LOUISIANE
Ayant de commencer notre essai historicpiede la Louisiane, nous donnerons un aperçu des Indiens qui l'occupaient avant et après l'arrivée des Français , en indiquant le nombre des différentes tribus, leur diminution et leur disparition graduelles occasionnées par leurs guerres entre eux et| avec les Anglais et les Français, ainsi que par les ravages de la petite vérole et la cession de leurs terres aux Etats-Unis. En 1817, ce gouvernement acheta de différentes tribus 70,000 milles carrés de territoire , y comprenant tout l'Etat de Missouri et la partie orientale du territoire d'Arkansas (1).
Avant la cession de la Louisiane par la France aux Etats- Unis, en i8o3, elle était bornée au nord par le 49e degré de latitude ; au sud , par le golfe du Mexique ; à Test , par la rivière Perdido ; à l'ouest, par le Rio Colorado de Texas, depuis son embouchure , dans la baie de St-Bernard , jusqu'à sa source , et de là par la chaîne de montagnes qui divise les eaux que reçoit le Rio del Norte de celles qui se jettent dans le Missouri et le Mississipi. Renfermée dans ces limites , la Louisiane était plus étendue que le reste des Etats-Unis à la paix de 1783, et contenait environ 1,030,192 milles carrés.
Cette vaste région comprenait les Etats actuels de la Louisiane et du Missouri, ainsi que les territoires (2) de ce dernier nom et à'Arkansas, - *
L'Etat de la Louisiane est borné au nord par le 33e degré de latitude ; à l'est , par le Mississipi ; à l'ouest , par la rivière de Sabine , et au midi , par le golfe du Mexique. Cet Etat a une superficie d'environ 48,220 milles carrés.
Addaizes. Les restes de cette peuplade réduits à une centaine d'individus, y compris vingt guerriers, demeuraient autrefois à 4o milles de Natchitoches. Us sont presque éteints.
Alibamas, nommés aussi Alibamons ou Alabamas. Cette nation, qui était venue de la Floride et qui demeurait au nord des Apalaches, avait été très-hostile aux Français jusque vers
(1) JD* Morses* report to the secretary of War, p. 208-9. Haven, 1822.
(a) District ou étendue de pays qui n'est pas encore admis dans l'Union faute d'une population nécessaire , et qui est assujéti à une forme provisoire de gouvernement.
Tannée 1 7 149 qu'elle se lima; âvec d'autres peuplades pour attaquer les habitants de la Caroline ; elles ravagèrent les plantations de cette province et firent beaucoup de prisonniers qu'elles emmenèrent à la Mobile (1). -
En 1704, un grand nombre de ces peuple» *er réunirent aux Anglais de la Caroline pour attaquer l'établisserneut espagnol de Saint-Marc. La garnison, composée de 3a hommes, fut obligée de se rendre; les Indiens en brûlèrent 17, parmi lesquels trois religieuses de Saint-François.
En 1 714, les Alibamas aidèrent les: Français à bâtir sur leurs terres un fort, qui prit le nom de fort Toulouse ^^Le gouverneur Biénville prit possession de leur pays au ïiom du roi (2}*
Apalaches. En 1701 , une partie de cette grande nation vint s'établir près de, la Mobile , préférant le voisinage des Français àcelui des Espagnols (3). Il n'en reste plus que quelques familles. . '
Arrapahys. Ces Indiens, au nombre de 10,000, habitent le pays qui s'étend de la source duKansas jusqu au Rio del Norte. Ils sont bien faits, grands et agiles ; ils aiment la guerre et attaquent souvent les tribus voisines (4)-
Arricaras , yoyezRicaras. -, ■ K\
Arkansas ou Akan&as. Cette tribu habite un village sur les bords de la rivière du même nom , à environ 3pp milles de sa jonction avec le Missouri. Pike a évalué leur nombre à i ,565, savoir :$oo femmes, 600 enfants, et 465 guerriers. Le docteur Sibley porte ces derniers seulement à 1 5a;. selon le major O' Fallon, les Kansas sont au nombre de 1 ,85p individus. Pour le langage, les mœurs et les coutumes, Us assemblent tellement aux Osages qu'où leur suppose une origine commune ; ils étaient d'abord attachés aux Français ^vec lesquels ils s'unirent dans leurs guerres contre les Chickasaws. Us cultivent le maïs , les fèves et les courges , et apportent au fort d' Arkansas des peaux, des fourrures pour la valeur annuelle d'environ 5oo dollars. . .»
Selon M. Nuttal, les aborigènes du territoire d'Arkansas, Quapaws et Osarks ne s'élevaient pas , en 1820 , à plus de 200 guerriers (5).
Atakapas. Cette peuplade anthropophage, dont le nom
(1) Charlevoix , tome II , livre 21, et tome III , lettre 34.
(2) Bossu , Nouveau» Voyages, t. II, lettre 16.
(3) Charlevoix, t. II, liv.21.
(4) D*. Morses* report, etc.
(5) Trahis into the JrkansaterritQry,ch*p,6> Phikddphia, 18».
DE VImÉRÏQIJE.
signifie mangeur d'hommes, de mourait autr le de la Louisiane, près de la mer.
En 173 1 , M. de Saint-Denys e'tant assie'ge' au fort de Natîhes, reçut un renfort dés Atakapas, qui l'aida à attaquer branchements des Natchez (1).
Cette peuplade, réduite à environ une centaine d'individus, se retira , il y a quelques années , dans une île de la baie de Saint-Bernard.
