THÉODORE II
i38i. Théodore, né l'an i364, successeur de Jean, son frère, dans le marquisat de Montserrat, avait été confié, dès son enfance, par son père, à Jean-Galéas Visconti t comte de [Vertus, pour être élevé auprès de lui avec son fils. Bans, h
DM MABQUIS DE MOKTFERRAT. a3j
trêve dont nous avons parlé, conclue, Pan 1^79, entre Jean* Galéas et Ollon de Brunswick, comme tuteur et gouverneur du marquis Jean 111 et de ses frères, il y avait un article portant que le jeune Théodore ne pourrait faire avec Jean-Galéas aucun accord capable de lui porter préjudice ou à ses frères. Mais après la mort de Jean 111 , le marquisat étant dévolu à Théodore, Jean Galéas obligea celui-ci , qu'il tenait toujours en son pouvoir, de faire avec lui un traité de paix ♦ dont un des articles portait que chacun d'eux retiendrait les lieux dont il était en possession. Par là, Jean-Galéas demeura maître d'Asti et de son territoire. Cette ville, dans la suite, fil partie de la dot de Valentine , sa fille , lorsqu'elle épousa Louis , duc de Touraine. Théodore , Tan i385 , eut , avec le.comte de Savoie , une guerre qui dura cinq mois , et fut terminée par la médiation de Jean-Galéas , alors seigneur de Milan. Il épousa , Fan i3o,4, à Chivas, Jeanne , fille de Robert , duc de Bar, qui lui apporta trente-deux mille livres en dot. Nouvelle guerre, co 1096, entre le marquis de Montserrat et Amédée Vlll, comte de Savoie, au sujet de leurs limites respectives. Louis, prince d'Achaïe , frère du comte , ayant soudoyé des troupes licenciées de France , s'empare de Montevico et d'autres lieux. Le duc de Milan , choisi pour arbitre l'année suivante, ne vint à bout d'établir entre les parties qu'une trêve qui fut prolongée à diverses fois. Mais le marquis ne put recouvrer Mon* tevico, dont la perte fut sans retour pour lui. Malgré le regret qu'elle lui causait , devenu veuf, le iS janvier i4°a, par la mort de Jeanne de Bar, son épouse, il ne laissa ras de s'allier, l'année suivante, à Marguerite de Savoie, tille de ce même Louis, prince d'Achaïe. L'an i4°9i ^es Génois, pendant l'absence de Boucicaut, leur gouverneur, ayant secoué le joug des Français , se donnent au marquis de Mont-» ferrât, qui fait son entrée à Gênes, le 5 du mois de septembre. Boucicaut apprend cette nouvelle à Milan , et se met en mouvement pour aller soumettre les rebelles; mais le marquis , étant venu au-devant de lui dans l'Alexandrin , lui livre une bataille où il le met en déroute. Les Français sont obligés de repasser les Alpes , et le gouvernement de Gènes demeure entre les mains du marquis.
L'an i4' 4 9 l'empereur Sigismond , par ses lettres données àHeidelberg, le 20 septembre , établit Théodore et ses successeurs au marquisat de Montferrat , vicaires perpétuels de l'empire , en Lombardie , privilège qui leur fut confirmé dans la suite par les empereurs Frédéric III et Maximilien , son fils. L'an 1418, le marquis Théodore finit ses jours, et fut inhumé aux Frères mineurs de Moncalvi. Marguerite de Sa-
Voie, sa seconde femme, après l'avoir perdu, se fit religieuse au monastère de la Madelaine d'Albe, où elle finît saintement ses jours, au mois de novembre i4^4* ^e son premier mariage il laissa un fils, qui suit ; et Sophie, alliée, iQ. à Philippe-Marie Sforce , comte de Paviej a°. à Jean II Paléologue , empereur grec.