‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 162 sur 277 · DES DUCS DÉ MAMTOUE · texte numérisé non relu

DES DUCS DÉ MAMTOUE

Tenue de soumission et de dèprécation , que six semaines après on lui enverra l'investiture des duchés de Mantoue et de Sfontferrat , et que dans les quinze jours suivants, les troupes impériales et espagnoles évacueront ses états. L'ambassadeur d'Espagne ne voulut point signer ce traité. L'an ib3i , traité de O uiérasque , du 6 avril , qui confirme- au duc Charles la possession des duchés de Mantoue et de Montferrat , dont il reçoit l'investiture le 22 juin suivant. Ce prince, la même année , a le chagrin de perdre ses deux (ils , Charles 11 , duc de Réthelois, et Ferdinand , duc de Mayenne , nés de son mariage avec Catherine de Lorraine, sœur de Henri , dur. de Mayenne (qu'il avait épousée en 1699 , et qui mourut le 8 mars 1618). I/ainé de ces deux (ils, reeardé par les historiens comme le deuxième duc de Mantoue de son nom , né en 1609, et mort le o août i63i, laissa , de Marie de Gonzague, sa cousine, que le duc Vincent 11 lui avait fait épouser le 2S décembre 1627, deux enfants, Charles, qui suit, et Eléonore, troisième femme de l'empereur Ferdinand III, mariée à ce prince le 3o aviil i65i. Le duc Charles I survécut six ans à cette perte. H fit bâtir Charleville , en Champagne , et mourut le 22 septembre 16^7, laissant trois filles , Marie— liouise, mariée, i°. Tan 1646, à Uladislas VI , roi de Po*logne; 20. le 4 mars 1 649 1 à Jean-Casimir II , frère et successeur d1 Uladislas , morte le 10 mai 1667; Anne, dite la princesse palatine, mariée, en 164$ , a Edouard de Bavière, prince palatin du Rhin (à laquelle on a attribué des mémoires imprimés il y a quelques années sous son nom , retirée et morte î Paris le 6 juillet 1684); et Bénédicte, abhesse d'Avenai. Le nue Charles augmenta son duché de Mantoue de la principauté deCorreggio, dont il s'empara, l'an i63S, sur la maison de Siro, avec le consentement de l'empereur, qui lui en donna l'investiture. (Voyez ci -devant Charles II, duc de Nevers.)

CHARLES III, neuvième duc de Mantoue.

1637. Charles III , fils de Charles II et de Marie de Gonzague, né le 3 1 octobre 1629, succéda au duc Charles 1, «on aïeul , à l'âge de huit ans , sous la tutelle de sa mère. H épousa, le i3 juin 1649, Isabelle-Claire d'Autriche, fille de l'archiduc Léopold, petit-fils de l'empereur Ferd tond 1, par Charles II, son père, souche de la branche de Styrie. L'an 1657, pendant l'interrègne qui suivit la mort de l'empereur Ferdinand III, il prétendit exercer le vicariat général d'Italie, en vçrtu d'un diplômé que ce prince lui ayait XVII. 41

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récemment accordé. Le <luc de Savoie réclama ce droit pow lui-même , aliégant une ancienne observance en sa laveur. Le duc de Mantoue fut évincé, et ses lettres de vicariat furent cassées par les électeurs dans la capitulation de l'empereur Léopold. Charles mourut le 14 août ibb5, laissant de soi . ariage un fils unique, qui suit. Le duc Charles lU avak J abord embrassé le parti de la France; il le quitta, l'a 1662, pour s'attacher à l'Kspagne. Mais les Français, commandés par le duc de Modene , étant venus prendre des

Quartiers d'hiver, Fan 1658, dans le Mantouan, l'obligèrent e renoncer à cette alliance. Ce fut lui qui vendit, en 16)9, au cardinal Mazaiin, tous ses domaines de France. (Paya Charles lil , duc de Nevers)

CHARLES IV, dixième duc de Maotoue.

