JACQUES
ia85. Jacques, second fils de Pierre , prend le titre de roi de Sicile après la mort de son père, qui de son vivant Tavait fait reconnaître héritier du royaume, il est couronné le a février ia86, à Paterme, dans une assemblée des états du pays. Le 3
dente entre le roi Alfonse , son frère, et le r<M d'Angleterre , pour la délivrance de Charles II , son rival , prend les armes» pour faire valoir ses prétentions lésées. Etant venu à Reggio dans la Calabre , le i5 mai, avec son armée navale , il se rendit maître , à l'aide de Roger de Loria , son amirante , de plusieurs
DES Roia ma sicile. ^4^
places de ceUç prpvince , et Teût conqvisQ toute entière sans le comte d'Artois , qui accourut , avec des troupes^ bien aguerries* pour arrêter le progrès de ses anoes. VilUni ( liv. .Vil , c. i33 ) dit que ce comte, ayant assiégé Cautazaro, mit en déroute les troupes que Loria avait envoyées au secours de la place , et fit prisonnier sur etks deux cents Ciivaliers catalans^ Jacques s'étant ensuite embaraué , vint se présefiter devant Gaëte ;, sur la pvo^ messe que les nabitants lui avaient faite de se donner à lut dès nu 'il paraîtrait. Mais s*ctant anmsé dans sa coturse à visiter les lies de Procida,'de Capaci^ d'is(chia,.il trouva. à son arrivée les esprits. dies Gaëtans.cfiangés à son égard. Voulant emporter 4e force oe qv'il ne pouvait obtieoir de gré, il mit le siège devant U place. Mais>eUe fut vaillamment défendue par le'rot Charles et le comte .d'Avellino, oui, peu de jo.urs après, virent arriver à leurs .secours^ le comte d'Artois avec une nombreuse année rassemblée dans la Fouille et dans les états de réglise« Celui qui avait formé le siéger 6^ vit assiégé lui-même par des troupes d'autant plus animées , qu'elles croyaient mériter, dans cette guerre., Vindulgence.ile la -croisade. Cependant Gaëte, à la longue, semblait devoir tomber au pouvoir des, Siciliens , si le roi d'Angleterre n'eût interposé sa médiation auprès du pape Nicolas IV , |H)ur l'eiigàger à ménager une trêve entre les deux puissances belligérantes. Un Gardinal4égat,envoyé par ce pontife^ réussit à leur faire conclure une trêve de deux ans , sans y com^ prendre néanmoins la Calabre. Le roi Charles fut le premier à décamper , et deux jours après , le roi Jacques s^en^ibarqua , le 3o août 1289, pour Messine; Cette trêve déplut fort au comte d'Artois et aux barons français , qui^ reprirent , fort indignés | la route de France. .
Enfin, l'an 1291 , la. paix fut conclue entre Alfonse , roî d'Aragon , et le rot Charles , à Aix en Provence 4 avec l'assisr tance de deux cardinaux-légats et des ambassadeurs d'Aragon. Par la capitulation telle que la rapporte Barthélèmi de Neo-- Castro , il fut arrêté que toute guerre de la part des rois de France et de Naples contre l' Aragon cesserait , et que les otages, donnés par la dernière trêve , seraient rendus; que* Charles de Valois renoncerait à toutes ses prétentions- au royaume d'Aragon ; qu'Alfonse ne donnerait aucun secours direct ni indirect i la Sicile. £t pour obtenir du comte de Valois la renonciation qu'on lui demandait, le- roi Charles lui donna eh mariage sa 'fille Marguerite avec les comtés d'Anjou et du M^ine pour sa dot. Mais la mort du roi Alfonse, arrivée le 18 }uin 1291 , fit évanouir ce traité. A la nouvelle de cet événement, le roi de Sicile quitta la Calabre où il faisait des conquêtes, et se rendit à Messine , d'où il fit voile pour la Catalogne ^ après avoir nomoié
XVllI. ^a
ttSo CHRÔITOLOGIB HISTORIQUE
son ncaîre en Sicile, Frédéric, son frère puîné, avec la reiof Constance , sa mère.
