DES ROIS S£ SICILE
duperie. Blase d^Alagon , capitaine de Frédéric , les ayant surpris, les fît tous prisonniers.
L'année suivante, i3op, les Florentins envoyèrent au duc de Calabre un renfort considérable , sous la conduite du capitaine Benier de Buondelmonte. Nicolas Spécialis dit (liv. Y, c. i3 ) ,
3ue les Toscans , arrivés à Catane , ou le duc séjournait , s'y onnaient ouvertement pour des coupe-jarrets , et se vantaient d^y amener prisonnier le capitaine des Siciliens, Blase d'Alagon. Mais ces fanfaronades n'aboutirent qu'à les rendre l'objet de la risée des Français comme des Siciliens. Le mois d'août ne se passa pas qu'ils se dispersèrent , ia plus grande partie d'entre eux ayant déserté.
Cette même année , les Siciliens éprouvèrent un terrible échec. Leur flotte, composée de vingt-sept galères, sous le commandement de Conrad Doria, s'était mise en course pour butiner dans les rivières dû royaume de Naples, et parvint jusqu'à l'île de Pons&a. Dans, le cours de cette expédition , Boger de Loria avait pris la route de Naples , pour amener en Sicile , au duc de Calabre, un nouveau isecours d'hommes et de vaisseaux. Informé du dégât que faisait l'armée sicilienne , il la suivit à la trace et l'atteignit. Loin de jprendre la fuite, comme elle le pouvait, aux approches d'un si habile amiral , qui venait à elle avec quarante-huit galères, elle n'hésita point de hasarder un combat. Il se donna le i4 juin et fut sanglant. Les Siciliens , vaincus et mis en fuite , ne purent sauver que sept galères ; le reste fut pris avec Conrad Doria , Jean de Çlermont et d'autres nobles. Robert , duc de Calabre , faisait alors, par mer , le siège de Messine, et la réduisait , par le manque de vivres , h Textré-* mité. A ce malheur se joignit l'épidémie, qui fit beaucoup de ravage. La ville , malgré cela , était résolue de perdre ce qui lui restait d'âmes vivantes, plutôt que de se rendre aux Français , tant était grande l'horreur qu'elle avait de cette nation ! Frédéric, prince d'un grand courage et d'un sens égal , ne manqua pas , dans cette calamité , de porter des vivres plusieurs fois , en personne , aux assiégés et de faire transporter ailleurs les
λauvres réduits aux os et à la peau. Cela dura jusqu'à ce que 'épidémie ayant pénétré dans le camp du duc Robert , Tobligea de lever le siège. Alors la duchesse Yolande , femme du duc et sœur du roi Frédéric , s'étant entremise pour obtenir une trêve, réussit à la faire conclure dans une entrevue que le rai Frédéric et le duc Robert eurent vis-à-vis de Syracuse.
Boniface YIII avait toujours en vue d'enlever la Sicile à Frédéric ; dans ce dessein , il appela Charles de Valois , frère de Philippe le Bel , roi de France , en Italie , sous les plu& magnifiques promesses. Ce n'était pas seulement la Sicile qa'iJk
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lui faisait espérer, mais encore (^empire de Conslânlhiopif ^ comme dû à l'époux de Catherine de Courtenai , petîte-fille de Baudouin , empereur titulaire de ce pays. Charles de Valois, ainsi alléché , ayant donc passé les monts , fut reçu sur la route et magni6quement traité à Modèoe , par Aazon, marquis d'Est, qui lui prêta une somme assez con^dérable. Le ppe , auquel il baisa les pieds ensuite à Atiagni , le créa comte d« la Romagne, capitaine du patrimbine de Saint« Pierre et seigneur de la marche d*Ancône. I^a première ccunmission que Boniface lui donna fut de pacifier la ville de Florence que les factions déchiraient. Y étant entré le jour de la Toussaint i3oi| il en demanda la seigneurie et la garde , promettant avec sei> ment de la maintenir dans un bon et paisible état. Mais il ne tint rien de ce quHl avait promis ; et s'étant déclaré pour la Motion des noirs contre celle des blancs , il augmenta par là les troubles dont Florence était agitée. Etant parti au mois d'avril i3o2 , chareé de la malédiction du peuple, il se rendit à Naples , où il trouva prêt un grand armement dans lequel il s^embarqua pour la Sicile avec Robert, duc de Calabre, et Raymond-Bérenger, son frère. Dès qu'il eut fait sa descente dans l'île , il se rendit maître , par trahison , de quelques places ^ et en assiégea d'autres sans succès, tandis que Frédéric harcelait son armée par des courses et lui coupait les vivres. £t bien en prit k celui-ci d'user de cette sorte de guerre, incapable, comme il l'était par son peu de forces , de faire tête à l'ennejni; secondé par la mortalité qui se mit parmi les chevaux de l'armée de Charles de Valois , il le réduisit au point de rechercher luimême la paix , du consentement de Robert , duc de Calabre. Les trois princes s'étant abouchés, il fut convenu entre eux que Frédéric épouserait Ëléonore, troisième fille du roi Charles, et retiendrait sa vie durant, le royaume de Sicile, à conditioa qu'après sa mort , ce royaume reviendrait au roi Charles ou à ses descendants , et que les prisonniers faits sur Frédéric loi seraient rendus : au moyen de quoi , Frédéric rendit au roi Charles les places qu'il avait conquises sur lui en Calabre. Ainsi fut terminée , pour le moment , la grande affaire de la Sicile. Les politiques ne manquèrent pas de gloser sur cette pacification ,'disant que Otaries de Valois était oenu à Florence pour y remettre la paix ^eifu *U Valait laissée en guerre ;et gu *étant arrivé en Sicile pour y faire la guerre, il s*en était retourné après avoir fait une paix honteuse* Un an s'écoula sans que Boniface VIII voulût approuver le traité dont on vient de parler. Mais eoGn il y acquiesça, moyennant un cens annuel de quinze mille florins d'or que Frédéric s'obligea de payer au saint siège. Frédéric, Alors , du consentement du roi Charles^ commença à prendre