‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 48 sur 103 · ROGER · texte numérisé non relu

ROGER

1072. Roger I, dernier fils de Tancrède, né Van io3i ^ était venu en Italie au plus tard en 1046. Maître de la Sicile., avec le secours de Robert , son frère , par la prise de Palerme et la conquête des autres places de cette île , quHl fit dans les années suivantes, il y rétablit la religion chrétienne ^ et gouverna cet état avec. beaucoup de sagesse. Non content du titre qi^e Robert, son frère , lui avait cédé , il prend , l'an 1096 « celui de grande comte de Calabre et de Sicile. Tout étant paisible dans son îie^ il marche^ l'an 1098., au secours de Richard II, son cousin,

E rince de Capoue , contre lequel cette ville s^était révoltée , et irce les rebelles à rentrer dans le devoir : mais il oblige , en même tems , Richard , pour prix de ce service , à se reconnaître son vassal. La même année , le pape Urbain II se. rend à Salerne , pour avoir une entrevue avec le comte Roger et le duc Roger , son neveu. Le comte était mécontent de ce que le pape, sans Tavoir consulté, avait nommé Tévéque Traina légat apostolique en Sicile. Pour Tapaiser, Urbain déclare légats apostd-iques, en cette ile, à perpétuité , le comte et ses successeurs , par une bulle donnée à Salerne le 3 des noms de juillet , indiction m (il faut Vl) , la IX^ année du pontificat, du seigneur Urbain* « C'est de là , dit Muratori , que tire son origine le » tribunal de la monarchie de Sicile, nom véritablement ex- » traordinaire ; tribunal que le. cardinal Baronius a si vigou- » reusement attaqué dans le XI«. tome de son Histoire ecclé* » siastique. 1» Mais il est à remarquer que Baronius ne traite pas de supposée la bulle d^Urbain U; il prétend seulement, qu'elle n'est pas sortie des mains de ce pape telle qu'on la voit à la fin de ThUtoire de Geoffroi Mala terra ; mais c'est 'ce qu'il ne prouve pas. Far cette bulle , Urbain accorde trois choses i Roger et â ses successeurs : i^*. quUl n'enverra point de légats en Sicile contre leur gré ;^*^. qu'ils exerceront, eux-mêmes l'autorité de légat a iatere , dont il leur donne la mission ; 3^ qu'ils n'enverront aux conciles convoqués par le pape, que les é vaques et les abbés qu'il leur plaira de choisir. Roger était en possession de ces droits depuis au'il avait fait la conquête de la Sicile, et le pape ne fit oue les lui confirmer par sa bulle , afin de l'engager , par là , a soumettre au saint siège les églises de celte île , qui dépendaient , auparavant , du patriarche de Constantinople. Ceci demande une explication. Originairement, la Sicile faisait partie des provinces suburbicaires , c'est-à-dire de

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