PUIS DUCS DE GUÀSTALLE
ET DES COMTES DE MONTECfflARUGOLO.
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Gua STALLE sur le Crostolo , ou le Crostolo, près du Pô," fondée au commencement du septième siècle de l'église par les Lombards, qui la nommèrent, dans leur langage, Wardstall, est la capitale d un comté , puis duché, dont l 'étendue est d'environ quatre lieues en longueur, sur une de largeur, et dix lieues «marrées de surface , en y comprenant la seigneurie de Luzzara, située sur la même rivière. Ces villes n'étaient proprement que des cours (curies) faisant partie du comté de neggio, lorsque l'empereur Louis II en fit présent , le 2. novembre 864, à l'impératrice Angilberge , sa femme, qui en prit possession le i5du même mois. Cette princesse , dont le dessein était depuis longtems de fondera Plaisance un monastère en l'honneur des martyrs saint Sixte et saint Fabien , l'exécuta en 874. ( Murât. Antiq. med. <rw , tom. II , DisscrL 26 , col. *53 ); et Tan 877 , par son testament, elle légua à cet établissement les terres de Guastalleet de Luzzara. A la faveur des lettres d affranchissement qu'elle accorda aux habitants de Guastalle, la population commença dès-lors a s'y accroître. Après la mort de son époux, Angilberge obtint de Cailôrnan , roi d'Italie, de nouvelles cours et de nouvelles églises pour enrichir son monastère. Ermengarde , sa fille, était alors mariée. à Boson, comte de Provence, qui prit ensuite le litre de roi. Charles le Gros, successeur de Charles le Chauve dans l'empire, devint jaloux de la puissance de ce nouveau monarque ; et, pour l'abattre, il vint, l'an 880 , mettre le
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•siège-, en son absence, devant la ville de Vienne, en Dauphiné. Ermengarde , qui s'y était renfermée, la défendit eh héroïne l'espace d'environ deux ans. Charles , pour se venger , fit arrêter l'impératrice , sa mère , et l'emmena prisonnière en Allemagne. Mais le pape Jean VHl, qui n'avait pas encore donné la couronne impériale à Charles le Gros, obtint , pour condition de xette cérémonie, qu'Angilberge fik relâchée et lui fût renvoyée à Rome. Charles , réconcilié avec Boson , accorda , le io* avril 882, à l'impératrice Angilberge, un diplôme confirmât if de •toutes les donations qui lut avaient été faites par Louis 11 , son époux , et par Carloman, roi de Bavière, diplôme dans lequel sont formellement énoncés Guastalle et Luzzara. Pour donner plus de consistance au pieux établissement qu'elle avait fait , elle eut recours, dans le mois d'avril b'tio, à un concile, présidé par le pape , mais dont ignore le lieu. Par une bulle du 17 avril de la même année, le pontife accorda au monastère l'exemption de dîmes dans ses possessions, et, ce qui est plus singulier, il le mit sous la juridiction immédiate du saint siège.. ( Murât; jinnal. d'ilal. , tom. V.) Il y eut dès-lors un archiprêtre établi à Guastalle , qui exerçait dans l'abbaye de Saint-Sixte et ses •dépendances, l'autorité presque épiscopale. Angilberge , pour plus grande sûreté, fit confirmer, en ^88, sa fondation par Bérenger I, roi d'Italie. Après la mort de cette princesse, Lr- Jnengarde, sa fille, renouvela, -en 890, les donations qu'elle avait faites à Saint-Sixte; ce qui fut ratifié en 901 , par Louis Ul. Les successeurs de Louis au royaume d'Italie l'imitèrent en ce . point; savoir: Uérenger I , en 906 et en 917 ; Rodolfe II , roi de Bourgogne , en 924 ; Hugues, comte dé Provence , en 926; •Bérenger 11, marquis d'Ivrée, et Adalbert, son fils, en 961 ; et Olton 1, roi d'Allemagne, eh 962 ; mais l'an 980 , Landolfe Bonizon , archevêque de Milan , favori de l'empereur 'Ou on II , lit donner en fief par ce prince la terre de Guastalle à sou frère Ubertin , avant la fin du même siècle. Le monastère de Saint- Sixte perdit alors ses privilèges , et bientôt après tomba sous la domination de l'évèque de Keggio , qui céda Guastalle par bail emphytéotique à Boniface , marquis de Toscane. La célèbre comtesse Malhilde, sa fille et son héritière, fit rétablir, en I09^> par le pape Urbain- II, l'église de Guastalle dans son ancienne indépendance, et restitua la ville, le 4 juin 1102, à Imilda, abbesse de Saint-Sixte. Guastalle alors était assez considérable pour être le siège d'un nombreux concile que le pape Paschal II y tint le 22 octobre 11 06. ( Voy. Chroaol. h/st. des concit. ) Déjà les religieuses de SainUSixte commençaient à déchoir de la sainteté de leur état. Mathilde trouvant trop de difficulté à les réformer , engagea le même pontife , l'an 1112, à
leur substituer des moines de Cluni. Fébronia , la dernière abbesse de Saint-Sixte , s'était laissé engager par les Crémonais à leur céder le tiers de la ville de Guastalle, et cette concessession fut confirmée par la faiblesse d'Odon , premier abbé de ce monastère. L'abbé Bernard , qui vint après Odon , fit encore pis. Les Crémonais, abusant des termes équivoques d'un traité qu'il fit avec eux vers l'an 1162, se prétendirent entièrement maîtres de Guastalle, et en cbassèrent l'abbé. Ce fut l'occasion d'un long procès, qui fut porté, dans le mois juillet 1 i85, devant l'empereur Frédéric I. En attendant qu'il fût jugé, ce prince mit sous sa main les deux terres de Guastalle et de Luzzara, qu'il fit régir par ses officiers. Frédéric et son fils Henri VI, ayant laissé l'affaire indécise, les Crémonais, après la mort ds dernier, se mirent, Tan iiqo*, en possession des deux terres contestées. Gandolfe , pour lors abbé de Saint-Sixte, se pourvut à Rome contre cette nouvelle invasion. Mais ni Je pape Innocent III, ni son successeur Honoré 111, n'ayant pu dompter leur obstination , même avec les foudres de l'église , employées en i2o3 et 1220, l'abbé Gandolfe consentit, l'an 1227, à leur rendre les deux terres litigieuses, moyennant une somme dont il lut convenu. Toutefois ils n'en jouirent paisiblement que 4'espacc de vingt ans. Richard de saint Boniface , seigneur véronais, grand partisan des Guelfes, vînt à bout par adresse et par force de leur enlever, en 1247 , Guastalle et Luzzara. Bientôt cependant elles leur furent rendues par le fameux Eccelin T qui les avait reprises.
