre aux Romains. Ce barbare, en 449? ^Y t^ispose. Théodose II, informé de ce dessein , tente , par le conseil de l'eunuque Chrysaphe , son ministre, de faire assassiner Attila. Le complot est découvert, et le roi des Huns a la générosité de le pardonner, moyennant la somme destinée à l'assassin. En 45o , il demande , à Valentinien , Honoria pour épouse, avec la moitié de l'empire. Valentinien refuse l'une et l'autre, alléguant qu'Honoria était mariée, et que les femmes n'avaient aucune part dans le partage de l'empire. Attila consent ensuite à la paix pour tromper l'empereur. En l^Si , usant du même artifice , il passe le Rhin , entre dans les Gaules comme allié des l«omains; mais agissant réellement en ennemi, il ruine plusieurs villes sur son passage. Le général AëtiusetThéodoric, roi des Visigoths, le battent , près d'Orléans, le i4 juin 45 1. Attila s'enfuit : il est battu une seconde fois dans une sanglante bataille donnée le 20 septembre suivant dans les plaine.»
DES CHEFS DÈS BftJTSS. 067 '
^e Merî-sur-Seine, dites parles anciens les plaines Catalauniques , à six lieues au-dessous de Troyes. Il resta sur le champ de bataille, selon Paul Diacre, cent quatre-vingt mille morts, et trois cent mille, suivant Jornandès et Idace, C'en était fait d'Attila si le général romain eût voulu profiter de cette victoire. Mais la crair>te que la défaite entière des Huns n'augmentât la puissance du roi des Visigoths , qui était avec lui, fit qu'il empêcha ce prince de forcer le camp des barbares et de les massacrer tous. Attila eut le tems de retourner vers le Rhin , d'où il Fassa en Pannonie, pour y recruter ses troupes. De là il entre , an 452 , en Italie , qu'il ravage sans presque nulle opposition. Aquilée, Milan, Pavie et d'autres villes , éprouvèrent tout ce que la férocité d'un vainqueur avide de carnage et de butin peut lui inspirer. Arrivé sur les bords du Pô , il délibère s'il ira faire le siège de Rome. Valentinlen, qui s'y tenait renfermé, craignant qu'il ne prenne ce parti , lui députe le pape saint Léon , avec deux sénateurs pour le détourner de ce dessein. Le pontife l'ayant rencontré au confluent du Mincio et du Pô , suivant la plus commune opinion , ou selon Maffei , dans l'endroit où est aujourd'hui Pesquiera , l'engage à faire la paix avec les Romains moyennant un tribut auquel il se soumet au nom de Valentinien. Attila reprend, au mois de juillet la route de ses états , chargé d'immenses dépouilles , mais avec une armée considérablement diminuée par les maladies. Il y mourut, en 4^3» d'une hémorragie qui l'étouffa la nuit de son mariage ave:: une fille nommée lldico. Telle fut la fin de cet homme, qui avait été la terreur et le fléau de l'univers. Jornandès décrit ainsi la figure d'Attila : « Il était de petite taille, avait la poitrine large, j> la tête grosse, les yeux petits, la barbe claire, le nez épaté , » les clKîveux mêlés. Son regard et sa démarche annonçaient la 3i> fierté de son âme. Il entreprenait la guerre avec ardeur et la j) faisait a%ec prudence. » Il dit ailleurs qu'Attila méprisait le faste, qu'il était équitable envers ses sujets, mais fourbe envers ses ennemis. Son empire fut renversé avec lui par la mésintelligence de ses enfants; circonstance dont les princes subjugués profitèrent pour secouer le joug. Cependant, les Huns firent encore des ravages sur les terres de l'empire. L'an 4^*7 , Hermidas, chef d'une troupe de cette nation, fut défait par A nthcmius, proclamé empereur la même année. On voit un Dengizic, ou Dingic, fils d'Attila, entreprendre la guerre contre les Romains vers 4'J'^- Jî^llefut terminée par la mort de l'agresseur, dont la tète fut apportée à Constantinople l'an 4**9.
CHRONOLOGIE HISTOPdQUE
DES
KOIS DES VANDALES.
Ï-JES Vakdales, peuple venu des bords de la mer Baltique, Vîs-à-vis de l'ile que Dexippe appelle Scanzia, s'arrêtèrent d'abord dans l'ancienne Dace, et s'établirent ensuite dans la Pannonie, d'où Stillcon, suivant l'opinion commune, les appela dans les Gaules au commencement du cinquième siècle.
GODIGISELE.
4oi. GODIGISÈLE, OU GoDlSÈLE, est le premier roi connu des Vandales. Il fut tué dans un combat contre les Francs l'an 4o6. C'en était fait de tous les Vandales , si Respendial , chef des Alains, niassagète d'origine, ne fût venu à leur secours, et n'eût empêché les Francs de les exterminer.
GONDERIC.
4o6- Go^dÉric , fils de Godigisèle, fut élu roi des Vandales après la mort de son père. Pour réparer l'échec que les Francs avaient fait essuyer aux Vandales, il fit alliance avec les Alains et les Suèves. Ces trois peuples s'étant réunis, passèrent le Khin, le 3i décembre 4°^ ^ après avoir marché sur le ventre aux Francs qui s'opposèrent à leur passage, et mis en fuite les g.nnisons romaines qui gardaient les bords du fleuve. De là ils se répandirent dans les Gaules qu'ils ravagèrent pendant trois iins, après quoi ils passèrent en Espagne l'an 4og. Idace, dans sa Chronique, écrite au cinquième siècle, date ce passage de la lin de septembre et du commencement d'octobre de l'an 447
CHRONOLOGIE HISï. DES ROIS DES VAÎsDALFS. 35^
<îc l'ère d'Espagne : ce qui revient effectivement à l'an 409 de J. C. Mais Isidore de Sévllle , qui écrivait au sixième siècle , semble l'avancer d'une année, en le plaçant à l'an 44^ ^^ 1^ même ère. On peut néanmoins concilier ces deux historiens, en disant que le premier compte par années courantes, et l'autre par années révolues. Les progrès des Vandales en Espagne furent rapides , parce qu'il ne s'y trouva point d'armée pour les arrêter. S'étant emparés, l'an 4ii, (îe la Galice, ils étendirent leurs conquêtes jusqu'au détroit de Gibraltar. Ayant alors fait une espèce de partage avec leurs alliés, ils abandonnèrent aux Suéves la Galice , qui comprenait aussi les Asturles, et s'établirent dans la Rétique, qui, de leur nom, fut appellée Vaudalousle ou Andalousie. Ce fut là qu'ils fondèrent une nouvelle monarchie. Mais bientôt Us se brouillèrent avec les Suéves et tournèrent leurs armes contre eux. L'empereur îlonorlus, au lieu de laisser ces barbares s'entredétrulre , eut l'imprudence de secourir les Suéves. Les Vandales , devenus par là plus furieux, ravagèrent tonte l'Espagne, démolirent Carthagène, emportèrent Sévilla d'assaut, et y commirent les plus grandes cruautés. Gonderic , leur roi , mourut en 428.