FRANÇOIS-MARIE SFORCE
i5ai« François -Marie Sforce , deuxième fils du duc Ludovic , arriva de Trente (où il était depuis six ans) sur la fin de novembre a Milan, et y fut reçu avec de grandes démonstrations de joie. L'an i522, la funeste bataille de la Bicoque, que les Suisses forcèrent Lautrec de livrer aux impériaux, le 32 avril , fit perdre aux Français le duché de Milan , dont François-Marie fut miar*en possession. Le roi de France étant arrivé, Tan 1624, en Italie, Sforce, a son approche, abandonna Milan. 11 y rentre, Tannée suivante, après la bataille de Pavie , gagnée le 24 février par les Impériaux sur les Français y maïs les victorieux ne lui laissent que le titre de duc, et s'emparent du gouvernement. Jérôme Moroné , chancelier du duc , forme alors le projet de chasser les Impériaux d'Italie, et réussit à le faire adopter par le pape et les Vénitiens. Le complot est découvert ; et le duc , comme s'il eût été complice , est déclaré déchu de tous ses droits, et obligé délivrer ses meilleures places. Antoine de Lève étant entré dans Milan , contraint les habitants de prêter serment de fidélité à l'empereur. On conclut à Cognac, le 2.2, mai 1626, entre le pape, le roi de France et les Vénitiens , une ligue , dont un des objets était de rétablir le duc de Milan ; mais les efforts des confédérés furent impuissants, parce que leurs opérations furent mal concertées. Fnfin, Tan 1529, François-Marie, étant venu trouver l'empereur à Bologne, obtint de lui, le 26 décembre, par la médiation du pape qui était présent , l'investiture du duché de Milan , moyennant neuf cent mille ducats d'or, payables en différents termes, et à d'autres conditions onéreuses. L'an- i535 , le 24 octobre ( et non dans le mois de novembre , comme le marque Ferreras) , François-Marie meurt sans laisser d'enfants de Christine, fille de Christiern II , roi de Danemarck , qu'il avait épousée l'an 1 534- ' L'empereur alors s'empare du Milanez , comme d'un fief dévolu à l'empire. L'an i54o, le 11 octobre, il donne l'investiture de ce duché à Philippe, son fils. Ce prince , et tous les rois d'Espagne, ses successeurs, possédèrent le Milanez jusqu'en 1706. L'empereur Joseph 1 s'en rendit maître alors, et Charles VI , son successeur , s'en fit confirmer la
DES
Parme, ville de l'Emilie, sur la voie flaminienne et la rivière de Parme qui la traverse , fondée par les Boïens gaulois , devint Colonie romaine, Tan S69 de Rome , cent quatre-vingt-quatre ans avant l'ère chrétienne, sous le consulat de M. Claudius Marcellus et de Q. Fabius Labeo. Ayant souffert beaucoup, pendant le triumvirat , par les vexations des gens d'Antoine , elle fut dédommagée de ses pertes par les bienfaits d'Auguste, qui la repeupla par une nouvelle colonie ; en reconnaissance de quoi elle prit le nom de Julia Augusta Colonia.
Celte ville, dont l'évêque est suffragant de Bologne, passe aujourd'hui pour Tune des plus belles de Lombardie. On fait monter à trente mille hommes le nombre de ses habitants. Elle est située dans une plaine agréable ; ses rues sont larges et propres , et sa grande place a des arcades qui régnent des deux cotés. L'hôlel-de-ville , qu'on nomme Anzianato , est de même orné d'un grand portique , où se tient le marché au blé quand il pleut. Le palais ducal, situé sur le bord méridional de la rivière, communique , par un petit pont, à la citadelle qui passe pour très - forte. On vante le théâtre de Parme , construit par le fameux de Vignole , comme un ouvrage d'architecture ui n'a point de pareil en Italie. Parme est (a capitale d'un uché dout la population monte à trois cent mille hommes. Plaisance (Placentia), capitale d'un autre duché, qui fait partie des états de Parme, ne le cède guère à celle-ci pour la beauté des édifices ; mais elle lui est intérieure, de près des deux tiers , pour le nombre des habitants. Son évêque, comme celui de Parme, relève de l'archevêque de Bologne.