Avoy elles. Cette nation habitait les bords de la rivière Rouge, au-dessus du rapide. Elle fournissait aux colons français des chevaux , Ses bœufs et des vaches au prix de vingt livres chacune. Elle venait sans doute du Nouveau-Mexique. Les Avoyelles n'existent plus (2).
M. d'Iberville y fut bien accueilli, en 1700, lorsqu'il remonta ce fleuve ; le chef le conduisit dans le temple où on entretenait un feu perpétuel.
En 1 722 , le père Charlevoix visita les ruines de l'ancien village : la plupart des habitants avaient été enlevés par la petite vérole. Les autres étaient éloignes et dispersés. M. Paris y avait formé un établissement sur un beau terrain (3). ? Les Biloxis qui venaient de Pensacola, demeuraient, avant l'arrivée des Français, au poste de leur nom , d'où ils se retirèrent pour s'établir vers le nord-ouest, près de la petite rivière des Perles (4). Le reste de cette tribu, au nombre de 160 individus , se fixa ensuit© près du confluent dji Rigoletr&u bon Dieu, où ils cultivèrent le maïs. Maintenant ils sont probablement éteints.
Les Cadoques, appelés aussi Cadodaquious et par abréviation Cadosj demeuraient autrefois près de la source de la rivière Rouge, d'où ils furent chassés par les Osages et d'autre s nations. Ils résident maintenant près du lac Ceodo, à environ 90 milles nord-ouest de Natchitoches. Ils ont été renommés pour leur valeur, dans les guerres avec les Osages et les Choctaws. Leur langue , qui n'a aucune affinité avec les autres de la Louisiane , est parlée par plusieurs
(1) Du Pratz, t. II, chap. 18. — Charlevoix § t. II , liv. aa.
(2) Du Pratz, t. II, chap. 18.
(3) Charlevoix, t. III, lettre 3i.
tt) Ucm , t. III, lettre 33.
Selon M. Breckenridge, les Cadoques sont au nombre de 4oo individus, dont 100 guerriers ; a autres prétendent qu'ils sont beaucoup moins nombreux (i).
Chachi-oumas . Cette peuplade dont le nom signifie €c revisses rouges , babitait les bords de la rivière des Yazous« Leur village se composait d'environ 5o cabanes (2).
Chaoïichas. Cette peuplade demeurait autrefois au-dessous de la Nouvelle-Orléans. Les habitants redoutant leur voisinage, le gouverneur, M. Perrier, les fit détruire par les esclaves noirs de cette ville (3).
Chatôts. Le village de cette peuplade, composé d'environ 4o cabanes, était situé près de l'établissement du fort Louis de la Mobile (4).
Chayennesj nommés aussi Chiens et Sharkas. Cette tribu, au nombre de 3,25o individus, babitait sur la rivière de leur nom, affluent occidental du Missouri qui s'y réunit un peu aur dessus de son grand détour.
Ils ont été chassés , par les Sioux , du bord de la rivière Rouge. Ils fournirent 4o chevaux à l'expédition américaine qui se rendit, en 181 1 , de Saint-Louis à l'Océan-Pacifique.
Cherokées. En 18 18 et 18 19, six mille de ces Indiens de la Ge'orgie quittèrent leur pays pour s'établir sur le bord septentrional de l'Arkansas, à la distance de 4oo milles de son confluent avec le Mississipi.
Chickascuws ou Tchicachas. Cette nation occupait autrefois le pays qui est traversé par la rivière de leur nom. Elle était fort nombreuse et belliqueuse. On croit que c'étaient les restes d'un peuple à demi civilisé. Ils étaient grands, bien faits , avec des traits fort réguliers. Toutes les peuplades voisines parlent leur langue , quoiqu'un peu corrompue. Les Français l'ont nommée langue mobilienne (5).
Garcilaso delà Véga, dans son histoire de la conquête de la Floride, dit ces peuples très-nombreux et très-riches ; mais Charlevoix assure qu'ils n'étaient ni plus opulents, ni plus policés que les autres sauvages (6). Ils faisaient le commerce avec
(1) Views of Louisiana, p. 149. Baltimore, 1817. (a) Du Pratz , chap. 17. Dumont écrit Chachommas.
(3) Charlevoix , t. II, liv. 22. Cet auteur écrit Tchactas.
(4) Du Pratz, t. II, chap. 16.
(5) Idem , chap. 17.
(6) Charlevoix écrit Chicachasf du Pratz, Tchicachas,t. IH, liv. 29.
DE l'àMÉRIQIIE.
ÏRiffl
Les Chickasaws ont toujours e'té en bonne intelligence avec les Etats-Unis : ils ont fait des progrès considérables dans la civilisation; quelques-uns des chefs, d'un sang mêlé, possèdent des esclaves noirs , et élèvent beaucoup de bestiaux et de cochons.
Cette nation , réduite au nombre d'environ 3, 600 individus , réside au nord des Choctaws , entre les rivières de Missouri et de Tennessee, dans les parties septentrionales des Etats du Mississipi et d'Alabama.
Chitimachas ou Tchitimachas . Cette nation , autrefois considérable, habitait aux environs des lacs formés par le débordement du Mississipi, près d'un canal qu'on appelle Fourches du Chitimachas. Un de leurs petits chefs ayant tué un missionnaire qui descendait ce fleuve , le gouvernement les attaqua avec succès, et ils demandèrent la paix qui leur fut accordée, en 17 19. Ils étaient amis des Natchez cnez lesquels ils s'étaient ensuite réfugiés (1).
