DES DOGES BE GÊNES
tourner en France. LVvéque de Meaux , que la cour de FranciC lui avdit donné pour adjoint , prit le commandement après son départ. #
L^an 1 398 , les factions des Guelfps et des Gibelins replongenit la ville de Gènes dans le horreurs de la guerre civile. L*évéque de Meaux ne pouvant arrêter la fureur des deux partis , quitte Gênes, et repasse en France. £nfin , après ipille combats, les Gibelins se réconcilient avec les Guelfes , et le rétablissement de la tranquillité est annoncé au ptHjple , le 5 septembre. Calvitie, nouveau gouverneur, envoyé par la cour de France , n^est pas mi'eux traité que son devancier. Après avoir apaisé un premier tumulte, il ^n voit un autre s'élever» le la janvier j4po*Ne pouvant y résister ni le câliner, il se retire à Savone. On lui substitue Baptiste Boccanégra sous le titre de capitaine de la garde du roi de France ; après quoi Ton députe à Charles VI, pour lui faire des excuses et le prier d'approuver ce choix. La dc'putation est très-mal accueillie ; Boccanégra se démet ^ et la * ville de' Gènes , reste dans le trouble et la confusion.
L'an i4oi 9 Jean le Meingre de Boucicaut , maréchal de France, arrive à Gènes, en qualité de gouverneur, le 3i oc tobre, à la tête de mille hommes de pied et d'autant de cavar lerie. il débute par des actes de sévérité qui rétablissent le calme. Boccanégra est une des premières victimes qu'il immole^ à la tranquillité publique. ( Georg. Stella, ana. Genuens, ) L'an ]4o3, il reçoit , le 22 janvier, l'empereur Manuel, qu'il comble d'honnêtetés, mais sans lui accorder les secours qu'il était venu chercher contre les Turcs. La même année , Boucicaut passe en personne dans Tîle d^ Chypre , pour délivrer Famagouste , assiégée par le roi Janus. Il y réussit ; mais il essaie en vain de réconcilier Pharadge , dit IViélétella , sultan d'Egypte , avec les Génois. De là, faisant voile vers la Syrie, il va s'emparer de Baruth ou Bérythe, qu'il abandonne après l'avoir saccagée. Les Vénitiens , qui avaient un riche comptoir à Baruth , se plaignent du tort que celle expédition leur a fait , et cherchent l'occasion de s'en venger : elle ne tarda pas à se montrer. Le 7 octobre, Carlo ,Zeno, qui commandait à Modon pour les Vénitiens, tombe sur la tlolte génoise qui s'en revenait, lui prend trois galères après un rude combat, et met le reste en fuite.
L'an 1 4o5 , l'antipape Benoit arrive , le 26 mai , à Gênes | où Boucicaut avait disposé les esprits à le reconnaître pour le chef légitime de l'église. Mais la peste , qui avait recommencé ses ravages dans cette yiH^» l'oblige d'en sortir le 8 octobre suivant. L'an 1407 , le cooseil de Gênes donne k la banque de XVlll. 3
lé CHRONOLOGIE HIStORTQUB
Saint- Georges cette forme et cette consistance qui Pont rendue ,> pendant tant d'années , Vune des plus solides ressources dé l'ctat. La république fait , la même année , la conquête de Pimporlante place de Sàrzane. L^an i4<'9 9 Jean* Marie "Visconti , duc de. Milan , ayant résolu de se mettre sous la protection de la France , atin d'être en état de résister à ses ennemis, engage Boucicaut è venir prendre le gouvernement de Milan. Boucicaut part de G^nes, le 3i juillet, avec cinq mille hommes de cavalerie et vil grand nombre de gens de pied , sans se défier de la fidélité des Génois qu'il croyait avoir entièrement soumis. Sa confiance le trahit. Un mois après son départ , les bannis de Gênes , excités par Facin Cane et par Théodore , marquis de Mont ferrât , se mettent en mouvement avec les gens que ces deux seigneurs leur avaient fournis , pour rentrer dans leur patrie et la remettre en liberté. L'approcne de cette armée donne l'impulsion aux habitants de Gênes, tant Guelfes que Gibelins. S'étant révoltés, de concert, le 3 septembre, ils massacrent le chevalier de Chazeron , lieutenant de Boucicaut , avec un grand nombre de Français. On élit le lendemain un conseil de douze personnes , moitié guelfes moitié gibelins pour gouverner, et à leur tête, on met le marquis de Monlferrat avec le titre de capitainegénéral et les émoluments du doge. Bientôt après, les Français sont assiégés dans les. forts où ils s'étaient retranchés ; ils les abandonnent , et la république se trouve entièrement affranchie du joug de la France. Boucicaut fait de vains efforts pour se rétablir à Gênes. Enfin, l'an 14^0 1 après avoir épuisé toutes ses ressources , il repasse en France sans argent et sans gouvernement. Tandis que le marquis de Mont ferrât est à Savone pour Îr apaiser une sédition , les Génois , le 90 mars i4i3 , se souèvent contre son lieutenant , et ne lui laissent que le tcms de se sauver avec les autres officiers du marquis. Sept jours après , Georges Adorne , personnage riche , puissant , aimé de tout le monde , est élu doge avec la plus grande solennité. Il rendit le calme à la république, mais ce ne fut pas pour long-tems. Baotiste Montaldo , aidé des Spinola et de quantité d'autres familles considérables, excite, l'an 14^4» une sédition contre le doge. ^Ue commença la nuit du 9 décembre et ne finit que le 9 mars i4i^- I-c aS du même mois, Adorne, en exécution de l'accommodement fait avec les rebelles, abdique, et le 29, Barnabe D£ GOANO lui succède. Le 3 juillet suivant , le iiouveau doge est chassé parla faction des Frégose et des Adorne, et, le lendemain, Tho!M[.\s Frégosb est élu à sa place. L'administration de Frégose fut plus sage que sa conduite précédente n'avait donné lieu de l'espérer.
Les Génois , dès le neuvième siècle , s^étaîent renduf tnattrear de l'île de Corse , après l'avoir enlevée aux Sarrasins. L'an 1420 y ' Alibnse^ roi d'Aragon , forme sur cette île une entreprise; et ayant pris d'abord Calvi , il vient ensuite mettre le sié^e- (levant Bonifacio. Le doge ; s'empressa de secourir cette place; et ayant fait équiper une bonne flotte^ il la fit partir sous les ordres de l'un de ses frères. La flotte arriva à tems , el vint à* bout de ravitailler Bonifacio-, malgré tous les efforts d^Alfonse , qui peu après leva le siège. Calvi ne tarda pas à chasser la gar^ nison aragonaise et à se mettre sous l'obéissance des Génois*' (M. de.Brequigni. )
L'an 14^1 , Philippe-Marie, duc de Milan , jaloux de conquérir l'état de Gênes que ses ancêtres avaient possède , fait entrer une armée dans ce pays , sous les ordres du fameux Carïnagnole , son général. Après s^être rendu maître d'Albenga et d'autres petites places , Carmagnole vient se présenter devant Gênes qu'il assiège par terre , tandis que sept galères catalanes, en tiennent le port bloqué. Le doge qui , le 27 juin de cette année , avait vendu Livourneaux Florentins, pour subvenir aux besoins Pressants de la république , n'omit rien pour fa défense de la ville. Mais le succès ne. secondant point son zèle et son activité , voyant d'ailleurs lés Génois disposés à- se soumettre au duc de Milan ^îl prit le parti de renoncer à la dignité ducale.- La république, en considération de cet acte et avec le consentement du même duc Philippe-Marie, lui céda la ville de Sarzane avec tout son district , pour en jouir sa vie durant , et avec la condition qu'il ne pourrait la céder ni transférer à d^autres qu'à ta république même.
