CHARLES^ EMMANUEL III
1730. Charles-Emmanuel 111 , né à Turin , le 27 avril 1701, nommé prince de Piémont, depuis la mort de Philippe, son frère aîné, fut reconnu roi de Sardaigne, et duc de Savoie , le 3 septembre 1730, après l'abdication de son père. L'un des remiers actes d'autorité que fit ce prince , fut de défendre 'ordonner des prêtres dans ses états sans sa permission. Le pape Clément Xll ayant supprimé, l'an 1731 , quelques privilège* accordés par Benoît Xlll , aux sujets du rni de Sardaigne, ce monarque fait arrêter tous les revenus du pape , en Piémont f et défend à ses sujets de reconnaître , en aucune manière, la juridiction ( temporelle ) du saint siège, et d'obéir aux ordres du pape. Cette affaire occasiona un démêlé avec la cour de Rome , que la fermeté du roi de Sardaigne contraignit à la fin de plier. La mort d'Auguste, roi de Pologne , arrivée l'an 1733, ayant occasioné, pour l'élection de son successeur, une guerre entre les maisons d'Autriche et de Bourbon, Charles-Emmanuel se déclare pour la seconde. Au mois d'octobre de lamêmç année, il joint ses troupes dans le Vigevanasc, a l'armée française , commandée par le maréchal de Villars , marche luimême à leur tête , et entre , le i3 octobre, dans le Milanez.Son premier exploit fut la prise de Pavie, dont il se rendit maître « 4. novembre* Noua ne suivrons point ce prince dans le coura.
*o8 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
de cette guerre , où il donna, dans tontes les occasions , des; preuves éclatantes de sa valeur, et de son habileté dans l'art militaire. On peut voir ce qui en a été dit à l'article de Louis XV. Il suffira de dire ici , que par la paix, ou les préliminaires de la paix, signés le 3 octobre 17^5, à Vienne, le Tortonez, le Npvarez el le fief des Langhes, furent adjugés au roi de Sardaigne. Après la mort de l'empereur Charles VI , le roi de Sardaigne forme des prétentions sur le Milanez , publie un manifeste , dans lequel il expose ses droits, met des troupes sur pied pour les faire valoir, et accède au traité d'alliance du roi de France et de l'électeur de Bavière, pour être soutenu. Mais voyant les Espagnols, avec les mêmes vues que lui, faire passer des troupes en Italie , et craignant plus de voir ce duché entre leurs mains qu'en relies de la reine de Hongrie , il change tout à coup île parti, et conclut avec cette princesse,' au mois de décembre 174.1 , une convention, par laquelle , sans déroger à ses droits et prétentions , il s'engage à lui conserver le Milanez, et à en défendre, conjointement avec elle, l'entrée aux Espagnols. Aussitôt il joint ses troupes à celles de la reine ^ et s'assure du duché de Milan. Cette défection du roi de Sardaigne , qui ouvre et ferme à son gré les portes de l'Italie du côté des Alpes , a conservé le Milanez à la reine de Hongrie , et lui a encore rendu le service d'occuper quarante mille français et autant d'Espagnols, à faire dans ce pays-là de vains efforts , qu'ils eussent employés ailleurs bien plus utilement. (Journal de Louis XV. ) L'an 1742 9 Ie r0* àe Sardaigne joint aux Autrichiens , entre , au mois de mai , dans le duché de Modène , prend possession de Reggio , sans éprouver de résistance, met le siège devant la citadelle de Modène, le 1a juin , et le 27 , l'oblige à capituler. Les Espagnols , cependant, s'avançaient par la France , vers la Savoie, où , étant entrés le 8 septembre , ils s'emparèrent $ sous les ordres de D. Philippe, de Chambéri et des principales places. Mais le roi de Sardaigne, ayant ramassé un corps de vingt mille hommes, y court, et les oblige à repasser en Dauphiné. L'an 174^9 & monarque quitte son camp de Montmélian au commencement de janvier , et reprend la route de Piémont, abandonnant la Savoie aux Espagnols. L'an 1744 9 Ie* armées combinées de France et d'Espagne ayant passé le Var , le ier, avril , font di-< verses conquêtes en Piémont, battent l'armée du roi de Sar-> daigne , le 3o septembre , sous les murs de Coni , assiègent en-suite cette place, et se retirent au bout de trois semaines, tes; mauvais lems ne leur permettant point de continuer ce siège. On peut voir les suites de cette guerre à l'article de Louis XV, et à celui de Philippe Y , roi d'Espagne. Enfin , par la. paixi