En 1722, ces peuples étaient presque détruits; le peu qui avaient survécu étaient devenus les esclaves des colons (2). Vers l'année 1812, il existait deux villages de cette nation, renfermant environ 100 individus au bas du Bayou-Teché, à 1 1 ou 12 lieues de la mer.
Choctaws, nommés aussi Chactasy Chatkas et Têtes plates par les Français. Cette nation puissante occupait autrefois une grande étendue de pays situé à 83 lieues au nord de la mer. On comptait 25, 000 guemers~ou Sommes qui prenaient ce titre. Suivant la tradition des autres Indiens, ils arrivèrent si subitement , qu'ils semblaient être sortis de la mer (3). En 1720, lors de la conspiration des Natchez contre les Français, les Choctaws pouvaient mettre sur pied 49ooo guerriers.
Ils sont actuellement au nombre de 25, 000 individus et résident principalement sur le bord occidental du Mississipi, au-dessus du 3ie degré de latitude , et entre les Chickasaws et les établissements des citoyens des Etats-Unis.
Les Choctaws subsistent en partie de la chasse et en partie de l'agriculture dans laquelle ils ont fait des progrès considérables.
(1) Du Pratz, t. II , chap. 18. — Charlevoix écrit Chetimaefuis.
(2) Du Pratz, 1. 1, chap. 7.
(3) Du Pratz , t. II, chap. 17.
io CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Colapissas ^ selon du Pratz. Le village de cette natio n, compose d'environ 20 cabanes, était situé à une lieue de l'endroit où se trouve la ville de la Nouvelle-Orléans , et fut ensuite transféré près du lac Saint-Louis. Cet auteur dit que leur vrai nom est Aquelou-Pissas , mot qui signifie : hommes qui entendent et qui voyent. Leur langue avait quelque affinité avec celles des Chicachas (1).
En 1730 , un des chefs de cette nation arriva chez le commandant de la Louisiane, avec 4o guerriers , pour marcher avec lui contre les Natchez.
En 1722 , Charlevoix visita le grand village des Colapissas, situé près de la concession du marquis d'Ancenis. C'était, ditil , le plus beau de la Louisiane ; les cabanes ayant la forme d'un pavillon tout recouvert en dehors de nattes et en dedans de feuilles de latanniers ; la cabane du chef avait 36 pieds de diamètre. Ils comptaient alors 200 guerriers. Les femmes étaient mieux faites que celles du Canada (2).
Conchacs. Cette peuplade demeurait au nord àesAlibamas* dans un terrain couvert de petites cannes tranchantes, qui portaient leur nom. Du Pratz paraît croire que les Abeikas et les Conchacs étaient le même peuple. Ces derniers parlaient la langue chicacha (3).
Les Conchates résidaient autrefois dans le pays des Ope- . lousas, d'où ils passèrent, il y a environ 40 ans, aux bords de la Sabine. Ils sont entièrement détruits.
Corbeaux j en anglais crowsj et nommés aussi Upsa-Roka. Ces Indiens vivent par bandes auprès des sources de la Pierre- Jaune et du Bighorn, et jusqu'aux montagnes rocheuses. On les a évalués à plus de 3,56o individus, y compris 960 guerriers. Ils font le commerce avec les comptoirs anglais.
Delawares. Ces Indiens demeuraient autrefois dans les Etats de Pensylvanie et de New-Jersey; dans la suite, ils se retirèrent dans ceux de l'Ohio etd'Indiana. En 1818, ils cédèrent au gouvernement des Etats-Unis tous leurs droits aux terres qu'ils possédaient dans ce dernier Etat 1 et réduits à environ 800 guerriers, ils s'établirent sur les bords orientaux de la rivière Blanche , vers son grand détour par la latitude nord de 35° 4o'.
(1) Du,Pratz, t. II, chap. 17.
(2) Les Colapissas sont détruits ou disperses. Charlevoix , t» ÏII , lettre 3i.
(3) Du Pratz, t. II, chap. rô.
DE L AMÉRIQUE. il
Illinois. Cette nation habitait autrefois la rivière de leiu nom, vers son confluent avec le Mississipi.Ils avaient plusieurs villages sous le nom de Tamaroas, Caskaquias, Caouquias et Pimiteouis. Tous s'allièrent aux Français, bientôt après la découverte de la Louisiane , et leur restèrent toujours fidèles (i). En 1679, de La Salie arriva à un village des Illinois, situe' par le 4 1 e degré de latitude nord, qui renfermait 460 cabanes. ( t .
Une tribu de ces peuples; portait le nom de Moingonaj affluent du Mississipi, ce qui fit croire qu'ils étaient descendus par cette rivière dans la Louisiane (2).
f Ioways ou Nezpercés. Cette nation habite sur la rivière de Moines, au nord du Missouri, où ils ont deux villages; mais Us mènent une vie errante : ils sont alliés aux Sauks et aux Renards.
Le major Pike a évalué leur nombre à 1 ,4oo individus, dont 3oo guerriers.
Kaikaias ou mauvais cœur. Ces Indiens habitent le pays près delà source de la Plate, d'Arkansaset de Rio del Norte, et étendent leurs excursions de chasse jusqu'à la rivière Rouge et aux sources du Brassis. L'expédition du major Long en rencontra une bande d'environ i5o individus, dont 22 étaient armés d'arcs et de flèches. Ils sont plus petits que les Indiens du Missouri : leurs traits sont réguliers, leurs nez aquilin, leurs dents larges , leurs yeux petits et brillants ; mais ils étaient couverts de rer«*iixes. tuie les.ijamme& cherchaient et mangeaient avec plaisir. Ils portaient une robe de cuir qui descendait aux genoux. Les hommes offraient leurs femmes aux gens de l'expédition (3).
