B1SS ROIS DE NAPICS ET DE SICILE
qu*il ne soufTcdrait jamais aucune innovation ; ce qui calma les espitts pour un tems. lUais les craintes redoublèrent , lorsqu'un jour de Carême , en i547f on vit les bulles affichées avec redit
3ui en ordonnait ^exécution. A l'instant le peuple se soulève, échire le placard , et fait une nouvelle députation au vice-roi* Ceux oui la composaient revinrent à Naples, comblés de cares-* ses et a'assurance^y qu'il ne serait jamais question d'établir chez eux l'inquisition. C'était un leurre ; et dès le 1 1 mai suivant , on vit paraître un nouvel édit qui s'expliquait clairement en faveur de ce tribunal odieux. J^ vicè-roi s'étant rendu à Naples, em« ploja les voies de rigueur pour contenir les révoltés. L'agitation des esprits subsista pejidant la suite du règne de Charles- Quint. Ferdinand , son frère , lui ayant succédé , l'an 1 558 , dans l'empire , n'accueillit pas favorablement les premières plaintes que lui adressèrent les mécontents de Naples. Son indifférence, à cet égard I augmenta les troubles* Les deux partis en vinrent plusieurs Ibis aux mains. Une nouvelle députation Qu'on fit à l'empereur obtint une amnistie , qui tranquillisa d'abord les esprits. Mais on apprit bientôt que trente-six des rebelles étaient exceptés de cette grâce : cinq furent en effet eondamnéa k mort ; les trente>un autres se dérobèrent au sup^ plice par U fuite. Naples reçut ensuite des lettres d'abolition , qui lui rendaient le nom de iris-fidèle^ dont cette ville est ordinairement qualifiée dans les diplômes des rois.
I4 cour de Rome , toujours constante et uniforme dans sa politique , ne renonça cependant point au dessein qu'elle avait détablir , à Naples , le tribunal du saint office. Il se trouva dans ce royaume des vic&*rois assez complaisants, pour laisseï* agir à * leur gré les inquisiteurs qu'elle envoyait : contents de les sou-< mettre, pour la forme seulement, à la nécessité de prendre sur leurs bulles de commission Yexetiuaiur regium , ils souf^ fraient qu'ils eu$sent leurs prisons particulières,, qu'ils s'assu^rassent des citoyens suspects d'hérésie au milieu du royaume, et qu'ils les envoyassent à Rome pour y ôtre jugés par la con«grégation du saint office. Le roi Philippe U essaya oe répninrr ces entreprises sur le droit ecclésiastique napolitain. Par un édit du 10 mars i565, îl ordonna que, conformément au!t maximes du royaume, les évéques, comme juges ordinaires et non comme délégués du saint siège, auront seuls, dans le droit, la connaissance de tous délits en matière de foi, déclarant qu'il ne prétendait pas qu'il y eût à Naples aucune inquisition. Mais, contre l'inclination sii>ien connue de ce monarque, les papes, presque toujours favorisés parles vice* rois, continuèrent de suivre leurs projets : l'abus de leur pouvoir devint si fxcessif I (jae les inquisiteurs s^attribuaient une puissance iili«
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rouée, et ne daienaient plus même prendre sur leurs commissions des lettres d'attache. (D'Egly, tom. IV, pag. i6o-i63.)