Après la destruction de l'empire d'Occident, Parme et Plaisance eurent la même destinée que les autres villes de l'Emilie. t Subjuguées , l'an 5;o , par les Lombards , elles restèrent,
i espace de vingt ans, sous leur domination, d'où elles passée rent, 590 , sous celle des Grecs. Ce furent les ducs de ces deux villes 9 ainsi que celui de Reggio qui se donnèrent volon* mûrement a l'exarque Smaragde , effrayés par l'armée du roi Childebert qui était en marche pour venir se joindre à celle des Grecs , et fondre avec elle sur les Lombards; ( Paul. Diac. I. 2 , ch. 4.) Charlemagne ayant conquis, l'an 774, le royaume de LombarJie, Parme et Plaisance ne furent point exceptées du nombre des villes oui tombèrent sous ses lois, comme queloues-uns le prétendent, en soutenant qu'elles faisaient partie oe celles dont Pépin le Bref avait fait douation à l'église romaine. La preuve qu'ils se trompent est visible dans le partage que Charlemagne fit de ses états à la diète de Thionville, entre ses trois fils, Charles <, Pépin et Louis. On voit en effet Parme et Plaisance comprises , avec leurs territoires, dans rénumération que ce partage fait des différentes parties du royaume d'Italie , qui devaient appartenir a Pépin. (Bouquet , tom. V, pag, 77 1- 772.) Lorsque l'empire fut transporté en Allemagne, ces deux villes, profitant de l'éloignement de leurs souverains , surtout après la mort <TOtton I , commencèrent à se donner des lois, et à se. former en .républiques» Il n'y eut pas cependant une coalition indissoluble d'intérêts entre Parme et Plaisance. Les annales -de celle-ci nous apprennent que ses habitants ayant formé , l'an 1 14$, le siège du château de Tabiano , les Parmesans et les Crémonais accoururent au secours de la place , et battirent les assiégeants de manière que la plus grande partie d'entre eux resta prisonnière. ( Mural. Rer. Italie. , tom. XVI.) Lès Plaisantins prirent leur revanche, en n5a, par la conquête qu'ils firent sur les Parmesans du château de Medesana, «orit ils détruisirent jusqu'aux fondements. Mais les Crémonais s étant rendus médiateurs entre eux , engagèrent les seconds à faire la paix en rendant aux premiers les prisonniers qu'ils avaient faits sur eux. Sigonius {de regno ItaL, liv. 12.)
parle , sous la même année, d'une autre guerre qui s'éleva entre les Reggianais et les Parmesans. Ceux-ci dévastant, les armes à la main , les bords de la Secchia , les lleggiauais accoutrent pour les arrêter. Mais ils furent défaits, et plusieurs d'entre eux , ayant été faits prisonniers , furent /envoyés , le jour de l'Assomption , en chemise , un bâton à la main , après avoir reçu chacun un soufflet sur la joue. C'est encore Sigonius qui nous apprend, sans citer de garant, qu'en n53, les Plaisantins , ligués avec les Crémonais, en vinrent aux main* , Je afi juin , à Casolecchio , avec les Parmesans , qui , les ayant «ajtus , emmenèrent un grand nombre d'entre eux dans les Prisons de Parme. La discorde se mit ensuite entre les Crémo-
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nais et les Plaisantins , qui, l'an 1 i55, étant entrés sur le territoire des premiers , le saccagèrent, et répétèrent, pendant trois 'ans, les mêmes actes d^iostilité. Excédés par les pertes qu'ils essuyaient , les Crémonais en portèrent leurs plaintes, Tan u5tt, à l'empereur Frédéric ^ qui tenait alors la diète de Koncaille. Le monarque, faisant droit sur leur requête, mit au ban de l'empire les Plaisantins. Pour le faire lever , il fallut qu'ils consentissent , outre une grande somme d'argent qu'ils pay^ent , à démolir les bastions qu'ils avaient élevés depuis trois ans , et toutes les anciennes tours qui défendaient leurs murs. Nouvelle guerre, en 1199, ^es Parmesans contre les Plaisantins, à l'occasion de Borgo San-Donnino , que l'empereur Henri VI avait engagé aux seconds pour la somme de deux mille livres impériales. Ceux ci , pour se mettre en possession de cette terre , appelèrent à leur secours les Milanais , les Bressans, les Comasques, les Astesans, les Novarrais, et les Alexandrins. De leur côté , le* Parmesans eurent pour confédérés les Reggianais , les Modénais et les Crémonais. L'armée des Plaisantins, s'étant approchée du territoire contentieux, le trouva défendu par un vaillant corps de combattants qui l'obligea de battre en retraite , et lui prit deux cents cavaliers qui furent traînés aux prisons de Parme. (Murât. Annal. d'Ital. tom. Vil.) Les Plaisantins, l'année suivante, firent encore une plus grande perte dans une guerre qu'ils eurent avec ceux de Crémone. N'ayant plus d'ennemis étrangers à combattre, ils se firent la guerre entre eux. Le peuple, soulevé contre la noblesse, chassa , Tan 1218, son podestat Gui (Je Busto , milanais , et traita de même tous les nobles l'année suivante.