Kaminavish. Çette tribu , au nombre de 2,000 individus, errent dans le pays arrosé par les affluents de la rivière Pierre- Jaune , vers les montagnes rocheuses.
Kansas ou Konsas. Ces Indiens résident dans un village situé près de la rivière du même nom , à environ 3oo milles de sa jonction avec le Missouri ; suivant l'estimation du major O'Fallon, ils sont au nombre de 1 ,85o personnes. M. Sibley les évalue à 800, dont 200 guerriers et chasseurs.
(1) Du Pratz , t. II, chap. 17.
(2) Charlevoix , t. III, lettre 28.
(S) Major Longs' expédition > etc. Vol. II, chap. 6,
Depuis 1806, ils sont en paix avec les Osages et se sont mêlés à eux (1).
Kappasy selon Garcilaso de la Véça. Cette nation était fort nombreuse à lepoque de l'expédition de Ferdinand de Soto. En 1687, "* n'c*1 restait plus dans la Louisiane (2).
Kiawas ou IVttapàhato. Ces Indiens, dont le nombre est évalué à 2,000 individus, errent le long du Padoucas, affluent de la Plate et vers les montagnes rocbeuses. On prétend qu'ils sont les restes de la grande nation des Padoucas : montes sur des chevaux agiles et armés de l'arc et de la lance , ils font continuellement la çuerre à leurs voisins et souvent des excursions dans les établissements du Nouveau-Mexique.
Kites ou Haitans. Cette tribu errante fréquente le pays arrosé par les affluents supérieurs de la Plate. On a évalué leur nombre à 5oo individus.
Mahasj nommés aussi Omahas et Omahaws. Cette nation, au nombre d'environ 3oo individus, habite actuellement sur la rivière Elkhorn à la distance de 80 milles nord-ouest de CounciUBluff (3). Ils résidaient autrefois dans un village auprès de la petite rivière de leur nom, à 240 milles au-dessus de la rivière Plate. Cette nation est divisée en deux tribus , connues sous le nom de Hongashano et à! Ishtasunda (4) : la première renferme huit bandes , l'autre cinq, et chacune porte un nom particulier. En 180a, les deux tiers de ces peuples furent emportés par la petite vérole. Ils cultivent le maïs et différentes espèces de légumes, ainsi que le tabac.
ManJans. Cette nation, au nombre de t,a5o individus, habite actuellement sur les bords du Missouri, près du fort (5) américain qui porte leur nom. On a formé parmi eux des établissements de commerce. Ils ont beaucoup souffert des ravages de la petite vérole et de leurs guerres défensives avec les Sioux. Un Français qu'ils ont adopté les a aidés dans leurs affaires commerciales.
(1) Voyez l'expédition du major Long , vol. I , chap. 6, où se trouve une description de cette tribu par M. Say , qui les nomme Konsas.
(2) Chai le voix, t. II, liv. i3.
(3) Latitude 410 3i' nord, long. 98° ouest de Paris, à environ 65o milles du fleuve Mississipi.
(4) "Voyez l'expédition du major Long , t. I , chap. 10-14 » où on trouve beaucoup de renseignements sur les moeurs et coutumes de ces Indiens , qui sont nommés Omawhaw.
(5) Latitude 470*0' nord, à la distance de j,6oo nuUça du confluent du Missouri avec le Mississipi.
; DE L'AMÉRIQUE. . ^A^^â i3
Miami s. En 1 72 1 , les Miamis étaient divisés en trois bourgades, savoir : i° celle de la rivière Saint- Joseph ; 20 celle de la rivière de leur nom qui se jette dans le lac Erié ; 3° celle de la Ouabache ou Wabash, affluent du Mississipi. Ces derniers étaient connus sous le nom de Ouyatanons. Il y avait une si grande affinité entre les Miamis et les Illinois dans le langage et les habitudes , qu'il est probable qu'ils furent un même peuple (1).
Mine tares , nommée gros ventres par les Français du Canada. Ces Indiens vivent dans un village du côté méridional du Mississipi , à moitié chemin environ des rivières Mandans et Yellowstone (Pierre-Jaune). On a évalué leur population à près de 3,25o individus; leur langage diffère de celui des Mandans.
Mi s souris. Cette nation, autrefois très-nombreuse et guerrière, habitait le pays arrosé par la grande rivière de leur nom. Quand les Français y entrèrent pour la première fois, ils rencontrèrent ces peuples à la distance de 4° lieues du confluent du Missouri et du Mississipi. En 1720, un poste fut établi près d'eux, et dont M. de .Bourg mont était commandant (2),
En 1754, les Indiens étant devenus amis des Français , le commandant du fort de Missouri en détermina onze de son voisinage à passer en France. Ils furent présentés à la Cour par l'abbé Piquet et fournirent, pendant quelque temps, un amusement aux Parisiens en dansant àTOpera Italien et en chassant le cerf avec rare et ht itecW Juna 1» mmm Bologne. Le sergent Dubois , qui les accompagnait, avait pour maîtresse la fille de leur grand chef, qu'il épousa ensuite et qu'il convertit au christianisme. Cette alliance lui valut le titre d'officier et de commandant des Mis souris. Madame Dubois, de retour à ce fort, retira son affection à son mari et il fut massacré avec toute la garnison. Sa veuve abjura sa nouvelle croyance et reprit ses anciennes habitudes (3).
