DE BOURBON
L'an i4i4» Jeanne II , filière Charles III , née Fan iSyi , Teuve, depuis 1qi5 juillet t4o6, de Guillaume, surnommé, . par quelqoes^vR^ , l Âmbitkux, duc d'Autriche ,' qu'elle avait épousé en 1389, succède au roi Ladislas, son frère. Celte princesse était fort décriée pour sa conduite. A peine fdt - elle montée sur le trône qu'elle éleva À la dignité de comte-camerlangue , un jeune homme de basse naissance , nommé Pandolfe Alope, avec lequel elle avait des liaisons de ciéur pIiÉsque suspectes. L'insolence de ce favori détermina les barons à presser la reine de prendre un époux. Jeanne choisit Jacques de Boueeoiv , coopte de la Marche , dont on vantait la bravoure et la magnificence , et qui, surtout, passait pour être un des hommes les mieux £ùts de son tems. Ces qualités lui mérité-;
Bss ROIS Ht ffkViM; S47
Tênt la pr^fisrcfnce dans l'esprit de la reine sur plusieurs princes qui s'étaient présentés pour obtenir sa main. Ce fut un malheur pour lui , comme Tévénement le prouva f de l'avoir emporté sur ses riyaux. Jeanne, âgée pour lors de «juarante-quatre ans« ^ait également dépourvue des grâces de la figure et des agré^^* meots de l'esprit. Le comte & la Marche , flatté de l'espoir d'une couronne , se met aussitôt en route pour se rendre aux vceux de la reine ; mais il arrive jusou'aux frontières, du royaume de Naples , sans rencontrer un seul seigneur député de fa cour pour le recevoir. D'autres barons et gentilshommes étaient venus secrètement au-devant de lui • ayant te comte de Haute* ville â leur tête , pour l'informer de ta vie scandaleuse de la reine. Surpris , mais nullement déconcerté par leur récit , il s^avance, et se voit bientôt entouré par tous les ordres du royaume , qui s'empressent à te reconnaître solennellement pour souverain. La reine , elle-même , qui ne s'attendait pas à cet empressement, change àt dispositions à son égard et le reçoit avec les plus grandes démonstrations de joie et de ten- ^esse. «r La cérémonie du mariage se fit sur-le-champ. Tout » de suite après , les deux époux , s^étant placés sur deux trônes
• préparés dans la salle d'audience , la reine prit Jacques par » ta main , et adressant la parole aux grands et aux dames de » la cour : Voia^ leur dit- elle, Vépoux à qui je viens de » donner V empire sur ma personne \ je lui donne maintenant tout » droit sur mon royaume; que tous mes sujets reconnaissent en
• lui leur souverain et lui obéissent. Ce moment d'enthousiasme » de la part de l'inconstante Jeanne ^ favorisait trop les désirs » de Jacques pour qu'il le laissât échapper. Il demanda et ob- » tint , par un acte authentique , que non - seulement spit » épouse l'associât à la couronne, mais qu'elle lui fît don » entre-vi6 du royaume de Naplies et du comté de Provence,
• pour en jouir lui et ses héritiers, en cas qu'elle mourût sans » enfants ». (L'âme des BourBons^ tonu 1, p. 77^.) Mais kt bonn<
entre avait
ne témoigna que dtr mépris pour sa personne et de la. haine pour ses favoris* L'un des premiers actes d'autorité qu'il exença,. fut de &ire arrêter, le 8 septembre, lé camerlingue Pandolpne Alope , comme coupable de plusieurs miatversations. On lui fit son procès sur-le-champ, et, le 10 octobre suivant, il eut ia tête tranchée. Jacques, craignant que ce favori ne fût rem-*' placé par un autre dans Fesprit de la reine , la retient çonxn^e
trisonnière dans le pabis, et lui donne un surveillant qui ne i perd de vue ni iour ni nuit. La dureté de ce prince envenk
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sa bienfaitrice „ e% }^ Dréfjércocf qu'il donmii i ta tOQle siôn 911X Français si^r lés l^^poli^iQS , ne tar^èr^o^ pas d'eir citer des murniufiiss è 1^ CQur et à la ville. Qa fi^ sourdemeii^ une cabale, ppur lui apprep^re^ ()isait-on, )es lois 4ie;rhoi|Qeur et de la reconnaissance. Elle ^cUita, cet^ ciibfile,*de la maTnière suivante. Le 1$ sept^in)^e.»^i6. If reip^ avait obtenu permission à^sfler àîfier a une m^i^pn de q^mp^De voisÎQe éfi
