LOUIS
1342. Lot}», né le 4 février i338 , ïucci^ M rbt iPieffe^' son père , sous la régence du prince Jean , son oncle. Le i5 sep:* tembre suivant , il est couronné à Palerme par l^évéque d^An-dreville, dans le Péloponèse, Tarchevêque de Paierme ni aucun évéque de Sicile n^ayant voulu prendre part â cette* cérémonie , à cause de Tinterdtt dont le royaume était frappé* Une grande maladie qui survint au régent, peu de tems après ^ à Syracuse , releva les espérances des Palices et de leurs partisans. Jean Magna , V\ïn de ceux-H^i , le croyant mort , court à Messine, dont il ameute le peuple; force la maison du stradigot , lé tue et en fait nommer un autre à sa place. Mais au bout de quelques jours ^ les séditieux apprenant que le régent
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est revenu en saâté , vont s'emparer de la citadelle de San^ Salvator, et arborent la bannière du roi de Naples, après avoir abattu celle du roi Louis. Le régent, dès que ses ibrces lui permettent de se mettre en campagne , vient se présenter devant la place, Pemporte d'emblée, et punit les chefs de la révolte , les uns par la mort , les autres par la prison ou le bannissement. Mais Jean Magna lui ayant échappé, il met sa tête à prix. Une servante qui tenait ce coupable caché dans un coffre, le livra pour cent florins. Attaché à la queue d^un cheval , il fut traîné par les rues de Messine et ensuite pendu. (Fazel , pag. 489.)
La mort ayant enlevé, dans le mois de janvier i343, le rot Bobert , tandis qu'il préparait une nouvelle descente en Sicile, la reine-mère de Sicile et le régent crurent l'occasion favorable pour se réconcilier avec la cour de Rome. Mais les ambassadeurs qu'ils y envoyèrent furent très-mal reçus de Clément TI. Ce pontife leur déclara que la Sicile n'avait point de paix à espéref^ tant qu'elle ne reconnaîtrait point pour souveraine la reine de Naples. Pour donner aux Siciliens une nouvelle marque de son indignation, il réserva au saint siège, pour deux ans, par une nouvelle bulle datée d'Avignon, le 5 mai 1343» la nomination des évéchés et des abbayes , n'exceptant que les bénéfices dont les revenus étaient au-dessus de cmquante florins (Rainaldi , ad hune an* , n. 83. ) Sollicité par le pape , le ministre de Naples résolut de tenter une invasion en Sicile. Le comte de Squillazzo , chargé de cette expédition ,- vint débarquer avec une armée près de Messine dont u ravagea les environs. Mais le régent s'étant mis en route pour le repousser, il ne jugea pas i propos de l'attendre , et remonta promptement sur sa flotte. Les troubles qui agitèrent ensuite ta cour de Naples 9 à l'occasion de la mort violente d'André de Hongrie , mari de la reine Jeanne, donnèrent un grand avantage à la cour de Sicile sur la première. Louis, roi de Hongrie, se préparant à venger la mort d'André , son frère , le régent profita de l'inquiétude où Us £ii
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obligée de se rendre faute de vivres. Cependant le roi de Hongrie arrive dans la Fouille. La reine Jeanne , craignant qu'il ne. ?allie contre elle avec le roi de Sicile , a recours au pape pour obtenir , par sa médiation , une trêve avec ce dernier. £lle est refusée par le monarque sicilien qui veut un traité de piaix ou la continuation de la guerre* Jeanne se détermine enfin au premier parti, et la paix est signée à plusieurs conditions : i*. que Louis I en conservant le royaume de Sicile , paiera tous les 9:0$
BITS BOIS DE SiqilE. âS'g
au pape , le jour de la Saint-Pierre , la somme de trois mille oaces d^or , en diminution du cens annuel dû par la reine Jeanne au saint siège ; 2^. que dans le cas où le royaume de Naples serait attaqué , le roi de Sicile viendrait à son secours avec quinze vaisseaux ; 3®. que la reine de Naples lui céderait toutes ses prétentions sur la Sicile et les îles voisines , etc. Ce traité , conclu le 4 novembre i3479 s'étant fait sans Tavea de Clément VI, ne put obtenir Fapprobation de ce pontife, qui ne fit rien néanmoins pour le combattre. La peste emporta ^ dans le mois d'avril de l'an 13489 le prince Jean, régent dé la, Sicile, dont on ne sentit bien la perte qu'après sa mort. (Rainaldi, ad an. i347 9 n. 12.)