Jacques , successeur d^Alfonse , son fr^re , au royaume d'Aragon , i>our avoir la paix avec les rois de France et de Naples^ consent , Pan 1296 , à céder ses droits sur la Sicile à Charles de lYaiois , et à prendre pour épouse , Blanche , fille de ce prince, Quoiqu'il fût déjà fiancé à la fille du roi de Castille. La nouvelle de cet accord étant parvenue en Sicile , y répandit la consternation. La reine Constance et Frédéric, son ^, envoyèrent des ambassadeurs au roi Jacques, en Catalogne , pour l'engager à le rompre. Mais ce monarque îfut sourd à kurs remontrances. Frédéric , son frère , se montra également ferme dans le parti quHl avait pris. Appelé par le pape Bonîface YIII, il vînt ae Sicile, accompagné des gens de Procida et de Roger de Loria , le trouver à Yeletri. Le pontife épuisa vainement son éloquence et les plus belles promesses pour le gagner. Le jeune prince lui répondit qu'il ne pouvait se démettre de ses droits sur la Sicile sans avoir consulté les peuples de cette île. Boniface, sur cette réponse , envoya sur les lieux. Jean de Ca-» lamaadrano , son homme de confiance , q|ii n'oublia rien pour seconder les vues du pape. Mais il lui fut répondu que s\\ ne sortait promptement de l'île , sa vie' n'était pas en sûreté : tant était grande chez les Siciliens la haine <les Français et la crainte de retomber sous leur joug. Calamandrano n'eut alors rien de plus pressé que de s'en retourner. ( Voy. Don Jayme 11, roi
FREDERIC I , ou IL
1296. Frédéric II ^ frère de Jacques , roi d'Aragon , est élu roi de Sicile, le i5 janvier, par les Siciliens, qui n'eurent aucun égard au traité fait entre Charles II et le roi d'Aragon. Le aS mars suivant , jour de Piques , il est couronné dans la cathédrale de Palerme. Peu de tems après, il fait, avec Roger de Loria , une descente en Calabre , où il prend Squillazzo et d'autres places. Le pape Boniface VIII ayant appris le couronnement de Frédéric, déploie contre lui tout 1 appareil des peines spirituelles et temporelles.
Le roi d'Aragon s'étant rendu. Tan 1298, à Rome, y fut comblé de bénédictions et chargé tl'or par Boni&ce YllI , après quoi il prit la route de Naples, .pour concerter avec le roi Charles , son beau-père , les moyens de soumettre la Sicile à ce dernier. Mais pour ne pas surprendre Frédéric , son frère, il le fit exhorter secrètement de renoncer aux conquêtes quHl avait faites en Calabre , lui faisant espérer par-là un accord avantageux pour la Sicile. Les semonces d'Alfonse n'ayant pror^
Dss ROIS DE Sicile: »5i
Suit aucun effet, il réunit ses forces à cçlleâ durai Charte» ( et Je cette combinaison , il se forma une puissante armée navale ,,clont le commandement fut donné à .Ro^er de J^ria, que le roi Jacques lui-mémé accompagna. Le débarquement s étant fait sur la fin d^août 1:299, ^^ Sicile, IVmée emporta^ sans peine Melazzo et quelques autres places. M^is Syracuse ^ dont Roger fit ensuite Je siège , fut vaillammeikt défend «te p2^ Jean de Clermont. L^amir^nte ayant envoyé aon wc^yeu , Jeait de Loria , avec vingt ga^èf-es , pogr> conduire des vivres au château de Patti, assiégé dans le même tems paroles Siciliens •, les Messinois , (dvec sei se galères., attaquèrent ce convoi , dont il n'échappa que quatre bâtiments , le reste oyant é\Â pris et conduit à Messine , avec le comma^idant. Ce revers , joint à la perte d'un -grand Bond>re de soldats , que tes malaclies et diversassauts donnés inutilen>ent à Syracuse, avaient enlevés, déter*mina le roi d^Aragon à lever le siège et à reprendre la route de Naples. Arrivé à ^elaszo , il y rencontra Frédéric , son frère , auquel il fit des instances pour ravoir ses galères avec Jean de Loria , promettant de ne plus remettre les pieds en Sicile. Mais le conseil du jeune prince fut d'avis de ne rien accorder , etcet avis prévalut. Les Siciliens firent bien pis ; pour se venger de Tamirante qui lès avait abandonnés, ils firent trancher la tcte à son neveu , Jean de Loria, et à Jacques de la Boche ,. comme à des rebelles envers le roi Frédéric.
