‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 113 sur 277 · BONIFACE IL · texte numérisé non relu

BONIFACE IL

119a. Boniface, frère puîné de Conrad, et non pas son aîné , comme le prétend Sébast. Paoli , lui succéda au marquisat de Montferrat, qu'il gouvernait pendant son absence, et a la seigneurie de Tyr. Il était alors en guerre depuis un an , avec les Astesans quil avait défaits le 19 juin nyi, dans une bataille donnée près de Montiglio. Les prisonniers qu'il fit 9 au nombre de deux mille, en cette occasion, languirent dans les fers pendant trois ans, et n'en sortirent qu'en payant une forte rançon. Cette guerre » interrompue par des trêves ou des paix mal observées, ne fut totalement terminée qu'en 12.06. Boniface fut un des seigneurs d'Italie, qui témoignèrent lé plus d'attachement à l'empereur Henri VI. Il ne servit pas un ingrat. Ce prince , l'an 119$, par son diplôme du 4 décembre , rai fit don de la ville d'Alexandrie de la Paille, qui est nommée dans cet acte Césarée , pour effacer , s'il était possible , le souvenir de l'échec que l'empereur Frédéric, son père, avait reçu devant cette place, avant qu'elle fût achevée de bâtir. (Benvenuto di San - Giorgio , pag. 36o.) L'an 1201, après la mort de Thibaut III, comte de Champagne t ayant été choisi ur chef d'une nouvelle croisade , il se rendit avec le comte Flandre , et quatre autres seigneurs à Venise , pour demander à la république qu'elle les aidât de sa marine à conduire les armées chrétiennes en Syrie * parce que les mouvements qui se faisaient à Constantinople et dans l'Asie, ne leur permettaient pas de prendre une autre route que celle de la nier Adriatique. Le doge Henri Dandolo , avec lequel ils traitèrent , s'engagea de leur fournir des vaisseaux pour le trans— port de quatre à cinq mille hommes d'armes et de vingt m* lie fantassins , avec des vivres pour neuf mois , moyennant uiv prix convenu. Boniface! après la conclusion du traité, passa

û20 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

en France pour se concerter avec les principaux seigneurs croisés. Il les trouva rassemblés à Soissons , où il reçut ta croix des mains de l'évêque diocésain et de Foulque de NeuiUi, prédicateur de cette expédition. De là étant allé à la cour de Philippe de Suabe, roi de Germanie, il revint en Italie pour mettre ordre aux affaires de son état. L'année 1202, il vint joindre à Venise l'armée qu'il devait commander. Mais le doge ayant engagé les autres chefs à faire le siège de Zara, en Dalmatie, il s'opposa à leur délibération , et refusa de prendre part à cette expédition. Le scrupule d'employer, contre des chrétiens , des forces destinées à combattre les Infidèles, fortifié par la défense du pape, fut ce qui le retint. Mais lorsqu'il vit les croisés revenir triomphants , il changea de façon de penser, et ne (it pas de difficulté de les mener à Constantinopie pour rétablir l'empereur Isaac , détrôné par Alexis, sou frère. Ce n'est pas ici le lieu de faire le détail Je cette seconde expédition. 11 doit nous suffire de toucher les principaux événements auxquels eut part le marquis de Montferrat. La prise ' de Corfou fut la première conquête que firent les croisés en sortant de la mer Adriatique. Mais pendant le séjour qu'ils firent en cette île , la division se mit parmi eux. Plusieurs refusaient d'aller à Constantinople , par le même motif qui avait empêché le marquis d'aller devant Zara. Mais Boniface, délivré ac ses scrupules , travailla à en guérir les autres, et y réussit de manière , qu'à un petit nombre près , qui fit voile pour la Palestine, ils ne firent plus difficultés de le suivre. Les croisés menaient avec eux le jeune Alexis , fils de l'empereur ïsaac , gui était venu implorer leur assistance à Venise. Boniface , allié de ce prince , par le mariage que Conrad , son frère, avait contracté avec Théodora , fille d'Isaac, lui tenait lieu de mentor. Son oncle, le tyran Alexis, ayant pris la fuite, le 18 juillet i2o3, comme les croisés se disposaient à donner l'assaut à Constantinople , le marquis eut la satisfaction de voir, ce même jour, Isaac et son nls, rétablis sur le trône. Mais les querelles qni s'élevèrent bientôt entre les croisés et les Grecs , replongèrent cette ville dans la confusion, et précipitèrent la perte de ces deux princes. Un nouveau tyran s'étant élevé a la faveur des troubles, étrangla le fils, tandis que le père expirait dans son lit. Constantinople , assiégée de nouveau par les croisés, est prise d'assaut le 12 avril 1204. ^ marquis s'était emparé du palais de Bucotéon , y trouva deux geandes princesses, Agnès, sœur du roi Philippe Auguste, et l'impératrice Marguerite , tante de Béla IV, roi de Hongrie, et veuve d'Isaac, qu'il traita, l'une et l'autre, avec les bonrieurs -dus à leur rang, et dont il épousa la seconde Sop

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