DE LA MAISON DE BOURBON
L^an 1735, Don C^iitos, duc de Parme et deJPlaisancCf fils de Philippe V , .rqi d^Espagne , et d'Elisabeth Farnèse , né le 20 janvier 17169 cessionnaire des droits de son père sur les royaumes de Naples et de Sicile , se met en route sur la fin 4e février, et arrive à Messine, où il Ciit son entrée publique le 9 mars suivant. Après s'y être reposé plusieurs jours, il se rendit, par mer , le 18 mai , i Palerme, où , le dimanche 3 juillet ,.il Pli couronné par l'archevêque avec la plus grande magnifi-cence. De là étant passé , le ia du même mois , à Naples, il 7 établit sa résidence. (Muraton. ) . ,
La paix n'était cependant pas encore cimentée entre l'empereur., la France 9 l'Espagne et la Sardaigne. Enfin, les deux premières de ces puissances , par un projet de traité , dont les préliminaires furent signés, le a octobre 1735, à Versailles, arrêtèrent que les duchés de Lorraine et .de Bar seraient cédés à Stanislas, roi titulaire de Pologne, pour en jouir sa vie durant; après quoi ils seraient réunis à la couronne de France, et que François , duc de Lorraine , à qui ces duchés appartenaient par le droit de sa. naissance, aurait, en échange, le grand- duché de Toscane , après la mort du grand- duc Gaston , qui n'avait point 4^^n£a)nts : que la France saran tirait à l'empereur la pragmatique-sanction par laquelle il instituait son héritière univer* selle. Marie-Thférèse , sa nlle aînée , .et céderait au roi de Sar* daigne deux. villes à son choix dans l'étendue du Milanez, dont jie surplus resterait à sa majesté impériale , laquelle , en com* pensatAon d^ cet abandon , aurait les états de Parme et de Plaiaaace« Le roi de Sardaigne ae fut nullement satisfait de cet
BBS ttÔIS OB RâPUS ST'DV'MCIX.E«: ioj
Érrangement , et non sans raison. C^était en effet loi qôî , dans^ Ja dernière guerre, avait fait la conquête du Milanez, et on lui en avait promis la moitié. Cependant > pour le bien de lai>
Îaix ) il voulut bien se contenter de» villes de- Novttrre et de 'ortone avec leurs, territerires* Mais la cour de Madrid ftit telle qui jeta les plus bants cris. £tle accusa ouvertement de mau-* vaisefoi celle de France^ pouvlui^voîr fait peidre. les >'ducfaës de Parme et de PUisance, qui lui étaient si bien" acquis, et avoir disposé , au gré de son intérêt , du grandî-duché de toscane y sur lequel non-sèalement elle n'avait aucun droit, mais* ^m était assuré à TEspagnepar les. précédents. traités;: Le cardinal de Fleury prétendait cependant avoir fait le» parts égale^ entra les puissances belligérantes , patce que le»iioyafiiiiesde.Mapjlea et de Sicile, que Ta France avait aidé l'Espagne il conquérir y valaient incomparablement mieux qoe Parme,- Plaisance et .iafr Toscane; et que le sacrifice qu'avait bit l'empeieur de aea droits sur ces deux royaumes, était coi^ensé par l'abandon de la Toscane à sdn gendre futur;' . /'i'. '>ii ; .
Le due- de Montemar resta immobile d?élo»Bement!à la non-^ velle de oe qui se passait entre la cour impériale et celle, dnr France, il futsencore plus frappé. lorsKpie le duc dèNoaillea» lui fit savoir qu'il eût àpodrvbirÀ sa. propre sûreté ^ parce qu'il avait défensBff^de lui prêter aocua secours. Bientôt.^ en efifel^ion apprit i]ve les «AUemandis .descendaient par le P^douan et I9 Tventih, et s?atbi»ninaîent en-grande hâ|e du côté de Mantoae*. Uneim
laissant derrière ti^ nûe grande j quantité, vitres ,.'dt>se retira ^k^ le. Pô*. Mais ayant jrencontfé tes Impé-* riaux, pr^s de ce ^wvefiil einroya, sep^'c^ts^ ou environ , d» ses gônsÀ-^laMirabdo^, fit partir un détachement vers Parme ^ et' se hâta de* ^c rendre à Bologne, comptant que cette ville étant denl'-état ecclésiastique, serait un asile pouc lui;<tlais jifour-* suivi pac les hussards^ il eut {lèine il se sànver en Toscane.. .