. Philippe- Marie , pour occuper l'esprit remuant des Génois ^ crut ne pouvoir mieux faire que de les engager dans des guerres continuelles. Dans les trois premières années qui suivirent sa conquête , il employa leurs flottes en faveur de Jeanne 11 , reino de ^îaples, qui en tira de puissants secours.. L'an i43i ,. il.mit les Génois aux prises avec les Vénitiens , sur lesquels- U flotte qu'il leur avait fournie remporta une victoire complète , le aS mai, sur le Pô; mais le 27 août suivant, Us furent ba^us à leur tour dans la Méditerrc^née , après un combat long- tems incertain.
La ville de Gaete, au royaume de Naplcs, pour ne-^poînl tomber au pouvoir d'Alfonse , roi d'Aragon, offre aux Génois çtau duc de Milan, l'an i435, de se mettre en leur garde. L'offre acceptée , François Spinola , envoyé par les premiers , etOUolio Zoppo, envoyé parle second, viennent avçc une
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bonne garnison pour garder la place. Alfonse ne tarde pas à venir l assiéger. Gaë'le , mal pourvue de vivres , est bientôt ré-* duite aux abois. Les Génois 9 instruits de la situation dé assiégés, font partir, le aa juillet, une flotte sous les ordres de Biaise d^Aseretû , fameux capitaine, pour aller à leur secours. Alfonse, apprenant qu'elle approche, va au-devant d'elle, ifionié sur la sienne avec toute sa noblesse et environ onze mille combattants. L-ayant rencontrée, le 5 août, près dePonza , il lui livre une bataille qui dure depuis le soleil levé jusqu'à la nuit. La victoire demeure aux Génois : elle ne pouvait être plus complète. Ils firent prisonniers le roi , ses deux frères , Jean , roi de Navarre, l'infant ilon Henri, avec quantité de grands seigneurs ; et de quatorze vaisseaux , iU n'en laissèrent échapper qu'un seul. A la nouvelle de cet événement , les Gaëtans font une sortie sur les assiégés , les chassent de leurs lignes , et délivrent la place. Cepenuant les prisonniers faits par la flotte génoise , sont amenés à Milan. Le duc traite magnifiouement le roi d'Aragon; et ayant fait une ligue avec lui, il le renvoie libre avec tous les siens. Cette générosité, qui faisait perdreaux» Génois tout le fruit de leur victoire, les met en fureur. Le 12 décembre, s'étant soulevés , ils prennent les armes , tuent leur gouverneur, chassent les Milanais , et secouent le joug du duc de Milan. ( Ubert Folielta. ) Après-cetle révolution, ils élisent, pour doge, Isnard Guarco; mais il ne reste que sept jours en place ; et Thomas FbÉgos£ l'ayant chassé, se fait de nouveau proclamer doge. Thomas avait un frère nommé Baptiste Frégose , qui entreprît , à la sollicitation du duc de Milan , de le supplanter. 11 échoua dans cette entreprise; et Thomas en conserva si peu de ressentiment, qu'il le fit nommer chef d'une escadre que les. Génois fournirent à René d'Anjou, rival d'AU fonse , pour le royaume de Naples.
Jean Antoine de Fiesque , qui , mécontent du doge , s^étaît retiré, l'année précédente, auprès du duc de Milan, rentre dans Gènes, par mer, le 18 décembre i44^f s'empare du palais , et fait le doge prisonnier. Après- divers arrangements , on nomme doge, le 18 janvier 1 44^ , Raphabl Adoai^e. Fiesque et Pierre Frégose , qui n'approuvaient point cette élection , sortent de Gênes , et exercent le brigandage aux environs. Les Génois font, l'an i4449 ^^^<^ 1^ roi d'Aragon , une paix peu avantageuse , mais que leur situation tumultueuse leur rendait nécessaire. L'an i44^^9 Barnabe Adorne, jeune ambitieux, s^élève contre le doge, son parent, qui, pour le bien de la paix, abdique , le i4 janvier de l'année suivante. Après sa retraite , Barnabe Adorî^e se fait reconnaître doge y mais au
BSS DOGES DE GÊNES. 2t
houï à*un mois , il est chassé par Jean Fhégo^S , qtie Ton met à sa place.
V»n 144^9 Louis Frbgose est élu doge après la mort de Jean. 11 est déposé Fan i45o, et PiERRB Fregose, neveu de Thomas , lui succède. I/empereur Constantin Paléologue , voyant Constant inople sur le point d'être assiégée par les Turcs , demande, l'an i45a , du secours aux Génois La république lui envoie cinq gros vaisseaux chargés de provisions ^ qui entrent dans le port de cette , ville à travers une flotte do cent voiles , que le sultan Mahomet leur opposa. ( Ducas et Calcondyle. ) Pendant le gouvernement de Pierre Frégose , qui fut de huit ans , les Adornes et les autres Génois, quMl avait fait exiler , ne cessèrent de faire des mouvements avec le secours d'Alfonde , roi d'Aragon , son ennemi particulier , pour rentrer dans leur patrie et le faire déposer. A la fin , près de succomber, il persuade aux Génois, Tan 14^89 de se sou-« mettre à Charles YH , roi de France. On envoie des ambassadeurs à ce prince , pour négocier cette affaire : elle est heureusement, conclue. Jean, duc de Lorraine, envoyé par le roi de France , a Gènes, prend possession de la ville , le 1 1 mai 14S8 : il reçoit le serment de hdélité an nom du monarque, et on lui remet les principales forteresses de Tétat. Bientôt après , le duc de Lorraine se voit assiégé dans Gênes par les Adornes et les autres mécontents , ligués avec Alfbnse , auquel il disputait le royaume de Naptes. Une flotte aragonaise vient en même tems bloquer le port de Gênes; mais Alfonse meurt sur ses eDtrefaites, le 28 juin , et le siège est levé.
Lorsqii^en i^S'd Mahomet II entreprit le siège de Con$tan\inople , nulle des puissances chrétiennes ne contribua plus à la défense de cette ville, que la république de Gênes, ou plutôt ce fut elle seule qui s'opposa anx efforts de ce conquérant. Ce fut Jean Giustiniani , Pun de ses nobles , que Tempereur grec nomma son généralissime. Si la victoire était toujours le prix de la valeur et du courage, elle eût sans doute couronné la brave résistance des assiégés conduits par un aussi habile che£ Mais une blessure qu'il reçut dans un assaut , Payant obligé de se mettre à Técart pour se faire panser , les Turcs profitèrent de sa retraite pour donner un assaut général , qui les rendit maîtres de la ville. Giustiniani ne survécut pas à cette malheureuse catastrophe , qui emporta en même tems la perte de Galata, appartenante aux Génois.
