CHARLES U
. .1285. CilAnLjjs H:„ d\\ j^^l^qx^WUr. f^W^ ^* Saleme,
sais ROIS DR KA7LES. Siy
sucd&de f dans U prison où il éuit détenu en Sicile , k Charles 1 , son père, dans le royaume de Naples, et daqa ses ))rétentiona à celui de Sicile. RoWt II, comte d'Artois» gouverne l'état
Îendant sa dêtentiqa, en qualité de ré^nt, avec le cardinal* e Sainte-Sabine, nommé légat dans le royaume par le pape Martin IV. Au mois d'octobre^ de la même année ( iao5 ) , Charles est transféré de Siçilç au château de Xativa « près de Talence en Esf)agne , où il arrive après la mort du roi Pierre. . Edouard f roi d'Angleterre , ét^ut arrivé Tan i^Àj ^ de Gasc;ogne en Catalogne , pour y tie^iter de la délivrance du roi- Charles II avec le roi Jacques , il fut ariêté entre eux que la* Sicile^ avec Aeggio , dans la CaUbre , resterait au royaume dé Sttiie , et que les Français renonceraient au royaume d'Aragon , que le pape Martin IV leur avait ad^gé apris avoir excom*^ munie le roi Jacques, Mais Honoré IV ayant annulé ce traité, par son bref du 4 mars 1286, les hostilités coi»tinuèreiii. Deux! frères , qu^on ne nomme pa3i , s'étant, présentés la même année à Robert , comte d'Artois et régent du royaume de fil aplea, pour a'offiir de faire, révolter la petite ville d'Ajusté , ce prince crut ne devoir pas i^gliger l'occasion qui se présentait de faire ceti# conquête. Quar^jute galèrea , remplies de soldata • étant parties de Brinde^i» le l*^ mai , par ses ordres , vinrent se présenter devant Agouste , qu'elles emportèirent sans peine avec le château.. Se là , e^es tourpàrent la proue vers Sorrenlo , ce
?iue le roi Jacques apnt af^ori^, il donna ordre à Roger de. loria* qui .depuis peu avait qébarqué de Catalogne à Messine, de lui raJt^eiQbler le plus qu'il pourrait de vaisseaui* S'étanI mis à la tête de <:eite flotte 1 il alla faire leaiége d'Agnuste , dont il se rendU maître par famine, le a.^ juin de la mime année*, t-oria , de ^on c^té , sachaqt qu'il se faisait un grand armemenfi contre la Sicile, attaqua le mtoie i^tir, devant CasteUamare, la flotte napolitaine, et prit sur elle quarante-quatre vaisseaux^, dans lesquels , après un furieux combat , il fit prisonniers Philippe . ms du comte d^ Flandre , Raimond de Baux , comte (PAvellino, les comtes de Rriennerde Monopetia, de Join--^ ville, et tin grand noinbre de barons qui se rachetèrent à prix d'argent; • (Villani , Uv. vu , c. 116O Engn , Vw i^âS, le roi 4*Analetefi['e étant revenu 4 1^ charge pour la délivrance du roi Charles , sV employa si efficae^ment , qu^Âlfonse ,. /oï d^Arâgon , dont lea états étaient ifienacés par les Français, con^ sentit à l'accprder , dans une eutfevue qu'ils eurent à Oleron» dans le Béarn , aux conditions, suivantes ; savoir , qtxe Charle» donnât pour otage , au roi d'Ar^l^^^ < *'^>^ ^^ ^' ^^^ * ^^' furent Louis le second, Robert le troisième! et Jean le huitième, nfec soixante nobles provei^çaui;) c|uHl payât trentemille maria
3l8 CHRONOLOGIE HISTORIQtTE
d'argent pour sai rançcfn ; quMl engageât Charles de Valois i i6 désister de ses prétentions sur la couronne d^Aragon ; qu*il abandonnât la Sicile au roi Jacques, frère d'Alfonse, etc. ; toutes
• conditions qui devaient s'accomplir dans l'espace d'un an, faute de quni Charles devait retourner en prison. Cette capitutation ayant été envoyée à Riéti, la cour de Rome la rejeta. Maison convint ensuite de la modifier , en laissant subsister Tarticle qui concernait la Sicile.
Charles: fut donc remis en liberté dans le mois de novembre r288 , ei ce fut alors qu'il prit le titre de roi de Naples. De Catalogne, il se rendit à la cour de France, pour y conférer sur l'exécution de ses engagements. 11 y fut reçu , du roi Philippe le Bel , avec de grandes démonstrations de joie et d'amitié. Mais lors qu'il proposa au comte dé Valois , frère de ce monarque , de renoncer i la couronne d'Aragon , que le pape lui avait accordée , il letrouva entièrement opposé k ses désirs. Ne pouvaqj rien obtenir de lui à cet égard, il quitta la France, l'année suivante, pour retourner en Italie, et arriva le 2 mai 1289 à Florence, d'où il se rendit à Riéti , auprès du ' pape Nicolas IV , qui le couronna le 29 mai (jour de la Pentecôte ), roi de Sicile, de Fouille et de Jérusalem , avec la reine marié , sa femme. Naples, quelques jours après, le reçoit'avec une joie inexprimable, qui fat justifiée par le soin qu'il prit de réformer divers abus qui s'«taient introduits pendant l'interrègne. Mais Jacques , roi de Sicile , qui se croyait lésé par la capitulation faite avec Alfonse, son frère , ne tarda pas à déclarer la guerre à Charles. Celui-ci, Pan 1291 , fait la paix, dans la ville d'Aix en Provence ^ avec Alfonse, roi d'Aragon , ^ui promet de ne point aider Jacques, son firère , dans la défense de la Siéile. L'amirante Roger de Loria , qui avait abandonné Frédéric, frère et successeur de' Jiacques , pour se donner à Charles If , fait l'an 1298 » une descente en Sicile, à la tête d'une puissante flotte, accompagné de Jacques , roi d'Aragon. Us prennent quelques places , qu'ils sont bientôt obligés d'abandonner après une victoire navale, remportée par les Messinois, sur Jean de Loria , neveu de l'amirante. Le roi Jacques , Tannée suivante , ayant fait un armement plus considérable , se remet en mer avec le prince de Tarente et l'amirante de Loria. Les Siciliens viennent le^ attaquer ave^ quarante galères , à la hauteur de Naples ,' et sont entièrement défaits le 4 juillet. Le roi d'Aragon, après cette victoire, va débarquer en Sicile; mais voyant Frédéric, son, frère," sur le point de sa ruine, il se retire, prétextant des affaires qui le rappelaient en Aragon. Le duo de Calabre et le prince de Tareiîte,^ son frère, continuèrent la guerre dans l'île, dont ils soumirent
' plusieurs places. Frédéric 9 ayant joint le second dans la plaine
- J>fS R0Ï6 OB KAPJL&S. » -3 19
Je Formicara , lui livre bataille et le fait prisonnier aveé près*que toute sa troupe. Cet avantage rétablit les affaire» du rqi de
Sicile. ' • . ; '.:;:>
L'an i3o9, le roi Charles II meurt à Cassanova, près de
tapies, le 5 ou le 6 mai, à Page de soixante-trois ans^ après en
avoir régne vinct-tr.ois ; prince, dit Muratori ,- qui n'eut point
d'égal pour sa libéralité, sa probité, sa clémence; vertus qui
le firent extrêmement regretlff de.ses suj^ta, et principalement
des Napolitains , qu'il avait comblés de bienfaits et dont il avait
décoré la ville de plusieurs embellissements. Ce portrait 'est
bien différent de celui que trace de Charl<?3 H , Paul Jovè v qui
le taxe d^une passion effrénée pour les femmes,.. et d?uiieinclé^
cence sans exemple dans ses habits; sans parler, dit^il, de sa iai*-
dcur et de la difformité de sor^ çorpsw Son cadavre &t transporté
aux, Dominicains de la ville d'Aix , en Provence-, où «il est c6n«-
servé dans un cercueil de bois de cyprès, dans lequel se trouve
aus^i , dit-on , son sceptre de fer. ( Ëxpilli. ) Ce prince eut' de
son épouse Maric, fille d'£tienne V, roi de Hongrie, (morte
le 28 mars 1^23), neuf Gis et cinq filles. Les fils sont: Charlie9«>
Martel, rpi de Hoc\grie; Louis,^ évéque de Toulouse, mort en
odeur de sainteté ,*le 19 août ^297 ; Robert > qui s^it; Phi<t-
lippe , prince de Tarente , empereur titulaii^e de Constant inople ^
du chef. de Cjalherine de Valoir, sa deuxième femme ,. mort
Tan i332; Raymond-Bérenger , comtç. de. Provence-^ décédé
saiis alliance ,:le 3 octobre .i3o5; Jean, mprt jeutne^ Tristan,
prince de Salerne, mort jeune ; Jean, pirincie' de ft^orée,.tige
des, ducs de Duras ; et Pierre , dit Tempête^ due de Gravina, mort
le a9^oâl i3t3 , à la bataille de,Monte-Calina...l4^ filles sont:
Marguerite, femme de Charles de Valois; ^lai^clié, mariée k
Jacques 1),, roi d^^ragon; Ëléonore, feo^bme de tFrédéric , roi
de Sicile'; Marie, épouse. de Sanche , roi d<^.M|t)Qrqi>e.) Béatrix,
mariée, i**. .avec Âzzon VIJil., marqui» d'E^t <et de Ferrare^>
2.'', Tan i3o9, au plus tard , avec Bertrand d&Raux» Charleè II
laissa aussi.un bâtard n.omi^é (^aléas. .1 . .:'''>
. Nous remarauerojns ici que les rois de Naples , depuis le dé~
membre^m^nt de b Sicile,. ont toujours pris le, titra de roi» de
Sicile , et'jamais celui *de Naples , ne donnant auY possesseurs.de
l'île que le titre de roi de Trinacrie. Encore aujourd'hui, le
prince qui possède ces deux royau«aes^ se qualifie roi des Deux-
SiciJes.