if>65. Ferdinand-Charles, ou Charles IV, né le 3i août i652, succède* au duc Charles, son père,, sous la régence de sa mère. « La guerre de la succession d'Kspagne, dit un *> prince de sa maison , où il n'avait aucun intérêt à démêler, a» l'entraîna dans l'abîme. La politique exigeait qu'il restât » tranquille spectateur de cette grande querelle , dont il pnv » voyait qu'il serait lavictime; mais enfui , déterminé par les m menaces de Louis XIV, il .lui vendit Casai. C'était lui j> donner la -clef pour ouvrir ou fermer les barrières d'Italie. » Tant que l'armée française fut triomphante, Charles eut à » se féliciter de cette alliance; mais après la bataille de Turin, » qui enleva la moitié de l'Italie à Louis XIV, les états de w Mantoue furent envahis par le vainqueur. Charles, souve- *» rain sans états, sans sujets, fut chercher un asile en France, » où Louis XIV le consola par des promesses, qu'une conti- » nuité de malheurs l'empêcha de réaliser. L'empereur, irrité » de ce qu'un prince, son parent , se fût déclaré son ennemi, » le mit au ban de l'empire , et le condamna sans daigner » l'entendre; mais, comme aucune des formalités .prescrites » par la loi ne fut observée , cette infraction donna lieu a » une juste réclamation. Charles, dépouillé de ses états , erra » dans différentes villes d'Italie, où il traîna les restes desa » grandeur expirante. Ce prince opprimé , sans avoir mérité » de l'être, fit ses observations à la diète de Ratisbonne, où » il établit ses droits par ides raisons victorieuses. Il ne tint j> point le langage d'un suppliant; son éloquence, fière avec » noblesse , est celle d'un souverain qui vient invoquer U » justice dans une assemblée de rois ses égaux. Il reclama » l'assistance des électeurs et des autres princes germains ia-

MS DUCS DE WANTOUE. 3a3

W téressés comme lui à restreindre le pouvoir arbitraire du chef » de l'empire. Mais Joseph pouvait-il être arrêté par des » princes qu'il avait rendus les artisants. de sa grandeur? » Après avoir dicté des lois à Louis XIV, ne pouvait.-! L p3s » se regarder comme l'arbitre des destinées de L'Europe? » Tous les membres de la diète furent muets , et le faible fut'

» opprimé » Charles avait été lié d'amitié avec le comte^

Joseph- Torelli, des comtes de Montcchjarugolo r malheureux fit dépouillé comme lui; lorsque le duc apprit la fin de son', ami mort empoisonné à. Paris, en. 1707» « Je ne lui survivrai >» pas long-tems, dit-il, et peut-êjre me feront-ils- périr de» » même >u Sa prédiction s'accomplit. Il mourut à Padoue, le 5 juillet de Vannée suivante, dans la cinquante-sixième» année de son âge , empoisonné , si Ton en croit les bruits qui* coururent alors , par une dame qu'il aimait. Ce prince avait épousé , 1°. le 7 avril 1671 , Anne-Isabi:lle de Gonzague,. fille de Ferdinand III , duc de Guastalle , morte le 18 no-* vembre i7o3 ; 30. le 8 novembre 1704 , Sus Anne-Henriette,. fille de Charles III de Lorraine, duc d'Elhœuf, morte à Paris, le Jij décembre 17 10, en sa vingt-cinquième année. Ces deux, mariages, furent stériles. La succession du duc Charles fut contestée entre les* ducs de- Guastalle et de -Lorraine. Cepen-* dant le duc de Savoie avait une prétention fondée sur ua droit plus ancien; celui que Jean 11 Paléologue,. marquis, de Monlferrat , en, mariant , l'an i33o , Yolande , sa sœur , à Aimon , comte de Savoie , lui accorda de succéder à cev marquisat r au défaut d'hoirs mâles. (Voyez fgs ducs de Saeoîe.) iMais l'empereur Joseph I les mit. d'accord , en prenant possession du Mantouaa, où \\ mit un gouverneur , et en. Sonnant au> duc de Savoie l'investiture du Montferrat , la 7 juillet, ainsi que les villes et les districts d'Alexandrie et de Valence, la Lomclline, et le Val de, Sessia que Léopold avait assuré aux ducs de Savoie, par le traité de 1703. Ainsi finit la dynastie des ducs de Mantoue, qui régnait depuis l'an i3a8 ,. et aurait dû intéresser presque tous les souverains de l'Europe auxquels elle avait donné des mères..