Pierre Frégose, le même qui avait appelé les Français à Gênes, se soulève, en i4%» contre le duc de Lorraine. Ayant nunassé des troupes avec l'argent que Ferdinand , roi de Napics^
âa CHRONOLOGIE BtSTOBfQCE
lai avait fourni, il surprend Gênes la nuit du" i.3) au l'^scpr* teoibre ; mais ses gens sont repoussés, et lui-même périt dnii» la mêlée. Quelques tems après, le duc part de' Gênes pour son 4^xpédition de Naples, laissant à sa place Louis Vallier, gentil— homme français.
' Les Génois , excité? par leur archevêque, Paul Frégose , prennent les armes contre les Français, et les obligent à se renfermer dans le château. La faction des Adornes se réunit à celle des Frégoses, et, le 12 mars, Prosper Adorne est élu doge sans contradiction. Les Français sont assiégés dans le château. René d'Anjou leur amène du secours par mer. On en vient, le 17 juillet, à, une bataille, où les Génois sont vainqueurs , et jmetrent leurs ennemis en fuite. Paul Frégose, s'étant ensuite brouillé avec le doge, fait élire en sa place, le 8 juiHet de la même année, Spineta Frégose, son cousin. Six jours après ^ celui-ci cède le dogat à Louis Frégose, qui avait exercé cette charge douze ans auparavant. Paul Frégose le supplante au commencement de 1463, et réunit, eh sa personne, la dignité de d(^e à celle d'archevêque ; mais ce ne fut pas pour longtems.
L'an i464f Louis XI, roi de France, à qui il ne restait plus que Savone dans l'état de Gênes , la cède , avec tous ses droits sur Gênes, à. François Sforce, duc de Milan, moyennant l'hommage. S force envoie des ti'oupes qui , secondées par les principaux Génois , soumettent rapidement toute la côte occidentale de Gênes. Paul Frégose, abandonné, se retire par la mer, et le duc de Milan est proclamé souverain de Gênes avec, solennité.
Les Génois demeurent tranquilles sous le règne de François Sforce, et sous celui de Galéas^Marie, son successeur; mais après la mort de ce dernier, les factions se réveillent. L'an ,1477 V celle des Fiesques , quoique sans chef, prend les armes; et, ayant soulevé la populace, çlle crée hutï capitaines de la liberté, Obietto de Fiesque arrive de Rome sur ces entrefaites, avec Paul Fréa;ose et d'autres chefs de factions. Ils s'arrêtent aux environs de Gênes. Les troupes milanaises se présentent en même tems devant c^l te malheureuse ville. Mais Prosper Adorne, qui était dans cette armée, ayant trouvé moyen d'entrer dans Gênes , engage le peuple à mettre bas les armes. Pour sa récompense , il est nommé gouverneur de l'état. La duchesse, régente de Milan ôte le* gouvernement , en 147?» à Prosper Adorne, dont la fidélité lui était devenue suspecte. L'évêque de Came arrive, le aS juin, pour le remplacer. Les Génois se, ré-.
DES DQ6ES DE GÈNE S/ aT
volfent*, eV contraignent les Milanais de se renftTmer dans lé château. Robert de Saint-Severin , grand perturbateur de Tlfalie, vient à l'appui des premiers ; et , étant entré dans la ville Je i6 juillet , il se concerte avec Adorne pouf se mettre en état de faire tête à Parmce milanaise, qui était en marche sous les ordres du bâtard Sforce Viscunlî. Le 7 août (et non le 9) , celte armée sVtant présentée devant celle des rebelles, le comba( s'engage , et les derniers remportent une victoire complète. La duchesse de Milan, à cette nouvelle, fait offrir le gouvernement de Gènes à Baptiste Fregose. Il accepte la proposition ; et étant entré dans Gênes ^ il veut profiter de la division dos chefs des factions pour s'emparer de l'autorité. Son dessein lui réussit 4 mais au lieu de prendre le titre de gouverneur, il se fait nommer doge. Cette élection rétablit la tranquillité par la retraite de ceux qui ne l'approuvaient pas. Obielto de Fiesqu« étant rentré dans Génes^ l'an 1480, soulève une partie, du peur pie contre le doge. Les deux factions se livrent un combat san-^ glant le jour de NoëL Obietto périt dans l'action, et son parti met bas les armes.
L'archevêque Paul Frégose ., devenu cardinal , forme , er^ 1483 , une conjuration avec plusieurs de ses parents pour déposséder Baptiste Frégose , son neveu. Le zS novembre , l'ayant attiré dans son palais, il le retient prisonnier 1, Toblige , sous de grandes menaces , à lui livrer les forteresses , et se fait Iç même jour proclamer doge. La soumission de Baptiste Frégose servit d'exemple à toute la ville , et assura à son oncle la jouissance paisible de son usurpation.
L'an 1487, les Florentins se rendent maîtres de Sarzane , que Frégose leur avait cédée , sans égard pour les conditions que la république de Gênes lui avait imposées , l'an 14:^1 9 eu lui en accordant l'usufruit. La perte de celte place , qui était une des clefs de l'état de Gênes , afflige sensiblement le doge ; craignant d'ailleurs que les Florentins ^ à la faveur des divisions qui commençaient à renaître parmi les Génois , ne lissent de plus grands progrès dans les terres de l'état , il se détermine à remettre Gênes sous la domination du duc de Milan. Les principaux Génois approuvent ce parti. On députe à Ludovic Sforce , régent du Milanez , pour traiter avec lui ; et au retour de la députalion , les bannières du duc Jean-Galéas-Marie sont arborées dans Gênes, dont Augustin Adorne est nommé gouverneur. L'an 1495, Charles Vlll , roi de France , excité par les Frëgoses et les Fiesques , fait une tentative infructueuse sur Tëtat de Gênes, La (lotte qu'il avait envoyée sur les côtes de la république | est battue et pillée ; son armée de terre , qui
a4 CHRONOLOGIE niSTORÎQUB
était 90US les murs de la capitale , se retire ea apprenant la nouvelle de cette défaite. *
Sarzane , que Charles VIII avait obligé les Florentins de consigner entre ses mains, retourne, en i49^t sous la domi-* nation des Génois par l'abandon du comte Antoine de Luxem<«bourg qui en était commandant.
Les Génois, Tan i499i voyant Louis XI l , successeur d6 Charles YIII , maître de Milan , lui envoient dans cette ville une ambassade pour se mettre sous la domination de la France.