Le roi d'Aragen passa Thiver à tapies; et pendant cette sai* son y le roi Frédéric recouvra plusieurs châteaux t, qui, les uns^ volontairement., les autres de force, avaient arboré les ban^ nielles du roi , son frère. ( Nk-ol, Spécial. , liv. IV, c. 40
Le peu de succès de la campagne précédente ne manqua pas d'exciter les mumures à Naples contre le roi d'Aragon , qu'on accusa de favoriser > sous main, le roi , son frère., Pcnir détruire ces Êiux bruits , et manifester sa loyauté envers le pape et le rot Charles, il rassembla le plus qu'il lui fut possible de navires et de soldats, avec lesquels il fit voUe vers la Sicile, au mois de juin 1299, accompagné de Robert, duc de Calabre, et Phi' lippe, prince de Tarente. Frédéric et les Siciliens,, enflés de leurs derniers succès , ne daignèreni pas ks^ attendre , et croyant devoir les prévenir, ils firent voile vers Naples, comme se tenant assurés de la victoire. Les deux flottes s'étant rencontrées près du cap Orlando , on en vint, le 4 juillet , à. une sanglante bataille, où les Siciliens combattirent en désespérés. Mais la valeur et rhabileté de Roger de Loria le firent triompher de leurs efforts. On fait monter leur perte i seize millehommes et vingt-deux galères, lie roi Frédéric n'échappa dans sa galère qu'à t^rce de rames, et l'on prétend qu'il n'eût tena
aSl CHRONOLOGIE HI5TORIQX7S
qu'au roi , son fr^re , de le faire prisonnier ; maïs crue , par m retour d'amour fraternel , il crut devoir le laisser aller. Dans ce combat, il périt un grand nombre d'apûHens et de catalans. Le roi d'Aragon étant passé depuis en Calabre , y trouva des troupes nombreuses que le roi Charles y avait fait assembler, et les ayant embarquées sur dix galères , il les conduisit en Sicile. Ce fut de-là qu^il fit savoir k Robert ,*duc de Calabre, et à Philippe j prince de Tarente , ses cousins , que ses affaires le rappelaient en Catalogne, et que, voyant la Sicile hors d^état ^e résister aux forces qu'on lui opposait ,. son bon cœur neliri permettait pas d'être témoin de la ruine de son frère, et moins encore d'en être l'auteur ; que dans cette disposition, il leur laissait la gloire d'achever cette conquête. 11 alfa porter ensuite à Naples les mêmes excuses au roi Charles , qui , selon les uns , les reçut en bon père , et s'obligea de lui rembourser les frais de cet armement ; mais selon d'autres , il fut vu de très-mauvais œil du roi , son beau-père , qui le croyait d'intelligence avec son frère, de manière que se voyant désagréable aux Français et maudit des Siciliens, il prit à la fin le parti d'abandonner l'Italie. La chronique de Forli dit que le principal motif de sa retraite fut de n'avoir pas reçu les grandes sommes que le pape lui avait promises. Le départ du roi d'Aragon éleva le courage du roi , son frère. Mais le duc de Calabre ne laissa pas d'enlever à celui-ci plusieurs places en Sicile , dont la principale fut Clermont. S'étant présenté ensuite sous les murs de Corlonc, avec son armée, il y gagna des traîtres qui lui remirent cette \ille sans effusion de sang. Un grand nombre de la vallée de Noto levèrent aussi l'étendard de fa révolte; et la fortune semblait avoir entièrement abandonné Frédéric , lorsqu'elle lai donna subitement un gage de son retour. Le duc de Calabre avait envoyé, avec un corps de troupes de terre, assisté de
Quelques galères , le prince de Tarente , son frère , dans la vallée e Mazara , pour y faire des conquêtes. Frédéric, qui s'était porté dans le château de Saint-Jean pour veiller sur les mouvements des ennemis, avec les forces qu'il avait pu réunir, vint à sa rencontre dans la plaine de Formicara , et lui livra bataille avec un tel succès, que le prince frappé et désarçonné, fut en danger d'être tué par les Catalans , pour lui faire expier la mort de Conradin. Mais Frédéric étant accouru à tems , le tira de leurs mains et le fit conduire en prison avec le reste des vaincus qui avaient pu échaper au carnage. Ce revers des Français fut suivi d'un autre. Parmi les prisonniers , il s'en trouva un qui fit espérer aux barons du duc ae Calabre qu'il lej mettrait en possession du fort château de Gallérano. Les voilà aussitôt qui galoppent en foule pour saisir la proie ; mais c'était une