PRINCES, PUIS DUCS DE SAFOIE-CARIGNAN
roi de Sardaigne , mourut le ao septembre 1780. Il avait cponé, le i5 octobre 1768, Marie-Josephe-Thérèse , fille de Louis-Charles de Lorraine-Armagnac, comte de Brionnc, grand -ccuyer de France. De ; ce mariage est issu un prince qui suit.
CHAULES-EMMANUEL--FERDINAND.
1780. Chaules— Emmanuel-Ferdinand , prince de Cangnan, né le 24 octobre i770f mort le 16 août 1800, avait épousé, le 24 octobre ' 1797. M arie-Crristine-Albertine, née le y novembre 1779, fille de Charles, duc de Curlande , prince royal de Pologne et de Saxe. De çe mariage sont issus :
i°. Charles-Emmanuel- Albert | qui suit;
a0. Marie^ElisabethTFrançoise , ne'e le i 3 avril 1800.
CH ARLES-rEMM ANUEL^ALBERT.
s 1800. Charles-Emmanuel-Albert , duc de Saroie^Carignao , né Je 2 octobre 1798) accompagna le roi de Sardaigne, le duc et la du* chesse de Modrnc dans les voyages que ces princes firent à Gênes, au mois d'avril iHi6. H a épousé, le 3o septembre 18x7, MaRIB-ThÎrèss-Françoise-Josephe , archiduchesse d'Autriche, (Ule de Ter* dioaad, grand-duc de Toscane, ne'e le ai mars i8ot, >
Il avait épousé , i°. le 4 mars i663 , Françoise de France, fille de Gaston, duc d'Orléans, morte le 14 janvier 1664 ; 20. le 11 mai i665 , Marie-Jeanne de Savoie, fille de Charles - Amédée , duc de Nemours et d'Aumalc ( morte le i5 mars 1724 ), dont il eut Victor-Amédée , qui suit.
VICTOR-AMÉDEE II, roi de Sardaigne.
1675. Victor-Amédée II, né le 14 mai 1666 f succède, sous la régence de sa mère , au duc Charles-Emmanuel , son père. L'an 1686, à la sollicitation de Louis XIV , il entreprend de chasser des vallées de Luzerne, Angrone , etc., les Vaudois, .communément appelés Barbets ; entreprise qui ne s'exécuta qu'avec beaucoup de peines et qu'après bien du sang répandu. L'an 1690 , le duc traite , à Milan , contre la France , avec l'Es* pagne , le 3 juin, et le lendemain avec l'empereur. La France n'apprend pas plutôt qu'il s'est ligué contre elle , que la Savoie lui est enlévée par le général Saint-Ruth. Le 18 août de la même année , il est battu à Staffarde par M. de Catinat, qui , le lendemain , se rend maître de Saluces , et ensuite de plu-sieurs places de Piémont. Le 20 octobre , traité signé à la Haye par les plénipotentiaires du duc avec les Provinces-Unies, en vertu duquel il rétablit les Vaudois dans tous leurs biens, et leur accorde le libre exercice de leur culte, de même qu'à tout autre de ses sujets qui voudra se retirer et s'établir dans les vallées d*s Vaudois. L'an 1692, le duc de Savoie entre dans le Dauphiné, prend Gap et Embrun , et se retire presque aussitôt , emportant pour toute dépouille les cloches de ces deux villes. L'année suivante, le 4 octobre, il perd la bataille de la Mârsaille contre M. de Catinat , qui lui tue huit mille hommes, enlève toute son artillerie et cent six drapeaux ou étendards. L'an 1696, il fait sa paix particulière, le 29 août, avec la France , qui lui rend toutes ses places , et même Pignerol , qu'elle gardait depuis soixante-huit ans. Marie- Adélaïde , sa nlle aînée , épouse , ie 7 décembre 1697, Louis, duc de Bourgogne. ( C'était la quinzième alliance directe que la maison de Savoie contractait avec celle de France.) L'an 1701 il reconnaît le duc d'Anjou pour roi d'Espagne, et conclut le mariage de Louise-Gabrielle , sa seconde fille, avec ce prince, qui ré-
même teins, ayee la maison d'Autriche # et n'eu combat pas
2o6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
avec moins de valeur contre* les Impériaux en clifférentés retfr conires. Ce manège dure l'espace d'environ trois ans. Le duc, à la fin 1 se déclare ouvertement contre le roi d'Espagne, son