L'an i5o6, le peuple s'élève contre la noblesse, et poussé les. choses au point aue les nobles sont obligés de quitter la ville, abandonnant à la fureur de la populace leurs hôtels, qui furent pillés et saccagés. Philippe Ravestein , gouverneur pour le roi , fait de vains efforts pour éteindre cet incendie. Voyant son autorité méprisée , et la populace maîtresse du gouvernement , il quitte Gènes , le 26 octobre , pour retourner en France , après avoir pourvu le château d'une bonne garnison sous les ordres de Roccabertin , son lieutenant. J^ départ de Ravestein rendit le peuple et les tribuns, qu'il s'était choisis, lus Gers et plus insolents. Favorisés sous main par le pape ules 11 , comme on le reconnut par la suite , ils élurent pour doge Paol deNovi , teinturier en soie, abattirent la bannière de France , et y sul3stituèrent celle de l'empire. Louis Xlt , résolu de punir cette révolte , après avoir inutilement essayé de la calmer, passe les Alpes à la tête d'une armée, s'arrête quelques jours à Asti , et de là , continuant sa route par les gorges de l'Apennin, force les passages occupés par les rebelIeS| et entre dans Gênes, le 28 avril iSoy , l'épée nue à la main , sans vouloir qu'on lui parle d'accommodement ; mais bientôt les larmes des anciens , qui viennent lui demander grjice à genoux , le désarment. Il remet son épée dans le fourreau , pardonne au peuple , et se contente de lui imposer une taxe de trois cent mille écùs, payable en quatorze mois, dont ensuite il lui remit le tiers. Après avoir changé le gouvernement , ordonné de bâtir une forteresse au cap du Phare , et condamné à mort quelques-uns des rebelles, il part le 14 mai, laissant pour gouverneur à Gênes , Rodolfe de Lannoi.
Le pape Jules II, l'ennemi le plus implacable de Louis XII ^ entreprend , Tan iSio, de faire révolter de nouveau les Génois. Déjà Colonne était dans le voisinage de Gènes avec les milices papales ; déjà les galères des Vénitiens , après avoir pris Sestri et Chiavari, paraissaient devant cette ville, espérant y
m\T écldre l« soulèvement que le pape y ménageait : mais rien fie branla , et Gènes ayant reçu divers secours , il fallut se retirer. Il en coâta cher , dit Muratorî , à qpt voulut s'en re-<toorner par terre. Au conintencenient de septembre ,, le pape envoya contre Gènes une flotte plus nombreuse que la pre* mièfC. Il oomptait que les Suisses viendraietit en mérae tems lai donner la main pour assiéger la place ; tïiaiis les Suisses M parurent point, elles Génois , ayant arméun grand nombre éd vaisseaiic , donnèrent la chasse à c^trx du pape.
l'an iSta , les affeire^ des Français ayant mal tourné ta Italie, les Génois commencèrent à se dégoûter de leur doini-^ nation. Jules II ^ qui e ntretenait ces dispositions* par ses émis- Mires, détacha de 4'armée de la ligue Jeati Prégose -, poufr lWoy«r, avec quatre mil l^ hommes, à Gènes. A son arrivée^ le peuple se révolta contre les Français , qui n'eurent que iè trmsde se renfermer dans les forts, Jéau FaÉgosb , peu* de joars après ^ fiit proctamé db^. L'an i5i3 ,, Louis Xif ayant ifait partir une flotte po«ir' aller soumettre Gènes , fes Adomes excitent nn si gl'and tuDnulte dans la ville , que le dôge a pein^ è sauver ea vie par la fuite. Gènes retourne à la Franche', et Antoine Adorneen e^t nommé gouverneur poui' le i^. Lotill Frégose était cependant toujours maître du château. Il ^ai^ près de Tabandonner , lorsqu'il apprit la défaite des Ffânçlàis à ta bataille do Navarre , donnée le 6 }ijith. Cette noiliv^Ué ranima son courage et celui de ses partisans. Jean Frègose art^ve hf^ vae flotte devant Gènes, tand^ qu'Octavièn Fré^osé sTy^rend
Cir terre, à la tète de irolsr miHe hommes ^ que le vice-roi dt apks lui avait fourtiis. Les Adôrnes, se voyant sans reSfiioi>rcës^ sortent de Gènes la nuif do t6 au 17 juin ,' et le lendemain ^ ()€7avibiiFr8(»08£ est -prodamé doge par quatre cents citoyen^. Peu de tcms après , ii assléfè te fort de la Lanterne pà les Frân^ çais s'étaient retirés* La place, après une vigoureuse défense^ se rendit le a6 aoât 1S149 ^ute ae secours. L'an iSiS, François 1 , novveau roi de France , traite avère le doge Frégose , et rengage it lai remettre Gènes dont il le fart en même tems gouverneur en son. nom.
' Le marquis de Pescaire et Prosper Colomie , ■ généraux de l'empereur, accompagnés des Fiesques et des Adornes , vien^ nent se présenter , au mois de mai 1622 , devant Gènrs. Ih assiègent la place , chacun de son côté , avec deux corps d'ar*^ ■née séparés. Pierre Navarre , pour loiis au service de la France, était arrivé dans la ville deux jours auparavant avec deux roiUe hommes d'infanterie, faisant espérer un renfort plos considérable. Le gouverneur , pour traîner l'afïaire ea XVitl. 4
36 CORÙliOtOetE HISTORIQUE
longueur ^ négocie un accommodement avec Colonne ; inaïs tandis qu'on est sur le point de conclure ,. le marqi^is de J^es*» Caire fait donner l'assaut à la place, et y entre par la brèche ^ avec ses troupes^ la nuit du 3o mai. Gènes fut pillée cette nuit et le jour suivant. On fit prisonnier Navarre et tous le» officiers français. Qctayien Frégose se rendit au marquis de Pcscaire ^ qui l'emmena aveclui*, selon les uns , qui le renut en liberté v suivant les autres, moyennant quinze mille ducats d'or* Quoi qu'il en soit, il mourut au bout de quelques mois. Nul doge avant lui n'avait gouverna la république avec autant de sagesse et d'équité. :
Anïoxne Âdorne est élu doge trois jours après la prise de Gènes. Ayant f^it. venir de l'artillerie de Pise, il se rendît maitre aisément des forts , dont les garnisons obtinrent la liberté de retourner en France.
Les Français, Fan 1527, étant rentrés en Italie» .Pierre )i(avarre> et César Frégose viennent bloquer Géoes par terre , tandis qu'André Doria , amiral de France , ferme rentrée du port ayec ses galères. La ville, pressée par la disette, et.n'espél^ant point de secours, prend le parti de. rentrer sous^U domiiiation de la France» £n conséquence, elle Quvce ses portes aax Français, qui se contentent de piller le palais du doge 9 qu^ib trouvèrent vide; Antoine Adorne s'était retiré dsns le chât^eau» Jtiautrec, général des Français ^ envoie Théodore Trivulce. pour , gouverner Gênest .