Les Missouris réduits aujourd'hui à environ trente familles, dont 80 guerriers , habitent les bords sud-est de la rivière Plate ou Nebreska, à la distance de 4o milles de son confluent
(1) Charlevoix, t. III, lettre 28.
(a) Du Pratz, t. II, ch. 18, et t. Ij ch. 24. Ce fort, nommé fort d'Orléans, était composé de palissades et renfermait deux cabanes , l'une pour le commandant et les officiers , l'autre pour les soldats*
(3) Dumont, Mém. bis t. , t. II , ch. 1G.
i4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
avec le Missouri ; les terres qu'ils occupent appartiennent aux Ottos, auxquels ils sont réunis ( i ).
Mobiliens. Cette petite nation demeurait autrefois vers l'embouchure de la rivière et la baie de leur nom. Selon du Pratz , leur vrai nom est Mowillj dont les Français ont fait Mobile (2). Charle voix écrit Maubiliensj mais leur bourgade où était établi le fort Français de la Mobile,, a été nommée A/ovila par Garcilaso de la Véga. Les Mobiliens entretenaient dans leur temple un feu perpétuel où les autres nations devaient rallumer le leur en cas qu'il vînt à s'éteindre par accident. On prétend que ce peuple était très-puissant au tems de l'expédition de Ferdinand Soto. Il n'en reste aucun vestige.
Natchez, En 1700 , ils avaient été réduits par leur guerres à 1 ,200 guerriers. Attaqués par les Français, en 1730, un grand nombre furent tués et les autres prirent la fuite. On fit détruire leurs villages et leurs temples. Ils furent encore attaqués et défaits par Saint-Denys, aidé par les Natchitocbes, qui eu tuèrent 90, parmi lesquels se trouvaient tous leurs chefs. Le reste se retira chez les Cliickasaws.
M. Nuttal apprit par quelques Clierokées, qu'en 1820 il existait encore quelques tribus de Natchcz qui vivaient avec les Choctaws, près de la rivière Mobile (3); et par M. Ware, qu'il y a encore un petit village de cette nation sur les bords duTallepoosa , dans l'Alabama. Selon Charle voix, les Natchez ressemblaient aux autres Indiens de la Louisiane ; niais ils avaient une forme de gouvernement qui les distinguait particulièrement. Le grand eh^f, qui portait le nom du soleil, avait pour successeur Je (ils de sa plus proche parente. Sa femme était nommée femme chef ; elle ne se mêlait pas des affaires publiques ; mais comme chef, on lui rendait les plus grands honneurs. Ils avaient le droit de vie et de mort. En les abordant , leurs sujets les saluaient trois fois avec une espèce de hurlement ; ils se retiraient à reculons , en répétant la même chose. On leur oftrait la meilleure partie de la récolte de la chasse et de la pêche. Tous les matins, le grand chef se pré» sente à la porte de sa cabane, regarde l'orient r hurlant et se prosternant ; à sa mort ou à celle de sa femme, leurs serviteurs étaient étranglés pour les accompagner dans l'autre monde.
(1) Travels by M. Bradbury, p. 5^-8.
(a) Du Pratz, t. II, ch. 16.
(3) Travels ùito the Arkansa territory, ch. 7 et 16.
Quoicrue la polygamie fût permise, les hommes n'avalent ordinairement qu une femme.
Une fille noble pouvait épouser un homme de basse extraction ; le seul avantage dont il jouissait était de commander aux autres valets et de ne plus travailler, quoiqu'il fût lui-même traité comme un valet. Elle pouvait avoir des amants, congédier son mari , en prendre un autre et le faire mettre à mort pour une infidélité ; il devait se tenir debout en sa présence.
L'administration des Natchez était composée de deux chefs pour la guerre ; autant de maîtres de cérémonie pour le temple, deux officiers chargés des traités de paix et de guerre, et quatre autres pour régler les festins publics. Le grand chef nommait à tous ces emplois , et ceux qui les remplissaient étaient respectés comme lui-même. Les récoltes se faisaient en commun. Vers la fin de juillet, il y avait une grande fête qui durait trois jours, et à laquelle présidait le Soleil et la femme chef entourés de tous les nobles. Le dernier jour, le Soleil faisait une exhortation à ses sujets , les engageant à remplir leurs devoirs, à vénérer les esprits qui habitent le temple et à bien élever leurs enfants.
Les pères de famille présentaient au temple les prémices de tout ce qu'ils récoltaient, ainsi que les semences qui sont offertes aux esprits et ensuite portées chez le Soleil, qui en fait une distribution.
Les mariages se faisaient de la manière suivante : le futur époux offrait des présents aux parents delà fille, et après la célébration des noces, il y errait-mi grand festin. Lee rrraris, loin d'être jaloux, prêtaient leurs femmes.
Le chef de guerre plante deux arbres ornés de plumes , de flèches et de casse-têtes , le tout peint en rouge. Les convives, bien parés , se présentent et déclarent qu'ils désirent servir comme braves et, s'il le faut, mourir pour la patrie. s
Au lieu de torturer leurs prisonniers comme les Mohawks et autres Indiens, les Natchez les livraient aux parents de ceux qui avaient été tués pendant la campagne, après les avoir fait danser et chanter plusieurs jours ae suite autour du temple.