L'an. 4736» l'Italie ^commence à respirer pfr. l'espèce d'inac** tion.où. restèrent lés puissances belligérantes, sans néanmoina
^and-
dans la forteresse de la Maremme de Sienne. .Quelques jours après, le banm deWactendoncky au nom de. François,, duc de Lorraine, prend, possessiep deLivourne, dont il fait bona^ joage au grâad-^duc-, 'après quoi ses. troupes , coinjointement av«c celles de l'empereur, commencent è monter la gairde danâ cette^ilace* . - - . • ^ ^ • '
3e8 . enoNOioGii fiisToiuQim
; Depèif. loAgt-rtems il était .qneâiion de marier don C«lo<« Oo avait d'abord otonséà lui Un^ épquset- la secpnde fille de l'ëmperetir '^ imaîs qes ratidntde poJittî^pie f'étânt opposées à celU alUattce V il tourna tes vues sur Morte-Amélie <» nUe de Frédê» lib-Attgukiei^ roi de Pologhe et électeur de Saxe^ 4gée de quat€ne arts y ^è)laqiiell« il doooa sa main par protorèur , le 19 i&ai 173& Aroivée à Maplcs te as juin , la prineesie y fit soà eatré^ •Mennelbia^^reo^aon épotix le a juillet suivant. Ce fut alors que don Gartôs. institua là chevalerie de Siunt--Janvier. i Le jbraité définitif de paix enbe Tempereur et le rai de France ii'avaîl pas enccnre reçu le ^dernier* sceau; ce fut le 18 novembre 1738* qu*îl fui .signa à. Vienne par les plémpotentiaires de ces émK sooiierftiBa., eti en méfne tepis par ceux du roi d'ËspacMi ^a roi des DieuxvSiçilfs et du i coi de Sardaigne. I^a préGédisflts toaités fiiitt.enire ces puînances y furent confirmés avec quél-^ ^pR» légers. ebangemetitsL La FrancèVengagea.naDiinément I §niintir là prpgmatiaqoe-tsancaioQ. On y ré^U tout ce qui devait appartenir aux royaumes de Napleà et de Sicile dana THalie^ en ▼crta de Ià.cessinB>qûl en .avait été lai te ^ ainsi que des pi^Kes nuritime^'de.lalTQscanns^ don Caiios; de Parime et dé Plai^ nanoe, i IVmpéreur^ deToriooe, de Novarre et des La«gneS| doQl Aibeeft la capitale ^ au roi de Sardaigneé . la tii»[iqnUlité:a6*rËttropey par làv semblait 'jtaaarée à per-» pêtuilc!. Mlis *la*kQinn de 1 eopereur Charles Yl ^ arrivée le sa octobre »t 740^ replongea toute pette f;rànde «airtié dei^univen dans de nouveaux troubles.. Jjespuisseocfs^ à!éinioBt rendues garantes) de la pragmàtiqoe-rsanction^ fure^Hièé'piiemièns qm t'atHratrèrenl ' ' • . ^ . -. . .