i L'an i5a6^. Gènes change encore de mdk«>e.. André Dorta n^ayant pu obtenir, du roi de Fraifce, la Uberlé de. sa patrie , passe au .service de l'empereur, débauche Philippin, son i%e«veu, pendant qu'Antoine poria se saisit des galères du roi' dans le. port de Gênes. André, ayant ensuite surpris Gênes , avec cinq cefit^ hommes, le 12 septjerabre, obli^ Trivulce. à se renfermer dans le château , dont il £iit aussitôt le siège. .JLes Génois, ravis de cette révolution, courent, dans le même tcms , assiéger Savone, que les Français avaient démembcée de l'état de Géi^s. Les deus places se rendirent après, une, courte résistance ; la première fut démolie , et le port de .la seconde îut comblé. Le calme étant rendu à Gènes, pour anéantir à îamais les divisions et les factions entre les nobles et les plé-^ béiens, on établit une nouvelle forme de gouvernement,, qui a été trouvée si sage, qu'on n'y a rien chanG;é jusqu'à nos jours : ce fut 'd'agréger aux vingt-huit familles les plus illustres ( à. l'exclusion des Adornes et des Frégoses), toutes les autres, tant nobles que plébéiennes, qui avaient été admises jusqu'alors aux honneurs et aux magistratures. De U vient, dit Muralori, qu'il y a taut Je Doria , tant de Spinola, tant de Qrimaidi^ tant dk ^
Md DOGES BK GÉ9t^ ^.7
Fi^quea ,' etc. Quant au reste des citoyens , qui n'ëtaient que le plas petit peuple , il fut exclus du gouvernement. Il fut en-* suite réglé qu^bn élirait uti doge tous les deux ans pour régir Yétitj avec huit gouvernaurs, et uft conseil de quiatre- cènta* personnes. On élut suc-le-<hamp pour doge , UfiER? GATANésb. ( Voyez ia liste de se* successeurs à lujin de eet éwtich. ) André Doria fut nommé censeur *pour sa vie. On lu^ érigea une statue^ et il continua de servir Fempereur sur mer.
L^année 1647 sWvril à Gênes par une scène des plus l>ruyantes. Cett>e ville, depuis dix -* neuf ans , jouissait d'une grande tranquHltté par les soins d'André Dorra , que ta consi«> aération personnelle qu'il s'était acquise avait rendu comme te
Jlais ce qui le blessait encore davantage, c'était la prospérité de Jannetin Boria ^ son égal en âge , en richesses et en mérite , le bras droit d'André, son oncle, qui* n'oubliait rien peur lut faire passer ^ avec ses biens, son crédit et son autorité. Irrité d'ailleurs par la fierté de Jannetin , moyen sûr de se faire haïr ^ Jean*Louis de Fiasque pratiquait, depuis long^tems, des intelligences avec la France , pour faire recouvrer k cette couronne la souveraineté de Gênes. Le duc de Parme, ennemi àe%, Boria, était dans la confidence , et avait promis de fournir des troupes â Fiesque. Tout étant concerté dans le phis grand'secrct> celui-ci, la nuit do 1^'. au a janvier i5479 après avoir intro* duit dans Gênes quelques centaines des^ plus hardis de ses vas* saux bien armés, rassemble ses amis, leur fait adopter son dessein , et sort avec eux , suivi de ses gens. Sa> première* opération fut de s'emparer de la porte de PArc ; de là-, il envoie ses deux frères, Jérôme et Oitobon, pour se rendre- maîtres de ceUe de Saint^Thomas. Jean - Louis ^urt cependant à là Darse , pour mettre sous sa main les galères d'André Doria. H y réussit : mab Jannetin, dont le palais était voisin du port,, s'étant éteilté au bruit que faisaient les n^ariniers et les- forçats ,. s^habille à la bâte, vient se présenter à la porte de Saint-Tho-> mas, et denkande impérteusem«nt qu'elle fui soit ouverte^ Pour toute réponse 9 on le perte de milte coups. Ce fut un miracle qu'on n'alla pas de là au palais d'André Dwia, pour lui faire subir le même sort, il était alors retenu dans son lit par la goutte. Ses domestiques entendaitt ia populaee, qui s'était jointe aux conjurés, crier partout, HLerfé ^ Fiesque! le prennent, le nietteat sur une mule comme ils peuvent, et Tem^ mènent dans un château de& Spinola. Or ^^teuddit leretonr
»8 ClIROftOLOGlE BiftOBfQftE
du hèrosr dé I2I scèpe pour la coinf»léter, en \é cOfidiiimit an palaîf «luçal; -mais Jean- Louis de Fiésque nVt^it déjà plus. l( ft^était noyé en paa^ni sur une planche , pour aller Ji la capitane des galères. Lor99ue sa mort foi divulguée , les corffurés perdirent courage; tk quoique Jérôme, son frère, continuât de faire le brave , il se trouva tellemenl abandonné , qu^tl eut peine à ga^i^ son. château de lAontiibbio. Il y fui pris avec les autres conjurés , et tous furent condamnés au dernier supplice*. /Lîtisi finit la conjufatiou des Fiesqaes, qui^. sans un coup aînguUer de la Provide^e , qui sait se Jouer des mesures 1rs pluà sagement combinées , devMt produire une révolution nouvelle dans 1 état de Gênes,
L^an i5S3i, descente des Français et des Tores, lif(uéa en* semble, dans Tîle de Corse ^ souS les ordre» do marquis de fermes. Us soumettent en péti de tems .toute Ttle par la faible résistance des habitants , ennemis des Génois y leu^rs maîtres, il n'y Qut que Calvi et Bastie qui ^ étant assiégés, refusèrent de se rendre^ Au mois de septembre ^ les Turcs ayant été rap* pelés par le sultan , le marquis de l'ermes passe en Provence
{^our y ramasser de nouveaux secours d'hommes et àé maniiion». jss Génois ne s'endormirent pas sur cette notSveltc^ entreprise des Française» Ayant rassemblé huit mille hommes d'infanterie , ils en donnent le commandement à André Doria , qui , bieA qu'âgé de quatre-vingt-quatre ans . accepta cette commission par zèle pour'la pairie. Il nomma pour son lieutenant Augustin Spînola, qu'il nt partir avec trois mille bommies pour aller au secours de Calvi assiégé par de Termes. Spinola contraignit, l'année suivante, le marquis de lever le siège de cette place. Doria et Çpinola recouvrèrent emnite la Bastie ; ap#ès quoi ils allèrent faire le siège de San-'Fiorenzo , qui fut vaillamment défendu par Jonrdain des Ursins , à la tête de rleux mille fran* ,çais. Le bonheur des Génois voulût que la floCtc qui auMnah de Marseille du secours au marquis de Termes, (ut si maltraitée par la tempête, qu'une partie échoua vers Piombiho, et Tautre reprît la route de Provence. Ce contre^^tem» obligea des Ursiiis à rendre ^n^Fiorenso. fjes hostilités continuèrent dans celte île , tantôt à l'avantage des Français, appuyés par les Corses-, tantôt à celui des Génois, jusqu'à la paix de Caleao-Cambresis , conclue le aavrU liSc^ , entre la France et l'Espagne. La France, par le traité , s'oblige de restituer kn% Génois ce qu'elle leur avait pris dans l'ile de Corse. San«-Pietro, seigneur d'Ornano y chef des Cofses rebelle», prit le parti de se retirer en Franeéi