-Ce fut sous le règne de Charles II, et vers Tan i3oa, que
Î'^lavio Gioia, bourgeois d'Amalfi , ayant observé cQtte iiierveilr euse propriété que l'aimant communique à une verge ou aiguille' de fer de se diriger constamment vers les pôles , con»- Jkuisit l'instrumen^ si utile , qu'on appelle compas de marmç^
3ib CHRONOtOGIB HISTORTQOE
OU la booBsoIe. On sait combien il a contribué «à la Navigation.
• Quoique l'usage de la bousâole tnli les Italiens en état d'exé- » cuter avec plus de promptitude et de sécurité les petits é voyages qu^ils étaient accoutumés de (âife , cependant cette » nouveauté n'eut pas une influence assez subKe et assee gêné* » ride pour -ei^iter sur-^le«-champ l'esprit de découverte et faire ji entreprendre 'des navigations harclies. Plusieurs causes coq- » coururent à empêcher cette invention utile d'avdir tout son » effet» J^os hommes n'abandontient que lentement et avec a répugnance leurs anciennes habitudes. Ils craifi;nent lesnouj» veHes tetitatives et ne sV livrent qu'avec timidité. Il est pro- M 'baUea'uisi que la jalousie de commerce engagea les Italiens à •tt cachek* a)ux autres nations l'heureuse découverte de leur comj» patriote. Un n'acquit que par degrés l'art dé naviguer avec la « Douasole avec assez d'habileté et de pfécision pour inspirer j» une entière confiance dans sa direction. Les ibarins , accoujft tiiraét à ne jamais perdre de vue la terre , n'osèrent pas tout » d'an coup s'abandonner au milieu des mers inconnues. Ainsi •M cène fût que près dé cinquante ans après la découverte de
* Gioia que les navigateurs se hasardèrent à entrer dans des •». mer^cfui n'avaient pas encore été fréquentées. (Robertson, J» HisL d'Amérique ^ tom. I, pag. ^4-^5. ) Au reste, tel a été te souvent , dit le même auteur « le destin de ces Illustres bien-^ •M Êiitcuri de l'humanité ^ qui ont enrichi la science et perfec- I* tionné lea^rts par leurs inventions, qu'ils ortt retiré plu^de » gloire que d'avantages des heureii!( efforts de leur gértie!. » ' Mais le aort de Gioia a été encore plus cruel ; car i'inattentioa » ou l'ignoMtice des écrivains contemporains Ta privé mémd m de la célél^riie k laquelle il avait de si justes droits. Ils ae » noua ont lâiasé aucune lumière sur sa profession , sur soA f» caractài« V ^^ le l^n^ précis où il fit celte importante découjy verte-, et stir les hasards ottf le^ observations qui Vy omt conir duit* Les-aiMiales de l'esprit humain ne nous offrent aucun » événement qui ait produit de ^lus gr^lnds effets que cette « invention , dont ta connaissance notis a été cependant trans- » mise aans dttCtlne des circoitstances qui piAivent satisfaire là » curiosité qii'«lle doit naturellettieht eiciter. »
ROBERT , HfT LE SAGE Et LÉ BON.
iSog. AoB^T, duc de Calabtie , troisième fils de Charles II, t)ui l'avait institaésdn héritier , lui succéda préférablémedt î Charobef t , fils de Charles-Martel , son frère aîné , lei jnriscoosuites ayant décidé que la représetitatioii n'avait point lieu dans le royaume de Naples. Charobert souffre impatiemment cette
des' nois DÉ rfxPLts. Sai
prëférencei qu^il regardait comme un passe-droît, et envoya «es ambassadeurs à la cour d'Avignon pour y plaider sa cause» Mais celui de Robert y défendit celle de son maître avec tant de force, que le pape Clément V prononça en sa faveur. Robert suivît de près son ambassadeur, et fut couronné dans Avignpn , un< dimanche, 3 août 1809. Il quitta la Provence, après y avoir fait plusieurs règlements utiles, et arriva en Italie au commen-* cernent de juin i3io. Son arrivée combla de joie les Napoli-^ tains, qui l'avaient déjà vu manier avec sagesse les rênes du gouvernement sous le rè£;ne de son père. Le pape, Tan i3t i , le nomma son vicaire dans la Roniagne , pour ropposer à l'empe-^ reur Henri VII, qui , s^étant rendu sur la fin de I^année précédente, en Italie, avec des forces considérables, travaillait avec succès à "f rétablir son autorité. L'an i3li2, apprenant que ce prince venait à Rome pour sy faire couronner , Robert envoya Jean , son frère, prince de Morée , avec des troupes pour Vemparer de la Yaticane et de toute la vilje Léonine ; ce qui obligea l'empereur à se faire couronner à Saint-Jeande-Latran. Les Florentins ne doutaient pas que l'empereur ne voulût don* lier atteinte 'à leur liberté. Pour se précau^ionner contre ses entreprises, Tan i3i3, ils donnent pour cinq ans la seigneurie de leur ville k Robert. L'empereur , alors transporté de colère y prononce contre le roi de Naples une sentence , dont l'espèce est unique. Par cet acte , il le prive de ses états et dignités, coqime rebelle et coupable du crime de lèse-- majesté, le bannit des terres de l'empire , et délie ses sujets du serment de fidélité. Pour soutenir ce coup d'éclat , l'empereur fit alliance avec Frédéric , roi de Sicile , l'ennemi naturel du roi de Naplef. Robert, dit Muratori, paraissait perdu , et il songeait k se retirer, par mer, en Provence. Heureusement l'orage fut dissipé par la mort de l'empereur , arrivée en Toscane le 24 août de la même année. Cet événement changea la face de» affaires en Italie. Robert alors tourna ses vues sur la Sicile , dont la conquête flattait extrêmement ses désirs. Les préparatifs îtnmenses qu'il fit pour cette expédition "^semblaient devoir lui en assurer le succès. Les Guelfes, dont il était regardé comme le chef, contribuèri^nt à lui former , avec les troupes qu'il tira . de Provence et de l^iémont , une armée de quarante -deux mille hommes au moins , tant d'infanterie que de cavalerie. Sa flotte montait À soixante et quinze galères, trois galions, trente vaisseaux de transport, trente autres appelés sagittaires, et cent soixante barques couvertes. Robert , avec cet armement formicfeble, se mit en mer au mois de juillet i3i49 et fit une descente en cette île ,' dans la vallée ae Mazara , près du château de CasttfUamare , dont il s^empara facilement par la trahison XVUl. 41
Sol CBIIONOLOGIE ttlSTORIQlJB
du commandant. De là ^ il alla &ire le sîége de TrapanL Hài§ tandis qu^il est devant cette place , une violente tempête , qui n^épargna pas la flotte ennemie , disperse la sienne , dont plu^ iheurs nâtiments Furent brisés ou coules à fond avec presque toot leur équipage. Le siège traîaant en longueur, la disette se met dans son camp , et les maladies le dépeuplent. La saison élant avancée, menaçait de plus grands malheurs le roi de Naples. t'erdinandy fils du roi de Majorque , le tira d'embarras « en mégeant entre lui et son rival une trêve de quatorze k quinze mois , qu^ils signèrent le 1 7 décembre. Robert , conformément à une des clauses du traité , Quitte la Sicile au mois de février i3i5. Après Feipiration de la trêve, ce prince tenta, par ses généraux, en divers tems, d'autres descentes en cette fle, dont aucune ne lui réussit.