était eelui
d^Espagne , . , X741 i à se décbWr contre la fikle et àqîdaè ^éritièi^ iSe Char-» les Vf. Peur sedemâer bss vues de Philippe Y, qui tendaient à envahir U plus grande partie de ia^ Loanuraiè., il rassemble me grande qttamilé^de vaisseaux ^ d'hoistmes ^ de munitiotia et d'ai^ tîUerie^ qti^i^ fcit p^rtir^ danslemoiads novembre» pour Oibi^ tcUo et les atttres poirts de Tétit d^Egà Ff!emii\ ap|iartenaniB aà
£nt ai«« lui & la i<Ataine «contre b Ifoscaney elles faraîeni observer dains^ cette-^d la- fïUB^ exacte neutràlièé^ .Bnr^Veillanl ainsi ià la:sûrëfé'de te& places tesphiséloigiléesv don Carlo^ ne
Sentait pas è ïaertre en état de défense sa oap(iale,x)à il rési-* ail» Sa séctnité, à cet* égard, était, excessive ^ let il eut biea liei4 de s'en repentir, lorsque, le ig ao6t 174^^9 à la wie dt
DES ROIS Ol IIAneS ET SB SKVÙE. 3og
port de Napl«8^ on vit paraître une escadre anglâi^fc, composée
ide six vai^aux'db guerre i poitant chacun soixante canons ,
d^un brûlot et de trois galiotes à bombes. Ce spectacle mit le
^peuple eh fureur , et jeta TépcMivante è la cour. Le lendemain ^
en dépêcha le consul anglais au cofl^mandant de l'escadre pour
aavoir quelle était son intention. Sa réponse fui que , si le roi
ne ceisait d'assister les ennemis de la reine de Hongrie , il arail
<M>dre de bombarder la ville^ et qu'il ne donnait que deiui
heures au monarque pour se décider ( tirant en:méme teros sa
montre , il commença dès ce motaent à compter les minutes*
Kaples étant dépourvue de poudré et autres munitions pour
braver une pareille menace i^ ce fut une nécessité d'accepter ,
dan» nri si court délai , la neutralité. Aussitôt ^ par des lettres
qui (îirenl montrées au commandant anglais « on rappela dans
le HoyaÀme le duc de Castropignano avec sea troupes. Ge point
obtenu f Tescadre anglaise , sans commettre aucuae hostilité ,
fit voile ven le Ponent. Le danger <pie Naples avait coqru «
apprit à nunlir cette métropole de fortins , de bastions et d'ar-^
tilterie , pour n'avoir plus désormais .à redouteir une pareille
Surprise. Les troupes napolitaines s-étant sépai^ de Paillïiée
d^jpagÉ^e pour retourner dans leur pays, ^elle^i ae Ifouva
téduite à dix-'huit mille hommes ou eny»ro>n ^ qui ppi|«ni l^wes^
quartier partie à Pérouse, partie à Aasiaé et partie à 'Foligftp>
Ce fui en ce tei/hs que la cour de Madrid s'apeïcev^nt , mais
trop tard, qu'elle avait confié sa. fortune ((t Ihon^ent de '$Q$
armes à tin général qui répondait mal à sea e9péraneesv fappeU
en 'Espagne le duc et Montemar^, avec d^en^e dlapprèohec de
vingt lieuei de la cowr ; mais aà dtsgrâee ne dura «pas lodg^ems»
]JB crédit rie ses «mis et son m^te peraonnel le firent mentd^
rentrer en îavear» Ge fot le comte de £^ges qui le rèâa[ifdsçii
^ns le comiQfandement de Taroiée* Poursuivi .par les Autrifr
chiens, ce général aVançav le^ië^mara I744> ^^elv-leiXroeto^
iju^îjl *flt passer i son 'armée sor on pont de bateaux ; et apréà
s?6tre refMsé l^space dé quatre jours è Giuhi-Nova, dans VA<*>
brosae, il répartit ses tix>«kpés en dii^^ents quartiers , dans leii
vilks de Pesdam^ d'Atvi , de Chiieti , de Ciladella^ de Pinna
et de Citta di San*AngeIo, tandis que les Autrichiens s'éta-*-
blissaibni donts la Marché d'Ancdne. Le roi de. Naples, sans
dessein dé rotiipre la neutralité, sortit , h aS mars, oeaa capi*
taie avei^qûicîKâ mikletiomaiesi^ pour se joindre aux Ëspa^nols^
et défendre ses frontières 'cohtre les attaques des ennbmui qui
avaient déjà commèticé les 'hostilités. La reirie« son épouse.,
pour plus grande -sûreté f fui envoyée dans té «néme tems è
Oaëte^ au grand reeiet de la ville de Naples, qui avait instani**
si^eot demandé qa'eîje/Cftt iaisséci sa garde*. Le prince de Lob^
3ro icHiicmoLoeiË msroRiQinr
Jcowitz s^ëtait imaginé qu'étant à la tête d^une armée ccrosiâé^ rable , la conquête du royaome de Naples Jim serait d Wanl
