‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 66 sur 103 · MARTIN II , DIT LE VIEUX · texte numérisé non relu

MARTIN II , DIT LE VIEUX

i4og. Mabtik, roi d* Aragon, succède au royaume de SîcUe i Martin , son fils. Il continue à la reine Blanche , sa bru | la régence, qui lui avait été donnée par le testament de son époux. L'an i4io, il meurt le Si mai, âgé de cinquante-* deux ans, à Cagliari, dans la Sardaigne, quHl venait de sour mettre, sans laisser d'enfants légitimes. En mourant, il nomma régente la reine Blanche, sa femme. {Voy. Martin, roi d*Ara' gon (i). La branche des comtes de Barcelone, qui avait régné plus de six cents ans, d'abord. en Catalogne, puis en AragoOi finit dans la personne de ce prince.

FERDINAND DE CASTJLLE, dit LE JUSTE.

i4i2. Ferdinand, deuxième fils de^ean I, roi de Castille , et d'Eléonore , fille de Pierre IV , foi d'Aragon , fut élu roi de Sicile, après un interrègne de trois ans, dans une assem^ blée de députes du royaume d^Aragon, de celui de Yalence et de laCatalogne.il avait eii cinq concurrents; Frédéric, comte de Luni, fils naturel de Martin, roi de Sicile; Mathieu, comte de Foix, gendre de Jean, roi d'Aragon; Alfonse duc de Gaodie; Jacaues, comte d'Urgel; et le laarquis de Yillena, ffki descendait des rois d'Aragon. Ce fut saint Vincent Ferner qui, étant monté en chaire le 3o juin i^tSL, déclara, dans une assemblée très-nombreuse , à laquelle assista l'antipape Benoît XIII , que , d'une voix unanime , les arbitres choisis pour

(1} Ce prince avait un favori nomme Bernard Caprera, wol^îI avait fait comte de Modica Tan 1873 , après avoir fait décapiter à Falerme, le premier juin de cette année » pour crime de rébellion , André de Clermonty qui possédait ce comté. C'était Caprera lui-même qui avait forcé dans cet|e place, le 18 mars précédent, les rebelles. Il avait déii-' tré f Tannée suivante , le roi et la reine de Sicile , qu*une nQuvelle ré^ Yolte des Siciliens tenait assiégé dans Catanc. Maïs après la mort du roi Marliii , il fut arrêté prisonnier par ordre de la reine • qui le sovpçon" nait d*aspirer au trône. Ayant voulu s* échapper, il lomba dans un filet dressé devant les fenêtres de sa prison , et y resta un jour entier expose, à la risée du public. Remis en liberté, il alla, par ordre de Ferdinand^ successeur du roi Martin, finir ses jours hors de la SiciUt .

DES ROIS DÉ SICILS. â65

l'élection, avaient nommé Ferdinand, second infant de Gâstiile, roi d'Aragon et de Sicile. A ce nom, tout Te peuplé témoigna une ioie extrême, parce qne Ferdinand s'était déjà fait une grande réputation de justice et de modération eh. refusant le trône de Castille qui lui avait été offert après la mort du roi Henri , son frèrje , au préjudice de Tinfant son neveu. La reine Blanche, veuve du roi Martin, jouissait toujours de la régence^ en vertu du testaihent de son époux. Ferainand lui confirma la régence sous le titre de vice-reine. Mais il nomma en même tems huit vice-gérents pour l'assister de leurs conseils.' Caprera, dont nous avons parlé sous le règne précédent, n'étajt

Ïias de ce nombre ; mais il portait ses vues plus haut. Pendant, 'interrègne, il avait aspiré à la royauté; et pour réussir dans ce dessein, il s'était mis dans la tête d'épouser la reine,.quoi< que difforme et beaucoup plus âgé qu elle. Mais ayant osé lui ea< &ife la proposition , il en reçut celte ^ réponse accablante : Ahî fij oieux galeux! Furieux de cet affront il assiégea la reine dans* Syracuse où elle s'était retirée. Jean de Moncade étant accouru pour la délivrer, obligea Caprera de se retirer y et emmena ' Blanche à Palerme. Les ordres donnés par* Fer« dinand aux vice-gércMits, portaient cependant qu'ils travailleraient à réconcilier la reine avec Caprera. Celui-ci prévint lenr arrivée en conduisant secrètement ses troupes à Palerme ^ ou îl entra de nuit sans y être attendu» La reine, qu'il comptait surprendre , n'eut que le tems de sauter de son lit et de gagner une galère dont le capitaine la conduisit au port de Sorrènto. Etonné qu'elle lui eût échappé, Caprera eut, à ce qu'on pré- > tend , l'insolence de «e coucner dans son lit en disant : Si je n*ai pas la perdrix'^ j'aurai du moins le nid. Les vice-gérents étant arrivés à Palerme, essayèrent vainement d'engager ce seigneur à se soumettre à la reine^ mais étant devenus maî-* ires de sa personne par adresse , ils l'envoyèrent à Barce^ni^e, où il fut très-mal reçu de Ferdinand. CTaprera , . par la souplesse de son génie, trouva moyen cependant de regagner %ts Donnes grâces par la suite.

La reine Blanche, se voyant sans pouvoir en Sicile dep^iis Farrivée des vice-gérents, prit le parti de se retirer en Navarre y auprès du roi son père. Ce fut là qu'elle épousa 9 quelques années après , don Juan , second fils de Ferdinand , à qui elle porta en dot le royaume de Navarre. ^

Jusqu'au tems du concile de .Consta;ice , . Ferdinand av^it suivi le parti de Benoît XIII; mais après que cette assemblée l'eut déposée , il n'oublia rien pour l'engao;er à donner sa démission, jusqu'à se transporter, quoique malade à Perpignan . pour, vaincre son obstination. Mais il nV gagna rien ,

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a66 CBROKOLOGIE HISTOEIQUE

et en sVn relonmant , il moiumt à Ygnalada, en Catalogne^ le a avril 1416, âgé de quarante-trois ans. Son amonrponr la justice lui fit donner le surnom de Juste. ( Voyei; son artUdt parmi tes rois d'Aragon.^

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