‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 202 sur 277 · XVII. 5o · texte numérisé non relu

XVII. 5o

ville ayant été prise le 20 juin , Azzon recouvre les terres que lt tyran avait usupées sur lui. L'an i25q, il forma une ligue, le 11 juin, avec les Milanais, les Bolonais, les Crémonais et les Padouans, contre ce même Ecelin, qui continuait de dé-

AdÉlaïde , des comtes de Mangone , qui passait pour être très-verscc dans l'astrologie judiciaire. Ecelin donna, comme ses prédécesseur, des exemples de religion et de dévouement à l'église. Il fonda à Vicence, en 120I, l'église de Saint-Donat, et à Oliero, six milles audessus de Bassano , une église et un monastère de Bénédictins, qui fut le lieu de sa retraite. Il y vécut jusqu'après l'an ia33 , et laissa deux fils et six filles ; savoir, du premier Ht , Palma , mariée à Vatpertino da Cavaxo ; du troisième , Agnès, mariée à Giacomo Guidotti ; du quatrième enfin, Palma Novella , née vers 1186, mariée, en 1207, à Albert da Baone ; Emilie , née vers 1x88 , mariée à Albert , comte de Viccnce ; Sophie, née vers 1190, mariée à Henri d'Egna , dont elle devint veuve, puis en secondes noces, vers 1222 , à Salin guerra II, souverain de Ferrare; enfin Gunixxa, née vers 1198, mariée aussi t vers 1222 . à Richard , comte Saint-Bonifacio ; mais bientôt après Sordello Visconti l'enleva.

Des deux fils d' Ecelin le Moine, issus d'Adélaïde , Ecelino l'aîné naquit le 26 avril 1x94. L'histoire de sa naissance fut sujette à mille fables 1 comme celle de sa vie. Les écrivains guelfes nous présentent ce guerrier sous les plus noires couleurs , parce qu'il fut l'ennemi le plus formidable du saint siège. Ce pendant on peut observer que ce prince semble avoir eu deux caractères. Voici le portait qu'en fait le moine de Padoue : Dum enim , sicut ci fis , in staiu degeret militari, accr qui" dem erat in hostes : ergà tamen amicos lenis et tractabitis fidebatur. lu promiss is quoque salis erat Jidelis , in proposito stabilis , in verbis mat tiras , in consilio profidus , et in omnibus jadis suis miles cgrcgius opparebat. ( Voyei Script. Rer. Ital. , tome VIII , page 708. )

Ecelino disait souvent qu'il voulait faire des choses plus grandes que Charlemagne n'en avait exécutées pendant son règne. En effet , s'il eût réussi dans son entreprise sur Milan , il faisait de la Lombardie le royaume le plus florissant de l'Europe. Depuis Tan 1237, le caractère d'Ëcelino changea. Le même écrivain nous le peint alors ainsi : Sed postquàm Marchia dominium est adeptus , staturà corporist çuat mediociis fuit ', càdem permanente , repente in firum alterum est mutai us, Nam h /acte a us t crus est effectus, Talis namque apparebat in vultut qualis erat in actu. In modo loquendi terribilis , in incessu superbus , solo intuit» homines deterrebat. Ab amore satis abstinuit m a liera m : sed tiros aù uxoribus separabat % et eos cum aliis de facto comtrahere compctlebal. La trônes odio habuit et prœ doues t sed illorum supplebat officium , omncs indiffèrenter spoliando pariter et mactando. Valdè suspiciosus fuit: semper namque in deteriorem parlem facta et ferba indifferentia cxponebat. Omni no fuit immisericors ; crudelitate namque superatit swriiiem omnium tjmnnorum. ( Ibid. )

' \ lusieurs historiens l'accusent d'avoir fait périr près de cinquante

DES SEIGNEURS DE FERRA RE. 3t)£

•oler la Lombardie par ses brigandages et ses cruautés. Azzon, à la t£te des confédérés, l'arrête, le 26 septembre, au pont de Cassano qu'il voulait passer pour entrer dans le Milanez. Ecelin , blessé dans le çboc , se retire , et va tenter un autre passage sur l'Adda ; mais le* lendemain , attaqué de nouveau % il est pris et conduit à Soncino, où il meurt, le 27 du mêmemois , des blessures qu'il avait reçues. (Voyez Storia dei Ecccllini) tom. II, pag. 391.) L'an 1264, la nuit du 16 au 1 7 février {die decimâ-teriiâ excunte februario , nocte dominkœ diei , comme porte un mémorial de ce tems-là), Azzon, âgé v