5 lus facile , qu'il y avait dans ce pays un assez grand nombre e gens attachés à la maisoi» d*Antriéhef qui ne désiraient u^nne révolution pour faire éclater leurs dispositions. Il atten-* • ait on ordre de sa cour pour aller en avant. L'ayant reçu Tcra la fin d'avril , il passa aussitôt le Tronto ^ et pénétra dans V/kr* br,u2ze; mais il y fut accueilli nar des brave», qui lui firent sentir le prix de leur valeur. Réoéchissant en mâme tëms qu'en faisant des progrès de ce côté*là ^ il aurait il affiranchir de haute» montagnes, et que plus il ferait de chemin, ^plos il s'éloigne-» rait du cœur et du centre du royaume, il se (ietenni«a:à prendre >une routç plus commode y en ^e rapprochant de Rome el de Monte*Rotondo , ce qui était précisément' la même qu'a* vaîent prise les conquérants* du royaome de Naples. Cesi ce
Îu'il commença d'exécuter vers le milieu de mai. J^e ^ don larlos, dès qu'ileut pénétré son dessein, s'éloigna de San* ' Germàno , et à ses forces vinrent s'unir celle» de l'armée espar gnole. Ce ne fut pas seulement à la défense de ses frontières qu^ilcrut devoir alors pourvoir; mais jugeant, parles tentatives (que les ennemis avaient faites sur l'AbrnzaBe, qu'ils le. déga-tgeaient de la neutralité qu^ils lui. avaient fait promettre , il envoie de gros détachements en diverses places ce l'état eccié^ siastique^ à Cépérano, à Frosinone, à Vico-Varo et jusqu^aa Tibre. Le prince de Lobkovntz s'étant rendu > le a4du même mois, à Rome, eut une audience favorable du pape Benoît .XlVt| «t appela cette jotimée un jour de triomphe, tandis que. le peuple faisait rretemir à ses oreilles les plus graftds applàudisse«ments. Api^sr avoir été somptueusement régalé par le saint
Îère^ ilpariit pour Blftinte^Rotondov et de U passa à Frascatt| San^Marini^', àCastel-Gandolfe, à Alhano» Cependant^ toute l'armée combifiée d'Espagne et de Naples étant entrée dans l'état ecclésiastique, se partagea en toaiS' corps ^ dont lis pre*> tniier, commandé par le roi*^ se posta à Anagni ; le second ,.sous les ordres du duc de Modène, è Valmont; et le troi&tème^ ayant à aa tête lecômle de Gages» à Mobte-Fortino; Ces trois corps se rallièrent ensuite à Yeletri , sur ce que Ton découvrit ^e le dessein des Autrichieiit était de pénétrer pa#?là dans lé Toyaume de Naples; Le pape se tlroovait dans la pfaîs grande inquiétude en voyant ses états devenus le théâtre de la guerre au gsand détriment de ses sujets^ Son unique espérance était de voir bientôt ce fléau dissipé par une bataille qui déciderait du sort des armes. Mais les Espagnols ne lentendaient point ainsi, croyant qu'il leur sufiîsait ^l'amuser l'ennemi pour l'emjpécher tle mettre le p>ed-daQs le royaume de -Nsples, et comptant le
DES BOIS. BE KàPL£6 ET Bfi SiaLC; 3lf
vaSncre (lar là sans en venir à une bataille. Au commencement 4le îuîn, les Autrichiens étant arrivés au mont de la Faiole, qui dominait les capucins de Veletri, commencèrent à y dresser leiirs batteries pour encombrer les ennemis qui étaient dans cette ville, où ils recevaient continuellement Ju royaume les provisions dont ils avaient besoin. Le prîncç de Lobkowitz avait «on quartier général à Nem,i. Mais le comte Soro, colonel au- Irîchien , voyant quUl restait peu de troupes aux ennemis pour carder TAbru&ze, prit un. détachement d'Autrichiens ^ avec leauel il ^nira dans Aquila , dans Teramo et dans Pinna, Les habitants mal*avisés de ces villes^ dit Muratori , eurent bien à se repentir d'avoir accueilli, avec tant d'allégresse, ces nouryeaux hôtes , et d^avoir pris , si cela est néanmoins vrai , les armes en leur faveur. Les deux armées étaient en face des deux 4:ôtés d'une vallée profonde , occupées chacune à se bien fortifier dans ses postes , et à s'emparer Je ceux de