Il fut plus heureux dans Texpédition qu'il fit en i3i8, potsr secourir la ville de Gènes, assiégée par les Spinola et les Àdornes. S'étant embarqué sur une (lotte chargée de donze cents cavaliers et de six mille hommes d'infanterie, avec U reine , son épouse , et ses frères , Philippe , prince de Tarente, et Jean , prince de Morée , il aborda» le ao juillet , au port de cette ville , où il fit , le lendemain , son entiée solennelle , et le Ajr du même mois , la seigneurie absolue, de cette ville et de aès dépendances lui fut déférée , ainsi qu'au pape Jean XXH, pour respace de dix ans. Mai$ les Gibelins étant maîtres des châteaux qui environnaient la ville, ne permirent pas à Robert d^en sortir , ni d'asseoir son camp hors des murs. ( Chron. Bi^ tensû 9 c. gg. ) La ville de Bressia , sans cesse inquiétée par l'in- Êitigable Cane dé PEscalë , imita, l'an i3ig, l'exemple de Gènes, en reconnaissant le roi de Naples pour son seigneur; ce qui fut accepté par ce prince , le 28 lanvier , dans Gênes , Qà it était encore. Ils se trouvèrent bien d avoir pris ce parti. Robert s^étant rendu de Gênes à la cour d'Avignon , mande aux^ florentins , aux Bolonnais et aux autres villes de la ligue guelfe,,, de fournir aux firessans les secours dont ils avaient besoin. Il fut obéi. Gilbert de Correggio, capitaine de Bologne, leur mena des troupes, qui, s'étant jointes aux Guelfes, bannis de Gré» mone , ut heureusement la guerre aux bannis de Bressia , pro* téfiés par l'Escale, et reprit sur eux les forteresses dont ils s'ér taient emparés. ( Mcdoec, Chron* Brixian» )
Robert, malgré les revers qu'il avait essuyés en Sicîlje, n^avait pas perdu de vue la conquête de cette île : l'an i32S, il envoya Charles , duc de Calabre , son fils , avec une flotte considérable , dont partie était composée des galères de Gênes; Le débarquement se fit devant Palerme, dont le siège fut aus-. litét entrepris. Il dura cinq mois, au bout desquels. Chyles &t
B1ES ROIS DE NAPLESé StU
tXXigé de remettre à la voile , ne remportant de son expédition que la stérile satisfatction d'avoir fait beaucoup de dégât dans les environs de la place. ( Georg. Stella ^ ann. gmuenst^s, ) Une nouvelle descente que fit en Sicile , au mois de juin de l'année suivante, par ses ordres, le comte Novella, de la maison de Baux, avec une flotte de quatre-vingts voiles , n'eut pas un plus heureux succès. Le peu de fruit que Robert tira de cette expédition fut compensé en quelque sorte par l'hibnneur que le pape lui fit, la même année, de le nommer vicaire de l'empire «n Italie, oacarUe ïmperio, c'est-à-dire pendant les démêlés de ce pape avec Louis de Bavière , qu'il avait déposé. Ses pensées ,^ cependant , ne cessaient de se tourner ver& la Sicile. Fier de là conquête quHl avait faite, l'an iSSg, de Fîle de Lipari» il fit partir, le ii juin x34i , une nouvelle flotte phis formidable que ies( précédentes pour s'emparer de ce royaume. Mais tout le firuit de cet armement fut la prise de Melazzo , qui se rendit faute de secours, le i5 septeiiibre, aprè» environ trois mois de siège* Robert mourut le xg ou te 14 janvier i34^ * Tillant et d'autres écrivains d'Italie disent l'an 1^42,^ eu stiivant'té calcul florentin. Robert, suivant Paule Jove, avait le génie grand , cultivé par l'étude et par l'es beaux arts, dont il était te protecteur déclaré. Il avait une Aiémoire admirable , et outre cela une Siété égale à celle de saint Louis, son grand-oncle. Il emporta ans le tbmbeau les regrets de ses sujets, et fut inhumé dans, l'église de Sainte-Claire q^a'il avait fondée en i3io. On y li^ êon épitaphe ea ce vers i ,
SmseiipLe BQlcrium.regem,9Îriuië nfertum^
feloge un peu- bref pour un prince si sage et si' savant^, et pour un si grand capitaine. Il avait épousé, i^ en mars 1297, , Ya{«ANi>E, fille de Jacques II , roi d* Aragon , morte en i3o2 ; ^^. l'an li^ogi, SAtiCl£, fille de Jacques I, roi de Majorque^ morte sans avoir eu d'enfants , en i345. Du premier Kt ,il eut Bobert, décédé l'an i34a au plus tard^ et Cl^arles, duc de Cahbre, quHl perdit lé lo novembre l'an t328. (Charles laissa deux fille», Jeanne , qui suit , et Marie> fille posthume , mariée % Charles, duc de Duras, son cousin , neveu du rpi Robert ^ par Jea» son père , duc dç Duras et prince de la Morée. ) Le poi Robert mérita le titre de Sage par sa prudence , par son attention pour le bien de ses peupKs , par la régularité de sa conduite et par son amour pour les lettres. Ce prince était attaclié singulièrement à l'ordre de saint François* Ce fut lui çuî obtint du sultan d'£gyte, à force de présents, la per^ misûon d'établir douze franciscains dans l'église du Saint**Sé-« pulere ds Jérusakmt^, q^Hls dess^nrenl encore de nos jours ^'
324 CnilO^OtOGlE HISTORIQIDE
sôus la protection du roi de France. (1787O (Sponde> aâ
Win, 'i344*} . '
JEANNJË I, ANDRÉ DE HONGRIE Ei; tptJiS DE TARENTE.