L'an 1245, l'empereur Frédéric II, étant devenu le maître à Parme , envoya ravager le Plaisantin où le pape avait ordonné aux parents et amis qu'il avait à Parme , de se retirer. C'étaient les San-Vitali , les Kossi , les Corrégio : le cardinal-légat Grégoire de Montelungo lança en même teras l'excommunication contre Frédéric 11. Ce prince, qui avait déjà passé Turin pour se rendre à Lyon, furieux contre les parents et adhérents d'innocent IV, qu'il avait jusqu'alors traités avec clémence, fit ruinerieurs châteaux et confisquer leurs biens. Mais les bannis, sous les ordres de Hugues San-Vitali, au moyen des intelligences qu'ils entrenaient à Parme, marchèrent avec un gros corps d'armée contre cette ville. Son podestat, Henri Testa, nommé par l'empereur, vint au-devartt d'eux avec les milices parmesan es , jusqu'à la rivière de Taro , et périt dans le combat sanglant qu'il leur livra au bourg du même nom, le 16 juin 1247* Les bannis, après cette victoire étant rentrés à Parme, massacrèrent Mainfroi Cornazani, et la plupart des partisans de
DÉS »tr« DÈ *ÀfttfE fct DË ÉtAIÔÀNCË. *8k
^empereur; Gérard Corrégio fut aussitôt proclamé podestat par le peuple , qui ^ s'étant en mêmô tems emparé des tours du palais de la commune, en chassa les Impériaux ; Entius, fils naturel de Frédéric, commandant pour lui en Lombardie, faisait alors le siège du château deQuinzano, dans le Bressan, L'ayant levé, il se replia sur le Parmesan. Frédéric, arrivé précipitamment dans le voisinage de Parme , le 2 août , exerça sa vengeance dans les environs de cette ville ; et pour la tenir èn échec , H fit bâtir vis-à-vis une autre ville qu'il nomma Vittoria* Le siège de Parme traîna en longueur, et fut. terminé au désavantage de l'empereur par une sortie faite en février 1248, dans laquelle les troupes pontificales défirent totalement les Impériaux, et pri-* rejit d'assaut Vittoria, tandis que Frédéric était à la chasse. On rfit main-basse sur les Sarrasins et les Grecs de laPouille et de a Marche trévisane que le fameux Ecelin Da-Romano commandait; mais on fit quartier aux Lombards. Parmi les morts se trouva Taddée de Sessa , qui avait plaidé la cause de Frédéric au concile de Lyon. Le butin que l'on fit en or et en joyaux était inappréciable ; la couronne impériale , ainsi que le saint suaire de Parme, y furent compris. On prit aussi le Caroccio, que les Crémooais y avaient amené , et le tout fut transporté à Parme. Les fuyards furent poursuivis jusqu'au Taro , et perdirent plus de deux mille hommes dans leur déroute. Les vainqueurs, après cela , mirent le feu à la nouvelle ville, dont ils arrachèrent jusqu'aux fondements. (Chron. Parmense.) Frédéric cependant avait coutume de dire qu'il n'enviait rien aux empereurs, ses prédécesseurs, puisqu'il possédait Ecelin Da-Romano et Obert Palavicini, deux hommes d'une valeur et d'une prudence incomparables. Il donna, en ia54, à ce dernier , la seigneurie de Plaisance pour la réunir à celles de Crémone , de Bussetto , deBorgo San-Donnino , et d'un très-grand nombre de fiefs dont il était déjà pourvu. Obert Palavicini ut ensuite une tentative sur Parme, avec le secours des Gibelins , qui recommençaient à se multiplier dans cette ville, et dans ce dessein, il entreprit de se rendre maître de Colorno. Mais un vil tailleur d'habits , dit Muratori , s'étant fait reconnaître chef du peuple, fit manquer le coup , et obligea Palavicini de retourner à Crémone. Palavi-t cini essuya , l'an 1267 , un autre affront encore plus sensible. Le parti des Guelfes ayant prévalu à Plaisance , le chassa de la ville , avec Libertin Lando , son fidèle adhérent; ce qui occasiona une guerre civile entre les Guelfes et les Gibelins. Les Plaisantins s'étant réconciliés en 1261 avec Palavicini , lui rendirent leur seigneurie pour quatre ans. Ubertin Lando demeurait cependant toujours banni de Plaisance. Mais il se vengeait par de: fréquentes courses qu'il faisait avec d'autres nobles , compa-. XYH. * 36
