PHILIPPE IV
1621. Philippe IV, fils et successeur de Philippe III , fut proclamé coi des deux Sicilies à Tige de seize ans >. le 4 mai
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i6ai. A rezeinple de son père et de son alfeul , il gonvenn sel états du fond de TEspagne, sans jamais les honorer de sa pré-« sence.
Les finances , administrées par des Génois et d'autres étran-^
S;rs, devenaient de jour en jour onéreuses au peuple par lei audes et les extorsions qu^on exerçait à son égard. Sa patience f à la fin poussée à bout , lui échappa. Fan 1647, à i occasion d'un impôt sur le blé et d une diminution faite sur le poids du ^in» La crainte de mourir de faim ayant mis en fureur le
{peuple de Païenne, on court à ThÔtel du préteur pour y mettre e feu. La fuite, le sauva de Tincendie ; mais la sédition sô répandit bientôt dans toute l'étendue de l'île. Même agitation des esprits dans le royaume de Naples, produite par une pareille cause. Le vice-roi , duc d'Arcos , obligé de fournir aux frais d< la guerre que TËspagne avait alors en Italie avec la France, s^étant avisé de mettre un impôt sur les frui^, qui faisaient presque la seule nourriture du peuple en été, causa par là une émeute, à la tête de laquelle se mit un pécheur, nommé Thomas Aniello , dit communément Masaniello. Ce fut un panier de figues qui Toccasiona» Un paysan auquel il appartenait , réfutant de payer les droits au receveur de l'impôt , le peuple 10 souleva en £iveur du premier , et força le duc d'Arcos de pabiier un édit qui supprimait la ^belle du fruit : sa fureur ta fut pas apaisée par là. Il demanda rabolilîon de tous les autres impôts et le rétablissement des privilèges accordés par Charles^ Quint. Une réponse vague qu'on lui fit ne servit qu'à Tirriter. Les séditieux , s'étant répandus dansies différents quartiers de Maples, exhalèrent leur haine invétérée contre les nobles, en massaorèrenl quelques-uns, brûlèrent les maisons des autres, mirent à prix la vie de ceux qui échappèrent à leur rage , et jurèrent la perte de tous les gentilshommes. Masaniello , couvert de ses haillons, monté sur un échafaud comme sur un théâtre^ Tépée en main , au lieu d'un sc6ptre , et entouré d'un peuple entier, était l'âme qui faisait agir celte multitude ef&énéer d'un coup d'oeil il réglai^ la destinée de ses compatriotes, et indiquait où il fallait porter le fer 00 le feu. Dans de si fâchenseï conjonctures, le vice-roi, conseillé parle cardinal-archevêque, fut obligé de signer un traité qui supprimait toutes les gabelle» •u impôts dont on avait surchargé le peuple depuis Charles-^ Quint, et défendait d'en établir de nouveaux. Masaniello, étourdi de ses succès , perdit le sens , et s^attira , par ses procédés violents , la haine de ses partisans , qui , s'étant soulevé contre lui, le massacrèrent, le 16 juillet 1647, dans l'église | de!^ Cairmes, après avoir été pendant six jours l'idole du peuple» J Sa mort ne. rendit pas le calme à la ville. Le 5 octobre suivant 9
DES ROIS AS NiiHt^S^ BT BB SICILE. A89
un fourbisse ur, nommé Janvier An neso^ excita une Nouvelle révolte, d'aoïrant plus dangereuse qa^e lie n^avail point d^aulrê motif qiie Tamour de riadépendance. Don Juan d^ Autriche, fils naturel du roi d^ Espagne , envoyé pour la réprimer^ avec une Aotte considéraUe , donne ordre au peuple de lui consi-* ' gner ses armes; et, sur le refus qu'il essuie , il foudroie les différents quartiers de la ville awlec TaililUrie des châteaux. Les rebelles ayant tiré des arsenaux loateFartillerie qu'ils, y trou-^ vèreni, répondent à ces attaiqùes avec un succès quii oolige la flotte espagnole à s'éloigner. Fiers de cet avariiage , ils se por«tent aux plus grands excès ^ abattent les bannières du roi , fou4 lent aux pieds ses porlraitjs , et , le 17 oc^lôhrè, la. tille de Naples s'étant arrogé le titre de république , publie un manifeste où elle expose les naodfs qui Tont portée à se soustraire à Tobébsance des rois d'Espagne. ^
Henri U, duc de Guiâe , se trouvait alors à Bloitie pour ses af&ires cfemesliqves; Fssu d'Yolande, fille du roi René, il avait quelque apparence de droit à la courpnne de Naples. Appre^ nant les troubles qui régnent en ce royaume, il conçoit Tespé*^ rance et forme le dessein de s'en rendre maître. Le cardinal Mazarin^ principal ministre de la coût de France, auquel it fait part de ses vues, ne lui répond que faiblencient ,. parce qu'il ne lui connaissait pas autant d'habileté qu'il avait de valeur ^
I^our les réaliser. Ne voulant pas néanmoins lui manquer absoqmeat , il s'engage à lui fournir une flotte. Adnéso , à qui dans le même.tems le duc offrit sa personne et ses biens , accepta ses offres, de concert avec les Napolitains. Le duc, sans attendre la "Qotte qui devait partir de Provence, s'embarque au port d'Osàie , sur des felouques napolitaines, et arrive le i5 novembre à Naplés, où il entra au milieu des acclamations du peuple» Dans l'acte du serment de fidélité qu^il prêta au Dôme ( Péglise cathédrale), il prit la qualité de général dêJs armes. et de déjfenr* seur du royaume de Naples et de sa liberté. 11 fit frapper en même tems des pièces d'argent et de cuivré au coin de la république ^ et se fit étire pour sept ans duc de Naples. Revêtu dé sa nou-* velle dignité, qui dépouillait Anneso de tout son pouvoir, il marcha contre les barons, que la haine du peuple avait forcés de se réunir aux Espagnols.