L'an iSyi, nouvelle entreprise de la cour de Rome contre la Sicile. Le pape Pie V, défenseur ardent de la juridiction eccléiiastique, entreprit d'abolir le tribunal de la monarchie sicilienne^ prétendant qu'elle donnait atteinte à l'autorité du saint siège. Ce tribunal est appelé monarchie , parce qu'il unit la puissance ecclésiastique à la puissance royale. Il connaît de toutes les causes ecclésiastiques sur les appellations , et sur les jugeinents des ordinaires ou sur les plaintes qu'ils occasionent. Il a droit de reformer les sentences des tribunaux ecclésiastiques qui n'ont point de supérieurs, dans le royaume, et déjuger toutes lescaases qui regardent les personnes exemptes de la juridiction des ordinaires , ou sur les seules plaintes qu'ils occasionent Une de ses attributions est d'absoudre , ad cautelam ou cum reincideniia^ ceux qui ont recours à lui par appellation des censures comminatoires, ou déclarées encourues par l'ordinaire, même
injustice et la nullité des censures portées donc abattre ce trib^junal qui lui portait ombrage, PieV envoya, son neveu, le cardinal Alexandrin , en Espagne.- La réponse que Philippe II fit au légat, fut qu'il ne pouvait ab.indomi«r les droits dont il avait hérité de %es ancêtres ; que si néanmoins il se rencontrait, de l'aveu de ses officiers, quelque réforme à faire dans le tribunal, dont le pape se plaignait , il était prêt à lui donner là-dessus la satisfaction qu'il désirait. H y eut en effet , par l'entremise du même légat , un concordat entre le pape et le roi , par lequel il fut convenu que les rois de Sicile ne nommeraient plus à l'avenir qu'un ecclésiastique pour exercer la juridiction de la monarchie. Le roi Philippe II mourat le i3 septembre 1598, à l'âge de soixante-douze ans, laissant ùpe grande réputation , sur laquelle se sont exercés, en sens, contraire, les écrivains de différentes nations et de diffférents partis. (Voyez les rois d 'Espagne. )
PHILIPPE IIL
1598. Philippe III, le seul fils que Philippe II laissa ea mourant , recueillit ses vastes états sans opposition. Ceux de I<Iaples et de Sicile furent constanmient privés de sa présence ainsi qu'ils l'avaient été de celle de son père. Avant que la mort de ce, dernier fût divulguée en Sicile, on vit paraître, le 18 septembre, dans le détroit, une flotte turque, commandée par le fameux renégat Siaan Ba^wa , natif de cette tte ^ et doot
SES BOIS DE HAPLE8 ET DR SICILE. âS;
le premier nom était Cicala. I^a frayeur qu'il inspira fut dissipée par un esclave quMl envoya au duc de Macheda , nouveati vice-roi , pour lui déclarer que n'ayant point dessein de com-^ mettre aucune hostilité dans la Sicile, il demandait seulement qu'on lui accordât la satisfaction d'embrasser sa mère et sog frères 9 offrant pour otage son fils. La crainte de la vengeance qu'occasionerail un refus lui fit obtenir du vice- roi cette coia« plaisance. En retenao-t l'otage, on envoya la mère et les deux firères de Gicala au milieu de la flotte turque. Rien ne fut plus touchant 9 suivant M. de Thou , liv. lo, que l'entrevue de Cicala et de sa famille. On répandit beaucoup de larmes de part et d'autre : celles de la raère étaient causées par la joie de revoir son fils et par la douleur cjue lui causait son apostasie* £nfin, après les plus tendres erobrassements , le Bassa renvoya aa mère et ses frères en Sicile , comblés de présents, et fit voile pour l'Afrique. Ce malheureux persista dans soi> apostasie, et laissa en mourant, un fils qui hérita de sa puissance et de son courage.
: L atfaire de la monarchie sicilienne semblait assoupie , lors-*' qu'en 1606, le cardinal Barontuc, par une basse complaisance pour le pape Paul V , la réveilla en faisan t. insérer, dans le on-* zième torae de ses an haie» , une dissertation où il attaquait ce tribunal. Elle ne fit point honneur k son éruditiciR , et néan-^ moins elle détermina k cour d'Espagne à tout mettre en œuvre dans le conclave suivant , pour empêcher qu'on élevât 'ce docte prélat sur le siège pontifical.
Les immunités du clergé se soutinrent néanmoins dans les deux Siciles , et contribuèrent à grossir ce corps au point que sa multiplication affaibli t considérablement les forces de ces royaumes. Dans le nombre des laïques il ne se trouvait plus assez d'hommes pour fournir aux besoins publics, à la culture des terres, à l'entretien du commerce, aux levées que l'Espagne faisait faire pour l'entretien et l'augmentation, de ses. armées dans les guerres qu'elle eut à soutenir contre la France ^ et surtput en Italie. La cour de Madrid tirait cependant de ces deux royaumes des richesses immenses en surchargeant les peuples d'impôts, en quoi elle était parfaitement secondée par les vice- rois, gens presque tous intéressés et uniquement oc-cupés à enrichir leurs familles. L'indolent Philippe III termina «I carrière le 3t mars 1621 , à l'âge de quaraote^trois ans. (Voy. ^ rois d 'Espagne» ) ,