1343. Jea^b, fille de Charles v d^c die Calabre, et de .Marie de Valois ^ née l'an iSaG, mariée, le :i6 septembre i333, pivec.'Al^piV]^ , fils puîné de Chafobert, roi d|e Hongrie , est proçlaxÀée reine de Naples^ après les ousèques de Robert, soâ aïeul, qui ^ par son testament du 16 janvier 1 343, lui avaùt légué. ses états, avec substitution en {iveur de Marie, sa so&iu;
On refusa d'Q|bord à son ép9ux le titre de roi ; mais la reine Elisipibeth, mère d^Aqdré, étant venuç à Naples, Jeanne feignit àe consentir à la demande qu'elle lui fit d'associer ce prince aux )ionncurs du, tr0ne. Le pape Qéipent Yi intervint dans cette affaire ^ non cpmme médiateur/, mais comnaie partie intéressée^ et prétei^dit que la régence du, royaume de Naples lui, appar^ tenait ep .qualité de suzerain, pendant la minorité de Jeaooe. %n co/iséquc^nce ,. iriÇit' dresser une loneue bulle où ses prélent ions., ftaientj, ex pliqiiées, et epvoya Te cardinal Aimen de .Châi^^ ,^ , Kapies , pour, la faire exécuter. La reine amusa U
ié^l^^.ej: çontii[iua d'exercer les droits de la royauté, dont ello aissfi à peine le .titrp à son époyx. Ki^n n'était j>lus ^l assorti que Içs caractèrp de Jeanne et d'André : l'une sj()intuelle| enjouée, pleine de grâces, élevée àyec soio.parle roi ,^ soa
et saos.cuUur/s, fi^roucbe dans ses' manières,, gro$siier dans ses jpropps.et dépourvu d'agréments, dans sa figurei.ftl4lbeur(nis&ment les.consdiU auxquels se.Uv/'èrçqt .le^ deux époux , ne serr virent qi^'à augnienter leur antipathie na^turelie. Le prince était gouverne par un;do|nidicain bongirpis, son précepteur ^nommé Robert, qiii iais0it tomber toutes. Jes diguHés sur ceuf de sa jiatioq. Jeanne ^v^it poiur.confidenie la fameuse Ot/aiit»if , >qui« de lavandière ^ devenue sa gouvernante, l'excitait. à retenir Tautorité que soi) époux semblait vouloir lui ravir. XeS grands se partagèrent entre le roi et la r^ine, qui eurent chacun leur cour à part. lie, den^iier parti l'emporta^ L'an i345., non le 20 août, comme le m^rquje Gràvina, mais le 18 aeptenibrey comme .op va le voir , les deux époux étant au cdsveHt de Massa , d^ns la ville d'Avçrsç , les catiiériers éveillent le roi pendant la, nuit, et, sons prétexte d'un lumvilte qui s'était éleva «Uns la vifle , l'engagent ^ sortir de la cbaoïbre de Ja jciue. \\
n^eat pas plutdt passé la porte , qu^elle se ferma sur lui ; aussitôt des assassins s'étant jetés sur lui , les uns lui mettent les mains sur la bouche pour l'empêcher de crier ^ les autres lui passant un cordon au cou, le suspendent à un balcon au-dessous duquel se trouvaient d'autres conjurés qui le tirèrent par les pieds , et ensuite le laissèrent toml>er dans le jardin , où ils se disposaient à Tentërrer; mais la nourrice du prince étant accourue au bruit , ils prirent la fuite. Telle fut la fin tragique de ce prince , à T^e de vingt ans. Plusieurs Tont représenté comme un prince brutal , féroce et crapuleux ; mais Pétrarque , qui devait le connaître , fait Téloge de la bonté de son caractère. Tillani lui donne la simplicité d!un enfant, et n^attribue qu'au défaut d'éducatipn et à son peu de capacité , ion hument brusque, et ses manières sauvages. Son corps resta deux jout^ étendu à terre , sans que la reine donnât aucun ordre pour te faire inhumer , ni pour informer contre les auteurs de sa mdrt. Un chanoine enleva le cadavre et le fit enterrer sans pompe. I^a négligence de la reine dans une matière aussi grave et qui la touchait de si près, donna lieu aux discours les plus fôcbeux qui se tinrent sur son compte. On crût qu'elle avait consenti à ce meurtre; on prétendit même quelle avait. tîssu de ses mains le cordon de soie qui servit à cette funeste exéciilioui et que son ms^, qui la voy^ait travailler à cet ouvrage , lui' ayant dei^andé i quoi elle le destinait ,eUe avait répondu : Oest poî& vous étr^iglerj. Cependant effrayée de ces bruits affreux et de! suites funestes qu'ils annonçaient, Jeanne adressa auY Flo-^ rentiiis, ses alliés, la lettre suivante, où le déguisement des principales circonstances de l'événement qui en est l'objet, semble déceler la main de quelqu'un de ses fa\«ris { « C^cst » avec la plus vive douleur, dit-elle, et les yeux baignés de » larmes, que je vous apprends l'assassinat norriblô commis » en la personne du roi, mon époux , le 18 septembre , lorsque » nous étions dans Averse. Il était descendu fort tard , au » moment où nous allions nous mettre au lit, dans un paro » attenant au château , où il allait fort souvent ; il y était seul ^ » suivant son usage , ne voulant écouter aucun conseil par une ^ imprudence de jeune homme , ni prendre personne pour » l'acc^mipagner : en sortant, il avait fermé la (>ortcf de la t:ham^ » brc^où. j^étais, et où lassée de l'attendre, je m'étais endormie, » lorsqu'une dame hongrpise, qtii avait été sa nourrice, in^ « quièie d^.ne le voir point arriver, prend la lumière et se *t met à le- chercher : elle le trouve sans vie au pted d'un mur. '» Je ne puis vous dire et vous ne pouvez vous ihiaginer quelle • fut mon affliction. Quoique Fauteur de cet horrible attentat a tu ait été crueUçinent puni, autant qu'on ^ pn le savoir^
3a6 CHROKOrOGlE historiqvb
•I cependant ^ eu égard à ratrocité du crime , la sévérité d^ » peines peut encore passer pour indulgence. LVniteur de de » parricide redoutant les supplices qui Tattendaient , a voulu, M nouveau Judas, les prévenir en se donnant voiontairemeat » la mort : il a £iit servir à Texécutien de son projet le minis- » tère d^un valet, qui n'a point encore été découvert »* (Papon, But. de Proffeiwcn toro. 1 , pr. , n. XL»)
Le roi André avait laissé la reine enceinte. Sentant approcher le tcms de ses couches , elle pria' le pape Clément Yl , pour se ménager sa protection , dé tenir sur les fonts de baptême Tenfant dont eUe était enceinte. Le saint père y consentit , et lui laissa le choix de celui oui devait le représenter dans cette cérémonie. Ce fut Tévêque ae Cavaillon qui fit la fonction , et donna le nom de Charles à l'enfant né le 24 décembre i345. Louis, roi de Hongrie , frère d'André , n'apprit point sa mort violenté
que cet attentat lui causait. C'est ce qu'il fit par une bulle du X*'. janvier 18461 où il retrancha de la société les coupables, ordonnant que leurs maisons fussent rasées , leurs biens con-« fisqués et leurs vassaux absous du serment dé fidélité. Cette bulle ne satisfit point le roi de Hongrie : dans la lettre qu'il écrivit au pape à ce sujet , il demandait de plus radministrafion dii royaume de Naples et la tutelle du nouveau né , son neveu ^
au'il voulait élever à la cour.de Hongrie, pour le tirer, disait-il, es mains des traîtres dont il était environné ; il voulait surtout que le procès fût fait aux coupables hors du royaume , oi personne n'aurait intérêt À s'opposer à la sévérité des lois. Il finissait en priant 4e saint père de ne pas permettre è la reinft d'épouser Robert de Tarente, ou quelque autre prince diisang, dont la valeur soutenue par les droits que cette alliance lui don* nerait à la couronne , pourrait l'enlever pour toujours à la maison d'Anjou-Hongrie. ( Papon.) Le pape tourna sa réponse de manière à satis&ire le roi de Hongrie, en ce qui concernait le châtiment des coupables et l'éducation du jeune prince; mais À l'égard de l'administration du r<^aume, qu'il demandait, il lui représenta que la reine en étant pourvue par .droit de suc<^ cession , elle ne pouvait en être dépouillée avant d'être joridî-
3uement convaincue du crime dont on l'accusait. Pour né pas onner de vaines paroles. Clément chargea le cardinal-archevêque d'£mbrun dVler informer à Naples sur l'assassinat d^André. Mais la reine et ses ministres lui opposèrent tant de difficultés, qu'il prit le parti de renoncer à sa commission et se relira à ^énévcnL Le pape, craignant que cette retraite ne fût regardôe
DC5 ROIS DE VAntê. Blf
^Comme un jeu entre lui ^t les commissaîres , nomma Bertrand de Baux,, comte de Montescaglioso , grand-justicier du royaume^ pour instruire le procès des meurtriers d'André, avec deux notables choisis par les Napolitains. Mais , par des lettres particulières, il lui ordonna de tenir les informations secrètes dans le cas ou la reine et princes dusang se trouveraient impliqués, parmi les coupables,- s'en réservant le jugement. Quatre des parents de la reine craignant Torage qui grondait sur leurs têtes, en prévinrent les cHets en se saisissant du sénéchal du palais , Baymond de Catane , soupçonné d'avoir eu part à l'assassinat du roi. Appliqué à la question , il déclare avoir eu connaissance du complot/, et nomme parmi les complices la Catanoise , Ro* bert de Cabane , son fils , comte d'Évoli » et Sancia , sa fille , comtesse de Morcon. Arrêtés par ordre du grand-justicier, ces accusés furent mis à la torture dans une place entourée de pâlissadeç, afin que le peuple n'er\tendit pas. leurs dépositions. La Catanoise, déjà vieille, succomba aux tourments, et laissa en mourant un exemple singulier , dit M. Papon , des vicissitudes humaines et des dangers des prospérités. Robert, son fils, et Sancie , sa fille , furent écorchés vifs et leurs corps jetés au feu ,. d'où le peuple furieux les arracha demi-brûlés et les traîna par les rues divisés pair lambeaux. Plusieurs autres des coupables subirent différents supplices , et quelques-uns furent conduits à la mort un bâillon à la bouche.