L'armée navale de France , commandée par le duc de Richelieu , parut enfin à la vue' de Naples ; maïs après avoii^ canon né celle d' Espagne, elle reprit la route de Provence, parce qu'elle n'avait point ordre de seconder les desseins du duc de Guise, mais seulement dVccupèr les Espagnols par la révolte de Naples. Ce duc, en effet, s'était montré peu digne du secours de la France , par les discours indiscrets quilui échap-^
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paient firëqtiemment sar U maison régnante et sur le ministre ^ ainsi que par la hauteur avec laquelle il traitait les Français qui Pavaient accom^gné. Plosieurs d'entre ceux-ci Tarant mandonnëv se joignirent aux révoltés. La conduite du vice« roi Y duc d*Arcos , ne contentait pas mieux ceux qui étaient restés fidèles ii la cour d^pauine. Don Juan d'Autriche , «'apercevant qu'il se rendait odUeux au peuple, se chargea , de son aveu même , du soin des afiEaires. Le comte d'Ognate, amtbassadeur de la cour de Madrid à Rome, ayant été nommé pour succéder au duc d'Arcos dans la vice-royauté, arriva le x*'. mars 4 Naples. Au lieu d'attaquer les quartiers des rebelles, comme il se l'était d'abord proposé , il continua les négociations qui étaient entamées pour la paix , et vint k bout de hi rétablir à Naples , sans effusion de sang , le lundi-saint, 6 avril de l'an 164^. Cet événement renversa les projets du duc de Guise, et l'obligea de prendre la fuite ; mais on le poursuivit avec tant de diligence, qu'il fut arrêté à Gaëte, et de U transporté en Espagne, où il resta prisonnier l'espace de quatre ans.
Tandis que ces choses se passaient en-^leçii du détroit , la Sicile éprouvait de semblables convubions. A Païenne, l'an 2647 , le préteur, à raison d'une disette qu'on éprouvait, ayant fait hausser le prix ~du bled et diminuer le poids du pain , mit par là toute la ville en combustion. La populace en fureur court à son hôtel, le iq mai , pour y mettre le feu. La fuite lui ayant sauvé la vie , les séditieux allèrent aux prisons , d'où ik tirèrent, pour les remettre en liberté, plus de sept cents personnes , dont la plupart avaient mérité la mort ; après quoi étant entrés dans l'hôtel des Fermes, ils brûlèrent les livres des impôt) publics. ( Bisaciconi, de gU Acddenii di PaiennOf p. 4^0 Plusieurs nobles étant montés à cheval, s'efforcèrent de calmer les esprits ; ils avaient à leur tête le marquis de Geraci , de la maison de Vintimille , fort estimé du peiuple. Dès qu'il parut , on s'écria : Vioe le marquis de Geraci y notre seipieur ! Sa réponse fut : Ft'pe le roi d'Espagne f Etant ensuite allé trouver le vice-roi , marquis de los Vélès , il lui persuada de déposer le préteur , et d'abolir les impôts établis sur les vivres. Cette démarche produisit quelques instants de tranquillité. Mais un tireur d'or, nommé Joseph d'Alesi, remit en mouvement les esprits , en excitant le peuple de Païenne à demander l'augmentation de ses privilèges aux dépens des Espagnols. Le corps des corroyeurs , qui avait grand crédit dans la ville, se déclara aussitôt pour lui. Il avait pour émule, Pierre Pertuso, mj^on avait élu au sort capitaine - général D'Alesi a'étant brtfuillé avec lui en public , ordonna qu'on lui coupât
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k tête, et II fut obéi sur-le-champ^ S^étani transporté eimite k Tarsenal i, il en tira toutes les armes qui s'y trouvèrent et les remit entre les xaain^ du peuple, l^es ËspagiEtols-, effrayés , sor^ tirent de la ville avec si peu dWdre, que les rebelles les ayante pris , en massacrèrent un assez grand nombre. D'Alesi, en sa» qualité de capilaine-^énéral , . se conduisit avec beaucoup de circonspection. Il retmt dan^f le dev^r eeux des rebelles qui voulaient s^en écarter^, et sévit contre eeui qui . abusaient de son nom pour exercer dea actes de violence^ Le vice-:roi lui ayant fait faire des propositions de paix, il lesr accepta, et s'employa k le réconjDilier avec la villîe de Palerme. Il obtint^ d'elle que le marquis, de los Yétès pourrait revenir au châ*-». teau