DES COMTES DE GUASTALLE
GTJI— GALEOTTO, et FRANÇOIS-MARIE.
>. Gui— Galeotto et François-Marie succédèrent à rre sous la tutelle de Madeleine del Carretto , leur mère. i»^Veotto, parvenu à l'âge de majorité en i474* cornà prendre les rênes du gouvernement , indépendamment :omtesse Madeleine. 11 contraria d'abord la municipalité ; * desservit à son tour auprès du gouvernement de Milan , lès i 47 5 , voulut conduire les affaires de Guastalle. Soit ons secrètes contre les deux comtes, soit politique jalouse, plurent tellement à Galéas-Marie Sforce, que Jacob Go- , commissaire de la chambre ducale , fit publier , le jîllet i4?5, la sentence de confiscation de la portion de Italie , appartenante au comte François-Marie , et ordonna domaine d'en prendre possession ; ce qui fut exécuté le lécembi e de la même année. François-Marie se mit sous •rotection de Robert San-Severino , narent du duc ; et ce rieur , jouissant alors d'un très-grana crédit , diminua la ifcur, avec laquelle on le traitait. Gui-Galeotlo , qui aurait partager le crime de félonie, s'il en eût existé un , fut laissé possession ; on l éloigna seulement des affaires ; et ces mena- Tients furent dus à ce qu'il avait épousé Marguerite Si- >netta , parente de Cecco Simoneita , alors secrétaire d'état ministre absolu. Sur ces entrefaites, Galéas-Marie Sforce ant été assassiné à Milan le 26 décembre 1476 , la duchesse omie , sa veuve , tutrice de Jean-Galéas, son fils , commença ar accorder un pardon général à tous ceux qui avaient été :cusés auprès de son époux , et leur fit rendre les biens qui eur avaient été confisqués. Le comte François-Marie recouvra >our lors les allodiaux de sa maison qui lui appartenaient par tftàms avec son frère ; mais il paraît qu'il ne put rentrer dan6 la partie féodale. 11 se rendit ensuite à Guastalle, en^i477 » *vec la comtesse Louise , fille de Robert vSan-Severino , qu'il venait d'épouser. La même année , le comte Gui-Galeotto députa à Milan Pierre Pelizzari , son chancelier, et François- Marie , de son côté , Laurenzo de Cazoli , pour demander chacun la confirmation des investitures; elle fut refusée à ce derineT. De désespoir , il alla se ranger sous les drapeaux de Robert San-Severino, partisan de Sforce, duc de Rari, qui s'efforçait de diminuer la puissance avec laquelle Cecco gouvernait le Milanez. Mais Simoneita ayant triomphé de ce rival , et humilié les Slorces , François-Marie retomba dans la disgrâce auprès c\e la difthcsse, qui ordonna aux Guastallais de ne prêter serment qu'au comte Gui-Galeotto et à ses descendants, Cepen-
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dant , après la mort de Sforce , duc de Bari , arrivée Tan i479* son frèré Louis le More , s'étant insinué dans l'esprit de la duçhesse Bonne, prit bientôt un grand ascendant dans les affaires du gouvernement. Le malheureux Simonetta se vit àlors en butte à tous ses ennemis, qui pressaient four qu'on le mît ed prison ^ el qu'on lui fît sôh procès. Parmi ceux-ci, ftobèrk San-Severmo et François-Marie n'étaient pas les moins ardents. Ce dernier , par l'abaissement de Simonetta, s'étant relevé dé l'état d'infortune où il s'élait vu injustement plongé , fit bientôt déchoir son frère du grand crédit dont il iouissait , et qui n'ètait dû , comme on l'a dit , qu'à sa pàrënté avec Cecco. Non- Seulement Louis le More le fit bientôt absoudre par la duchesse, mais encore lut procura un partage de biens entre lui et Gùi- Galeollo, par lequel celui-ci eut pour son lot la seigneurie de Seitinio, et abandonna ik François-Marie celle de Guàstàllè. tOui-tialebltô s'était rendu célèbre dans lès tournois : on ignore l'année de sa mort , mais il vivait encore £n ibyS. Dé Marguerite, sa femme, il laissa Une fille 9 mariée à Hermès vis^ fcbnti , et quatre enfants mâles i i°. Pierre-Marie, âuteur dè tléux bâtards légitimés et de Mâdeleinê , fille naturelle , mariée à Hercule Gonzague , de la branche de Novellâra ; 2°. Frédéric; 3°. Alexandre; 4d- î-ouis, marié à Camille Martinenguà, dont il eut Àldà Torclli i alliée à Jean-Marie Lunati : elle est connue par des poésies très-âgréahles, que l'on trouvé àu nombre des Rime délie embuant a poétesse , ràccolie dal Domemchi nd i55c), et parmi les poésies qu'Antoine François Rainièri 1 imprimées en 1Ï74.