l'eunemi. On se canonna de part et d'autre sjmis interruption : mais la nuit qui précédait le 17 juin, le comte de Gages ayant appris , de quelques déserteurs , la situation des Autrichiens à la Faiole , dont l'année royale était fort incommodée, se xnit en marche aveq .un ^ros corps de troupes pour attaquer ce poste, et s'en rendit maître après avoir fait prisonniers le général de bataille , baron de PestalozzL, les colonel et lieutenant-colonel du régiment Pallavicini , d'autres of6ciers avec deux cent soixante soldats , 3ans parler d'un grand nombre qui restèrent sur la place. Ce poste servit depuis à inquiéter fréquemment les Autrichiens dans leur camp , ce qui dura jusqu'au 10 d'août. Lé prince de
. Lobkowit2i , d;après les renseignements qu'il reçut de Quelques déserteurs, se détermine alors à faire une entreprise d'éclat. Son dessein n'était rien moins que de s'emparer de Yeletri , et d'y
, «urprèndre le roi des Deux-Siciies , le duc de Modène et plu- ;iieurs des premiers officiers de l'armée ennemie. La nuit qui précéda le 11 du même mois , il fit marcher , à la sourdine , xleux (x>rp$ de troupes , l'un de quatre mille hommes , l'autre de deux mille. , par différents chemins • lesquels , à la pointe du jour, étant arrivés au poste qu'occupaient trois régiments de cavalerie et quelques troupes d'infanterie , les trouvèrent plongés dans le sommeil , sans aucuns retranchements , et ne s'attendant nullement à une semblable visite. Il leur fut aisé, dans .«ne telle surprise, de faire un ^rand carnage et mettre le feu aux tentes. Il n'y eut que le régiment des Irlandais qui se mit en devoir de leur faire tête; mais contraints de céder à la force, .9près avoir fait une grande perte , les Irlandais s'enfuirent à Yeletri, où les Autnchiens les poursuivant, entrèrent par la mêoie porte qu'eux , et se mirent à brûler différentes maisons
Si 2 CflROKOLOOIB HldTOaiQUC
pour augmenter le trouble. Les pauvres Veletrins prirent ki armes pour défendre leurs habitations, et quelques-uns y perdirent la vie. Le roi des Deux-^Siciles , averti à tems de cette Surprise, sauta de son lit , et s'étant habillé à la hâte, se retira en diligence au poste des Capucins, où , se crovanten sûreté, il fut unicjuement occupé du sort du duc de Modène et de Fam* bassadeur de France. Mais ces deux-ci eurent le bonheur de sa retirer derrière le roi des Deux-Siciles , au milieu des arquebusàdes. Le général Novati* étant entré dans le palais du duc de Modène , prit et enleva ses chevaux ; il est même certain que, si les Autrichiens s^étaient attachés à poursuivre les ennemis et eussent rejoint à tems Tautre corps de leurs troupes , la ville de Yeletri serait restée en leur pouvoir. Mais le soldat , suivant sa coutume , plus empressé de butiner que de combattre , s*ar« réta â piller tes équipages des officiers et les maisons des habitants , et fit réellement un grand butin* surtout dans les auartiers du duc de Modène et des ducs de Caslropignano et ^Atrisco. Cette division donna le tems aux Napolitains espagnoU de reprendre courage, et d^accourir i la défense de la ville. Les gardes wallones s étant jetées avec fureur sur Tennemi, le poursuivirent le long du chemin de Velelri , surprirent le
Sénéral Novati qui s^occupait h feuilleter les écritures du duc e Modène et à rassembler son argenterie , qui devait être le prix de ses peines , et le firent prisonnier. Un renfort du comte de Gages étant survenu , donna tellement la chasse aux Autrichiens , que ce qui resta , ou demeura étendu sur la place , oa fut fait prisonnier. Les Autrichiens , en un mot, furent obligés d*abandonner Veletri , et de laisser cette ville entièrement libre. ( Muratori , AnaiL d*Iial , tom. XH , pag. 3i i-3i3. )