Gilbert de Corregio , l'un des plus puissants nobles de Parme, ayant pacifié les troubles qui agitaient cette ville, en y réta- Irlissant les familles guelfes qui en avaient été ebassées, mérita par ce service, d'en être proclamé , l'an i3o5 , seigneur absolu. Azzon VIII d'Est ne vit pas sans jalousie cet accroissement de puissance. La guerre s'étant élevée entre lui et Gibert , les Crémonais se déclarèrent pour Azzon. Mais Gibert ayant m» dans son parti les Mantouans , sortit de Parme la veille de saint IWthelcmi i3o7, à la téle de ses troupes, et ravagea les terre* <t -s Crémonais. Ceux de Guastalle, pour éviter un pareil traitement , offrirent leurs soumissions au vainqueur, qui vint aussitôt prendre possession de leur territoire. Cependant Gibert , craignant que les Crémonais ne revinssent assaillir de nouveau Guastalle, en fit combler les fossés, abattre les murs, et détruire entièrement les remparts. Ce qu'il avait lieu de prévoir arriva. Les Crémonais s'étant unis , en i3ob\ aux Lupi et aux Hossi, qu'il avait bannis de Parme, le chassèrent luimême de cette ville , et rentrèrent ensuite sans peine dans Guastalle, où ils se firent prêter serment par les habitants.
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Maïs les Scàliger et les Bonacossi , oui soutenaient Gibert de Corregio , accoururent bientôt avec les Véronais et les Man-» touans , et, pour châtier les habitants d'avoir abandonné lent maître ^ en se livrant aux Crémonais , ils saccagèrent la ville ^ qu'ils laissèrent ensuite sous l'obéissance de Gibert. Citait alors Clément V cjui occupait le saint siège. Gibert de Corregio* après lui avoir témoigné nu grand attachement , commença à se laisser gagner par les Gibelins , lors de ta venue de l'empereur Henri VII , en Italie, }'an i3io. Ce prince l'arma chevalier à Milan, le jour de l'Epiphanie tôii , avec cent soixante autres seigneurs et nobles du pays. Pendant ce teins , les Crémonais s'étaient emparés de Guaslalle % que des traîtres leur avaient livrée. Gibert alors se déclara décidément pour l'empereur , qui , passant a Crémone , obligea les habitants à rendre Guastalle à son premier seigneur, auquel il donna L'investiture , en le créant en même tems son vicaire à Reggio* Dans le même tems, 1 empereur investit Passer i no Bonacossi t seigneur de Mantoue , de Ja ville de Luzzara; et les de *x fiefs qui avaient été jusqu'alors unis , se trouvèrent soumis, pendant
Flusieurs siècles, à des maîtres différents. La protection de empereur détermina les Crémonais, au mois de mars i3ia, à se démettre de leur prétention sur Guastalle en faveur de Gibert Corregio , et à lui confier, même pendant cinq ans, le gouvernement de leur patrie. La mort de l'empereur Henri Vif amena, Tannée suivante, un nouvel ordre de choses. Les Crémonais s'étant partagés en deux factions, celle des Ponzoni et celle des Cavalcabo , Gibert se déclara pour les derniers. Mais les premiers s'étant mis sous la protection de Mathieu Visconti, seigneur de Milan , de Cannes, seigneur de l'Escale et de Passe ri no Bonacossi , parvinrent à lui enlever, l'an 1 3 1 b f la ville de Parme. Il se releva toutefois de celte perte. Mais , sans entrer dans le détail de ses autres exploits, nous dirons que, n'ayant depuis cessé d'inquiéter les Parmesans, il alla foourir à Castelnuovo , vers la fin de juillet 1621 , laissant pour héritiers quatre fils légitimes , Simon, Gui, Azzon et Jean» 11 ne dégénérèrent point de la valeur de leur père, et en don-* nerentdes preuves dans les vicissitudes de la fortune qu'ils éprouvèrent. En iS35, la faction de Mastin de l'Escale, auquel ils étaient attaches, ayant prévalu dans le Parmesan , ils se trou-» vèrent paisibles possesseurs de Guastalle, dont ils entreprirent de relever les ruines. Mais s'étant tournés ensuite contre Mastin, .les quatre frères, appuyés secrètement par Luchin Visconti, seigneur de Milan, et ouvertement par les Gonzagues, lui enlevèrent Parme , dont Cui, l'un d'entreeux, prit le gouvernement. Parle traité qu'ils avaient fait avec Luchin , il était