«gnons de son exil, sur le territoire de cette ville. Les Plaisantins 4 pour se mettre à couvert de ses déprédations , prirent le parti de se donner, Tan 1271, à Charles I, roi de N a pies. (Cfiron. Placent, ) Sous le règne de Charles II , son fds , les Plaisantins, gagnés par Albert Scott i , reconnurent celui-ci pour capitaine et seigneur perpétuel de leur ville. Mais, Tan i3o4, mécontents .de son gouvernement , ils formèrent au mois d'août , une conjuration pour le déposer. Scotti l'ayant réprimée, mais non pas étouffée , par la mort ou l'exil de ses principaux chefs T elle se renouvela au mois de novembre suivant avec plus de fureur qu'auparavant. J^es bannis étant venu saccager le territoire de Plaisance r Gibert de Gorrégio, qui , Tannée précédente , s'était fait déférer la seigneurie de Parme, accourut avec ses milices, sous couleur d'apporter du secours à Scotti, et trancha, par un jeu de main , la querelle , en persuadant à Scotti de se retirer à Parme ; après quoi f il se fit proclamer seigneur de Plaisance* C'est ainsi, dit Muratori, qu'un renard en chassa un autre. Mais la fraude de Corrégio n'eut pas le succès qu'il espérait. Les Plaisantins, qui n'avaient pas chassé leur maître pour en avoir un autre, décrièrent tout d'une voix que Corrégio eût a s'en retourner promntement à Parme, Scotti fut ensuite chassé avec ses amis ; ses palais furent rasés , et les bannis rappelés.
L'an i3aa, Verzusio Lando, pétant concerté avec le légat Bertrand Poyet , manœuvra une conjuration à Plaisance , où il entra de nuit , le 8 octobre , avec un corps de cavalerie que le prélat lu? avait fourni. Béatrix , femme de Galéas Visconti , étant alors dans cette ville avec Azzon , son fils, eut l'adresse de le faire échapper et conduire sous bonne garde à Fiorenzuob; après quoi , elle fut elle-même conduite honorablement hors de la ville, où le légat fit son entrée le 27 novembre, et reçut, au nom de Jean XXII , les hommages des habitants , qui élurent pour seigneur le pontife ioio tempore oilœ suœy disent les annales de Plaisance. ( Voyez Azzon Visconti, seigneur de Milan. ) Le même légat eut l'habileté d'engager les Parmesans, le 27 septembre 1^26, à se donner au pape vacante imper h. Le pontife ne conserva néanmoins que deux ans le domaine de Parme. Passe ri n de la Torre , qu'il y nomma gouverneur , accablant d'impôts le peuple, Marsillio de Rossi et Azzon de Corrégio, irrités de ce traitement, chassèrent, le premier août t32o\ la garnison papale, avec l'aide de Mastin de l'Escale, neveu d'Azzon, par sa mère, et s'établirent seigneurs de Parme. Il en arriva de même à Keggio , dont les Manfredi , unis aux Fogliani , se rendirent maîtres, après avoir mis en fuite Je gouverneur , que le légat y avait nommé. Au mois de mai l 'ô^i r les Scaliger, qui avaient tyrannisé
