DES COMTES DE MOKTECHIÀHUGOLO
accompagna , en Flandre , Marie de Portugal , destinée au prince Alexandre Farnèse. A son retour, le cardinal Alexan^ drin (1) lui fit épouser Isabella Bonelli , sa sœur, petitenièce du pape Pie V , qui, dans cette occasion , ne fit rien
Sour elle , disant qu'Isabelle avait assez de ses vertus. Pomponio onna bientôt tous ses soins à l'académie des Innominati , qu'il avait , conjointement avec le docteur Eugène Visdomini , engagé le duc de Parme à fonder en i5;4» J-e surnom qu'il y adopta, suivant l'usage , fut il Perduto. Il y donnait des leçons fur le droit naturel , science alors au berceau , et sur la poétique. Mais des occupations plus sérieuses l'en levèrent à ses travaux littéraires. Alexandre Farnèse voulant tenter d'obtenir la restitution de la citadelle de Plaisance, demanda, dit M. de Thou, au duc son père, quelqu'un à qui sa naissance et la connaissance des affaires pût donner quelque poids auprès du roi d'Espagne. Le duc Octave ne vit que Pomponio Torelli capable de conduire cette négociation délicate. Plaisance était tombée , comme on l'a vu, entre les mains de Charles V, après la mort funeste de Pierre-Louis. Elle fut rendue aux Farnèses, par Philippe II, en i556; mais ce prince s'étant réserve la citadelle , où il avait mis une forte garnison , qu'Octave devait payer, le tenait toujours en échec par ce moyen. Jl était difficile au duc de Parme , sans forces, d'obtenir la remise de cette place d'un monarque tout-puissant , et dans le fond du cœur, son ennemi.
Muni de ses pleins pouvoirs , le 19 octobre 1 584 , Pomponio alla joindre Alexandre Farnèse sous Anvers. Ayant passé quelque teins avec lui à Beveren, pour prendre des instructions plus détaillées, il le quitte, le 14 novembre , et après s'être arrêté quelques jours à la cour de France , arrive en Espagne. Le comte trouva Philippe II à Barcelonne. Son premier soin fut de gagner ses bonnes grâces, et il y mit tant d'habileté, que le roi prêtant l'oreille à ses propositions, chargea le cardinal de Granvelle et don Juan d'idiaguez , secrétaire d'état , de traiter avec lui sur cet objet , désirant que ses autres ministres l'ignorassent. Au bout d'un an, Pomponio s'aperçut que, suivant l'usage d'Espagne, on cherchait à l'amuser et à gagner du tems. « Alors il quitta le personnage de négocia-
* teur , pour prendre celui de médiateur, et leur fit entendre
* qu'il était dangereux de traîner trop cette affaire en langueur,
(1) 11 fut légat en France, en Espagne et en Portugal. Ce fut par ses soins que se conclut, le ao mai 1871 , la fameuse ligue contre les Turcs, dont la victoire de Lépante fut la suite.
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» parce que , quoiqu'il n'eût aucun lieu de le croire , il pou- » vait cependant arriver que , de son colé , le prince de Parme a tirerait aussi le siège d'Anvers en longueur, ce qui apporta tcrait un très-grand préjudice au succès que S. M. C. avait » lieu d'espérer m. Ces paroles rapportées au r^i, firent une impression terrible sur son esprit , et le décidèrent à la restitution de la place. Mais le roi ne voulait la remettre qu'au prince de Parme , Alexandre Farnèse , qui lui avait rendu de si grands services , et qu'il désirait obliger. Le duc , que le roi était bien aise d'humilier, ne pouvait, de son côté, souffrir qu'on lui donnât cette mortification. Il fallut tout l'art et l'esprit de Pomponio, pour ramener le monarque espagnol sur ce point, qui tut enfin obtenu. Le duc de Terra Nova , gouverneur du Milancz , remit alors la citadelle de Plaisance, le i5 juillet i585, à Ranuce Farnèse, qui la reçut au nom d'Octave, son aïeul. ( Voy. hisl. univers, de Af. de Thou , tom. IX , pag. 44* et suivantes. )
A Parme , on avait cru la négociation manquée : la joie que son heureuse réussite occasiona, fut si grande, que le peuple allant en foule au devant de Pomponio, l'enleva , malgré lui, de dessus son cheval , et le porta en triomphe sur ses épaules, jusques dans l'appartement même du duc Octave. ( Poggiali, Memor. Istor. di Piactnza , tom. X, pag. 228.) Pomponio, aimé de ce prince, chéri d'Alexandre, son fils, craint et respecté de Ra,nuce Farnèse, qui était incapable d'aimer personne, remplaça ce dernier comme président de l'académie des Innominati , et fut en même tems reçu à celle des Rico* çrati et des Fecondi, de Padoue. 11 fit un voyage à Rome, en i588, pour voir Sixte-Quint. La mort l'enleva, le 12 avril 1608 , à Parme : son corps fut déposé à l'église de TAnnunziata de cette ville , dans une chapelle de sa maison. Bernardino Baldi, son ami, fit ce distique pour mettre sur sa tombe :
Parcere si meriiis hominum mors tmpmba ireliet , Non te, Pomponi , clauderet isie lapis.
