‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 131 sur 277 · MATHIEU H, BERNABO ET G A LÉ AS IL · texte numérisé non relu

MATHIEU H, BERNABO ET G A LÉ AS IL

i354. MvraiEU 11 , Bernabo et Galbas 11 , tous trois fils d'Etienne Visconti, frère de Jean, succédèrent à leur oncle, dans l'état de Milan , qu'ils partagèrent par égales portions , à l'exception de Milan et de Gânes , qu'ils possédèrent par indivis. Mathieu, ami de l'oisiveté, quoique sensible aux offenses, ne ressemblait à Mathieu le Grand, son aïeul, que de nom. Né avec un esprit et des goûts peu militaires , adonné aux femmes , il perdit avec elles les forces de son corps et de son esprit. H usait alors , dit Paolo Giovio ( vite de Dodeci Vk- CQnti , Hv. 7, pag. 127 ), de remèdes étranges , pour s'exciter » de nouvelles débauches. Une fièvre lente , occasionée par ses excès , le conduisit au tombeau , le 26 septembre i355. Valen- Une , sa mère , accusa Galéas et Bernabo , ses frères , de l'avoir

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empoisonné dans du porc frais , qu'il aimait beaucoup. Il avait épousé Egimole de Gonzague, sœur d'Isabelle, mariée à ftodolfe de Habsbourg, comte d'inspruck, et d'Eléonore , mariée à Guido 1 Torefii , descendant des anciens souverains de Ferrare. Mathieu, de ce mariage, eut deux filles, Orsina,' mariée à Hugolin de Gonzague, et Catherine, alliée àRaldazar Pusterla, seigneur fort riche pour ce tems-là. Il fut inhumé à Saint-Eustorge de Milan ; et comme il ne laissait aucun enfant mâle , ses deux frères héritèrent de sa part , à l'exception de Bologne, qu'il s'était laissé enlever par Visconti d^Olégio. Ils obtinrent, la même année , de l'empereur Charles IV , le vicariat de Lombardie. Leur union les défendit contre une ligue puissante formée par les Florentins et les marquis d'Est , de Mantoue et de Montferrat. Mais elle ne put les maintenir dan* la possession de l'état de Gênes. Les Génois, las d'une domination étrangère, se soulevèrent, en. i356, contre les officiers milanais qui commandaient à Gênes, les chassèrent, et rétablirent le dogat.

Bernabo Visconti, l'an i35y, voulant occuper ses troupes, les fit passer , au commencement de juin , sous le commandement de Galasso Pio , dans le Modënois , où elles firent de grands dégâts. De là , étant entrées , au mois de juillet , dans ie Bolonais , elles furent rencontrées par les milices des Gonzagues, des marquis d'Est, et des Olégio , qui les poussèrent si vigoureusement , qu'elles furent contraintes de reprendre , en diligence, la route de leur pays. ( Johan. de Bazano Chron. apud Murât Rer. ital. , tom. XV. ) Les Visconti se dédommagèrent de ce revers au mois d'août, par la prise de Borgoforte ; après quoi , étant passés dans le Mantouan , ils en assiégèrent la capitale. Hugolin de Gonzague, et le comte de Lando, capitaine allemand, pour faire diversion, se jetèrent dans le Milanez, où ils mirent tout à feu et à sang; ce qui obligea Jean Bizozero, général de Bernabo, de lever le siège de Mantoue pour marcher contre eux. Les deux armées s'étant rencontrées au passage de l'Oglio, celle de Bernabo fut mise en déroute , et son général , avec beaucoup d'autres , fait prisonnier.(Villani, 1. S , c. 18). Mais telle était son habileté , qu'il savait toujours se relever de ses pertes , de manière à se rendre plus redoutable qu'auparavant. Les Gonzagues, les marquis d'Est , et leurs alliés , las d'une guerre ruineuse , commencèrent les premiers à demander la paix. Leurs plénipotentiaires s'étant rendus à Milan , elle fut conclue , le 8 juin i3S8 , en présence des ambassadeurs de l'empereur Charles IV. Mais , en la signant , les Visconti n'avaient point renoncé à leurs vues de conquêtes. Contents d'avoir rompu la ligue forméé contre eux , Bernabo et Galéas , son frère , reprirent ,

Des seigneurs dé milan. &$j

tfn k35<), le siège de Pavie , qu'ils avaient commencé dès Pan i356, et forcèrent la place à se rendre, après lui avoir fait éprouver les horreurs Je la famine et de la peste. Pour la tenir en bride , Galéas^ à qui elle demeura , y Fit construire un châ-* teau , parce qu'il connaissait la haine des Pavesans contre les Milanais. Mais , pour repeupler cette ville , et lui rendre son premier lustre , il y fonda une université.

