‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 181 sur 277 · JOSEPH · texte numérisé non relu

JOSEPH

1729. Joseph, frère du duc Antoine-Ferdinand, fut tiré de sa captivité pour lui succéder. Eléonore, sa sœur, grandeduchesse douairière de Toscane , sachant que sa tête n'était point rétablie, vint à Guastalle , sous prétexte d'une visite d'amitié , mais dans l'intention de se faire adjuger l'administration du duché. Le comte de Spilimberg vint à bout de la supplanter , et obtint du conseil aulique un décret qui le déclarait administrateur du duché jusqu'au rétablissement du duc Joseph. On lui reproche des manœuvres odieuses qu'il employa pour maintenir son autorité. L'adresse qu'il eul de cacher l'état nu duc , et de ne le montrer au public que dans des momenls lucides, en imposa tellement, qu'il lui obtint la main de la princesse Marie-ElÉonore, fille du duc de Sleswick-Holstein. Ce fut le 29 avril 17'ii qu'il l'épousa, au nom de son maître, à Lilieuteldt , en Autriche. La princesse, amenée par ce ministre à Guastalle , le 17 mai suivant, ne tarda pas a s'apercevoir du véritable état de son époux, et dès-lors elle ne voulut plus avoir de commerce avec lui.

La guerre s'étant rallumée en Italie, l'an 17^3, entre l'em-* pereur, d'une part, et les rois de France, d'Espagne et de Sardaigne , de l'autre, le duc et la duchesse de Guastalle , à l'approche des armées ennemies, se virent contraints d'aller chercher, avec leur cour, une retraite à Venise. Pendant leur absence , le comte de Spilimberg ouvrit les portes de Guastalle, le 19 mai 170*4, au général Merci; mais, le 4 juillet suivant, après le départ des Impériaux, il fut obligé de rendre la place au roi de Sardaigne , qui, le 19 septembre , les défit devant Guastalle. La paix s'élant faite en 170*6, la duchesse, au mois de novembre, revint avec son époux dans ses états.

36o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Des lors elle commença à faire éclater la jalousie que lui causait la trop grande autorité dont jouissait le comte de Spilimberg. Ayant obtenu de l'empereur, le 18 octobre 17^ un décret qui la nommait administratrice de l'état de Guaslalle, pour en hâter plus sûrement l'exécution , elle entreprit , au mois d'août 1738, un voyage en Allemagne, sous prétexte de voir sa famille. De retour dans ses états, en 174»» elle nomma, l'année suivante, pour son premier ministre , le marquis Valentini, avec l'agrément de l'empereur Charles VII. Mais, en 1745, le général Castellar prit possession de Guastalle, au nom d'Elisabeth, reine d'Espagne, en même teins qu'il s'emparait , pour elle , des duchés de Parme et de Plaisance. Les choses changèrent bientôt de face , après la mort de CharlesVII et l'élection du nouvel empereur François de Lorraine, dont les troupes entrèrent dans Guastalle, le dimanche des Hameaux, 3 avril 174& Le duc Joseph étant mort le 16 août suivant, la duchesse, son épouse, dont il ne laissait point de postérité, se retira dans les terres qu'elle avait en Moravie. L'impératricereine , Marie-Thérèse , regardant le Guastallais comme un démembrement du Milanez , envoya sur les lieux le marquis de Castigliorie , qui lui fit prêter serment , le 4 septembre 1746, par les habitants de Guastalle, dont elle conserva le domaine jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle, conclue en 174Ô. Ce fut alors que, par le traité définitif signé le 18 octobre, V'imvtratrice-reine , en compensation des Pays-Bas que la France lui cédait, abandonna les duchés de Parme, Plaisance et Guastalle à don Philippe, infant d'Espagne, pour lui et ses descendants : les allouiaux en furent réservés au duc de Modène, qui se chargea de lapa nage des duchesses douairières, Théodore de Darmstadt, et Marie-Eléonore de Sleswick , pendant leurs vies. C'est ainsi que ces trois duchés sont tombés clans la maison de Bourbon.

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