En moins d'un demi-siècle , on vit disparaître les descendants nombreux de cette illustre maison. La* branche des ducs de Sabionetta, et des princes de Bozzolo , s'éteignit en 1703 : celles des comtes de Novellara en 1728. Il ne reste que celle des marquis de Castiglione , dont les princes , dès 1723, exilés de leurs, propres états., et accusés de félonie ,. virent leur principauté passer au fisc impérial. Cette branche est représentée encore par trois individus existants aujourd'hui (1785), savoir:^ le prince Louis 111 de Gonzague, des marquis de Casti-

3a4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

glione et de Solpherino , marié, en 1779, avec Elisabeth Bangoni ; a°. le prince Jean de Gonzague , des marquis de Luzzara, né le 4 juillet 1721 , marié à N....N.... dont la fille unique y la princesse Louise, a épousé, en 1787, le comte Etienne Sanvitali de Parme; 3". le prince François-Louis de Gonzague, marié à N. Cavriani. Ces deux derniers seigneurs sont établis à Mantoue.

Cette branche des marquis de Castiglione a donné à l'église, saint Louis de Gonzague, né le 9 mars i568 , de la compagnie de Jésus, en i585, mort le 21 juin 1591 , béatifié en i6o5, canonisé le 3i décembre 1736.

La maison de Gonzague a fourni nombre de grands hommes, entr'autres Louis de Gonzague, dit leRodomont, fils de Louis I, seigneur de Sabionetta et de Bozzolo, et de Françoise Fiescbi des- seigneurs de Gènes , né en i5oo, marié vers i53r , à Isabelle Colonna, duchesse de Trajetto et comtesse de Fondi, mort le 3 décembre i53a ; Vespasien , duc de Sabionetta, et Trajetto , son fils , né le 6 décembre i53i , marié à Anne d'Arragone , mort le i3 mars i5os. Le P. Irenée AfTo a publié , en 1780 , la vie de ces deux personnages.

Cette maison a été aussi très- féconde en femmes célèbres, telles que Cécile, qui , après avoir brillé par son esprit dans le monde , au quinzième siècle , édifia le cloître où elle finit ses jours; Êiéonore-Wppolyte , duchesse d'Urbin, morte en 1570, qui fut un modèle de vertus et de chasteté ; HippolyU, duchesse de Mondragon , morte le 9 mars i563 , céjéorée par tous les poètes de son teins pour son esprit , ses grâces et ses talents (1); Luxrèce, mariée a Jean-Paule Fortebracchio Manfrône, morte le ti février 1676 :(ses lettres publiées à Venise, par Giolito, en i65i , sont un monument de ses malheurs, de son courage, de ses connaissances et de sa piété); Isabelle de Gontugue , duchesse d'Urbin , qui signala sa vie par sa charité, et une suite de bonnes œuvres ; Julie de Gonzague , un des ornements du seizième siècle : elle eut esprit , beauté et sagesse en partage : sa réputation arriva jusqu'à Soliman Ht qui avait chargé, en i534> Barberousse , de renlever à Fondi qu elle habitait , et à qui heureusement elle échappa : elle cultiva les sciences et les lettres , et finit une carrière brillante par une mort chrétienne , le 19 avril i566 : ses envieux Tac-

(1) Bernard Tasso , père de Torquato, dans son poème d'Amadij» cbant 100 , l'appelle :

La bella Gonzaga Ippolita, d'onor, «on d'altro vaga.

SES DUCS t>£ MANTOUÊ. 3aS

cuserent d'hérésie sur la fin de ses jours (i) ; Catherine, duchesse de Longueville , morte le 2 décembre 1C29, qui fonda à Paris le monastère des Carmélites , de la rue Chapon ; enfin t Marie -Louise y reine de Pologne, morte le 10 mai 1667, après avoir mené une vie si orageuse au milieu des factions , soutenu, par son courage, le roi Casimir V, son second époux, et , par son adresse , rétabli la tranquillité dans l'état.

(t) Dans le même chant , stance a8, le même auteur fait , de la vie exemplaire et pieuse de Julie, l'éloge suivant :

Qiulîa Goniaga , che le luci santé, E i suoi pensier siccome strali à segnô Rivolti à Dio, in lui vîva, in se morta , Di nuir altro si ciba, esi conforta.

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