André Doria meurt , le stS novembre &S60 , à Gènes, dana sa quatre-viagkf uatorzième annér. « U fUt , dit M, de Brequw
t rài 9 tiD drs |^Iiis grands Capitaines et un Ses ihêSItftirs » hommes àe met Ae son tettiS; et ce qui ne se tetïtonire pm » toujours dans lei grands hommes, il fat peut-^être le meilleur » -citoyen. » '
L'an >564 % San-Pfetro repasse en Corse et y excite tiné nouvelle révolution. 11 soutient la gtierre contre les générant de la répnblique pendant trois arts; mais il eut enfin le sort àtà rebelles. An mois de janvier fS66, il fut tué dâné une embtis-^ cade par Micbel-Ange d'Ornano , son beau-frère , dont f! avait étranglé la sœnr Yannina , sa femme. En mourant , it dit : Je suis on barbare 9 Yannina ei$t vengée. Alfonse d^Ornano ,.soft fils , prît sa place , et fut reconnu pour capf tâine-générat par ks rebelles. 11 remporta quelques afvantages sur les Génois. Mais y Tan i568, Georges Doria , nouveau gouverneur de Corse , ayant fait publier une amnistie, les Corses, las de la guerre , revinrent à Tobéissance. L^an iSB^, Alfoif^'e, se ^f^atti aban^ donné , retourne en France , où dans la suite il mérita » pat les services , le bâton de tt^rëeh£(K
L'an iSyS , disputes des anciens et des noiive^ux nobles
Sénoisi,- }jt règlement dé r5a8 afvaît été fait pour confondre ces eux classes; mais les ancien^r nobles avaient obtenu, en iS47f un nouveau règlement , qui leur accordait quelques préfogattvea an desns des autres^ Le refus qu^ils firent , en iSij/^ ^ d'àgrég.er au corps de b nobleifisê quelques familles plébéiennes, à nul leors services semblaient «voir valu cet bornieur^ trrrta leé nouveaux nobles, et les parla à demander fetécot ion ptireet simple du règlement de i5a8. J.e peuple se déclara pour cei derniers , et l^>n se prépara, de part et diantre, à se farrejusticé parla voie des armes. Presque toutes tés puissances de PEumpê sVntreraîrent pour apaiser ce différent, par la eraînte une Quelqu'une d'entre elles ne s'en prévalAt pour s'assujettir Yeiâi ie G^nes. Elle» y réussirent : le règlement dé tS47 ^^^ anéanti. Fan 1S76, par les arbitres qu'elles nommèrent , et Ton aotôfisà les nouvelles agrégations des plébéiens au corps des nobles. Ce règlement rétablit le calme , et le$ Génois )Ooirent d'une paix constante au dehors et an dedans pendant les cinquante années qui suivirent.
L9 république , en «624 1 aeqirieri de Tempereur le marquisat de Zuccarello. Cette acquisitïon irrite , contre les Génois , Charles- Emma m$el , âac de Savaie, qui avait des prétentions sur ce marffuisat. Il engage le roi de France et lés Vénitiens à conclorc iroe ligue avec lui contre les Génois. Ayant reçu d'Espagne un prompt secours, ils repoussent les ennemis^ qui reperdent leurs conquêtes aUssi prosYpteoent qu'Us Ie& avaient
« 3o qiHOlflOLOGiB msiroRiQtTS
faiitef. Laxikènieannée( 1625) le sénat iostirue le tribunat^dfs ^aquisUeurs d^éut sur le moclèie de celui de Venise. . L^an 1627, Yaçhéro., riche plébéien , outragé par quekfaes nobles , forme le projet d^écraser toute la noblesse. Il va trouver le duc de Savoie pour kii faire part de son dessein :. le duc Tencourage â le suivre, et lui promet sa protection. Vachéro, de retour à Gênes , s^attache tout ce que la ville a d^hommes déshonorés et perdus de dettes : il gagne, par des présents, des inarcfaands , des artisans et même quelques nobles : il fait un grand amas dWmes, et i^^oublie enfin aucune précaution pour $e rendre maître du succj^s. Mais le secret est trahi par un des conjurés. Yachéro et se^ principaux complices sont arrêtés.. Le duc de Savoie , apprenant qu'on instruit leur procès , ne rougit pas de se déclarer Fauteur cfe la conjuration. Il fait les plus terribles menaces, si Ton exécute les coupables. Le sénat , persuadé que Tintérét de Tétat exige, leur .punition 9 condamne Yachéro et ses trois complices il perdre la tcte. Le duc de Savoie, comme on' sV était attendu , sacrifie son ressentiment â sa gloire. ( Voy. Charles-Emmanuel.)
L'an i63i , la paix est sigàée , dans le mois de novembre , à Madrid, entre Yictor-Âmédée, pour lors duc de Savoie, et la république de Gênes.
, L'an 1672, conjuration de Raphaël de la Torré, fils d'un célèbi'e jurisconsulte génois, concertée avec le duc de Savoie, contre la ville de Gênes. £lle est découverte par un des com-» plices; la Tgrré prend la fuite , et les inquisiteurs de Pétat confirment une ^entencc de niprt, portée, l année précédente , contre la Torré ^ pour crime de brigandage. Ce contre- tcms n'empêcha pas le duc de Savoie d'exécuter le dessein qu'il avait formé de déclarer la guerre aux Géqois. Il la fil avec beaucoup d'ardeur ,^ mais avec très-peu de succès, jusques vers la fin de 1672. L'année suivante, la paix se fit , par la médiation du pape , du roi de France et du foi d'Espagne. La république conservait depuis long-tems un attachement invariable pour cette dernière puissance. La France en devint jalouse. I^a partialité des Génois pour les Espagnols s'éUnt ^janifestée plus ouvertement depuis la paix de Nimègue , Louis XIY s'en offensa. D'autres sujets de mécontentement que ies* (génois donnèrent à ce monarque , armèrent son bras pour.Jes punir.
L'an 16&1 , la torré ^ après ^yoîr mené, une vie errante en divers pays, employé les moyens les plus horribles, mais sans succès, pour se venger de ses ennemis, est assassiné à Yenise par un inconnu.