Ces actes de justice n'apaisèrent point le roi de Hongrie ^ qui ne cherchait pas moins à envahir le royaume de Naples , qu'à venger la mort de son frère. Dans ce double dessein , il alla trouver à Munich l'empereur Louis de Bavière, à qui le pape Clément Yl venait de donner, le iq juillet x34b , un cpoçurrent dans la personne de Charles. de Luxembourg. I^e résultat de ce voyage fut une ligue quQ les deux princes conclurent. Le roi de Hongrie réussit encore , au moyen de l'argent qu'il fit répandre par ses énifssaires, à se faire, dans le royaume de Naples et dans les autres états de' l'Italie, un grand nombi:a de partisans qui servirent à préparer la révolution qu'il méditait.
Jeanne, dans l'embarras où la jetaient ces conjonctures ^ sentit le besoin qu'elle avait de prendre un nouvel époux. Mais l'inclination décida plutôt du choix que la raison. Ses liaisons cohnues, du tems de son premier mariage , avec Louis de Tarente , son proche parent , la déterminèrent à lui donner sa main le au août i346, sans attendre les disnen«cs du pape et ayant l'année révolue de son veuvage. Cette alliance , loin d^ar* réter le roi de Hongrie , ne servit qu'à précipiter son voyage pour l'Italie. Ce fut envain que la reine lui écrivit une ktlra
328 CfiRONOLOGlB BtStORlQITE
touchaiite pAtir se laver du crime dont on Taccusaît, et lui recommander Charles ,' son fils. La réponse accablante qti^elle reçut , fut regardée par son conseil, in qui elle la communiqua, comme une déclaration de guerre, et Ton résolut de se mettre an plutôt en état de repousser Tennemî. On aurait dû s'y prendre plutôt ; car le roi de Hongrie étant parti, le 3 novembre i347 9 ^^^ frontières de ses états , arriva le même mois àtFrinli , près d*Udine , accompagné d^environ mille cavaliers, qui servaient comme d'avant-garde à tine armée considérable qui les suivait , et que la disette des vivres-l'avait obligé de partager en différents corps. Arrivé à Citadella , il y fut honorablement reçu par Jacques de Carrara , seigneur de Padoue , et S'étant rendu à Vicence et à Vérone , il y fut accueilli, avec la même distinction , par les seigneurs Mastin et Albert de l'Escale. Enfin, à l'exception d'iniola et de Faenza, dont' le duc de la Bomagne lui fit refuser l'entrée de la part du pape , il n'eut que sujet d'être satisfait du traitement qu'on lui fit dans tous les lieux où il se présenta. A Foligni , dans l'Ombrie , il trouva le légat du pape , qui l'entretint des affaires du royaume de Naples, et lui intima, sous peine d^excommunication , défense ue s'ériger en maître de cet état sans le consentement du pape. Mais le roi » qui connaissait les dispositions de dénient "VI en faveur de Jeanne , lui répondit brusquement aue le royaume lui appartenait par le droit que ses ancêtres lui a^'aient transmis ; qu'il satisferait l'église pour l'hommage dont il était tenu envers elle ; et qu'à l'égard ae l'excommunication dont on le menaçait, il n'en tiendrait compte , attendu qu'elle jurait évidemment Injuste. ( Villani, liv. xii^ c. io6. )
Les troupes de la reine Jeanne, commandées par Louis de Tarente, son époux, étaient alors en marche, et vinrent se poster sur les bords du Volturne, vers Capoue, pourfernier au roi de Hongrie le passage de ce fleuve. Mais ce prince, laissant de côté le Volturne, tira 4roit à Bénévent, où étant arrivé, le Il janvier i348, il y rassembla son armée, qui se trouva monter h six mille cavaliers avec un nombre bien plus considérable de gens de pied. On vit alors tous les barons du pays,' accompagnés des ambassadeurs de la ville de Naples , s'empresser de venir le saluer et lui offrir leurs hommages. A cette nouvelle, les royalistes qui se trouvaient à Capoue, abandonnèrent le prince de Tarente et se retirèrent à Naples. La reine" elle-même qui s'y était renfermée dans un des châteaux, apprenant que le roi de Hongrie s'approchait, crut ne pouvoir mieux faire que d'assurer son salut par la fuite. S'étant donc embarquée secrètement pendant la nuit sur une galère qu'on lui a>-ait préparée, elle fit force de rames pour se rendre en Pro*
SES HOIS DE îfAFLfei t\<^
venctf, et descendit, le ao janvier, à Nice. Le prlhce de Tarente , son époux , étant arrivé à Naples , peu ae tems après qu'elle en fut partie ^ monta en diligence stir un petit bâtiment avec Nicolas Caraccioli , florentin , son homme de confiance^ et alla débarquer dans la Maremme de Sienne. Le rot de Hon-
Srie^ cependant, continuant sa marche , entra , le 17 janvier, ans Averse , où la noblesse napolitaine se rendit pour lui présenter ses respects. Les princes de la maison royale se trouvèrent alors dans un grand emuârras , incertains s'ils devaient prendre la fuite ou paraître devant ce monarque. Mais ils furent rassurés par un fauf-conduit qui leur fut accordé, pourvu qu^ils n'eu$- ^ent pas trempé dans le meurtre du roi André. Croyant après cela n'avoir plus rien à craitidre , Charles, duc de Duras, avec ses deux frères, Louis et Robert , Philippe et Robert deTàfiénte', frères de Louis , se rendirent auprès du tnonai^que Hongrois*, et furent tous men accueillis parce ^prince qui les retînt à dîner. Après le repas, ayant mis ses gens sous les armes, il monte &
tournant vers le duc de Duras, ilTaccuse de ce forfait, dofit tl U Convainc par des lettres qu'il montra; et. quoi que celqi-ci dît pour s'excuser et pour implorer miséricorae, les Hongrois étank tombés sur lui, le renversèrent mort à coups de sabre eft le laik- •tèrent dans ce même jardin. Les autres princes de la maison royale furent pris et enfermés dans le château d'Averse^ pui^ envoyés en Hongrie, où ils restèrent long-tems prîàortniersî punition barbare qup plusieurs condamnèrent ^ &t comnie ëiercéè sans observer aucune forine judiciaire, et parce qtie 'ée même Charles de Duras, outre qu^il était le plus estimié et le plus taleareux de tous ces princes, était regardé (^ômme innocenta Cette opinion ne fut pas néanmoins uniyersellet car. il^ but âes gens qui justifièrent la mort du ducr ainsi quePénipl'lsoiTnê-^
ment desi autres princes^ .. ^ ^
Le roi fit ensuite son entrée 4 Naples , armé de toutes pièces7 inaîs sans vouloir at:tejpf!Ë<r If d^b'qu^oh^ lui ivak prépclré. 8dn tieveu présomptif, Ténfent Charles lui apnt '^f é' prés^té\ tt lui fi|; dçs caresses et lé créa duq de Calabre: apr^^s quoi il Fiett^ Voya, avec l<>s.Qutre$ pri^onni^^. en lïon^r^^ pQÏir y êirê élevé. U QQ Igi rOB^ail plus po}<r cç^plei: \^ ifésir^, uu^'à obtonùr de U cqur f>ofitifiGale la courooiie m TiovestUare^ dii royaifoie aç^ Maples; Mais démolit VI se montra l>ien opaosé k la demaBdfS
Îut lui ^ik.-fut ftite , attégptm ' qtie; le crime^ isptMé à \t j^nê eanne n^étatt nallemeint pfrèirvé, avec d'Autres Mîsônsdéiailleres dans Rainaldi. Le roi de Hongrie ne réussit pas mieux dans la
xyiii. 4a
t3o CHliOnOLOGlB BLSTOaiQUfi
tenUtîve qu^îl fit pour avoir l'investiture de la Sicile. Même refus de la part du pape.
