‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 56 sur 103 · HES &OIS DE SICILE · texte numérisé non relu

HES &OIS DE SICILE

peiHlant la mkiorité de son fils (i). L'éducation de Frédéric ^t confiée à yarchevéque de Païenne. La reine Sibylle ^ veuve de Tancrède « s'échappe de sa prison d^ Allemagne avec ses filles, et passe en France. Ce fut là qu'elle maria l'aînée , nom-" Biëe Alberie ou Albinie, à Gautier de Brienne , frère de Jean^ de Brienne, roi de JéruAalem. Jean de Ceccan dit que le prince, son fiU, était nu>rt alors; ce qui est douteux ^ attendu ^u Otton de Saint-Biaise raconte que ce prince , ayant été fait eunuque et renfermé dans un ghiteau du pays des Grisons par Henri VI , parvint à l'âge viril. Marcuald ou Marquard, duc de *la Bomagne, que l'impératrice avait obligé de sortir du royaume de-Sicile- avec tous les Allemands, y rentre après la mort de cette princesse, et dispute.au pape la qualité de régent. Inno«. cent 11 M'excommunie, et fiait marcher des troupes contre lui,, «ous le commandement fie G»autier de Brienne. Marcuald fait des- progrès en Pouille , et de Là passe en Sicile » où il fait la conquête de- plusieurs places avec une facilité qui Tenhardit à former le siège de Palerme. Mais il trouva les assiégés trèsdéterminés à se bien défendre. Le pape Innocent 111 avait dé^à fait passer en Sicile le maréchal Jacques^ son cousin, avec le cardinal de Saint-Laurent, 4 la tête de deux cents chevaus^ pour défendre cette île. Le secours étant arrivé heureusement k, Messine, fut renforcé par tous les gens de guerre qui étaient attachés au parti de Frédéric. Cette armée se croyant en force pour attaquer celle qui assiégeait Palerme ^ s'avança, vers U place. Le rusé Marcuald , voyant approcher l'ennemi , commença 'à faire des propositions pour la paix ,.et fut sur. le point de la conclure. Mais en observant ensuite que le pape avait absolu*ment défendu d'en venir, à aucun accord avec un homme qui avait si évidemment. tant de fois manqjué à. sa paille,, on prit la résolution d'en venir à une bataille. £lle se donna au mois de juillet de l'an 1200, dans la plaine qui sépare Montréal de Palerme, et finit par la défaite entière de. Marcuald ^ qui peirdit ^ans l'action un grand nombre des siens avec ses équipages % où l'on retrouva le testament de Tempereur Henri VI. t<e comt« Gentil étant ensuite sorti de Paierie avec sa g.arnison , tomba

(i) Cette princesse fut inhumée dans Te'glîse de Palerme» sous un

tombeau de porphyre , à côté de telui de son marû Si l'on s' en Ta p"

porte à son épitapne , elle avait été religieuse, et, long-tcms après ses

vœux, 'dans nn âge avancé , elle avait épousé Tempereur Henri : mais

" il est à remarquer , d*après Baronius , que cette inscription est Tou-^

'Trage d*iin' chanoine 'de Falermec nommé Roger Paruta , qui vivait

'^^ong-tems après Constance y «et ce chanoine était mal instruit d^ co

> qui concernait cette princesse.