D'Isabklla Bonelli , née à Bosco , le 8 mai 1 554, qu'il avait épousée le 24 novembre morte l'an 1591 , Poin-
ponia laissa , iw. Paolo , né l'an 1576 , qui renonça à ses droits •d'aînesse pour suivre l'église ; prélat vertueux et savant , employé comme légat dans diverses missions difficiles , archevêque de Kossano, grand-inquisiteur de Malte, mort à Rome en avril i63o ; aQ. Pio , qui suit ; 3**. François , grandchambellan du grand -duc de Toscane j dont la postérité est éteinte; 4Q. Marsilio, chevalier de Malte , en |588, mort
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aTant 1608 ; 5°. Pompilio , aussi chevalier de Malte , mort
IVune; 6°. Salinguerra, né en 1587, souche des branches de tologne et de Fiance (1). Les filles sont , 1*. Clélict mariée r
(l) BRANCHE DE FRANCE.
1587. Gui-Severe Saliîïguerra , dit Salwguerba IV, sixième fils du comte Pomponio Torelli , né à Parme, le 3 février 1587, élevé à Rome, épouse, à Montechiarugolo , le a5 août 1610, Phudehci Lakfranchï, d'une maison illustre de Pise. Après avoir eu quelques différents avec ses frères , au sujet de son apanage et de la primoge'ni-» ture établie en faveur du comte Pio , il alla se fixer à Bosco, près d'Alexandrie , chez *es parents malèrncls, tes Bonelli , maTquis de Cas-» sano. Il était dans le Parmesan, lorsque Pio Torelli fut décapité , et le bonheur de n'être qu'apanage* le sauva d'être impliqué dans le procès de son malheureux frère ; mais il y perdit ses biens. Entré au service Su duc de Savoie, qui le distinguait beaucoup, il fut lié d'amitic avec le célèbre cavalier Marine et le Tassoni, auteurs des poèmes de X Àdonc et de la Secchia rapita. Blessé ensuite grièvement au siège d'Asti , et ayant reçu dans une autre affaire une contusion à Ta tète, dont sa raison resta quelque tems altérée , il mourut à Bosco, des suites de cet accl* dent, en 161 5. Sa femme le suivit au tombeau , le 28 décembre 1618, et leurs cendres réunies, furent déposées dans le sépulcre des Bonelli. Ils laissèrent de ce mariage , Philibert ,> qui suit ; et Joseph Salinguerra* auteur de la branche de Pologne.
Philibert, fils puîné de Salinguerra IV, et petit-fils de Pomponion Torelli, comte de Montechiarugolo rné à Boscc*, le 3o décembre 161 3, tenu sur les fonts de baptême le a janvier i6i4« au nom du prince Emmanuel Philibert de Savoie et de la duchesse de Mantoue , resté orphelin en 1618 « fut élevé par les marquis Bonelli. Il entra au service du roi d'Espagne Philippe IV ; séjourna quelques années à Naples ; passa ensuite en France , et de là à Turin. Marié , en x643, à Clodia. Frezza , issue d'une maison ancienne de Naples, femme d'un esprit et d'une beauté célèbres, il transigea, le Ier. août 1646* avec le comte- Adrien Torelli , son cousin , au sujet des biens de Gualtién , et tenta « par la protection de la maison de Savoie , de rentrer dans ceux qui lui avaient été confisques dans le Parmrsan ; mais le duc Charl es-Emma^ nuel II, se disposant à marier Marguerite Yolande de Savoie à Rainure II Farnèse, laissa de côte' l'affaire de la restitution des bien* de Philibert, qui déplaisait au duc de Parme. Philibert, aigri par cette contrariété , eut le malheur d'oublier ce qu'd devait à ses bienfaiteurs. Comme il s'échappait, pour se réfugier en France, il fut assassiné aupied du Mont-Cenis, en 1659. Sa femme , inconsolable , ne lui survécut que peu .de tems , et finit ses jours à Turin l'année suivante. Dans son testament, fait à Parme, en 1646, Philibert, à défaut du comte Joseph, son fils unique , rappelait , pour ses héritiers, les branches établies en Pologne et en Lombard ie.
en i6o4* à J. B. Masi , comte de San-Michelé ? décapité à Parme f en 1612 ; 2.0. Flavie , mariée au comte Girolarao Bernieri , neveu du cardinal Sant-Ângelo : 3°. Ersilie t alliée au