Blase d'Alagoh , son successeur dans la régence , est inquiété par les Palices que la reine-mère , leur protectrice , avait rappelés dans Tîle , où ils formèrent un puissant parti. La ville de Messine s'étant déclarée pour Mathieu Palice , qui venait de perdre Damien , son frère aine , le régent amena à Taormine le roi , dans le dessein de le transporter de là à Catane pour y établir la résidence de la cour. Mais cette dernière ville n'étant pas encore délivrée de la peste dont elle avait été infectée l'année précédente , la reine crut devoir ramener le roi , son fils , à Messine. Ce ne fut , depuis , que querelles et hostilités entre les partis d^Alagon et de Palice ; les troubles quHls excitèrent furent tels , qu'ayant fait' cesser l'agriculture en Sicile, ils y causèrent la famine. Louis de Tarente , second mari de la reine Jeanne, profitant de ces conjonctures, envoya, l'an i354f une armée pour faire une descente en Sicile. Plus de cent douze places arborèrent, dès que Tennemi parut, les armes de Naples. Mais bientôt les orages qui s'élevèrent dans cette dernière cour, obligèrent de rappeler les troupes qui étaient en Sicile. Louis » contre l'attente générale , resta sur le trône : ce fut , à la vérité-,
Sour bien peu de tems-, la mort, l'an i35S, l'en' ayant fait escendre à l'âge de dix-huit ans, le 16 octobre, selon Fazel, dans le mois de novembre , selon Yillani , k l'âge de dix-sept ans. Il n'avait point été marié : son corps fut porté à Catane et? enterré dans l'église de Sainte-Agathe. Il laissa , en mourant , deux fils naturels , Antoine et Louis. Blase d'Alagon ne lui survécut que quatre jours.
FRÉDÉRIC II ou m, DFT LE SIMPLE.,
i355. FrÉdéhic , frère de Louis , devient son successeur à rage de quatorze ans , sous la régence d'Ëuphémie, sa sœur. Le royaume se trouvait alors dans une extrême confusion, les seigneurs siciliens étant partagés entre la mabon de Naples et
^Co CHRONOLOGIE HfSTOaiQUE
celle d^Âragon. L*an 1 356 , au mois de novembre « la ville de Messine esl livrée, avec le châleaii de Martagriton, à Louis, roi de tapies, par Nicolas Césaire , qui commandait dans Tune et Tautre places.
Louis et la reine Jeanne, sa femme, font leur entrée dans Messine , le 24 décembre suivant , et promettent d'en faire la capitale de la Sicile. Les affaires du roi Frédériè étant presque désespérées , il députa à sa sœur Ëléonbre, femme de Pierre, roi d'Aragon, pour lui faire donation de ses états, à conditioQ que ce prince lui fournirait les secours dont il avait besoin. Mais les états de Pierre étaient trop agités pour lui permettre de transporter ailleurs ses forces. Le roi de Naples , résolu de terminer la guerre avec la Sicile par un coup décisif, fait assiéger Catane p^r mer et par terre. Le grand sénéchal corn-* mandait les troupes de déi>arquement , tandis que l'escadre vapolitainQ croisait dans le goife , pour empêcher que rien p'entrât dans la ville. Mais Artale d' A lagon ayant attaqué celle^ ci, remporta sur elle une victoire complète. Le grand sénéchal, consterné de cette défaite , lève le siège. La garnison catanoise le poursuit dans sa retraite, et lui taille en pièces plus de deux mille hommes, sans compter les prisonniers qui étaient eq plus grand nombre. Tout le bagage fut la proie du vainqueur, et servit à enrichir les soldats et les paysans, qui s'étaient joints à eux pour la poursuite des ennemis. On ne voit point que le roi de Naples ait figuré dans cette double action. Il est cependant certain qu'il était alors en Sicile avec la reine Jeanne, (yiilani, l.YU , c. 7a.) Ses affaires particulièi^s le rappelèrent bientôt dans ses états. Mais avant soa départ, il fit précipiter dans la mer plusieurs mt^ssinois , qui lui étaient suspects. Le pouvoir dit roi de Naples commença dè$ lors à décliner en Sicile, Les Clermonts, famille puissante, qui lui avaient toujours été attachés, l'abandonnèrent en iSSy, par le conseil de Uui de Vintimille, principal ministre de Frédéric, pourrez venir à l'obéissance de ce pnnce. Us avaient pour ennemi Artale d'Alagon. Celui-ci s'étant réconcilié avec eux , les engagea à le seconder pour la réduction de Messine, que Frédéric désirait jivec empressement. S'étant réunis, ils la prirent avec la citadélie, et en chassèrent les Napolitains. Muratori avoue qu'il ne peut fixer le tems précis où ceci arriva. Les autres villes de Sicile rentrèrent successivement sous la domination de Frédéric.
