DES COMTES DE ÇU A STALLE
encore récompenser Gui en l'investissant des fiefs de Casei , Cornale et Settimo avec le titre de marquis pour lui et ses descendants à perpétuité. Les lettres d'investiture sont du 14 juin i43 1. Ce prince l'envoya ensuite , Tan 14^2, avec l'autorité la plus étendue pour gouverner , en son nom, 'la Valteline, la Val-Çamonique , le Bressan et le Bergamasc , ei par lettrespatentes du ier. mai 1 441 y Ie créa , ainsi que ses descendants, patrice, né à perpétuité de Milan, Parme et Pavie. Pendant son absence , le jeune comte Christophe , son fils aîné , gouvernait Guastalle et Montechiarugolo , conjointement avec Orsina, sa mère, et par leurs soins et de bons règlements, ils surent préserver ces deux villes de la peste, qui ravagea deux fois les environs, en 1 444 el I447« Cette dernière année, Philippe-Marie Visconti ayant fini ses jours le i3 août , François Sforce , qui lui succéda, fut d abord inquiété par les Vénitiens et le marquis de Mantoue. Gui fit alors avec ce dernier une convention pour mettre Guastalle à l'abri de toute insulte , et en même tems envoya Christophe , son fils, à l'armée de Sforce. Ce jeune homme qui , à l'âge de dix-huit ans , s'était déjà distingué, en 1427 , à l'affaire de Macalô , ( André Bilia, hist. Mediol. , 1. 6. Murât. Rer. itaL , tom. IX ) , fit des prodiges de valeur , près de Casal-Maggiore , et surtout à la sanglante journée de Caravaggio , dont on lui dut tout les succès. C Simonetta , lib. 2 , fol. 188-200. ) Cette dernière fut si importante, qu'à Milan , on en fit de grandes réjouissances , et , pour en remercier le ciel , des processions pendant trois jours. (Carlo de Lellis ; FamigL nob. , tom. 1 , pag. 222. ) Gui attendait à Milan que son fils lui ramenât son ami François Sforce triomphant, et espérait le voir couronner duc ; mais il n'eut pas cette satisfaction. Une maladie hâta le terme de ses jour?. &ui,à juste titre surnommé le Grand, mourut le 8 juillet i44(Jt âgé d'environ soixante-dix ans. Son corps fut transporté à l'église de Saint-François de Mantoue , et déposé dans le tombeau de ses pères. De sa femme , qui mourut après lui , il laissa Christophe et Pierre-Gui , qui suivent, avec une fille , Antonia (1) , mariée avant septembre i4*8, à Pietro-Marla de Rossi,
(1) Antonia fut aussi courageuse que sa mère. Parme s* étant révoltée contre François Sforce, Antonia rassemble à la hâte des troupes, se ■net à leur tète, court à Parme, se rend maîtresse de la ville et la restitue au duc. ( Voy, Filip. de Bergamo , De Clar. Selectisq. Mulier. , et Giuseppe Betussi, Délie Donne illust , fol. 146.) San-Sovino, page 77, dit qu'elle eut neuf enfants, entr'autres Donella, mariée à Gibert Siin- Vîtali, auquel elle porta en dot le château de Noceto. Cette merue Donella, pendant l'absence de son raarU étant assiégée- à Sala , près de
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33S OUlONOtOGIÇ HttTûHlÇUE
cinquième marquis de San-Sccondo. Gui Gt à Çuastallf , plusieurs établissements utiles , et bât il la forteresse de Monlecbiarugolo , fort remarquable pour ce tems-là.
CHRISTOPHE fx PIERRE-GUI l
^449* Christophe et Pibri*e-Gui succédèrent à Gui, leur père, dans les seigneuries de Guastalle et de Montechiarugolo, qu'ils gouvernèrent d'abord par indivis. Pierre-Gui, à, la, mort de son père , était occupé à défendre dans Final, Galeolto del Carretto , son beau-père , contre les attaques de Jean de
Jfu, prince de i*arpi , qui lui lut renvoyée quelque lems âpre* Christophe, qui était pareillement absent, étant revenu, le| ijeux frères prirent possession des états de leur père , après, quoi le premier retourna au service de Sforçe, qui continuait le
3'ége de Milan. Sforce, devenu maître de la place et proclamé MC de Milan , confirma les privilèges de nos deux coûtes, qui gouvernèrent en commun leurs états héréditaires. Ce fut vers le même tems , à ce qu'il paraît , que furent dressés les statuts de Guastalle , qui s'observent encore de nos jours en cette ville.