aâ4 CUROISOIOGIE msTORiQtik

sur un corps de cinq cents pisans, poste dans la montagne vôU sine, dont il fil un grand massacre. (^Richardi de S, Germano^ Chron.) Mais cette grande victoire ne procura point à ia Sicile les avantages qu^elle semblait promettre. Marcuald eut l'adresse de rentrer en faveur à la cour de Palerme, en s'unissant à Gautieri nouvel archevêque de cette ville et grand chancelier de Sicile. Gau^ tier, comte de Brienne 9 frère de Jean de firienne, qui fut roi de Jérusalem, arriva de France, dans ces entrefaites, à Rome, avecsou épouse Alberie, fille aînée du roiXancrède, et Sibylle, mère de cette princesse, qui s^étaient échappées des prisons où elles étaient détenues en Allemagne. L'objet de son voyage était de récla-» mer, au nom de sa femme , le comté de Leccé et la principauté de Tarente, qui avaient été promis à sa belle-mère par Tempe-* reur Henri Vl , lorsqu'elle se rendit à lui. Innocent lil lui 6t im favorable accueil , ravi d'avoir^ dans sa dépendance, un per* sonnage de ce rang et de ce mérite , fion-seulement poâr Top-' poser aux ofdciers teutoniques qui maUmenaient la Sicile et ïi Pouilte , mais encore pour le faire monter plus haut qu'il ne comptait , au cas que r rédéric vînt à mourir dans son enfance^ Le pape s^engagea donc à le mettre en possession des domaines qu'il répétait , après lui avoir fait promettre qu'il ne demande* rait rien au-delà , et qu'il emploierait sa valeur à faire la guerre aux ennemis de Frédéric. Gautier, après cela , retourne en France, d'où il amène quelques troupes en petit nombre, mai» bien choisies, avec lesquelles on le vit promptement reparaître â Rome. De là , il les conduit dans la terre de l^tbdur , où il livre bataille au comte Diépuld , près de Capoue , et le met en déroute, au grand ctonnement des Capouâns qui sortent de leurs murs pour piller le camp des Allemands/ il aide ensuite le comte de Celano à faire la conquête du comté de Molise ; après quoi', étant passé dans la Fouille, il s'empare du château de Leccé et de plusieurs places de la principauté de Tarente.

Tandis que les armes du comte de Brienne prospéraient en deçà du Phare , le crédit de Marcnald allaii toujours en crois-* sant à la cour de Palerme. Il y devînt si puissant , que toute U Sicile était en son pouvoir, à l'exception de Messine et d'an petit nombre d'autres places. Mais sa bonne fortune ne fut pas de longue durée. £tant attaqué de la pierre, il voulut subir l'opération de la taille , qui n'hélait encore guère connue alors qu'en Italie (elle le fut bien plus tard en France ) ; mais l'opération ayant été mal faite, il y succomba l'an 1201* {Fila Innocent III , n. 3:^. )

G.autier de Brienne, l'an 1204 y s'étant ligué afvec Ix" ques, comte de Tricarico, et Roger, comte de Chieti, fit la conquête de Terracine. Mais le comte Diépold étant yeiw

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feu de lems après Tassiéfcer dans cette place a\^ Jës.Sa-^ lernitâîfts, il y reçut, dans une sortie, ud c&up de flèche qui lui fit perdre un œil. Les deux comtes qu^on vient .de nommer vinrent cependant k bout de le tirer dps mwi$ 4^ Tennemi. Cest ce que raconte Richard de Sanr-Gcrxhftno , lequel ajoute que ce môme Déépold fut ignominieusaoaent chasi^ de Salerne par ces mêmes comtes. Gaulîer de^Brienne portait U valeur jusqu^à la témérité. -On lui avait souvent .cOfOseîUé de $9 tenir plus sur ses gardes pour éviter la surprise*. Sa ré|>onse, dit Muraterî , était celle d^un gascon. Des AHémunds , disait^il , bien armés m'oseraient attaquer des Français sans* armes. Diépotd lui prouva bien le contraire; I/ao iiioS', comme Gaulier I9 tenait assiégé dans un château sur le.SamD ^ il viejit d'un grand matin lui rendre une visite qui n?ë<ait pas celle d%m ami ; et Tayant trouvé au lit avec ses gens, il en fit un grand carnageu Gautier , couvert de blessures, fut' amené prisopniei! dans, la place , où peu de* jours après il mourut. {Anaaies d'Italie ^ tom. Vil , pag. laa-faS» )

L'an i2tS, Frédéric, couronné roi de Germanie pour U seconde fois, fiiit proclamer roi de- Sicile Henri , son fils. U reçoit lui-même la couronne impériale k Rome, le :22 novemr bre 1220.