. Vmï 1664 , Louis XIY envoie, devant Gênes, une flotte
DES* DOGES m etHfiS. * St
considérable , soas les ordres de M. du Q^iesne, accoiapaigné,dit marquis de Seignelai, secrétaire d^état au département de la maritte. Ce ministre , avant de coBuneacér tes fiosiilifés, offrit la paix aux Génois à des conditions raisonnables , avec me« naces de les bombarder. « Leur sénat , dk M. de Mablt , qui poa« vaît terminer cette affaire €b livrant quatre de ses ^lères î en envoyant quatre de ses membres à Versailles pour fairtf satisfaction au roi et. lai demander sa protection, se piqua maHieureHsement d'une fermeté qui ne. pouvait durer. Il n'aurait pas tenté de mesurer ses forces avec celles et la France^ si les grandes terres que la plupart des nobles po8sé«* daient dans le royaume de Naples , ne l'avaient forcé a'avoir des ménagements «itrÂmes pour la cour de Madrid. Les Français commencèrent le bombardement le itt mai, et le 24 1 ils firent une desoenfte, au nombre de quatre mille, sous la conduite du duc de Mortemart;, daiis le faubourg Saint» Pierre d'Arène^ t]ui fut entièrement brûlé. * Le bombardenent cessa le 38 mai , après avoir embrasé, renversé palais, églises^ monastères et quantité d'autres édifices. Il serait difficne de peindre la conhuion et la désolation oà cette superbe. viUe se trouva. La flotte, après cette expédition , retourne en Provence» Touché de compttsioH , ie pape s'intéresse ponr les' > Génois , et charge Raxincct * ion nonce en France , de travailler f à leur réconciliation avec le roi. La négociation fut longue; et il ne tint pas à la cour de Madrid qu'elle n'échouât. Ses émis^ saires firent tous leurs efforts pour détourner les Génois de donner à Louis XIV la sattsfeotion qu'il exigeait d'-eux. Mais enfin , malgré les intriguas des Espagnols- , raccom-» modement fut signé è Ycriailles le 12 (et non le 21) fevrier i685. il portait en substance, que la république congédierait les troupes espagnoles quittaient dam ses terres, qu'elle supprimerait toutes les augmentations qu'elle avait faites dans sa mi^ritie depuis i683 , H que le dpge , sans perdre sa dignité (dont i& ioiie déclare déchu dès quMl est sorti de la ville > ^ viendrait, avec quatre sénatetirs , témoigner au roi la douleur * qae ressentait la république d'avoir encouru son indignation. Ce dernier article fu| exécuté le i5 mai suivant. L'accueil que kroi fit au doge ( François-Marie-lmpérialé ) adoucit, en quelque sorte, l'humiliation du personnage qu'il était venu faire en France. 11 partit le 28 du .même mois^ après qu'on lui eut montré tout ce que Paris et la cour offrent de plus curieux*- ^ Qnsait la réponse qu'il fit lorsqu'on lui demanda ce qu'il avait trouvé de- plus sins ulier en France : C'est de m 'y ^oùr, 1^ jour de son départ | on lui porta , de la pari du roi , le portrait de sa*
9t. CQflûNOLOOI^ aiSTURIQUB
^najestéy f^m de dvuoânU, avec deux teatores dé tapisserie «'«hausses en or.
La république ac^tiîei't d« Vemptreur^ par coQtrat du ao août 1714 1 le inai^qvisai de final, qui avaix fait autrefois partie de ses domaine^, lia com* de Turh» fut iabuse de cette acquisi-* tiptt 9 pour laquelle elle eidil £ait des offres plua avanlageusea que celle du séaat de /Grdoes.
Vf^n (73p » soulèvement des Corses , occasioné par la duV l'été du gouveruemefii génois. Le séoat envoie , pour Tapaiser^ jér^ffie VéoerosQ , personnage ibrt estimé de ces. insulaires t
3u^il avait aulrefois gouv^rné^ avec beaucoup de sag^esse et 'équité. Il iQi'tait depuis deuic aos du dogat ^ où son tnérite avait 2^;quis un nouveau lustre. Les ro^éconteiiis iip reçurent avee respect } mais un de Jeurs. che£i ayant été arrêté «t mis à mort , i rin$q de Véneroso , cet événement augmenta leur fureur , et fit échouer la négociation. Pompiliana , général des rebellas ^ prend B^^ia par esQlaxlc;, et met le &u aux maisons desiprin^ cif aux de la ville. Il est pris la même année fiaf ks ûénoia, c* mis à mort secrètement. L'an 17^1 ^ les Génois, voyant le» rebelles déjà .maîtres de Ja pkis|;rande partie de Tîle, implorèrent le secours de la cour <le Vieane* L/empepeur leur en^ voie uu renfprt de trois mille hommes, commandés par le baron W'achtendpnc. Cette troupe éta«t arrivée dans Tîle le 9 août, dégagea la Bastie, bloqtiée par les rebelles. Mais» s'étant mise en devoir de les chasser des auire^fostâs qu'ils occupaient^ elle trouva des gens f dit Mueatori , qui ne comnaîssaient pas la peur. Vers la mi«raoût , les Couses donnèrent aux \llemaada deux «(^hec§ , qui obligèrent le^ Génois. à demander un iiou«* veau seeoHrs^ lempereun Le a4 sieptembre, deux mille deux cenU all«iiMtf)4a Vembarcpiètent à .Gênes , et fe rendirent k ta Ii{istle* Il y eut entre les deux» armées divers opmbats , où la victoire Ae déclara tantôt pour un parti , tantôt pour L'autre ; m^is ,. svr la fin d'octobre , les Alkmauds , en voulant passer i SaU'Pellégrino » tombèrent daas une embuscade , . oà- ils erdiresnt plus de mille hommes , tant tués que blessés. L^ nxÈr* [ajies et les ilésertions achevèrent de ruiner ce corps.
L^an 1732 , Les Génois obtinrent de Tempereur un troisième renfort, |.itus considérable que les deux précédents ^ sous les Qrdres du prince Louis de Wurtemberg. Ce général s'appliqua mojns è combattre les rebelles, qu'à négocier avec aux. Leur ayant (ait proposer, le 17 et le 119 avril, une amnistie et ua pardoa général , sou^ la garantie de L'empentur, il eujiagea parla Giaffiâri, Çiaccaldi , Paoli et les autres cnefs , à venir conférer en sa pré^. aence avec les ministres de la république. Les conférences s ou«
^ftttttiï i Cotiè , le td mait Après avoir aplani tes cfiffieuHés ^ 60 sigi^a la pavt è dés coridiYioits honef abiés pour Its Corses. Les troupes allemandes commencèrent alors à reprendre \i foute de la LomtMirdie^ chatîaft étant pêfsoadéque les semences Je discorde étaient entiefémeii^t étouffées. Mais on ftit bien étonilé , l&titfut le* chefs des Corées , étant venus fiâre leurt sotifitiisston* an gouverneraient génois , farent arrêtés ei mis etk frison, pai* un ofdre éthÀné du sénat, pour servir d'exemple à \A postérité. La cour de Vienne, instruite de ce traitement inattendu, envoya prottîpteniientdesordhres pour mettre ces prisonnier* cjn ïî-* berte. En vain le gouvernement allégua qu*tUs*élaien t rendus indi^ jncîs de la protection de l'empereor', pour avoir contrevenu ûat conditiofnidti traité de pait.Ce ptit^ce deménra ferme à exiger qu'ils fusant éUrgis) et ils le furent après plusieurs mois de prison.
L'an 173^, décret de l'èmberetir, donné le 16 mars, et publié sur la fin de mai , par lequel il confirme la capitulatioii sccordée au* Corses par la république de Gènes. Les chefs éej Corses aiihèrent mieux s'expatrier qtie s'y soumettre ; maïs Tesprii dé révolte tie sortit pas de l'ile avec eux. Les Corses-, voyant PempereOr occupé à défendre ses états d'Italie cbiitré la France et l'Espagne, profitèrent de cette diversion pou* ctdtef de nouveaux troubles. L'an 17^4$ le 11 avril, ife se rendent maîtres de Corté. Oéterminés, l'an 17.^5, à s'affran-^ chir pour toujours de là domination génoise, ils publient î fe ^ janvier, un règlement pour rëtablissemenl d'une république indépendante dans \à 1 orse. CiaccaMt , PaoH et GiaflérI étaient aloH de retour. Ils furent reconrms primats de la non-** telle iSspiibUqne , avec le titre d^ûittssè royale.