accompagnaient y alla droit 9 ^ là té^'du peuple, au château de rCFiuf, où be roi s^était retranché. On coinineiiça le siése; mais, par la médiation de quelques personnes de poids, iisp nt un accomtjiodeipent , au mc^yen duquel .Jacques quitta le titre d^ roi| se réduisit à ceux de prince de Tarepte et de vicaire du royaun^e , et s'(J)ligea de. ^ire sortir du roy^aunie tous les Français, à la réserve d(s quarante. La reipe. avait fbri ^ cc^uf ce dernier article. Son époux ne se pressant pas de Texécuter , elle s^en chargea elle-même. Mais , prenant pré^ texte .de ses délais pour se venger de la captivité qu'il lui avait ^ fait souffrir, elle le fit epfermjsr dans son appartement, d^où il ne sortit nue le i5 février i4^9f encore fallut-il Taulorité du pape Martin V pour Ten tirer, l^ bonne intelligençfe parut, après cela , rétablie èntfe lui et sa femme : mais de nouveaux dégoûts qu^elle lui fit bientôt essuyer, reqgacèrent à se retirer secrètement à Tarente. 11 q'y trouva pas le repos quMl cherchait. Marie d'Enghien , veuve du roi Ladislas^ qui avait des droits sur celte principauté , apprenant qu^il s^élait établi à Tarente , vint , sur la nn de mai , 1 y alléger. Jacques de Bourbon prit alors le parti de rçtourae^ ep France, il ii*arrêta à Besançon , où il ent^a dans L'prdre ip $aiiit-Fraafois, €t mourut en 143s.
L'an li^p, la reine Jeannç se voyapt ati^qvée p^r Louis JII ,
cette princesse inconstante pepsait déjà i s'accommoder avec le duc d'Anjou. La mésintelligence éclate entre elle et le roi d'Aragpn. .Jeanne , se persuadant lyu^Vlfoose veut la transporter en Espagne, sVnCerpie dans le château Capppan. AUbnsc, craignant de sop côté €|ue Jeanne ne veuille ^UeuUar à a^ vie
papouan où elle s'était retirée. F^aoççi^ ^fbrçe, depuis duc dt
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lh)t)aq,f. (}^i cpjsftnapdfiit alQc$ les troupes 4^ Ia Tohie, vient à spn secovir;$, pat , te 3o mai , $qr sa route , un .corps de troupes ^ragonajse^ ,. et eotre vicloiiepk dan^ 1^ château Capouan f oH }l est rcQu cçimn^ un aqg^ tutél^ire. Ce fut alors que Jeanne, par un ^cteo^i :^juin| révoqua l'adoption d'Alfonse, et lut sub$Mtu;i l.oyi$ lU, f|^c d'^^jout ^^^rce quitte la reine pour ^ller se.fjend/e i^aître ^^Arvejr^. Pendant son absence , une flotte .catalane ayi^nt ^^1^**^^^ ^^^ trQiipes,.le 11 juin ^ au port de Naples , Alionse , avpc cç renfort , entre dans la ville , dont il fait brûler l^^ partie qi)i.^voi$i|[9ai|; le Château-Neuf, pour intimider ou pour occuper )es NsmoUuins. Sforce, de retour le lendemain f tire la reine. du cïnâteau Capouan, et l-emmèn« à Averse. La reine , ayec I.ç secours des Génois , recouvre JMaples , le 12 avril )4.24> et les châteaux les jours suivants. ^Itonse , Tan i^'6'6, se rçcQi^cilie avec le reine Jeanne 4 qui, jpar $es lettres » données ^n secret , le 4 avril <, annuUe l'adoption du duc d^Anjpu et refipuv^llé celle du roi d'Aragon. Mais Lien tôt , ^fi repentant ie rin|u9tipe qu'elle a faite au premier, elle veut le rappeler auprès iJ'elle* K'an )435, Jeanne «meurt |e ;% fév^ri^f (Mprafon), âgé^ de soi^anterquatre ans , après avoir ipslifujé , p^y §on testament 9 {Véné d AnJAii pour son héritier. On vpit c^pqpre aujourd'hui (17^7)1 son tcumDeau dans IVglise de l'hôpitAl pe tapies* nommé .i'JtnniJndaia. Il esta plate terre 4 sans autr,e déçoriUton qu'une épitaphe faite long-? ^ems après S4 ipprt , et où tous 8ies titres sQnt rapportés. KUe ^vait elle ji^én^jç* défende qu!on fit aucune dépense pour ses obsèques et. ^on tombeau. ...