Bernabo avait toujours en tête le recouvrement de Bologne, Qui , ayant été vendue , comme on Fa dit , l'an i35o , par Jean de Pépoli , à Jean Visconti, archevêque de Milan, avait été ensuite usurpée , Fan i355, par Jean d'Olégio. L'armée qu'il envoya , Tan i35c), contre cette ville, dont le territoire, par son étendue, valait une province, ne remporta pas les avan— toges qu'il en espérait. Jean d'Olégio prévoyant néanmoins qu'il succomberait tôt ou tard aux efforts de Bernabo , cède Bologne, l'an i36o , au cardinal Gille Albornoz, qui lui donne en échange la ville de Fermo. ( Chron, Bonon. Rer, ital. , tom. XVIII. ) Le cardinal , avec le secours des troupes qu'il obtint du roi de Hongrie , força celles de Bernabo d'évacuer le Bolonais. La ligue s'étant renouvelée contre ce dernier, en i36a 7 mit dans ses intérêts le pape Urbain V, qui , l'année suivante , au mois de mars, fulmina une sentence d'excommunication contre lui* Bernabo n'en tint compte , et n'en poursuivit pas avec moin» d'ardeur l'exécution de ses projets. Une grande victoire que remporta sur lui, la même année * Feltrin de Gonzague, ne le déconcerta pas. (Corio istor di Milano). L'empereur Charles IV étant arrivé , Van i368, en Italie, pour appuyer le pape et les confédérés , Bernabo s'allia avec Cane de l'Escale, seigneur de Vérone , pour lui résister. Voyant l'inutilité de ses efforts contre les Visconti , l'empereur convient avec eux d'une trêve qui , l'année suivante, au mois de février, est convertie en un traité de paix où sont compris d'une part , les Visconti et le seigneur de Vérone; de l'autre, le pape, l'empereur > la reine de Naples , le marquis d'Est , les Gonzagucs , les Malatesta , et les Commaces de Sienne et de Pérouze. ( Muratori ) L'an t '6j if Bernabo acquit de Feltrin de Gonzague la ville de Reggio. Nouvelle ligue formée , l'an 1372 , contre les Visconti t à l'occasion de la ville d'Asti , qu'ils voulaient enlever au marquis de Montserrat. Le pape Grégoire XI, le comte de Savoie, le marquis d'Est, François Carrare et les Florentins, envoient des troupes au secours de la place assiégée par Galéas , qui , à la fui , est. obligé de se retirer les mains vides D'un autre côté^ Bernabo, son frère, étant eutré dans le Modénois , où il faisait le d gat , attaqué le 2 juin par l'aimée des .confédérés i qu'il met en déroute après un sanglant combat. Le gain de cette bataille lui ■ XV1I« 33

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fac élite la conquête de Corrégio. Les confédérés envoient des nouvelles forces contre les deux frères. On se harcèle de part et d'autre , et la campagne se termine par une trêve que le roi de France , Charles V, avait ménagée. La guerre recommerce le 5 janvier de Tannée suivante. Les troupes de Bernabo sont battues sur le Panaro , dans le Bolonois , par Jean Aucud , fameux partisan anglais , qui , s'étant donné d'abord aux Vis— conti, les avait ensuite abandonnés pour passer au service de la ligue. Le H mai de la même année , Aucud remporte une seconde victoire au pont de Chiesi sur les Visconti. Le marquis de Montferrat , Hugolin et Galéas , sont du nombre des prisonniers faits à cette journée. Le Bergamasc s'étant révolté peu de tenis après, Bernabo envoie son bâtard Arobroise pour réduire ce pays. Ambroise est pris dans une ambuscade et-mis à mort par les paysans, le 17 août.

L'an 137.5 , les affaires d'Italie changent de face. Ce n'est plus la Lombardie qui est le théâtre de la guerre , ni l'ambition îles Visconti , qu'il s'agit de réprimer. La tyrannie des officiers du pape Grégoire XI attire toute l'attention des puissances italiennes , en même tems qu'elle fait soulever les villes de l'état ecclésiastique. 11 se foririe , pour appuyer ces villes , une confédération dans laquelle entrent la reine de Nanles, Bernabo, les Florentins , les Pisans et les Siennois. Plus de quatre-vingts places secouent le joug du pape , et se maintiennent dans leur révolte , malgré les efforts du partisan Aucud et de ses Anglais,

Î)our les faire rentrer dans le devoir. ( Muratori. ) Galéas mourut, e 4 août 1378, à l'âge de cinquante-neuf ans. Dans ses dernières années , il avait pris peu de part aux affaires qui ne concernaient pas ses états. C'était dans la compagnie des gens de lettres, dont Pétrarque était le plus distingué, qu'il passait une partie de son tems. Ce fut , à la persuasion de cet homme célèbre qu'il fonda une grande bibliothèque, et établit l'université de Pavie. Son goût pour l'architecture se manifesta par

Îdusieurs beaux édifices qu'il fit construire. Ce fut lui qui bâtit a superbe citadelle de Milan. Le pont qu'il éleva sur le Ttsin, est regardé comme un chef-d'œuvre de l'art. Pétrarque , si avare de louanges , même pour les grands hommes de son siècle , ne peut contenir son admiration , ni supprimer ses éloges en parlant du palais que ce prince avait construit dans la partie septentrionale de la ville de Pavie. Galéas , s'écrie-t-il , a surpassé f dans ses autres ouvrages , les princes Us plus puissants de i 'Europe ; mais ici il s V jr surpassé lui-même. A ce palais , où il avait rassemblé les plus belles peintures, était joint un parc qui avait quinze milles de circonférence. Pour lui donner cette étendue , il fallut empiéter sur les propriétés de plusieurs fa-

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