Les cours de Naples et de Sicile , lasses de la longue guerre qu'elles se faisaient, commencèrent, l'an 1372, à tourner leura
f censées vers la paix. Deux cordeliers en furent le^négociateurs, 1 fut convenu entre les deux cours, que Frédéric reconnaîtrait tenir en iief de la reine Jeanne la Sicile , s'obligerait à lui
DES nOIS DE SICILE. a6i
payer ^ h titre de cens annuel , quinze mille florins d^or, et se contenterait du titre de roi de Trinacrie, celui de Sicile étanmréservé à la reine Jeanne; ce qui fut approuvé par le pape Grégoire XI. Par un des articles du traité, Frédéric devait aller à Rome faire hommage au pape. « Mais ayant représenté M à Grégoire XI , que la situation de ses affaires ne lui permettait pas de s'éloigner de son royaume, le pape consentit qu^il rendit cet hommage par procureur. Le roi de Hongrie, » qui n'avait point renoncé à ses prétentions sur les états de » la xeine Jeanne , témoigna beaucoup de mécontentement de j» ce traité ». (Burigni.) Malgré cela, il fut ratifie par les
f parties et approuvé ^ar Tévêque de Sarlat, au nom du pape, e 3i mars iSyS. Le roi Frédéric fit hommage -lige de son royaume entre les mains du même prélat, le 17 janvier i^ji^ à Messine, et le même jour il épousa Ai^toinette de Tarente, fille de François de Baux, duc d^Andria, et de Marguerite, sœur du dernier roi de Naples. Cette princesse ne fit que paraître sur le trône de Sicile. Quelques jours après son ma-r riage , le vaisseau qui la ramenait à Messine , avec le roi son époux , fut attaqué par le comte Rubi, à qui le monarque avait défendu de venir en cette villç. La reine fut tellement effrayée de cet assaut, ^u^elle se jeta dans l'eau pour se sauver. Elle tomba malade de cet accident, et mourut, le 2.5 janvier i^j^^ à Messine» Frédéric , Tannée suivante , fut sacré par Tévéque de Sarlat , avec la permission du pape. Il pensait à se remarier lorsqu'une maladie l'emporta , le 2^7 juillet 1377, i Face de trente-six ans. De Cot^STANCE , sa première épouse , fille de Pierre IV, roi d'Aragon (morte en juillet i363), il laissa une fille , nommée Marie , qu'il déclara son héritière par son tes^ tament fait peu de tems avant sa mort. Adelzreiter lui donne
Four une autre fille du même lit, Elisabeth, femme d'Etienne Agraffé, duc de Bavière.
« 11 est assez étonnant, dit M* de Burigni, que les rois de » Naples n'aient pas conquis le royaume de Sicile , pendant * un règne aussi faible que celui de Frédéric. Ce prince n'était » proprement roi que de nom. Les villes et les grands le mé- » prisaient impunément ; on peut juger jusqu'où allait l'inso- » lence des seigneurs, parce qui arriva à Gui de Vintimille. » Le comte François de Vintimille , son frère, avait chassé le » gouverneur de Trapani et donné le gouvernement de cette » place importante à Gui de Vintimille, sans consulter le roi. » Frédéric témoigna en être fort mécontent. Gui en fut si . > outré qu'il osa donner un coup de poignard au roi» La bles- « sure heureusement, ^e fut point mortelle. Cet attentat n'eut
's6i CHRONOLOGIE HISTORIQUE
» point Jésuite à cause de la faiblesse du gouvernement , qui j» procura au roi Frédéric le surnom de Simple* »
MARIE ET MARTIN , bit LE JEUNE.