ALFONSE I # Wï LK SAGE.
. 1 43$, Al^ûNSB I , dit LE $AG« et hK AiAGNANItf E , roi
^'Aragon » cinqpiime du- nom , ft de Sicile,. avçit été adopté, çoiQipe on l'a dit, en 1430^* par la reine Jean^iç ^ qui , piquée de soQ ingratitudie ^ cassa le testament qu'elle avsit fait exi sa faveurt $'étaDt introduit avec ses troupes dans Naplea y la nuit du 1 au a juin , l'an §44^9 P^'Ui^^^i^il éfiooût qu'un maçon lui piontra , A s'empara dA celte ville, et ewuîtft de
RENÉ D'ANJOU , mr LE BON.
1435. RâNÉ D'AiïMin^ fils de Louis II et d'Yolande, sur-^ nommé i.B Bon , né te i3 janvier 1409 (n. st. ) , adopté par Jeanne 11 4 reine de Naples, et déclaré son héritier, était priâopnier du duc de Bourgogne , lorsque cette princesse mourut.
Ne pouvant se rendre aux invi * tations des Napolitains ^ qui lui avaient envoyé une ambassade pour le presser de venir prendre
{possession de son royaume , il eur envoya sa£emme Isabelle ^
miioiioiMa mftoniffom
loat le royaume, qoUl posséda îusqu^à sa mort , arrivée le 27 pia i458. Par son testament, il le transmit à Ferdinand , <nii suit , laissant PAragon et la Sicile il don Juan , son frère. Ce prince aimait son peuple et en était aimé. Sa devise était : P^> Uge eigrege. On raconte que, faisant le siège de Gaëte , loin de repousser les bouches inutiles qu'on avait mises hors de la place et de les laisser mourir de laim 9 il ordonna qu'on les reçût dans son camp : Je ne suis point çêtm f dit-il à cette occasion , fun la guerre à des femmes et à des enfimts , mms à dés gens ea* fables éa se défendre» Les muses, bannies de Constantinople par les Musolmans,' trouvèrent un asile dans ses états ; il les culti^ vaît lui-même ; mais il lisait
Eir préférence Vitmve et Tite^ ive ; le premier , parce qu'il entre dans nn grand détail sur la manière de bâtir; le second, parce qu'il parle, avec autant d'éloquence et de netteté que d'étendue, des guerres des Romains. (^Voy. Alfonse V, /w d'Aragem. y
avec Louis 9 son second fits; appelé le prince de Piémont.