Tandis que cette sanglante scène se jouait à Veletri , le prince de Lobko\vil2, avec neuf mille soldats , se disposait à livrer Ta^saut â divers postes que Tennemi avait fortifiés sur la colline* Mais ayant trop tardé , il ne put s'établir que dans une petite paitie du Mont-Artimisio, et ce ne fut pas tnéme pour tonstems; car le feu continu dés Espagnols précipitait au fond de la vallée tous ceux qui s'avançaient ; de manière qu'après un ' combat de quelques heures , les Autrichiens se virent forcés de battre la retraite et d'abandonner les postes où ils s'étaient établis. On exagéra beaucoup de part et d'autre les pertes que Tennemi avait laites dans cette affaire. Mais on peut dire que si le bonheur ne fut pas du côté du prince de Lobkowits, il ne perdit pas la gloire d'avoir tenté une entreprise aussi hardie^ L&s deux armées , après cela , étant restées dans leurs postes ^ continuèrent à se canonner respectivement , mais sans aucun avantage marqué de part ni d'autre. Don Carlos , cependant |
DES BOIS DB NAPLES Et DE SICILE. 3x3
et ait occuùé à remonter sa cavalerie ; en quoi il fut très-bien secoïidé pW ses vassaux des Deux- Siciles. t>ivérs dérachemënlè envoyés dans le même tems par ce prince dans rAbruzzè, eà délogèrent le colonel Soro avec sa troupe , et firent rentrer dans ^obéissance du fox les villes qui Itii avalent été enlevées. (Murât..
Nous ne pouvons suivre plus loin don Carlos dans ses expé^^i ditionis dMtaUe« Ce prince , Tan 1744 » avant que de quitter ç« pays, voulut se donner la satisfaction de voir Kome. 11 y fit son entrée à cheval, le i de novenibre 17449 ^9^^ 1^ ^^'^ ^6 comte de t^ouzzol^ accompagné cïu duc de Modène et d'ua grand nombre de seigneurs napolitains ei romains. Après avoir baisé les pieds au pape et s^éire entretenu Vespace d^un/e heure avec sa sainteté, il dîna au Vatican et partit le même jour pour retourner à son camp de Velelri.
L^an 17549 don Carlos établit dans les I)eux-Sici)es un hout veau <^ode de lois^ qui est appelé code Carolin. ... ]
Là ville de Gaserte, â cinq lieues nQcd-^est deNapIes^ d^ît son origine aux Lombards. « Son nom , dit. M. de fa Lande ^ j» vient d^un ancien château qi^^on ajppfîtait en italien Casf^ffioy » maison élevée. C^étail un fief de Tancienne m^isof) des duç^ » dé ce nom m. Don Carlos Taydqt acauis, y fit bâtir, sur le^ plans et sous la clirection de VanvUélU, un nouveau château dont la prertiifere pierre fut posée Je. .2j6 fuin i^Sa. ftien , en hàliè, nVgàle cet édifice pour la grandeur et la magnificence.
Après la mpi;t de Ferdinand VI v. roi, d'^sp2|gne, arrivée le 10 août 170^ , doa Carlos , son îrèré consanguin , iTut appelé , par droit ((e sûcqessjpn i i cette inonarchie. Mais ço;^™^ t P^r les derniers traités, les couronnas ci^Ëspagqe çt des JDeux Sicilés ne pouvaient être réunie ifur une maine t^te , ce prince , après avoir fait constater cie 1^ i^ani^re la plus authentique Tétat d^mbecillité et d^incapaçite de l^iniEsint don Philippe , son fiU âînë , déciars^, le 5 Qctqbre, pour ^on successeur au royaume des Deux-SiailçS, dôq tjerdinand , son troisième fils , et le lendeixxain s'embarqua pour TËspagne, emmenant avec lui l'infant Charles-An.toine ^ son deuxième fils , destiné pour lui succéder aii trône d'Êspaâ;nc (i).
Le royaume de l^aples prit une nodvelle face soiis le r^gne de don Carlos. Ce prince i-éforma^ par des règlements sages, les albus qui s'y étaient glissés , décora la capitale , protégea les lettres ^ encouragea les arts par l^exercice qu il leur donna et les récompenses dont il les honora. Enfin Naples, sous son règne,
(1) Le roi don Carlos est mort la nuit du i3 au x4 deVembre 178^
XVlIl. 4« '
3l4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
fut plus heureuse et plus tranquille^ dit M. de U I^ande , qu^elle ne Tavait jamais été. Xe prince don Philippe y soeL fik aîné, înourut le 19 septembre 1777.