Jean de Brienne, roi de Jérusalem; étant venu , l'an iaaS^ en Italie, l'empereur Frédéric 11 épouse, ou plutôt fiance, Yolande, sa fille, dans une grande assemlilée convoquée, de concert avec lui par le pape Honoré III, k Ferrentino, dans^la ' carmpagnie de Rome. L'objet de cette alliance, qui fut consommée L'an X2a5, à- Brindes, était d'acquérir, k Frédéric, dea droits sur le royaume de son beau^père. £t en effet, on le voit, <l^s cette même année 122S, ajouter à ses titres celui de roi de Jérusalem, et envoyer ses officiers prendre possession de. cet état, dont la plusi grande partie était entre les mains, des Sarrasins. Cette entreprise se fit en dépit de Jean de Brienne , qui trouva fort mauvais que son gendre l'eût ainsi dépossédé. La concorde fui ainsi rompue entre Frédéric et son beau-père

prince

par ses talents , sa valeur .<t ses vertuai L'ambitieux et intéressé Frédéric ferma l'oreille à toutes les semonces du pontife, qui, touché de compassion pour le roi dépouillé, lui domia-le gouverne^ ment de plusieurs terres de Féglise romaine , dont Raynaldi ddnne le dénottibrement. CMtaitt le pays qui embrassait Aqua- P^dente, Monteco, Montalte, Civita - ¥ecchia, Corneto ,

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PeraglW, Omelto , Todi, Bagaarea, Viterbe, Narni| Toscanelrla) Orta, AmeAia et qudqnes autres terres et cités. L*an 4229, tandis que Frédéric est à la Terre- Sainte , Jean

ouvrir ses portes , et dont il rase le château que Frédéric avait nouvellement fait élever à grands frais. Mais Frédéric, arrivé la même année en Fouille , reprit à peu près tout ce que son beau-père lui avait enlevé. Les hostilités, tantôt ouvertes, tantôt sourdes, «continuent entre le pontife et Tempereur. Grégoire Boulève contre Frédéric les villes de Lombardie; et Tan 1339, il renouvelle, le 24 mars, Texcommunication dont il l'avait frappé dix ans auparavant. Ce fut alors quHl ordonna d'ajouter, k la fin de ehaque heure canoniale, Tantienne salpe JHfgàia^ comme il se pratique encore aujourd'hui suivant le rit romain, pour atiirer la protection de la mère de Dieu sur le saint siège, corttre Frédéric. {Sponde.) Ce nrince mourut de la dysenterie, le f-^ déceimbre l'aoo, i Castelio di Fiorentino , dans la Capitanàte. (Voyez Frédéric II ^ empereur,) « On croit assez géné- » ralement , dit M. Pfeffel, que la boussole était déjà connue » du tems de Frédéric II, et que ce prince profita de cette *> découverte pour envoyer des vaisseaux jusqu'aux Indes. Il «serait difficile, ajoute- t-il, de déterminer précisément les » liieux que ces vaisseaux napolitains ont fréquentés : tout ce » qu'on sait, c'est quHls faisaient des voyages de très-longs » cours , et qu'ils revenaient au bout de deux ou trois ans li d'absence, avec des cargaisons inestimables en or et en mar- » charidtses du plus haut prix. De-Ui vinrent i Frédéric 11 des » richesses immenses quUl prodigua dans ses guerres , et dont j» il disposa par son testament Jt«

Frédéric avait fait rédiger en ordre, par son chancelier Piene des Vignes, les constitutions du royaiune de Sicile, et en avait ajouté de très-sages à celles des pnnces normands. Naples lui fat redevable d'une partie de sa grandeur. Il y fonda une univeriité , où il rassembla les étudiants de ses états. Il rendit far meuse l'école de Salerne pour la médecine. ^

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