1377. Marie est reconnue héritière du trône de Sicile après la mort de Frédéric , son père , et commence à régner sous la tutelle et la régence d'Artale d^Alagon. Giannone remarque qu'elle ne prit point d'investiture du pape , et que depuis ce tems là, les rois de Sicile n'en ont point reçu. Marie est enlevée , Tan 1879 , par Guillaume-Raymond de Moncade , et conduite au château d^Agouste, dont il était gouverneur, dans le tems qu'elle se disposait à épouser , contre le vœu de ses sujets , Jean-Galéas , comte de Vertus , neveu de Bernabo Visconti, et co-seigneur avec lui de Milan. De là elle fut conduite , par ordre de Pierre IV , roi d'Aragon , son aïeul , 4 Barcelone , pour y ^tre élevée auprès de la reme Eléonore , sa tante, fille de Pierre II, roi de Sicile^ Elle épousa, le 29 novembre iSgi (i), avec dispense du pape Clément VII , Martin,
pour h^ Sicile , avec un cortège nombreux de seigneurs aragonais, abordent, le s^S mars, à Trapani. La Sicile avait un grand besoin de la présence de ses maîtres , déchirée , comme elle l'était , par des factions , et tyrannisée par les principaux seigneurs de l'île. L'arrivée de Marie et de Martin y rétablit d^aoord le calme; mais ce ne fut pas pour lon£-tems. De Trapani , après y avoir fait quelque séjour , les deux époux s'acheminèrent vers Palerme , qui était dans le département d'André de Clermont. Ce seigneur aurait bien voulu se maintenir dans la possession de cette ville ; mais le peuple , las de son gouvernement , ne demandait qu'à revenir à l'obéissance de ses maîtres légitimes. Clermont ne se trouvant point en forces pour faire tête à l'armée royale , fit son accommodement avec le roi et la reine , dont il obtint une amnistie pour lui et son parti : après quoi ils firent leur entrée dans la ville au milieu des acclamations du peuple. Ce fut là qu'ils futent couronnés , dans le mois de mai i3q%,
La réconciliation du comte de Clermont avec la cour déplut singulièrement à un seigneur aragonais , favori du roi. Son
(i) C*est la date de ce mariage, donnée par M. de Burigni. Mai& Muratori le suppose déjà fait en x3Sd. {Anaaii\ tom« YlIIi pag- 4^^)
DES BOIS DE SICILE. l(yi
nom^ était Caprena. Dans la vue de supplanter le comte et d'obtenir ses domaines , il Paccusa secrètement auprès du roi d'avoir de mauvais desseins contre sa personne, et en donna
Jour preuve , un poignard qu'il portait contre la défense faite' e paraître avec cette arme à la cour. Le comte , sur cette accusation , ayant été arrêté , fut mis à la torture et forcé par les tourments de faire Taveu qu^on exigeait de lui. il fut condamné à mort avec ses prétendus complices , et exécuté devant son hôtel , dans la place publique. Les biens de cet infortuné seigneur furent conusqués , et son comté de Motica fut adjugé à son accusateur , qui obtint aussi la charge de grand-amiral. Cette exécution terrible excita dans Palerme des mouvements qui déterminèrent la cour à se retirer à Catàne. ( Hainaldi , ad an. l'à^a , n<>. 1,2.) La sédition s'étendit dans toute la Sicile^ de sorte qu'il n'y eut presque d'autres villes que Messine , Syracuse et Catane qui restèrent fidèles au roi et à la reine. Les Barbares d'Afrique profitèrent de ces tems de troubles pour faire des courses en Sicile, où ils enlevèrent, dans le mois de juîa iSq^ , Tévêque de Syracuse , qu'ils retinrent prisonnier l'espace de trois ans. ( Rainaldi , ibid. , n°. 3. } Cependant les Palermitains , qui avaient donné le signal de la révolte , revinrent les premiers à résipiscence. Par une députation qu'ils firent au roi et à la reine , ils promirent d'être plus soumis et plus fidèles à l'avenir. Les députés , à la tête desquels étaient les archevêques de Palerme et de Montréal , furent accueillis favorablement , parcs qu'on n'était pas en élat de sévir contre les rebelles. La reine Marie , après sept ans de mariage , accoucha, l'an i3q8, d'un fils, nommé Frédéric, oui ne lui sur*' vécut pas. Eue le suivit au tombeau le ^5 mai i4oa | et fut inhumée auprès de lui à Lentino.
MARTIN LE JEUNE , seul.
i4o2. Martin règne seul en Sicile après la mort de sa femme, qui l'avait institué son héritier. Il épousa, l'an i4o3. Blanche, fille de Charles III, roi de Naples. L'an 1409 , îl fait une expédition dans la Sardaigne, qui s'était révoltée contre le roi son père, et gagne une grande victoire » le ac juin , sur les rebelles, commandés par Guillaume II , vicomte de Narbonne. Peu de tems après , il tombe malade dans cette fle, et meurt à l'âge de trente -cinq ans, le aS juillet, à Cagliari, où il est enterré. Il ne laissa que deuxbâtards, ua fils, nommé *t mourut 2at, en Arag<
CflltONOLOGIÉ IflSTOAlQtTÊ
prouvent que roit de la monarchie de Sicile»