de la Mer avec la garde espagnole. Alors . il déclara qu'iV se démettait d^ la charge de capitaine-généraL Mais k peine eut^OH chanté le Te Deum en action de grâces de la paix rendue à la ville , que des brouillons commencèrent à se plaindre que d'Alesi n'avait pas fait les conditiona de la paii& aussi avantageuses qu'on pouvait l'espérer* ctt l'accusèrent de s'entendre avec les Espagnols; ceux-ci, de leur côté,, publiaient qu'il était d'intelligence avec les Français. Pour, comble de malheur, ayant condamné aux galères un pécheur, il eut^ contre lui le corps de cet. ordre , qui était nombreux et puis» sant â Palerme. Tout le monde étant indisposé contre ce^ homme, qui , peu de tems auparavant, était l'idpl^ dM.{»obliçy 00 demanda sa tête^ Tandis qiàon le poursuit dans sa fuite ,. oa rencontra, son frère qui s'était marié la veille ^ et à l'instant 00 le décapite, en attendant qu'on fasse subir à l'autre le même svppliee» Joseph d'Alesi est enfin djècouvert dans ui\ aqueduc où il était caché. Sans Ibrme de procès on l'exécute avec son secrétaire et douze autres personnes ^ le 22 a^çût de la mtme amiée 1647* L'histoire lui rend h justice, da dire, que, de tous -les che& d^émegtes. populaires ,^ il eaest pf u^ qui aient montré autant de modération et d'équité que lui« . ,
Le vice-roi ne rentra dans Palerme qu'après ces exécutions* Après avoir fait démolir la maison d'Alesi , il publie une am-nistie générale, dont il excepte néanmoins oouze personncssaosles nommer. Cette exteplion hii Isûssa la liberté de faire emprisonner qui bon lui semolait. On murmura locsau^il com-^ mença d^enfeire usage, et le peuple tira mime des mainsdes archers un homme qu'ils menaient en prison. Le marquis, de los Vélès ne tarda pas à s'apercevoir, que tes voies de rigueur n'étaient pas propres à ramener la paix : par ses ordres , cem& qu on avait arrêtes furent éWrgiSf et l'on cessa pour «i^elqu^ tems de se plaindre.
Cependant on commengait k vegceXie^ Joseph d'Alesi ; Ict
Agi CHROKOLOCIÊ BtStOHlQUË
fanatisme alla mêfbe jusqu^à ttii attribuer d«s miracles. IJn charbonnier eut la folie de vouloir Tiniiter, en excilant une nouvelle dissension* ll.futarréré sans avoir pnesqtie fait de partisans, et étrangté sur-le-^hamp. Le marquis de ios Vélès ap« prochait alors du •terme de ftes jours, qui arriva le 3 novembre 1647. Le cardinal Trivutce fut envoyé d^Ëspagne pour lui sqccéder dans ta vice-royaufé.lLa ville de Palerme était dès-lors en proie k âe in^felies discordes. Le oardinat parut à la vue de cette tîUc^, le 17 novembre, et y cn4ra toirtre l'avis de personnes graVcfs àuir lui t-eprésen^aientle danger auquel il s'cxposait* Ce cotip dé Hardiesse 9 til réu!t^l; Sa présence imposa aux séditieux, dont il envoya les plus fongueux aux galkes, sans que personne osât s^y opposer.
Une nouvelle conjuraHon cfperidant couvait à<Pâ(erme. Elle étail tor lé pôittt d^éclô^e, (ors^uVitle' vint à la connaissance du vice-rbi.* Un prêtre > nommé Placide SiHet ,' ett était l'au- ♦eùit, et son plan- était de^tôer-H vice-roi, de s'entp^i" du friéscfr public et' de piller les maisons des n6bl^s.L'iira45ici>étion de Tun d^s cdiijurés dévoila le mystère, fye vice ^roi «les ayant fait arrêter, leur procès fut instruit 'promptement , et le der* nier supplice futilaf peine d^.leurcrim^. A Girgenli,»l'âvan€e del'évéque , qui refusait de vendre sein blé , dans la vue d'en Êi^e hausser, le prix , souleva contns lui le peupte ,• q«ii , ^tant entré 'dans* son logis , pillâf ses metiblesV'ch$eva i^on argenterie , et tuà^uëkfues'prétVes qiii'ÀisaiéDt'de la résistance. Ia reste de la Sicile n'était 'pas ptus trafnquMle, et fe duc de Guise atte'^te, clans'ëès lâémoires, :^uë toutes les villes de cette île étaient 'di^osées à suivre l'exemtVle <ln tv^yaume de N^ptes.
; Le Cardinal vice-roi fiit rappelé, l'an i64B,«tfuhl remplacé par don Juan d'Autriche;, wnt'la ffenmeté contint les esprits inquiétiif ^eÂdMit les trois années que çjufa sa vice^-foyauté»
Le roi Philippe IV \etm\%aèéi jours le' i^'septemWe i(ï65* (Yoy. leè ft» d'Espagne.) • •