Les traités de paix et d'alliance se faisaient avec beaucoup de cérémonie. En 172 1, lorsque Charlevoix visita les Natchez, leur grand village était réduit à un petit nombre de cabanes de forme carrée, basses et sans fenêtres; quelques-unes étaient construites d'une espèce de torchis et revêtues de nattes en dehors et en dedans ; il n'y avait d'autre issue pour la fumée que la porte ; la plupart étaient couvertes de feuilles et de paille
de maïs ; celle du grand chef, plus considérable que les autres, était isolée et bâtie sur un terrain un peu plus élevé. Le temple, construit des mêmes matériaux, était d une forme différente; il avait 4o pieds de long sur 20 de large, et orné aux extrémités de deux aigles en bois, richement sculptés ; la seule ouverture était une norte pratiquée dans la longueur; au milieu du temple se trouvaient trois pièces de bois qui brûlaient lentement; c estait le feu sacré qu'un gardienne devait jamais laisser éteindre. La foudre ayant réduit le temple en cendres, sept ou huit femmes jetaient leurs enfants dans les flammes pour apaiser les esprits. Les seuls ornements de l'intérieur étaient trois ou quatre caisses contenant des ossements et quelques têtes de bois assez mal travaillées et une espèce de table.
Des voyageurs, en parlant de ce temple, ont dit qu'il était rond et terminé en dôme; qu'il renfermait des cônes enveloppés de peaux de squelettes des chefs rangés en cercles ; que douze hommes étaient employés à fournir des écorces de chêne pour le feu sacré, èt quatre vieillards à l'entretenir.
Je n'ai rien vu de tout cela, dit Gharlevoix ( 1 ).
Natchitoches . Cette nation, qui a donné son nom à l'endroit
Rouge, à environ 5o lieues de son confluent avec le Mississipi. Le principal village était composé d'environ 200 cabanes. Malgré leur proximité des postes espagnols, ils restèrent toujours attachés aux Français. En 1731, ils n'avaient que 4° guerriers (2), et étant attaqués par 200 Natchez, ils se retirèrent après la perte de la plupart des lcora, cl les vainqueurs s'emparèrent de leurs villages (3). Cette tribu est presqueteinte.
Les Quachasj quirésidaient autrefois auprès de la Nouvelle- Orléans, n'existent plus.
Les Opelousas, natifs du district du même nom, ne comptent plus qu'environ une centaine d'individus.
Osages. Cette nation est divisée en trois bandes, savoir : i° les Chaneers d'Arkansas , au nombre de 600 hommes, qui habitent dans un village situé près de l'entrée de la rivière Verdigris , affluent d'Arkansas ; 20 les grands Osages^ ou bande de cheveux blancs^ composée de 4oo hommes , dont le village se trouve situé près de la source de la rivière Osage ;
(1) k cliarmant ouvrage de M. de Chateaubriand sur tes
MjfaPraiz,t: n,ch. i*.
(3) Charleyoix, t. II, liy. 22.
ÏM3 L'AMÉRIQUE- ,7
3° les petits Osages au nombre de s5o hommes qui habitent le Neozho, affluent d'Arkansas (i).
En 1808, ils demandèrent et obtinrent des Etats-Unis rétablissement d'une factorerie pour y faire le commerce. La même année, le fort Osage fut établi sous la latitude de ^9° 9' nord, par M. Lewis, gouverneur de la Louisiane. En 1822, ces Indiens étaient en guerre avec tous leurs voisins, excepté les Konzas et une partie des Sauks et des Renards.
Les Osages sont d'une grande taille, ont le teint entre la couleur olive et la couleur cuivrée, les yeux d'un brun sombre et le nez aquilin ; ils aiment la guerre et la font souvent aux Sioux et aux peuplades occidentales. Ils ont fait quelques progrès dans l'agriculture et possèdent une belle race de chevaux et de mulets.
Les Osages, jaloux du voisinage des Cherokées, leur déclarèrent la guerre , mais firent la paix en septembre 1819, et renouvelèrent les hostilités en 1821 (2).
Ottos. Cette peuplade habite aujourd'hui le bord sud-est de la rivière Plate ou Nebreska, à la distance de 4<> milles de son confluent avec le Missouri. En 18 10, ils ne comptaient pas plus de i3o guerriers : réunis aux Missouris, ils se défendirent contre les attaques des Sioux, des Osages et des Loups.
Oufé-Ogoulas ou nation du Chin. Elle résidait autrefois près de la rivière des Yazouz ; leur village se composait d'environ 60 cabanes (3) ; ils étaient alliés des Yazouz et des Corons* et tnus ensemble . en 1 7 2 1 , n'avaient-pftg plus de 200 guerriers. En 1729, us refusèrent l invitation des Natchez d'entrer dans la conspiration contre les Français , et se retirèrent chez les Tonicas (4), amis des uns et des autres (5).
Oumas ou Houmas. Cette peuplade, dont le nom signifie nation rougi, demeurait autrefois à la distance de 20 milles au-dessus de la Nouvelle-Orléans ; la plupart se tuaient par l'usage immodéré de l'eau-de-vie qui leur était fournie par
(1) Voyez le rapport de M. Sibley, agent pour les affaires des Indiens, dans le second volume de l'expédition de M. Long. Le docteur Morse a évalué le nombre de ces Indiens à environ 1,200 individus , dont 35o guerriers ou chasseurs.
(2) Nuttal. Traveh into the Arkansa territory, p. 212.
(3) Du Pratz, t. II, ch. 17. Charlevoix écrit Offogoulas.
(4) Charlevoix, t. III, lettre 39.
(5) Charlevoix, t. II, liv. aa.
les Français (i). En 1700, ils accneiliîrent, avec beaucoup de cordialité, M. Iberville , lorsqu'il remonta le Mississipi.