Isaoelle, princesse d'une rare
Srudence , fut accueillie , avec e grands honneurs , à Naples, et y reçut les hommages de plusieurs autres villes. De là elle fit partir Louis, son fik, avec le général Michel Attendola, pour la Calabre, qu'ils réduisirent en peu de tems. L'an 14^, René , qui , deux ans auparavant , avait obtena sa délivrance, passe en Italie avec une petite flotte, et arrive, le 19 mai , à Naples. Il y fait son entrée au milieu des acclamations du peuple. Mais quand on vit , dit Muratori , qu'il était pauvre et que sa bourse ne distillait point cette rosée d'or à laquelle on s'attendait , le zèle des Napolitains commença à se refroidir è son égard. Jacques Caldora, fameux capitaine, vint néttimoins lui offrir ses services avec sa troupe ; er Michel Attendolo, son «énéral, se mit en devoir de le défendre avec vi-
(;ueur. L'année suivante, il eut e malheur de perdre, par mort, le 18 novembre , Jacques Càl-
dora, l'on des hommes lesplos habiles de son tems pour la science militaire, mais des plus mal famé^ pour la probité. Malgré cette perte , René cootiooa la guerre pendant trois ans avec quelque succès; , Mais , l'an i44Àf AltQBse s'étant rendu maître. de Naples par sorprise, René s^embarqua sur deux galères génoises avec sa suite , et se rendit k Florence auprès d'Eugène iV. Le bon pape , pour le consoler , lui donna une belle investitdre du royaume de Naples , avec laquelle il retourna dans son comté de Provence. L'an 145.^ 9 il rentre en Italie avec des troupes , pour secourir François Sforce , duc de Milan , dans la guerre qu'il avait avec les Vénitiens. Une nouvelle couronne lui est offerte ^n i46â. Les Catalans, après la mort de don Pèdre de Por-^
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tngaltle qlioîiisfeQt poar Uor soaveraiii, el ce Q^étaift.|Ms sans ibodement ; René ^ piaur sa Bière ^ avait des droits incdntestables sur la couronne d'Aragoo* iVoy* Jean II , rw d'Aragon et dé Nofiwre. ) Mais Tuoe et IVotre lui échappèrent également. René meurt , le lo juillet i4^ 9 à Aix en Provence , âgé de ^xanle et ouate ans cinq mob et vingt-sept jours. 11 avait épousé, t\ \t %^ ùcitH^vn^ 14^0 9 IskV&UAf fiUe aînée et lié-' ritière. de. Charles I, duc de Lorraine , morte le a8. février ji45^; a^ le 10 septe»ibre 14^4? «^i^^sis ^^ Lavai*, fiUe de Gui XIJI9 comte de Laval ^ morte sans enfants., l'an i49^« Du premier Ut, il eut Jean , qui avit ; I«ouis et trois autres fils , morts jeunes; Yolande» mariée, en i44i 9 ^ fm\ U deLor* raic^e, oçcnte de Yaudmont, à qui elle porta les droits de sal i^aaison ;sur la couronne de Naples (de là les prétentions de. lai maison de Lorraine à ce royaume ) ; Marguerite , ienune do Henri YI , roi d'Angleterre ^ et deux autres filles. René eut les vertus et les qualités d'un grand ro» , et il ne lui manqua quo du bonheur, pour être mis au aonahre desliéros. K la valeur il joj|;nail l'jmour des sciences. e^t des arts; il était proibml dans les inathématiaues , savant théologien et, fort versé dans, récriture sainte. Il faisait ses délices -de la poésie provençale, et iraniassa dans sa bibliothèque tous les ouvrages des anciena. troubadourjiu U passait une partie de )^n tems à peindre ea^ miniature e)t sur le verre , et Ton voit encore i Dijon , à Aiz^ à Avigqon , des peintures dé sa façon. Les .curieux conservent des heures, quHl orna de très-belles miniati^^. Le {ardinSfe fit aussi .pactie de ses amuseineuts. Ceat l^, dit-on, cfiifit apporter en France les œillets de Provence , les roses de Pit^vins et les raisins muscats. ( Vcy, René I , due de Lon^dne : Aené^ Jmc d*Anfou ; et René p camU de Froveace.)
FERDINANÎ^ L
i45S* FsaDiNAND I, fils na* lurd d^Alfonse^, lui succéda au royaume de Naples. Il eut, pour se maintenir, plusieurs
de la part du papeCalliste III,