ciée, pourvoir à sa propre sûreté en reprenant la route de
Hongrie au bout d^un séjour d^environ quatre mois dans le pays
de Naples. £n partant , il nomma pour son vice-roi Conrad
Lupo, auquel il subordonna d'autres officiers pour gouverner
çt défendre le pays. Mais à peine se fut-il embarqué à Barlette,
que. la noblesse napolitaine commença à regretter la reine
Jeanne sous le gouvernement de laquelle régnait Tabondance
et les plaisirs. Cette princesse étant arrivée en Provence, y fut
Vue de mauvais œil par la noblesse . sur nxi soupçon qui s'éleva
qu'elle voulait vcnure aux Français ce conilé. La maison de
*Èàux lui fiit ta «plus opposée , et la retint comme prisonnière
jpour observer toutes ses démarches. Sou époux , le prince de
Parente, n^ayantpu obtenir la permission a entrer à Florence ,
aprps avoir, été remise en liberté par les soins de Clément Tl, fie tard^ p^s ^ mettre dans ses intérêts la cour pontificale où cile plaida elle-méine sa cause eu plein consistoire. Son mariage y ayant été validé par une dispense qui lui fut accordée, elle tourna toutes, ses pensées vers le royaume de Naples pour en faire le recouvrement. Mais l'argent lui manquant pour cette cntrejprise^f.'jelle. se trojava dans la nécessité de vendre au pape la ville d'Av\gnou avec son ressort pour la somme de trente ^ille* florins d'pr^ somme trop mnaique, dit Muratori(i)| pour être regardée «comme le prix d^une si belle acquisition , €>t qui doit passer plutôt pour un don suggéré par la reconnais^ sanç^. Idais.içqm^^AyignQii était un fief impérial faisant partie
(t) C'est ,«fi ^iv^nt tt)t ëcriv^inque pous réduisons le prix de la yenteà trente raUle florins. Ce ^eJOLdantia reine, assurç., daçs le contr^ti •w>ir touché qii^tre-yingt mille florins ; et en éfîet , on trouve uae quittance faite 'de cette somme en faveur de Nicolas Acciaîoli f dans le compte qu*il rend de l^emploi qu'il en avait fait pour les bestnns de r^at. ( PapoD, ffist. de Propeiue^ tome If !> page l8a ) Q&Mqu*îl en toit y la venté oi]f Cession oue fil Jeanne' y était illégale ,-i*. paroe qu'étant encore inriiieBre-y à lay^té, elle: avait promis arec sermeot de ne faire attcane aliéoaiioii ;<;»•« pprçe que le comté de Prorenct ^ait sreTé d!itf)^ ^substituti^Hi faite en âycur de Marie^ sa -scoc cadette* ...
DES ROIS se KAPtFS. 33 1
^e rancîcn royaume d'Arles , Paliénation , pour élre solide, ne pouvait s^en faire sans le consentement du chef de reropire. C'est ce que Clément YI n^eut pas de peine à obtenir de Charles IV , dont il disposait comme de sa créature. Charles approuva la cession d'Avignon et de son territoire d^ns toute l'étendue que le pape pouvait désirer. Lcibnitz , dans son code du Droit des Gens ( tom. I , n. 9^ ), a mis au jour l'acte de cette vente, mais avec une erreur considérable de date ; car au lieu de l'an i348 , elle y est datée de l'an i'6'6S. Le pape, apr^s cette acquisition , ne fit pas de difficulté d'accorder à L01H& de Ta--^ rente le titre de roi.
Jeanne, cependant, et son époux, avec le peu d^argetit qu'ib
ijets. Le qu
purent recueillir leur servit à fré|er, pour leur service, dix galères génoises ; et sur ce que Nicolas Acciaioli , qu'ils. avaient envoyé devant eux, leur manda qu'il avait bien disposé les barons napolitains en leur faveur, et pris à sa solde le duc Gamier, a^'ec douze cents cavaliers qu'il commandait, ils s^em-* barquèrent , sans perdre de tems , sur les galères génoises , et arrivèrent, sur la fin d'août, à Naples, où ils furent ^eçus avec <)e grands honneurs. Mais il restait à prendre les châteaux de la place qui étaient occupés par les Hongrois. Pour les en dé-
même, dans le cours de cette expédition, vint à bout d'em«> porter Nocera, défendue par une vaillante garnison. Dominique Gravi na , historien partial du roi de Hongrie, raconte divers événements, qui rendirent ménaorable cette guerre dont l'issue fut la conquête de h plus grande partie du royaume de >faples, en sorte qu^il ne restait plus aux Hongrois que Man^ fréclonia, le Mont-Saint- Ange, Ortone, Giiiglienèse, et quelques châteaux en Calabre, avec celui de Noux,^dont la garnison fit une si vigoureuse défense, que les Napolitains ne purent se rendre maîtres de la place. Ce fut la perfidie du duc Garnier qui fit manquer le coup. Cet homme sans foi , qui n^avait pour loi que son intérêt , était passé au service du roi de Hongrie , et s^étant joint secrètement au vice-rot Conrad Lupo , fit échouer tous les desseins du roi Louis de Tarente. Ijes forces de l'armée hongroise s'accrurent encore par l'arrivée d*£tienne, vaivode de Transylvanie , qui vint la renforcer avec un corps de trois cents gentilshomsnes de son pays. Les^ Hongrois I avec ce secours, fangèrent sous leur ooéissaoce
3^': ^R8NeL0GIE I11ST0&1QUE
Baroli , TràxH y Bitonle , Giovenaz^ , MolfelU et d'autret
Ïjaces. Mais le plus grand avantage quUU remportèrent, fut a soMmissi^a d'Averse , dont les habitants se donnèrent volontairemeiit à eux. Fière de ces succès, l'année hongroise s'avança v«ra Naplei^ Un bruit faux s'ëtant rébaodu qu'il s'était élevé dans cette armée unt grande querelle entre les Hongrois et lei Allemands , les Napolitains, trompés par là, sortirent de leurs murs en foule pour livrer bataille à l'ennemi. Ce fut en vain qae ie roi Louis de Tareate voulut les arrêter. On en .vint
• aux mains le G juin 1^49* '-«^ barons napolitains, k la tète de leurs bandes , commencèrent l'attaque avec un grand courage ;
^ mais ils furent si bien reçus par l'ennemi, qu'en peu de tems une déroute universelle fut le prix de leur 'témérité. Parmi les prisonniers qui furent faits, on compte Robert de Saint- Séverine Kaimond de Baux, le comte d'Armagnac avec une grande partie des principaux nobles de Naples. Après cette victoire, les Hongiois s'étant avancés jusqu'aux portes de la ville , obligèrent les habitants de payer vingt mille florins pour racheter leurs vendanges. (Muratori, Aimait^ t. Vlll,
S. u6'6, ) Tel était l'état des affaires de Naples , tandis qu'en 'autres lieux de ce royaume la guerre continuait avec des succès variés.
Le parti du roi de Hongrie, apr^ la déroute des Napolitains, semblait avoir pris le dessus , lorsqu'en 1 35o la fortune toutàrcoup lui tourna le dos par ^infidélité des Allemands, comxnandes par le duc Garnier. Ce fut dans Averse qu^ils commencèrent à se soulever à l'occasion de leur>paie aui ne s'acquittait pas. Le vaivode Etienne , général de l'armée hongroise , pour 1^ apaiser r prit le parti de leur livrer les prisonniers napoli- ■taini , pour être remnoursés de leurs arrérages par le prix du rachat. Gravina^raco^te que ces barbares employèrent divers tourmenta pour les contraindre à leur jpoyer cent mille Borins d'or , ou même le double , selon Yillani. Mais cela ne suffisant pas encore pour compléter le paiement qu'ils répétaient, on découvrit la résolution qu'ils avaient prise de faire prisonnier le vaivode lui-même, ce queceloi-ci ayant appris, il partit dans une nuit avec tous les Hongrois, pour se retirer k Manfrédonia* A lotis . les Allemands qui étaient restés roaitrca d'Averse et d'autres places , conclurent une trêve avec le roi Louia de Târeiite et les Napolitains, moyennant une s^mme de eent ' mille florins qu'ils reçurent. Pareille somme leur fut proinise , s'ils voulaient céder au même roi Louis, Averse, Capoue et d'autres places. Mais è la fin , ceux-<i manquant de invres ponr If^ur subsistance , se retirèrent d'Averse., et déposèrent cette ville entre lea maina dtt. cardinal de Ceccanp. Loùb de T^
DBS B0I6 D£ NAPLBSi > 33S
vente l'ayant ensuite recouvrée , donna ses soins pon/ en ang-^ monter les fortifications. Ses aftaires semblaient se relever , lorsque le roi de Hongrie vint débarquer avec une armée qu'it amenait avec lui au port de Manfrédonia. Ce prince ay^t rassemblé toutes »H forces k Baroii , il se trouva qu'elles mon-' taient à vîilgt'-dcux mille cavaliers, tant hongrois qulallemands, et quatre mille fantassins lombarde. Avec ces forces , il fit rapi* dément b conquête de Bari , dQ.Bitonte, de Baroii, de Canôse, de Melfi^ de Matalone, de Trani et d'autres lîeqx. Toute la Terre de Labour, à Texception d'Averse et de ?i aptes, suivit le même sort. Mais le siège d'Averae l'occupa plus long tems qu'il ne pensait. Après avoir épuisé ses forces devaoit cette placp, il fut obligé d'en venir à un traité, par lequel le» assiégés voulurent bien , sous certaines conditions , se sou-^ naître à loi.