En 1722, Charlevoix visita leurs deux villages et les trouva toujours très-affectionnés pour les Français. Vers Tannée 1812, leur population n'excédait pas 60 personnes (2); maintenant ils sont ou dispersés ou éteints.
Pacha- O goulus j nommés par les Français Pascagoulas. Ces Indiens habitaient les bords de la rivière et de la baie de leur nom ; ils étaient peu nombreux : leur village ne contenait qu'une trentaine de cabanes lorsqu'ils furent premièrement connus par les Français, en 1700. Quelques Canadiens se trouvaient établis près d'eux. Les restes de cette peuplade résidaient , il y a quelques années , sur les bords de la rivière Rouge, à environ 60 milles au-dessus de Natchitoches. Ils ne comptaient que 24 guerriers.
Pawnées. Cette nation , composée de io,25o individus morse , est divisée en trois bandes, savoir : grands Pawnées, Pavmées républicains et Pawnées -Loups : tous habitent actuellement sur les bords de la rivière Plate et de ses affluents. Le village de la première renferme 160 cabanes; celui de la seconde 4<>> et le dernier 120.
Selon le major Pike, leur nombre total ne s'élevait qu'à 6,223 individus, savoir: 1,993 guerriers, 2,170 femmes et 2,060 enfants (3). Ils possédaient plus de 6,000 chevaux , et cultivaient le maïs et d'autres plantes nourrissantes .
Pieds noirs ^en anglais, Black foot. Cette nation occupe une grande étendue de pa^s m ruse* par les atttuents supérieurs du Missouri, dans le territoire du même nom. On a évalué leur nombre à 20,000. Ils sont très-guerriers; leur pays abonde en castors et autres animaux dont ils vendent la fourrure aux établissements anglais sur l'Assiniboin, ce qui les rend ennemis des commerçants américains.
Ponças. Cette peuplade, au nombre de 75o individus , habite sur les bords du Missouri, vers l'entrée de son affluent Qui-Court.
Quapaws. Cette peuplade, composée d'environ 700 individus, occupe le pays situé entre les rivières Arkansaw et Washita. En 18 18, ils cédèrent aux Etats-Unis 30,690,560 acres de terres situées entre l'Arkansaw et la rivière Rouge. En
(1) Du Pratz, t. II, ch. 17.
(a) Charlevoix, t. III, p. 3i.
(3) Traveh, page i34 de la quatrième édition de Londre*.
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considération de cette cession, ledit gouvernement promit de leur livrer incessamment des effets et des marchandises pour la valeur de 4>ooo piastres et de i,ooo chaque année (i).
Renards» Cette nation, autrefois très-nombreuse, habitait le pays situé au nord des Illinois. Elle fit la guerre aux premiers Français qui en approchèrent. Les Renards et les Sauks, vivent maintenant ensemble dans plusieurs villages sur une langue de terre située à la jonction de la rivière Rock et du Mississipi. Ils sont au nombre d'environ 5,ooo individus ; les premiers s'élèvent à peu près à 2/5 du nombre total. Ces deux tribus comptent 800 guerriers. Le major Pike évalue toute la population des Sauks à 2,85o (2) individus; les guerriers à 700 ; et le nombre des Renards à i,75o individus, dont4oo guerriers.
Ces Indiens cultivent le maïs, les fèves et les melons ; ils exploitent aussi des mines de plomb.
Ricaras, Cette nation ravagée par des guerres cruelles et par la petite vérole est encore forte de plus de 2,000 individus, dont 5oo guerriers (3). Elle habitait , il y a quelques années, deux villages sur le Missouri à la distance de 1, 44° Bibles de sa jonction avec le Mississipi. Elle est maintenant établie près de la rivière Canonball (4) à l'ouest de son ancienne demeure. Elle vit en partie de la chasse , et en partie des produits de l'agriculture.
Serpents , nommés par les Panis, Padoucas ou Tétons, et par les Espagnols, Comanches . Ces Indiens vivent par bandes séparées à V ouest An Missouri et font des excursions^« sources de Ja Plate et dans les plaines qui bordent le nouveau Mexique. Ils ont beaucoup de chevaux , d'ânes et de mulets. Les tribus voisines les méprisent tellement qu'ils condamnent à l'esclavage tous ceux qui tombent entre leurs mains. Le major Pike les a évalués à 8,200 individus.
Selon le docteur Morse, les Padoucas, de la rivière du même nom, sont au nombre de 1,000 individus.
Shawanees ou Shawaneses. Ces Indiens ayant été défaits par les Cherokées, et réduits à 1,100 individus, s'établirent ,
(1) D* Morses' report, appendix.
(a) Voyez Travels, etc. , page i34 de la quatrième édition de Londres.
(3) Travels in the interior of America , etc. , in 1809, by M. Bradbury. London, 1817.
(4) Affluent du Missouri, et dont le confluent est à la distance d'environ 1 ,5og milles du Mississipi.
avec la permission des Miamis et des Wyandots , sur la Wabash et la Glaise.
Ils prirent les armes contre les Américains dans la dernière guerre et combattirent avec les Anglais. Il y a quelques années , qu'une partie de cette tribu abandonna sa résidence à Test du Mississipi , pour se fixer sur les bords du Merrimak , l'un de ses affluents , environ 3o milles nord-ouest des Mines de Plomb.
SiouXj nommés aussi Dakotas et Naudowessis par Carver. Ils babitent une grande étendue de pays situé entre les 4^° et 490 de latitude nord, et entre les 900 3o' et 990 3o' de longitude ouest de Greenwicb.
