‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 60 sur 437 · I. S. JACQUES LE Mineur · texte numérisé non relu

I. S. JACQUES LE Mineur

Saint Jacques, surnommé le Mineur pour le distinguer de saint Jacques le Majeur, fils deZéijédée et frère de saint Jean , fut créé par les apôtres, du nombre desquels il était , évêque de Jérusalem. L'écriture le nomme frère , r'est-à-dire cousin du Seigneur ; et presque tous les critiques anciens et modernes; s'accordent à l'identifier avec Jacques, fils d'Alphée et l'un des douze apôtres que J. C. élut sur la montagne. Mais les Bollandistes s'écartent de l'opinion commune, prétendant qu'il était fils de Cléophas et de Marie , sœur de la mère du sauveur. Car avant le dernier voyage de J. C. à Jérusalem , disent-ils , ses frères ne croyaient pas encore en lui , selon saint Jean Tévangéliste. Il est même très probable , ajoutent-ils , qu'ils ne se convertirent qu'après l'avoir vu monter aux deux. D'où ils concluent que ce ne fut qu'après cet événement que les apôtres associèrent Jacques à leur collège -et le nommèrent évêque de Jérusalem. Mais ce sentiment ne s'accorde nullement avec celui des anciens qui prétendent que saint Jacques fut ordonné par J. C. même évêque de Jérusalem. Ecclesia Dei , dit l'auteur des Récognitions attribuées à saint Clément ( l. i , c. ^'6. ) l'n Jeru^ salem constituta , copiosissimè multiplicata crescebat per Jacobani c/ui a Dumino ordinaius in epîscopum ^ gubemata. l^'auteur des Constitutions Apostoliques (1. 8 , c. 35), joint le concours des apôtres avec celui du Seigneur pour l'ordination de saint Jacques. Ëpîscopus lerosolynwrum ab ipso Domino el ab apostolis Ordinatus. Et saint Epiphane , primus ille ^ dit-il, episcopalcm Cuthedram cepit , cum ei ante ceterus ovines suum in terris thro— niim Dominas tradidisset. ( Haires. 78, n". 7 , t. i , p. io5q. ) La chaire de Jérusalem était en effet celle du fils de Dieu , puisqu'il en fut le fondateur et le docteur, n'ayant été envoyé ,■ iilnsi qu'il le déclare lui-même , que pour les brebis de la maison d'Israël. Saint Jacques doit donc être regardé comme son successeur, de quelque manière cju'il ait été élu. Ce saint pastejir rendit un témoignage éclatant à la vérité dans la grande dispute qui s'éleva touchant les observances légales. Ceux qui soutenaient dans Antioche que la loi de Mo'ise obligeait les Gentils , n'opposaient autre chose à saint Paul et à saint Barnabe que la croyance et la condaiîe de l'église de Jé- IV. ii

rusalem , qu'ils soutenaient leur être contraires en ce point. Pour terminer cette question , il fallut que l'église s'assemblât à Jérusalem. « Il est inutile, dit un habile homme , de re— >* chercher qui présida à ce concile: il suffit de savoir que la » charité et l'humilité y présidèrent. Saint Pierre, la bouche j) des apôtres , ainsi que saint Chrysostôme l'appelle , parla }> le premier. Son avis fut fortement soutenu par saint Paul et: }> saint Barnabe ; mais ce fut saint Jacques, le frère du Seii> gneur , et l'évêque de Jérusalem , qui parla le dernier , qui » l'eprit les avis , et qui conclut qu il fallait écrire aux fidèles 1) que les disciples circoncis avaient inquiétés mal à propos. Il i> marqua aussi en quels termes il fallait leur écrire; et il y a w de fortes conjectures pour croire qu'il fut l'auteur de la » lettre. » ( Duguet. ) Saint Jérôme donne .So ans d'épiscopat à saint Jacques, et met sa mort à la 7^ année de Néron, qui revient à l'an 61 de J. C. Nous admettons la dernière époque, en retranchant environ cinq années de l'épiscopat de saint Jacques. Les anciens varient sur la manière dont il termina ses jours. Hégésippe dit , qu'ayant été précipité du haut du temple , il fut achevé par un Foulon d'un coup de bâton sur la léte. Joseplie l'historien raconte qu'il fut lapidé par sentence du pontife Ananus , et du sanhédrin des Juifs , dans l'intervalle qui s'écoula entre la mort du préfet Portius Festus et l'arrivée d'Albin, son successeur; ce que ce dernier, ajoutc-t-il, blâma fort comme un attentat commis contre l'autorité romaine. Saint Jacques /est auteur de l'Epitre catholique qui porte son nom. ( Tillemont , t. I ; le Quien , Or. Chr. ; Maraachi, Ori^. EccL, t. II. )

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