plutôt que gouverné Parme , pendant six ans , furent chassés par les Corrégio : Azzon et Gui dominèrent ensuite quelque tems en cette ville. Mais troublés par Mastin de F Escale ou Scaliger , qui regardait Azzon comme son lieutenant à Parme , et par les maisons puissantes des bannis , ils prirent le parti t en novembre 1S44 , de vendre cette seigneurie au marquis d'Est Obizon , qui , deux ans après , la revendit , le io octobre i346 t a Luchin Visconti , pour le prix qu'elle lui avait coûté. ( Angeli Storia di Parma , pag. 1 74-1 79. )
Luchin s'appliqua à détruire les forteresses des nobles parmesans ; ce qui les mécontenta beaucoup. Parme resta encore soumise, l'espace de cinquante-sept ans, aux seigneurs de Milan.' Mais, en i4o3, Otton de Terzi , général du duc Jean-Marie* Visconti , voyant ses services méconnus , se paya lui-même par ses mains , en se faisant reconnaître souverain par la ville de Parme ; et ce qu'il y eut de singulier , il eut la dextérité de faire approuver cette usurpation par son maître. Toutefois , ayant a redouter Pierre de Rossi, très-puissant en cette ville 9 il convint avec lui d'en partager ensemble le domaine. Pierre , s'étant établi à Plaisance , vint à la téte d'une troupe armée > le 7 mars i4°4? à Parme, d'où il chassa la garde du duc de Milan ; après quoi , Otton de Terzi étant surveuu en diligence» le peuple s'empressa de lui rendre obéissance, ainsi qu'à Rossi. Mais le concordat, entre les deux collègues, fut si peu durable, qu Otton , ayant chassé les Rossi de Parme , avec l'aide de François de Gonzague , marquis de Mantoue, y resta seul maître, dans le même mois , et réduisit ensuite Plaisance sous ses lois. Les entreprises de Terzi sur les domaines du marquis d'Est , et les ravages qu'il faisait faire de côté et d'autre par le comté Ouido Torelli , son parent , vinrent au point que les Vénitiens se crurent obligés de lui envoyer des ambassadeurs pour l'engager à cesser ses hostilités. 11 ne tint aucun compte de leurs remontrances, et alla toujours en avant. On fit enfin ouvrir Us yeux au duc de Milan sur l'ambition effrénée de Terzi, qui ne voulait plus reconnaître ni supérieur ni égal. Ce prince s étant concerté alors avec le marquis d'Kst , Jean-François de Gonzague, Pandolfe Malatesta, seigneur de Brescia, et Gabrino Fondolo , qui dominait à Crémone , il se conclut entre eux , le iô mai 1408, contre Terzi et ses adhérents , une ligue dont les articles se trouvent dans les antiquités d'Est, part. Il, p. 174* L'armée que levèrent les confédérés fut confiée au fameux Sforce Altendolo de Cotignola. La campagne , ouverte par ces deux généraux , se termina à l'avantage du seigneur de Parme. Mais Terzi, malgré ses succès, n'était pas sans crainte sur l'avenir. Déterminé par la difficulté qu'il trouvait à faire de nouvelles,
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recrues, il voulut entrer en négociation : mais dans une conférence tenue à Valverde , entre Rubiera et Reggio , le ^7 mai 1409, il fut lâchement poignardé par Sforce ., suivant les ordres de Nicolas, marquis d'Est. On lui coupa la tête, que les Rossi placèrent dans leur château de Feiino ; ses membres, taillés en morceaux , furent attachés aux portes de Modène , d'où la
Ïiopulace les arracha , pour déchirer avec ses ongles et ses dents es restes malheureux du même homme que ses sujets avaient surnommé Lt Bon. ( Bonaventura d'Angeli , Storia .di Parma , liv. 5 , pag. 4^6\ ) Parme , toujours en proie aux factions des Terzi , des Rossi , des San-Vitali et des Palavicini, retomba enfin sous la domination des ducs de Milan , où elle .resta jus* qu'en 1 S 1 3.