^ FERDINAND I (anciennement IV).
1759. Ferdinand, né k Naples le i^ janvier i75i,a succédé, lé 5 octobre 1759, à don Carlos, son *père, dans le royaume des Deux-^ciles, avec le consentement de tous les états. Guidé parla cour de Madrid, il fait enlever, le 20 novembre 1767, à minuit,' les Jésuites des six m2|isons de Naples et les fait transporter à Pouzzol, où ils sont embarqués la nuit du i24 ^^ ^5 au même mois , pour être conduits, hors du royaume. Même traitement pour tous ceux de la même société dans toute retendue des Deux-^Siciles. Cette expédition avait été précédée d^une ordonnance , datée du 3 novembre , par laquelle ce mondr^e abolissait l'institut des Jésuites dans ses ét,ats. Ce prince n'était pas encore 'marié. L'an. 1768 ^ il choisit la main de l'afthiduchesse CHAKiiôTTE-LouiSE , sœur de rempereur Jogéph II, née le 1 3 août ï75a, qu'il épousa par procureur le ^ avrir,et en personne le 22 mai suivant. Le 4 juin de la^mÀne année, "Sur les représentationîsf deia chambre royale Je Sainte- Claire , il donna un édit poHaiit suppression du bref rendu par notre saint pèrelç papeCjément XlH contre la pragmatiquesanctioti de l'inËnt tlùc :de Parme, et de la bulle ùi Cam
Ifomtnf. *..,*:
Autre édît*f(ublté'& Naples, le !23 septembre 1774 ^portant que le^ juges auront désormaîs'à expliquer les raisons sur les- 'qi;ieUës''ils appuient -une (Jéctsioii qiielconqué ; que toutes lej ^décisions seroiit fondées sur les lois expresses et cotnmuneà du tôyaume ; que dans tous )es ca$ où la loi ne serait pas positive , çn aura recours à i'intefprétationf ou' extension de là loi; et cependant que'lerf dèux'prémîces, \où propositions ,^ seroDt fondées sur dés lois expresses ^ ou littérales; .(|ue si le cas est lout-à^fàit nouveau ou *3buieux et ,de nature à ne jpouvoir ^tre jugé de la manière cî-^essus , la' décision en ser^ soumise à Toracle du roi } qiie les décisions faites ensuite de ces règles
représentations contenant neuf doutes , qui tous lurent éclaircis
Ï)ar un autre édit du 26 novembre , confirmatif dé la loi qui iaisait l'objet du premier. Ferdinand est dans l'usagé de donner, deux fois par semaine, audience i(^ ses sujets.
L'an 17^3, la pnësentation de la haquenée au saint siège , qui se fait annuellement au nom du roi de Naples , le 28 juillet ,
DES ROIS^BE KAPLES ET B£ dîfCILE; 3l5
la vèitle àe miïtÊ Kfirre y n'eut point lieii, au grâincl étonne* ment de la cour de Kome et des Romains. La suppression de cet hommage donna lieu- à un discours prononcé par le saint père , dans la basilique de Saint-Pierre , après les premières vêpres de la fête du saint apôtre, en présence du sacré collège^ de la prélature , de Toflicialité et d'un concours nob^breux de peuple, i^e lendemain , lé fiscal général lut au public , le pape présent, entouré de cardioaux et déboute sa cour, ^une protestation formelle, dont le saint père avait déclaré quUl con** firmait et approuvait tous les points.
Le roi de Naples , en suppnmant cette anpée la présentation de la haquenée au saint siège , avait envoyé la somme de sept mille cent cinquante-cinq écus d^or qu'il était dans Tusage de faire passer , dans la îneme époque , à la cbambre apostolique. Celle-ci Payant refusé, le roi de Naples fit - protester contre ce refus et contre son motif,, en déclarant que la âomme oui est envoyée tous les ans, en son nom, est une offrande dictée par sa piété et s^ dévotion aux apôtres saint Pierre et saint Paul , et non pas iin tribut. Cette' protestation donna: lieu h une congrégation spéciale èê cardinaux et de prélats , laquelle arrêta , dit-on , qu^it serait fait une contre-protestation de lar part du saint père : mais il paraît , dit la Gazette de France ^ qu^elle a été suspendue.