La guerre s'élant renouvelée , l'an i453 , entre Sforce et les Vénitiens, Christophe alla faire, pour le premier, le siège de Manerbio, qu'il emporta malgré la longue ei vigoureuse résistance de la place. Mais bientôt après , un bombardement qui dura trois jours , l'obligea de la rendre à Jacobo Piçciniuo.
La concorde ne fut pas durable entre Christophe et fietro Guido , son frère. Le second ayant demandé partage à l'autre de la succession paternelle, celui-ci voulut bien y consentir % exceptant , néanmoins , les fiefs qui devaient être pqssçdés en commun, ainsi que les citadelles de <£ua$talle, et, de Monteçhiarugolo, où il fut convenu, qu'ils auraiept chacun un domi-
Parme, en septembre i4B3, par Àmurath Torelli # son cousin, qui commandait une armée de Vénitiens contre le duc de Milan , soutint un assaut, se défendit long-tem* sur la brèpbe, empêcha Ift prise de la place t et d'up coup d'arquebuse tua eHe-méjne le malheureux Amurath. ( Voyez Francesco Carpesapo , Comment, q\e tempi apuji Marten. , Vet. Script. , tom. V.) Il est assez, singulier que trois femmes, de la même maison , la mère, h fille et la petite-fille aient eu dans leu* Vie trois occasions de se distinguer par trois actions du roèine genre, exirèmement lares poux lçur sexe, et qu'elles aient toutes trois lim daiisU^s entreprises. §
DÈS fcfJMtES tfE GÛÀStALtE.
eflé séparé; ce qui fut arrêté le 36 janvier i455. îPeu de jouri après t Jacques Piccinino, fameuk cïapitainë , sciant retiré du service des Vénitiens t s'éraïl [été âvéesa troupe d'avénturieri dans la Toscane , et avait mis le si^ge devant la ville dé Sienne. Le duc de Miîàh , àmî dés Siennois , chargea Christophe, entr'aiitres alliés, de leur porter du secours. Mats pendant son absence, Pierre-Gui, son frère, s'étant associé uti brave, nommé François de Montiglio , s'approcha, vers la mijjûillet, de Montechîarugolô , dont il demanda les clefs au châtelain Simon de Carcan o , que les déux frères y avaient mis d'un commun consentement. Celui-ci s'étant excusé de lès lui remettre , stir ce que Pierre-Gui n'était pas le seul maître dé là place, cé dernier les lui arrache de force, et joint à Simon un autre châtelain pour la garde de Montechiarogolo. Mais c^ Tut an seul François dé Montiglio que la garnison eut ordre d'obéir. La comtesse Tàddée Pu , femme de Christophe-, étant survenue pour entrer dans la place, Montiglio lui en refusa Ventrée. Le duc de Milan r sur îeà plaintes que Christophe lui fit passer de Toscane contre son frère, reforma les changements tjue Pierre-Gui avait faits r en rétablissant les choses comme elles étaient auparavant. Mais l'année suivante , au retour de Christophe , il consentit à la demande qu'il lui fit , d'un partage nouveau de toute la succession naternellé , et par-là Christ tbjîhe devint seul maître de Monlcchiarugolo et de ses dépendances, du marquisat de Casei et Cornale, de la moitié des fcllodiau* de Guastalle , avec une somme annuelle sur les importions de cette ville. Pierre-Gui conserva le château de GoaStalle avec les fiefs de Sèttimo, de îvïisâno, et quelques petits bourgs dans le Milanez.