Les auteurs ne s'accordent pas sur leur population. Selon Lewis et Clarke , cette nombreuse et puissante nation est répartie en dix bandes, formant en tout 6,000 individus , dont 2,55o (1) guerriers. Le major Pike a évalué le nombre total des tribus de Sioux (au nombre de 7) à 2 1 ,675 individus, savoir: 3,845 guerriers, 7,o3o femmes et 10,800 enfants. Une troupe de 4j5oo individus babite actuellement les bords du Missouri, près de son grand détroit.
D'après un recensement fourni par M. Neuville, la population des Sioux s'élève à 28,100 individus, dont 7,o55 guerriers ; ils demeurent dans quatorze villages. Ils étaient plus puissants autrefois avant la séparation des Assiniboins.
M. Keating est d'avis que le nombre des Sioux n'est pas moindre de 25,ooo, y compris 6,000 guerriers (2).
Ceo Indiens diffèrent de tous Ip« aubw par leur langage, leurs manières, leurs habitudes et leurs opinions.
Le capitaine Lewis les peint comme les plus vils mécréants de toute la race sauvage. Ils continueront, dit-il, à être les pirates du Missouri, jusqu'à ce que notre gouvernement prenne des mesures pour leur faire sentir leur dépendance et qu'il les force à recourir à lui cour se procurer des marchandises (3).
Le major Pike est d avis qu'ils descendent d'une tribu de Tartares ; ils émigrèrent par le détroit qui sépare les deux continents au point nord - ouest du continent américain où ils résidaient d'abord.
Les Dakotas croient à un être suprême , ou grand esprit
(1) Travels oj Lewis and Clarke, vol. I, p. 106.
(2) Narration d'une expédition à la source de la rivière Saint- Pierre, Vol. I, ch. 8. On y trouve des renseignements très-curieux..
(S) Mémoire lu devant le Congrès , en 1816.
qu'ils nomment Wahkan Tanka qui les a créés sur les terres qu'Us occupent actuellement. Suivant Charlevoix, les premiers hommes blancs qu'ils ont vus étaient deux Français qui venaient du lac supérieur dans Tannée 1660 (1).
Tonicas. Cette petite tribu, les restes de celle de Bayou Tonica, demeurait autrefois sur les bords du Mississipi, visà-vis l'entrée de la rivière Rouge. Toujours attaches aux Français , ils faisaient la guerre avec eux. En récompense de leurs services, le roi avait envoyé au chef le brevet de brigadier des armées rouges, un cordon bleu et une canne à poignée d'or.
On a remarqué que la langue des Tonicas avait la lettre r, qui ne se trouvait pas dans la plupart de celles des autres tribus. Us avaient aussi des coutumes et des usages différents (a).
Vers l'année 18 12, les restes de cette peuplade, au nombre de 5o à 60 individus, demeuraient près de la Pointe-Coupée.
Yatasses. Cette tribu, réduite à un très-petit nombre, demeurait, il y a quelques années, sur les bords du bayou Pierre^ à 5o milles environ au-dessus de Natcbitoches.
Yazouz. En 1 ^30, cette nation fut attaquée par les Ârkansas et presqu'anéantie ; il ne restait que i5 individus de ce peuple et des Coroas qui combattaient avec eux (3).
Des bandes errantes, au nombre de 20,000 , parcourent le territoire du Missouri, du côté oriental des montagnes rocheuses ; d'autres tribus fréquentent le Padoucas-Fork et entre cette rivière et fa^Ptato e% nnnet Aa noUo du Missouri ,
savoir : les fVatepanatets et Kyawas, au nombre de 900 ; les Patanowas, de i,5oo; les Ayutansou Comanches, de 8,000, et la Terre bleue et Cheveux longs de 3,ooo individus.
Le nombre total des Indiens, qui demeurent entre les rivières Missouri et V Arkansaw et entre le Mississipi et les montagnes rocheuses, s'élève à 101,072 individus.
La plupart de ces Indiens mènent une vie errante et sui-= vent le buffle dans ses migrations. Leur passion dominante est la guerre, et la mort d'un ennemi le grand objet de leur ambition. Les tribus méridionales ont un grand nombre de
(1) Charlevoix, t. II , p. 98. Dacotas signifie unis ou alliés, parce ie cette nation est composée de plusieurs tribus distinctes, (a) Du Pratz, t. II, ch. 17.
(3) Charlevoix , t. II,liy. aa. Les Tioux furent tous tués dans cette
chevaux, de mulets et d'ânes que leur procurent le commerce avec les Espagnols ou les peuplades qui habitent les bords du nouveau Mexique ; une partie de ces animaux est cédée aux tribus du nord-est, qui donnent en échange des objets de fabrique anglaise* Leur manière de trafiquer ne doit pas être passée sous silence. ,
Les deux partis établissent leurs camps dans le voisinage l'un de l'autre. Ils s'approchent ensuite en grande cérémonie et échangent mutuellement les objets dont chacun d'eux n'a pas un besoin immédiat. La vente qui ne se fait pas par voie d'échange est soldée au prix fixé par le chef et son Conseil. Ils dédaignent l'usage d'examiner et de peser chaque article, ce qu'ils regardent comme le signe d'une âme étroite et méprisable. Ils sont extrêmement superstitieux et ils adorent une tête de buffle. Leur gouvernement est en' quelque sorte républicain; la proposition du chef est discutée dans un Conseil dont chaque membre l'approuve ou la rejette au nom de la tribu qu'il représente.
On doit faire une observation importante. Quoique les diverses tribus de la Louisiane parlent des idiomes particuliers , il y a un langage commun qui sert à communiquer entr'elles (i).
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