‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 114 sur 277 · DES MARQUIS DE MONTSERRAT · texte numérisé non relu

DES MARQUIS DE MONTSERRAT

bamanilc et sa religion parurent aussi dans la défense qu'il fit au soldat, en lui permettant le pillage, d'attenter à la vie - des citoyens, à l'honneur des femmes ^ et aux trésors des églises : défense, à la vérité , qui fut mal observée, comme le témoigne la lettre du pape , écrite au marquis pour se plaindre du pillage des églises , et des- violences faites aux femmes par les croisés. 11 fit aussi preuve d'équité, en ordonnant que tout le butin serait apporté dans trois églises, pour être partagé entre les Vénitiens et les Français. Douze électeurs, tirés pdr moitié de ces deux nations, s'élant ensuite mis en devoir de procéder à l'élection d'un empereur latin , le plus grand nombre penchait pour le marquis de Montferrat; mais le doge Dandoloy craignant pour sa république l'agrandissement d'un prince dont Tes états avoisinaient les siens, fit donner la préférence au comte de Flandre. Le marejuis, après le couronnement du nouvel empereur, fut investi par lin -du domaine de l'île de fcrète, ou Candie , et de tous les pays situés au-delà du Bosphore, comme on en était convenu avant l'élection. Mais, peu content de ce lot, il obtint, en échange des terres d'Asie, le district de Thessalonique , qui fut érigé en royaume. Les Vénitiens lui payèrent , de plus, mille marcs d'argent pour l'île de Candie qu'il leur céda. Mais à peine fut-il en possession de son royaume, qu'il se le vit enlever par l'empereur Baudouin avec lequel il s'était brouillé. Irrité de cette perte , il alla , par représailles , faire le dégât jusqu'aux portes de Constantinople. Il eût poussé sa vengeance plus loin, sans l'intervention du doge de Venise et des comtes de Saint- Pol et de Blois, qui ménagèrent sa réconciliation avec l'empereur. Son royaume lui ayant été rendu , il employa ses soins à l'affermir et à l'étendre par ses conquêtes. Il assiégea Corinthe, où régnait le ci-devant empereur Alexis, et s'en étant rendu maître , il envoya ce prince et son fils sur un vaisseau de Porto-Vénéré , à Gènes, où Guillaume, son fils, vint prendre ces deux illustres prisonniers pour les amener à Montferrat. Mais pendant son absence , la ville de Thessalonique s>tant révoltée , l'an i2o5, contre la reine, sa femme, reçoit un seigneur bulgare , nommé Exismeno, à qui elle défère la souveraineté, La reine, assiégée dans- le château où elle s'était retirée, s'y défend en héroïne. Son époux , s'étant mis • en marche pour venir à son secours, apprend sur la route qu'elle a forcé l'ennemi à lever le siège. L'an 1207, Agnès , sa fille, épouse, le 4 février, dans Sainte-Sophie /l'empereur Henri , frère et successeur de Baudouin. Boniface termina ses jours la même année. Sa mort est racontée diversement. BenvtQuio dit qu'elle fut occasionée par une flèche empoisonnée,

dont il fui blesse au siège de Satalie, ville de l'Asie mineure, que le sultan d'icouium avait enlevée aux Grecs. Du Canee dit au contraire que ♦ revenant de Constantinople avec peu de gens , il tomba dans dans un parti de bulgares , qui lui cou-* pèrent la tête , et l'envoyèrent au roi leur maître. Il avait été marié deux fois De sa première épouse, ëléonorb , fille d'Humbert III, comte de Savoie, il laissa Guillaume, qui lui succéda au marquisat de Montferrat, et Agnès , dont on vient de marquer le sort. L'impératrice M arguerite , sa seconde femme , veuve de l'empereur Isaac l'Ange , le fit père de Démétrius , qui eut en partage le royaume de Thessalo nique.

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