. Pierre-Gui , devenu maître de Guastalle , y nomma po-
* destat Colomb de Larcano. 11 aurait pu vivre heureux , et avec
* la réputation d'un soigneur sage et prudent , s'il ne se fût pas ) rendu ingénieux à s'inquiéter lui-même et à troubler le repos > de ses voisins, dont quelques-uns étaient bien plus puissants j <|ae lui y iels que les comtes de Novellara et Louis de Gon-
wgue , marquis de Mantouc , qui pouvaient l'écraser en un - instant. Il ne put même vivre en paix avec son frore , depuis là séparation de leurs domaines. Mais la mort, Tan i^o, mit fin à leurs querelles ; car tous deux moururent dans le cours de cette année, à un mois près l'un de l'autre; Christophe, le 6 taars , à Montechiarugolo , après avoir fait son testament (r) ,
i (i) Par ce testament, Christophe établit, à l'exemple de Gui le t*raud, son père, une substitution de ses fiufs à perpétuité' pour ses descendants mâles, suivant l'ordre de primogéniture rappelant â leur.
le to aoAt i/^SS , dont il nomma exécuteur François Sforce^ duc de Milan , et Louis III de Gonzague, marquis deMantoue; et Pierre-Gui à Carpi, le 18 avril, après avoir fait la veille son testament , par lequel il laissait l'usufruit de ses biens a Madeleine del Carretto, sa femme , avec la tutelle de ses deux fils, Gui -Galeolto et François—Marie. Pierre-Gui eut encore deux tilles, Antoinette et Lucrèce f mariée au comte Frédéric Ippoliti.
Gnrislophe laissa de TaddÉe Pu, sa femme un bien plus grand nombre d'enfants , savoir, six fils et sept filles: i°. Marc Antoine , mort sans postérité; 2°. Marsilio , qui fut comte de Moutechiarugolo , après son frère; 3°. Giacobo ou Giacomazzo, oui eut pour épouse N. , fille de Spinetta Malaspina, marquis Je Fivizzano , et mourut sans postérité; 4°- Amuralh, marie à une au're fille du marquis de Fivizzano , mort en septembre i483; 5°. Guido, destiné d abord à l'église et protonotaire apostolique , dignité alors regardée comme la première après celle de cardinal , qu'il quitta, pour épouser Françoise Benlivo^lio, fille de Jean II , seigneur de Bologne (i) ; r>°. Giovanne Antonio, souche de la branche établie au royaume de Naplcs , éteinte au commencement de ce siècle. Les sept filles sont , i°. Hélène , qui épousa , du vivant de son père, Uguccione Hangone de Motlènc ; 2°. Anastasie, alliée à Jean-Louis, marquis de Pallavicini ; 3°. Aida, femme de Georges de Gonzague ; 4°. Catherine, mariée à Jean-Pierre de Gonzague; 5°. TadJéc, femme de René Trivulce, frère de Jean-Jacques , maréchal de France ; 6°. Bianca; 70. Bernardina. De ces deux dernières, Tune, fut mariée à Battistino da Campo Frégoso, doge de Gènes.
défaut ses trois filles mariées aux marquis Rangone, Pallavicini et Gonzague ; et à l'extinction d'elles et de leurs enfants, les descendants de la romtesse Antonia, sa sœur, mariée au marquis Pierre-Marie de Rossi ; et en cas d'extinction de tous ses héritiers quelconques, il ordonne qu'il soit construit, sur les biens qu'il possède à Luzzara, une église et un couvent de Récollets ; que ses terres situées dans le Milanes soient attribuées à la Chartreuse de Pavie ; et que le reste de ses biens soit en entier employé à faire bâtir, dans la ville de Parme, une église et un hôpital, capable de recevoir des malades et des pauvres de tous lieux et de toutes les nations.
(1) Il fut père de Marc-Antonio, marié h Hippolita Gonxague*, souche de ta branche des marquis Torelli, établis à Pavie, qui subsiste aujourd'hui dans la personne de François Torelli, marquis de Caaeiit Cornale, comte de Seccone , chevalier de Saint-Etienne; et d'Hip-
Soliia, née en i5oi, mariée, en i5i6, à Baldassar Castiglione, comte e Notellara , chevalier de la Jarretière , auteur du Corlrgiano*