Le roi Ferdinand fut dépouilté du royaume dfe Naples en - 17^; il y rentn- en 1S02, en fut de nouveau privé en 1806 ^ et en i^eprit possession au mois de juin 181 5 ; ràrcbidtich esse Charlotte-Louise , épouse de Ferdinand I , étant morte le ^ septembre 1814^ ce prince s'est allié, en secondes noces, le 27 novenlbre suivant, à la duchesse de Florida. Dii premier lit sont issus : /
i«. François-Janvier., né le i g août 1777^ prince royal le '17 décembre 1778, époque de la: mort de son frère aîné , ducdeCalabreIe4 janvier 1817, gouverneur de la Sicile. 11 a épousé, I**. le 2S juin 1797 ^ Marie-Clémentine, archiduchesse d'Autriche, fille dejrempereur Léopold II, morte le i'5 novembre 1801; 2.®. le 6- octobre 1802, l'infante Marie-Isabelle, fille de Charles IV, roi d'Espagne', née le 6 juillet: 1789. Les enÊuits de ce priiîce sont: . . :...*".:.. i
Du premier Ht :
a. Ferdinand-François d'Assise ^^ ne le 26 août i8oa,^
décédé; -, , . .;.' ' /
è. Caroline-Ferdinande-Louise , née le 5 novembre •i79*# ôiariée,ite'k7 piinHi&ib, à- Charics-Ferdi-
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ivand d'Artois » doc de tîern « o^ ^ Versailles le 24
janvier 1778;
Bu aeeond ÎU :■
c. Fen)inand->€harles , duc de Metai né le 12 janvier
1810; ' A Chartes-Ferdinand , prince de Câpoue , né k 10
octobre 1811; • ' t. Léopold-Ben|amin^comtedeSffacuse,néIe2atiQ^i
1810; yi Antoine-Pascal , comte de Lecce , né le a3 septe^n-
bre 1816; g. Louise-Charlotte, née le 24 octobre i8o4i mariée ,
le 12 octobre irfi8, à François-de-Paul-Aoloine-
Marié , infiint d^Ëspagne y A. Marie-Chrisline^ née !e27 avril 1806 j s. Marie- Antoinette , née le 19 décembre 1814 i y. Marie- Amélie, née le aS février 1818;
a^. FrarOçois- Joseph, né le 1^ avril 1780, mqrt jeime;
3<^. Leopold-Joaeph*]VIiçbeL , prince dç SaUriie^ né le I«^ juillet 1790 , marié , te 28 juillet 181G, avec Warîe- Clémentine-Frangoise-Jf^sephe ^ ^rçhiduche^ii» d^Âutriche , née le i*'. mars 1798 ;
4'^ Albert-Louis, né le z.maX 179:» , mort j.euoe ;r
5^.. lA^jrie-Thérèse-CaroiinÇ:, née te Q juin I77^f ip^sriée, le 19 septembre 1790, k Francis I, epiperewr 4^Autriche , morte \t \i avril 1807 ; .
6®. Mvie-Louise^Aroélie, 0ée le ^j juillet. 1773 » nariéef le X 9 septembre* 1790, à Ferdi^and-^pseph JieUfi» ar^hn duc^^ Autriche , grand-duc de Toscane , morte te ^19 septembre 1802; . .
7*. Marie-Ghrisline-Thérése , ftée le 17 janvier 17791 rqariée , le 6 avril 1907 , k Félix de S^vpi^ , içafquis de Suse ;
8^. Marie- Amélie, nçe le 26 avril 1782, mariée,. le a5 novembre 1809, à Louis^ Philippe, duc d^Orléans ;
9^ Marie-Antoinette-I^hérèse , née; le i4 décembre 1794*
', Pour ta suite des événemonts do règ^ne de Ferdrnand 1 f on renvoie à la chronologie qui se trouve à la fin de cet ouvrage.
ROIS DE NAPLÏS.