PUIS DUCS DE MILAN
lVllLAN, ville de l'insubrie, fondée par les Gaulois, qui , sous Vellovèse , s'établirent en Italie vers Pan de Rome 1 70 ( 584 avant Jésus-Christ), devint la capitale d'un royaume, dont Viridomar fut le-dernier roi (222 avant Jésus-Christ). Milan alors, avec toute l'insubrie , passa sous la domination des Romains. Les Huns , les Goths, les Lombards, conquirent successivement cette ville avec son territoire , dans les cinquième et sixième siècles de l'église* Après la ruine du royaume de ces derniers , elle tomba sous la puissance de Charlemagne , et fut comme incorporée dans la suite au nouvel empire d'Occident. Mais depuis que cet empire eût été transporté en Allemagne, la ville de Milan ne pouvant s'accoutumer à la dureté du gouvernement germanique , travailla à se mettre en liberté , toutes les fois que la faiblesse , ou les embarras des empereurs lui en fournirent l'occasion. Elle ne le fit pas toujours impunément. On a vu, à l'article de l'empereur Frédéric 1 , le traitement affreux qu'elle s'attira, l'an 1162, par sa révolte. S'étant rétablie peu de tems après , le souvenir de ses malheurs ne la rendit que plus disposée à secouer le joug des Allemands : elle s'en affranchit insensiblement , à la faveur des troubles qui s'élevèrent entre le sacerdoce et l'empire. Mais incapable de se former en république, par la division des habitants, elle eut pour maître les chefs des factions qui se formèrent dans son sein.. Trois familles dominèrent l'une après l'autre à Milan, les Torriani , ou délia Torre (de la Tour), les Visconti et les Sforces. Nous trancherons court sur la première, parce qu'elle n'eut qu'une
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autorité chancelante à Milan , et qu'elle n'y établit point un gouvernement fixe.
L'an 1*57, Martin dëlla Torre, s'étant mis à la tête d'une sédition qui s'était élevée dans Milan, chasse de la ville l'archevêque Léon Perégo , avec tous les nobles, et prend en main le gouvernement. Le 4 avril de Tannée suivante, l'archevêque et les nobles rentrent à Milan , en vertu d'un accommodement conclu par le légat Philippe de Fontana ; mais cette paix, nommée la paix de saint Ambroise , fut de courte durée. Le 29 juin de la même année, l'archevêque et le* nobles sont de nouveau chassés. Martin et les Milanais accèdent , l'an 1269, à la ligue formée, le 11 juin , entre le marquis Obert Pallavicini , le marquis d'Est, les Ferrarais , les Mantouans et les Padouans, contre Eccelin, tyran chassé de Padoue, qui désolait la Lombardte par ses brigandages et ses cruautés. S'étant mis en campagne pour aller joindre les confédérés, Martin apprit, par ses espions, le 17 septembre, qu'Eccelin venait de passer l'Adda, et dirigeait sa route vers Milan. A cette nouvelle, il se hâta d'y retourner. Eccelin , voyant nar là son coup manqué, se venge sur Monza, dont il brûle les faubourgs. Vers la fin de la même année , Martin s'empare de Lodi , où s'étaient réfugiés les nobles bannis de Milan. Mais considérant la forte haine de ses ennemis , et craignant d'en être la victime tôt ou tard , il persuade au peuple de Milan de conférer, pour cinq ans seulement, la seigneurie de leur ville au marquis Obert, espérant de conserver son autorité à l'ombre de celle du marquis. Obert accepta l'offre ; mais loin de remplir les vues de la famille délia Torre, son principal soin fut de l'abaisser. Cependant , il ne put ruiner le crédit de Martin , qui posséda toujours la confiance du peuple. L'an «260, les bannis de Milan s'étant emparés du château de Zuhiago , Martin court aussitôt l'assiéger , force les défenseurs à se rendre , et les emmène tous enchaînés à Milan. Le peuple veut les faire mourir ; Martin s'y oppose : Je n'ai jamais su faire un homme, dit-il , ni me donner un Jils ; et par cette raison , je ne veux défaire aucun homme» Ils sont exilés en divers endroits. L'an ia63, le marquis Obert et Martin délia Torre vont assiéger, au mois d'avril, dans Arona, Otton , Visconti , nouvel archevêque de Milan , sacré malgré eux par le pape , prennent la place, et obligent le prélat de retourner a Rome. Martin, la même année, finit ses jours le 18 décembre, Otton Visconti, suivant les annales du Milanez, fut nommé, cette année, archevêque de cette ville par le pape Clément IV, contre le gré du peuple, qui connaissait son atta*chement pour la noblesse. \je pape , apprenant qu'on refusait de lç reconnaître , et quop lui enlevait ses domaines , frappa h