Clément VI» cependant, n'épargnait aucun soin pour rétablir la tranquillité dans le royaume dé Naples« Deux cSardinauie Ju'il employa pour l'exécution de ce dessein , trouvèrent peu 'opposition dans le roi de Hongrie , empressé comme il l'était de retourner dans ses états. La reine Jeanne et son épour n'avâieiit pas motos d'intérêt à déaifer de voir ia fin <rune guerre qu'ils n'étaient plus en état de soutenir. On fit donecon* venir les deux puissances belligérantes de s^en rapporter, pour leur différent, h la décision du pape, avec ôblif^tion, poor^'une et l'autre^ de s'éloigner en l'attendant, du royaume de Naples, (article que Jeanne n'observa pas ) ; que si cette princesse était déclarée coupable de la mort d'André , son époux^ elle perdrait le royaume , qui serait adjugé au roi de Hongrie ; que si au contraire elle était jugée innocente , elle rentrerait en pos-^ session de cette mM>narchie,^à la charge de payer au roi de Hougrie, trois cent mille florins d'or(trob millions. de notre monnaie ) , pour les frais dé la guerre. I^e jugement de la c<yur ' pontificale , rendu au comnaencement de mai iciSs, fut tel que 1^ gens sages l'avaient prévu ^ c'est-à-dire fa%*orable i la reme de Naplcs. Le rpi de Hongrie eut non«seolement la docilité de s'y soumettre , mais encore là générosité de faire remise à sa* rivale des trois cent mille florins énoncés dans leur convention. 11 fit, dé plus 4 élargir les princes du sang de J^ïaples, qu'il; avait envoyés prisonniers en Hongrie ; ce qui ne rat exécuté que le as septembre suivant. «. Jeanne et Louis furent cou- » ronnés If* u^ mai , jour de la Pentecôte ,. avec iaiolus grande » magnificence ; mais pour empêcher que le titre cte roi dont » Louis allait éti^ décoré, ne détînt une source de démêlés »^ entre lut el les hérhiers de Jeanne , ai elle le devançait âti » tombeau | le pape , ayant qa'oB pio«Élât i la eérémoaie ê^ -
334 CtfRO^OLOGIS HISTOHI<}Ufi
» couroifnement , statua que ce prince , en recevant la cott**^ » ronne , n'acquerrait aucun droit , et que i'oi'dre de la suc- » cession , réglé dans la concession faite par le saint siège à » Charles premier, n^en serait point interrompu. Les deux » ^poux , au comble de leur joie ^ voulurent hisser chacun un » monument de leur reconnaissance , en mémoire de cet heu- » reux événement. Jeanne fonda une église en l'honneur de i> la vierge ; Louis institua l'ordre de la chevalerie du Saint- » Esprit, au droit désir ^ nommé par les historiens de Naples» » l'Ordre du nœud. Les chevaliers devaient être au nombre de » trois cents ; ils jeûnaient tous les jeudis ; s'engageaient à une » fidélité constante envers le roi , k faire la guerre aux ennemis » de la r^lieion , lorsqu'ils en seraient requis par le pap^, ^^ M à visiter le saint sépulcre. Ils portaient sur leur nahit un » rayon de lumière en broderie , et au-dessus un noeud lié en « forme d'un double lac-d'amoùr , avec cette devise » Se Dieu » piail. Lorsqu'un chevalier s'était distingué par quelque ac* « tion de bravoure dans une bataille . s^il avait tué , par »* exemple , ou pris le général ennemi , enlevé on renversé la » bannière , il déliait le nœud jusqu'à ce qu'il eût fait le vo)[age » de Palestine ; alors il le renouait , et prenait- pour devise t ^ Il a plu à Dieu. » (Papon.) .
h^ princes Robert et Philippe de Tarenie , du nombre de ceux que le roi de Hongrie avait transportés dans ses états , étant revenus, en vertu du traité dcmt on vient de parler, furent comblés de faveurs par le roi Louis , leur frère , et par la reine; mais la préférence dont ils jouissaient à la cour ne manqua point d'exciter la jalousie de Louis de Duras , oui , se voyant négligé, résolut de s'en venger. S'étant mis à la téie des mécontents , dont la négtieence du gouvernement augmentait chaque jour le nombre , il arbora 1 étendard de la révolte, et ravage! impunément les plus belles provinces du royaume. Robert , son frère , partagea son mécontentement , et voulut s'associer à sa vengeance. S'étant rendu en Provence , il y forma une ligue avec le seigneur de la Garde, de la maison d,'Adhémar, et ayant réuni leurs forces, ils surprirent, pendant la nuit du S février 1 355 , le château de Rourse , célèbre alors par: Tavantage de sa situation et par le rang considérable que ses seigneurs tenaient à la cour de Naples. Ayant rendu la place, par capitulation, au mois d'août suivant, il passa au service de la France, et fut tué, le 19 septembre i35d, à la bataille de Poitiers.
La reine Jeamie perdit , fans le regretter, le 25 mai i36a , veille<de T Ascension , Louis ^ son époux, âgé de qûarante-deor ans« « Ce prince était beau,' bien fi|it, mais du reste il n'avait
DES ROÎS 0S 21 APtlS. 33S
* aucune élévation dans Tâme, aucune fermeté dans le carac- » tère; il était inconstant dans ses goûts, pusillanime dans » Tadversité , vain et haut quand la fortune se jnontrait favo* •» rable . : il craignait les hommes t-ecommandables par leurs » talents ou leurs vertus ; aussi avait-il soin de les éloigner pour •» se livrer sans réserve aux jeunes seigneurs les plus débauchés : « il aimait Fargent, négligeait la justice , et se faisait un jeu de » manquer à sa parole , se glorifiant de ce défaut comme d'une
» ne se. mêlât à leurs disputes de ces vifs débats, qu'on ne
• devrait pas même trouver dans la populace. Louis ne man- » quait point de courage ; mais il se vantait si fréquemment et » si bons de propos ata belles actions qu'il prétendait avoir » faites dans la guerre et dans la paix , que quand elles auraient » été aussi glorieuses qu^il le disait , il en diminuait l'éclat par
• la. vanité qu4l y attachait» (Papon. ) Il avait eu de son niariage deuxbrincesses, mortes avant lui en bas âge. Mais il laissa dcux.fillcs naturelles; Ësclarmonde, mariée à Louis de Çapoue, <le la maiton de Hauteville, très*.ancienne dans le royaume, et .Clémence, femme d'Antoine de la Mendolée. >
.: Dès. que la mort de ce. prince fut annoncée en France , le roi Jeaa pejosa à donner, pour nouvel époux, à la reine, Philippe , son quatrième fils, alors duc deTouraine,puis duc de Bourgogne^ •urn^mâié & Hardi. Il s'adressa, pour négocier cette alliance , au
Ep^ Urbain V.MaisJeann^ désirait un homme pour partager son av^lui, et nullement pour l'associera sa puissance. Craignant^ pafTQetie rsiisen, de se donner un maître en épousant, un .fila de.ÇrànQe, elle jeta le^ yeux. sur Jacques d^ Aragon, roi titu-> UiijQ,46.Maiorq«e, comti: detRoussilIpn et de Cerdagne, dont
é4é.^riS'4ans cette Waille^fui envoyé prisonnier à Barcelonne, Q^sUTÇft^a prisonnier l'espace de près de treize ans. Ayant eu le bontieiir d^ s'échapper de sa prison le 26 mai 1862, il était sans patrie, et sans fortune ^ lorsque la reine lui offrit sa main , le x4 4^imbre de la même' année. Les conditions qu'elle. lui inipo^' furent. celles ^4'ui1e souveraine à son sujet. Réduit au titre de roi de Majorque, il ne pouvait prendre celui de roi de Maples , QÏ recevoir l'hommage-lige des barons , non plus que le :serpi^nt de .fidélité des autres; toute administration dci royaume Igi était interdite; et .pour dernière clause, il était luioldia^ dô la saccessii9n. au royaume y. dans le cas où la. reine et
336 CHRonoLOCiE historique
Ifs enfiinti qui natlraient de leur mariage le précéderaient au tombeau. La sitqation où se trouvait Jacques d^ Aragon lai fit accepter ces humiliantes conditions. I^ mariage y conclu le r4 découbre i36a , se, fit l'an i363 , environ un an après h mort de Louis de Tarante.