Sendre, en 1703 , et fait, le a5 octobre , son traité avec la cour e Vienne , qui lui assure le Montferrat Mantouan. La Savoie lui est enlevée , l'année suivante , par le duc de la Feuillade, Cette perte est suivie de celle de presque tout le Piémont. L'an 1706 > le 4 juin , Turin est assiégé par le duc de la Feuillade. Mais, le 7 septembre , l'armée d'observation , commandée par le duc d'Orléans et le maréchal de Marsin , est battue par le duc de Savoie et le prince Eugène. Cette victoire non-seulement délivra Turin , mais rendit au duc toutes ses places de Piémont (Poy. Louis XIV, depuis 1701 jusqu'en 1710). L'an 1708, l'empereur Joseph donne à Victor- Amédée le duché dé Montferrat au préjudice des droits qu'y avaient le duc de Lorraine, du chef de son aïeule Eléonore de» Gonzague , et Henriette , princesse de Condé, du chef de sa mère Anne de Gonzague, femme d'Edouard, prince palatin du Rhin. L'an 1713, à la paix d'Utrecht, Victor-Amédée obtient la restitution de la Savoie avec le comté de Nice, en cédant à la France la vallée de Barcelon nette. La France et l'Espagne lui assurent , par le mt1me traité , la jouissance de tout ce que l'empereur lui avait cédé par le traité de 170H. La France le reconnaît de plus, lui et ses descendants, pour légitimes héritiers de la couronne d'Fspagne , au défaut de postérité du roi Philippe V. L'Espagne enfin lui cède le royaume de Sicile avec ses dépendances. Le 24 décembre de la même année, le duc et s n épouse sont sacrés et couronnés roi et reine de Sicile dans Paferme , par l'archevêque de cette ville. Ils ne jouirent pas long7tems de cette couronne. L'an 1718, une flotte espagnole, partie de l'île de Sardaigne, arrive , le 3o juin , devant Palerme , dont elle s'empare le même jour, et y fait proclamer roi Philippe V. (Muratori. ) Toute l'Europe fut étonnée de cette invasion, faite en tems de paix ; et le duc de Savoie plus que tout autre, vu qu'il était en négociation avec l'Espagne, pour l'aider à faire la conquête du Milanez, nu'Albéroni , premier ministre de cette couronne , offrait de lui céder en échange de la Sicile. L'an 1720 , en conséquence de l'accession du roi d'Espagne et du duc de Savoie au traité de la quadruple alliance , conclu le a août 17 18, le 18 du même mois, les Impériaux remettent l'île et le royaume de la Sardaigne au duc de Savoie , pour le dédommager de la perte de la Sicile. L'an 1780, le a septembre , Victor-Amédée abdique la couronne en faveur de Charles-Emmanuel, son fils. 11 prend le nom de comte de Tende, se retire, le 4, au château de Momalicr, et épouse,
DES ROIS DE SARDAIGNE. ao?
peu après, la comtesse douairière de Saint-Sebastien , qu'il aimait depuis long-tems , et qui prit alors le nom de comtesse de Somerive. L'année suivante, sollicité y à ce qu'on prétend,
Sar son épouse t qui voulait gouverner sous son nom , il tente e remonter sur le trône. Le roi de Sardaigue , son (ils , par Vavis de son conseil, et contre son inclination, le fait arrêter, la nuit du 38 au a<j septembre ; au château de Moncalier, d'où il fut conduit à celui de Rivoli , puis au fort de la~firunète , et enfin ramené à Moncalier, où il mourut, le 3i octobre 17Ô2 , comblé de tous les éloges qui sont dus £ la valeur et à l'art de gouverner. ( Chazot , Muraton. ) Son corps fut inhumé a la Superga, église bâtie par lui-même, sur la colline de Turin , à une lieue et demie de la ville, pour la sépulture de sa famille. 11 avait épousé , en premières noces , le 10 avril 1684, Anne-Marie d'Orléans, morte, à Turin, le 26 août 1728 , après lui avoir donné , outre les deux filles dont on a parlé ci-dessus, Victor-Amédée- Joseph-Philippe, mort à seize, ans, le 22. mars 1715 ; et Charles- Emmanuel , qui suit. {Voy. le pape Clément XI , sur les démêlés de Victor- Amédée avec la cour de Rome , touchant la monarchie de S cile )