Les Plaisantins s'étant révoltés, Tan i4o3, contre le duc de Milan, tombèrent sous la puissance de Jean de Vignate, qui transporta leur seigneurie, l'an i4*3, à Sigismond, roi des Romains, lorsqu'il le vit arriver en Italie. ( Corio, Istor di J\Ji/ano ) Mais l'année suivante , après le départ de ce prince , Philippe-Marie, duc de Milan, recouvra la ville de Plaisance , le a-» mars , et le château, le 6 juin. ( Sanuto , Istor. di Venezia.} Philippe des Arcelli, l'un des principaux nobles de Plaisance, s'étant fait un parti considérable dans Ja ville, en usurpa le domaine sur le duc de Milan, le a5 octobre i4i5 9 après avoir fait un grand carnage des citoyens qui lui étaient opposés. Mais François Carmagnole la reprit en i4«7» sans pouvoir néanmoins emporter la citadelle, dont il forma le siège. Pandolfe Malatesta , seigneur de Rimini , vint au secours de la place assiégée. Le duc alors se trouvant hors d'état de seconder les efforts de Carmagnole, ordonna que tous les habitants évacuassent la ville ; ce qui fut exécuté de manière qu' Arcelli et Malatesta, en y entrant, ne trouvèrent que les murs des maisons. Carmagnole , étant revenu , la mime année , devant Plaisance, recommença le siège de la citadelle, dont à la fin il se rendit maître Vannée suivante , soit par force , soit par un traité fait avec Arcelli, qui, ayant passé au service des Vénitiens, se distingua par différents exploits, dont l'issue fut la conquête du Frioul.
La discorde s'étant mise à Plaisance, en 1 447 * ^es cnek du conseil ne trouvèrent pas de meilleur expédient , pour ramener la paix , que de se donner aux Vénitiens , qui , le $2 août , envoyèrent le provéditeur, Antoine Marcel , pour prendre possession de la ville. ( Ripai ta, Hùt. Placent.) Mais le 16 novembre suivant, la place fut reprise par François Sforce, après un siège de six semaines , et une des plus sanglantes batailles. (Ripalta, ibid.)
François 1er,, roi de France, fit, en i5t5,la conquête du
Nilanez. Alors le pape Léon X , qui ne voulait être ami , dit Muratori , que de ceux qui étaient favorisés de la fortune , conclut avec ce prince, par l'intervention de Charles, duc de Savoie,. un traité, dont les conditions furent singulières. La principale fut que le pontife rendrait au roi Parme et Plaisance, dont il s'était fait céder, Tan i5i3, la seigneurie, par le duc de Milan , et qu'en récompense , le monarque donnerait à Julien de Médicis , frère du pontife, un état en France, avec une pension , et une autre pension à Laurent , neveu du même Léon. La chance ayant tourné, Tan i52i, Parme et Plaisance rentrèrent sous l'obéissance du pape. Depuis ce temsf le saint siège en jouissait tranquillement, lorsqu'en i534 f Alexandre Farnèse , d'une maison ancienne d'Orviète , dans la Toscane, fut élu pape, d'abord sous le nom d'Honoré V, ensuite de Paul 11L ( Sansovino , famil. illustri d 'Ital. et Bonao. d'Angeli Sioria di Parma , liv. 5 pag. 5 19.) Entre les enfants qui lui étaient nés d'un concubinage dans sa jeunesse , il avait un fils, Pierre-Louis Farnèse, qu'il fit d'abord seigneur de Népi et de Frescati. Voulant ensuite lui faire un sort encore plus avantageux, Paul lui donna, avec le consentement de plusieurs membres du sacré collège, et contre l'avis de quelques autres, les villes de Parme et de Plaisance, qu'il érigea en duchés, et prit en échange les villes de Népi et de Frescati, qu'il réunit au saint siège, pour le dédommager, outre une redevance annuelle de huit mille écus , dont il chargea les duchés de Parme et de Plaisance. Pierre-Louis était déjà en possession , depuis i528, du duché de Castro et du comté de Konciglione , qui relevaient aussi de l'église romaine.