Jacques s'ennuya bientàt de l'infériorité de rang et de l'état de subordination €fà le retenait la reine , son épousé. S'étant émancipé k prendre, en différents actes, le titre de roi de Kaples , il indisposa par là contre lut non-seulement les nrin^ ces (fai sang, mais le pape lui«-méme. Irrité de ces oppositions, îlaa retire à la cour de Pierre b Cruel ^ roi de Castiile. Mab Pierre ayant été misa mort, l'an t368 i par Henri de Trans^ lamare ^ son frère naturel , Jacques tomba au pouvoir de ce dernier, qui lui rendit, l'année suivante, la liberté, moyens nant une somme de soixante mille ducats d'or, que la reine*, son épouse , paya pour sa rançon. ( Bfurat.) De retour à Naples , l'inquiétude et l'activité de son génie l^en firent sortir une se^ conae fois pour courir de nouveaux hasards. S'éfant assuré de la protection des rois de France et de Castiile, il passa kl Alpes , eC avec »n corp d'armée qu'il rassembla, il entreprit la conquête du Roussilion et de la Cerdagne. Ses armes y firent des progrès ; mais ayant pénétré jusqu'en Aragon , il y éprouva des revers qui lui firent perdre le firuit de ses premiers succès. ]1 mourut en ce pays l'an iSyB , après afypir été presque toute sa vie le |ouet de la fortune.
Veuve pour la troisième fois, Jeanne, à l'âge de cinquante ans, convola à de quatrièmes noces', l^n 13^6, et prit pour époux , le aS mars, Otton de Brunswick , fils aîné de Henri de Grèce , doc de Brunswîck-firubenhagen. { GibiiMife N'apùtk. ) Otton s'était distingué en Lombavdie, par la valeur ei la pru^ denee avec lesquelles il avait défendu les intéi^ des enfiints de Jeafc. il , marquis' de Moatferrat , dont la tutelle lui avait été confiée par leur père en mourant Ifai^ laprudenee et la vdenr li'étaient alors ou'un faible appui pour on trène aussi chance^ lant que celui de Naple^. hon^ iu titre et aux droits de'iirittce de Tarente, sans avoir aucoiie part au gottvemei0ent,'Ottoit passa, l'an iSyS, dans le Montfer^t, pour y exercer la régence dont il était pourvu, pendant la minorité du marquis Ottoni ( V. son article «no? marjrirÀ de Mùnifèifrat) Bientôt après son 'lépart, lareinese trouva dans leplnscruel embarras. Bai'thélefiâfi Pri* Énano , né son sujet , venait d'être élevé $ur le saint siège sous ! nom d'Urbain Yl. Les ambassadeurs qû Vile envoya -pour le complinaetiier, au lieu d*un gracieux acciieil qu'il» ayairàt lieu é'espérer^ furent regas avec i^ plus grande 4iMileïir, itlsqUe-lè te novfcia pape osa mienacer leu» souveraine die WnVoyer
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filer dan^ un el0iU*e. Cbocyiée de^c^tte lyriUalité ^ •^^^mif 3^f|il à la tête du plus grand nombre des cardinal ^ flui , méconleftls égalekmnt des .^rocédéfe d'urbain à leur égara , lui oppo-« , gèrent un autre pape dans la pdrsoAae de RdterilAk Xx^^te. qui prit l6 nom de Cléneat VÏL Urbaiifty.poKir. iait^ng^ de celie pdneçsse , lui d«iinaa<pour mal CbatlfilB ddDHA-ai; ii^'cM liQuît de OuraSf anfellAftvvît fblit miiiriven p»ntoi» Paii»t3Ba'^ pour criaie d0 rfloeUian. Gh^ries», i|«^ei:l« fuaîtadbpfé: poui^ «on fib» avant sort dernier mariai y et désavoué* eiMuite^éif ponamani pour son hérûtkrtiaiverselr, pari^M testagMicnit'dn sà^ kin i38o, I..ottîsy d«cl d'Anjpu^ (rérei drChipries) V,. roî^ àé France y élait alm au service de Lmiîs^: roi de Hangt^^» ennemi q^pitai de Jeanne. Ëxci^ié par Urkaii» etetvoemtxgé fiiêê ce. mona^c^ue ^ il kva one armée ^ et sie^ vnten rout^ fi&ctr^eimf «nv»bir le trtoe «de Naples^ £n passantrà. fionie^?îl :y h» éo&-» romié par le pxmûfe ^ «foi l'avait apptlé. De Uî, 'ifétafrt adief miné vers Naple», iïj fit son mtrée. I0 i& juibkt rB^t. Là reine, à son apptfochey &^iait T«n£erniée, aveé toate «a €Oùr| dans le Cb&teai»-N€u£, où Charles, ne tarda pis i t'assiéj»eri QttQii de BrunswieJc, alors^dc^ ratoar it TareiUé, -accourut àv9C ses troupe» a«i secours dela.reine, son épouse; mais^tians-iiM bafaille (|uil engagea,, il eut le otalbettr é^étre £»i4 i^ri^niiîer^ La reine ayâni vii, de se$ fenêtres, la dojioulé de son* armée V
atti fiit U suite ée la prise dn chef , écrit à Charla»' pour lui ire qiftMk se peraet en son- poavoîr , le pHant d'épar|g(i«r eeuit <)ue la crainle ou rafctacfannenf avait rassemblé» aaprèS' d!elle^ Le vainaueiiv, accompagné de ^ gairda, s^élant reitdo aupr^ de son iliuslre captive f loi prodieae Itfs piblestalioifs de* i^espéct et d'aUaeheQuent. Ce ne fut pas laseute visite quMl lui- rendit; et dans Celles qui suivirent, il la pressa de toîAmiêc son adopf tiofi, afin de s'assurer par là le trâne de I^apletw Jeanne se r«fa* aant tau)ovrs,à ses sollteitations,/il se dércnnine à lardéguer ao château de Mura, dans la Basilicatew Elle n'y vécut pas lùnff^ tems. Charles, apprenant que le duc d'Anjoneit en rontepooi' venir la délivrer, la fit étrangler , selon les uns, étobffer entré deux matelas» suivant les apivtres,. le 2,ai mai i3l8^, dans la cinquante-septième année de son âge. Telia Ait; la fhi d'éplb^rabk àe Jeanne ^ dont les kisloriens snt parlé ^blè^ difverse^ ment. Maâs s^il est difficile êe la) disculper, 'd^aiKê>iî* a^a moins conntvé à la mort de sem pëmier mari , «a dois éonvtiAt^ aveé le judicieux Muratori ^ qae son geuvemem^nt! filt dî^ailteurs très • sage ; qu'elle ne mit daons les pUces que àts personnes capaj)les de lès remplir ; qu'elle fut affable, généreusie, et plus portée à récqmpenser le mérite qu'à pimir les delrti».
33é CHMIKMfiGU
CHAULES hl , DIT D£ LA.