L'an 17^^^ , un vaisseau anglais, p^rti de Tunis , arri\'e aè ^ort d'Aléria, dont les rebelles étaient maîtres, et y débarque, vers la mi*mats , le fkneux Théodore , baron de Newbof , aveé «ne suite de quinze personnes. L'arrivée de cet élVanger, dont la bonne mine , les largesses et les promesses enchantent leS Corses , fait changet le système du gouvernement qu'ils avaient comtnencé d'établir. Il n'est plus question d'nne république; on profère la royauté ; et , le i5 avril , Théodore est élu roî dans une assemblée générale , tenue à Alésatio. Né dans le comté de la Marck , élevé en trance , marié en Kspagne , Théodore avait moins de fortune que de naissance , de projets et de talents. Son premier exploit ttiililaire, après son couronne-*, ment, fut one entreprise sur la Bastie, où il échoua. Il fut plasiletf^enx dans ses autres expéditions, et.se trouva maître ta pea de tems de tbute l'île , à l'exception des principale^ places maritimes. Le i4 novembre (1736), il s'embarque pour «ter former en Hollande tinc compagnie de commerce, qtii XYlIl. 5
34 CHROIÏOLOGIE HISTORIQUE
serait intéressée à sa royauté.. lies Corses, .pendant son absence, continuent de lui être EdèUs et de se défendre contre les Génois«
Théodore est arrêté vers le mois de juin 1737 , h Amsterdanv par ses créanciers : il trouve moyen de les satisfaire, et obtient son élargissement. Les Génois, convaincus par re^cpérience que leurs fonces seules ue suffisaient pas pour soumettre la Corse ,. implorent le secours de la France , qui se rend à l^ur demande après plusieurs mois de négociation. Six bataillons français, comoundés par le comte de Boissieux , débarquèrent , le 5 février 173a, tant à la Bastie qu^À St.-Fiorenzo. M. de Boissieux étant mort le premier février 1739, fut remplacé par le marquis de Maillebois ; qui , avec les nouveaux renforts quHl reçut de la France, eut la gloire de pacifier la Corse en 1740. Les troubles se réveillèrent en ^74^, et donnèrent de nouvelles inquiétudes aux Génois.
L*an i743« un autre orage commence à menacer les Gë noi. liC 1 3 septembre, par le traité de Worms, Timpératrice-reine de Hongrie vend au roi de Sardaigne le marquisat de Final , que la république de Gènes, comme on Ta vu , avait acquis, le 20 août 1713, de Tempereur Charles VI, père de celtç princesse. Les Génois , après avoir fait des remontrances inu* tilesii la cour de Vienne, sur Tinjustice de cette vente, se réparent à défendre le domaine qu^on veut leur enlever, /an 1745* traité de la république avec les rois de France, d^ Espagne et de Naples, par lequel ces trois puissances fui garantissent le marquisat de Final , moyennant la promesse quMle fait de joindre à leurs troupes un corps de dix mille hommes , avec un train d^artillerie. Le 27 septembre , une escadre anglaise bombarde Gênes, sans lui faire presque aucun mal. £lle va faire ensuite la même expédition sur Final et San-Remo, et vient à bout dVcraser ces deux places. L'an ly/fif les Français et les Espagnols , en se retirant de Tltalie , lais-^ sèrent les Génois exposés à tout le courroux de leurs ennemis. Le 11) août , le comte de Brpwn arrive devant Novi , dont i( se rend ipaître sans difficulté. Serravallé ne tient qu'une journéç contre les attaques du roi de Sardaigne , qui pénètre de Là jusqu'à Savone et à Final. L^armée autrichienne ayant forcé le pas de la Bocchéra, le premier septecpbre , s'avance jusqu'au faubourg de Saint-Pierre d'Arena, où, le 5, elle établit son quartier^ général. Les Génois se voyant près d'étjre assiégés , députent , il* 5 septembre, ^u marquis de Botta, général de l'armée, pour l'assurer de leur soumission envers l'impératrice-reine , et xlç la disposition où ils sont de garder une exacte neutralité. Le marquis ayant reçu favorablement les députés, se transporte 1$
DES BOGÉs DE g£nes; 35
lendemain (6 du même mois) à Gênes, où il signe une eapî«tulation assez douce ; mais devenu maître de la place , il use de ses droits avec la dernière rigueur. I! fait prisonnière defi;uerre la garnison , exige que toutes les munitions et tout^ l'artillerie lui soient livrées , et impose une contribution de vingt -quatre millions aux Génois. Ses troupes, qu'il avait promis de contenir dans une exacte discipline , exercent impu-, nément le brigandage partout où elles se trouvent.
De son côté, le roi de Sardafgne entre, le ig septembre j dans Savone, dont il fait bloquer le château. Sept jours après,, il oblige Final à capituler , et recouvre ensuite le comté de Nice, après que les Français ont repassé le Var. Le 2r3 octobre, M. Dinentaler', officier suisse, qui commandait à Yintimille,: rend la place aux Plémontais , après la plus glorieuse défense*. Cependant le peuple de Gênes , excédé par les mauvais traitements des Autricnîens , commençait à murmurer tout haut* Le 5 décembre, il éclate à l'occasion suivante. Les Autrichrenr,. voulant faire le siège d'Amibes , entreprennent d'enlever la superbe artillerie de la république. J/onicier qui présidait à cet enlèvement , frappe de sa canne un génois pour le contraindre d'aider à dégager tin mortier qui avait enfoncé la voûte d'un aqueduc. La populace aussitôt crie aux armes, et s'en étant fournie en enfonçant les boutiques des armuriers, elle poursuit les Allemands , et les oblige à se retrancher dans leurs postes. Le lendemain, s'étant donné dfes officiers, elle combattit ea règle, et ses succès furent tek, que, le ro décembre, Ibs Allemands, avec le marquis de Botta , leur générât, évacuèrent entièrement la ville, et se retirèrent en désordre à la Boc- , chéta,d'où ils repassèrent en Lorobardie. Après cette expédition, les Génois Voulurent tenter le secours de là ciladelle de Savone , que les Piémontaîs continuaient d'assiéger ; mais ce fut en vain. Le marquis Augustin Adorne, commandant de la place, n'ayant plus d'espérance de la sauver, se rendit le 19 décembre.
L'an 1747 , les Autrichiens, au nombre âe vingt ou vingtdeux mille nommes , sous les ordres du comte de Schullembourg, se mettent en marche ^ le il2. mars , pour rentrer dans l'état de Gênes. Les Génois leur disputent pied à pied tous les passages, et ne peuvent néanmoins les empêcher d'appro-
avec le sénat pour la défe:nse , rassurent l»s habitants. Il re*pousse les attaques des ennemis , leur en livre lui-même plusieurs dans Icurs' différents postés , et presque toujours avec