FRANÇÔlS-àiARlË , seul.
1479. ^aNçois-Marié , relevé du crime de félonie , le G octobre , par la duchesse die Milan . rétàbli dans ses états et seul maître de Guastalle, en fit prendre possession , le 8 du même mois , par Maffeo Visiolo , auquel on remit , avec les clefs (lé la ville et de la forteresse, l'artillerie et les munitions de guerre. 11 s'y rendit bientôt lui-même, et y reçut , l'année suivante, Robert San-Severino , son beau-père, tandis que l'infortuné Simonetta , leur ennemi commun , laissait sa tête sur un échafdud. La guerre s'étant élevée, l'an 14^2, entre le duc de Milan et les Vénitiens , protecteurs des Rossi , le comte Françôis- *lai ie se montra fidèle au parti du duc ; et après avoir bien recommandé la défense de Guastalle à François Hiccio, dit Achillino, et à Galéas de Pori , ses châtelains, il joignit le camp. Les Vénitiens, l'an 1484» ne pouvant pénétrer plus avant,* ^plièrent ton ie dut de Feirare, qui appela à son secours Fra'ii-
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.çois-Marie. Dans le mois d<* juin, celui-ci alla ravager le Bressan, et tint la campagne jusqu'à la conclusion de la paix, qui eutj lieu au mois îTaoïlt de la même année. Il revint à Guastalle avec une santé fort dérangée par les fatigues qu'il avait essuyées dans cette expédition. Il avait alors perdu , à ce qu'il paraît , Louise, sa femme, dont la fidélité lui était suspecte. La mort <le cette dame, loin d'éteindre ses soupçons, ne lit (pie 1rs augmenter et lui persuader qu'Achille , le second fil* qu'elle avait mis au monde , n'était pas de lui : *el était l'effet de !a mélancolie où sa maladie l'avait réduit. Désespérant de sa guerison, il fit, le 10 octobre 1480, son testament, par lequel il déclara son héritier universel Pierre-Gui , son (ils, sans, exclure néanmoins de sa succession le comte Achille , au cas que le premier vînt à manquer, et les mit tous les deux sous la tutelle de Madeleine del Carretto, leur aïeule et sa mère. Mais cette femme, avide de commander , ne trouvant pas encore ces dispositions assez avantageuses pour elle , engagea son fils, en novembre suivant, à se transportera Mautoue , chez Lucrèce, si sœur , mariée à Frédéric, comte de Gazolo. Lucrèce servit sa, roere ci»mmeelle le désirait, en persuadant à son frère de faire, |e janvier de Tannée suivante, un autre testament, par lequel, il excluait Achille de la succession , et ordonnait que Pierre- Gui resterait sous la garde-noble de son aïeule jusqu'à l'âge de trente ans ; mais la cour de Milan, ayant eu connaissau.ee de ces nouvelles dispositions, les déclara nulles, et régla que Pierre- Çui et Achille, son frère, partageraient également la succession de leur père. Fiançois-Marie mourut vers le mois de février i+fô. Outre Pierre-Gui et Achille, qui suivent , et qu'il laissa, de Louise San-Severina , son épouse, il eut deux filles naturelles, Orsina et Jeanne, dont la Jernière fut mariée a Hector iorçlli , aussi bâtard de sa maison , mort sans postérité.