mille hommes par ses ordres. Ses cruautés sont souvent exagérées; mais il en commit beaucoup. Les séditions élevées contre Jui , à Vicence, à Padoue et à Vérone, l'obligèrent, il est vrai, à des châtiments sévères qu'il outra, et qui servirent de prétexte au pape pour prêcher une croisade contre lui. Ecelin da Romano épou&a , en premières noces, Gilia, sœur du comte San-Bonifacio. L'ayant répudié?, Tan 1238, il prit, en secondes noces , Selvagia , fille naturelle de l'empereur Frédéric II; et en troisièmes, l'an 1244* I*otta 1 parente, par sa mère , du roi Maiofroi ; enfin il prit , en quatrièmes noces, l'an 1249, Béatrix de Castel-Nuovo ; mais il n'eut aucun enfant de ces alliances. II mourut , comme on le voit ci-dessus , en 12S9 , à l'âge de soixante— cinq ans et six mois. Ce seigneur croyait à l'astrologie judiciaire, et consultait souvent, sur ses opérations, un crémonais nommé Gérard de Sabionetta , grand astrologue de ces tems-là. Il en avait beaucoup à sa cour, ainsi que des histrions, des bouffons, des conteurs des poètes et des hommes de lettres ; ce qui n'annonce pas un caractère 41 porté à la barbarie et à la férocité.

Albemco, frère d'Ecelin V, né vers 1196 , vécut en bonne intelligence avec les papes jusqu'en ia55 , et fut fort aimé de ses sujets. Mais lorsque , rapproché de son frère , il eut abandonné le parti guelfe , il éprouva toutes les vengeances de la cour de Rome , qui l'excommunia en X2S8 ; et, dès cet instant, l'histoire le peignit comme un monstre. De Béatrix, sa femme, qu'il avait épousée à Vicence, en 1220, il eut six fils et trois filles ; dont Adélaïde, l'aînée , mariée à Renaud d'Est , fut exilée par Frédéric , avec son mari dans la Pouille , où elle mourut. Une fin bien plus cruelle attendait sa malheureuse famille. En un même jour, Albéric , attaché, par les Trévisans, à la queue d'un cheval furieux , fut traîné dans la ville et mis en pièces , ses six enfants massacrés, et Marguerite , sa seconde femme, brûlée vive avec Griseide et Amabilie , ses filles. C'est ainsi que s'éteignit totalement, Tan 1260 , la célèbre maison des Ecelin da On ara et da Romano.

Nous avons cru cette note nécessaire pour l'intelli genre de cettte partie de l'histoire du moyen âge, et nous Pavons puisée dans la Storia dei Eccelini di Giam-Battista Verci\ S vol. in-8°. Bassano 1779 : ouvrage plein d'érudition.

3«jfi CHRONOLOGIE HISTORIQUE

de cinquante ans , meurt à Ferrare , qu'il gouvernait avec beaucoup de sagesse depuis vingt-quatre ans (i).

OBIZZON II.

T^f>4* Obizzon, second du nom, de la maison d'Est, petitfils d'Azzou VII , par Renaud, son père, mort en i^5i , succéda dans le marquisat d'Est et les autres Liens de cette maison, à son aïeul, et fut proclamé, d'un consentement unanime, par les habitants, seigneur de Ferrare. Il marcha , l'an isbS,

(i) Les républiques d'Italie ne se bornaient pas à défendre leur liberté contre les tyrans; elles n'étaient guère moins occupées de* moyens de s'agrandir aux dépens de leurs voisins. Les villes de Nonantola et de San-Cesatco étaient de tetns immémorial du domaine des Modénois. Les Bolonais . s'en étant rendus maîtres les premiers, leur en firent demander la restitution par leurs députés. La réponse des Polonais fut que Nonanteia s'était donnée volontairement à eux , et que San-Cesaieo leur était demeuré pour les frais des guerres passées ; que rependant, pour ne pas leur céder en générosité, ils consentaient à les rendre. Ce discours , tout modéré qu'il était , blessa l'orgueil des Modénois , et devint le signal de la guerre. On prend les ai mes de part et d'autre. Entius, ou Emio, roi de Sardaigne , et fils nature) de l'empereur Frédéric II, vient au secours des Modénois, et se met à là tête de leur armée. Ayant rencontré celle des Bolonais . près de Fossalle, il lui livre une bataille sanglante , et la perd, avec ta liberté , te jour de Saiut-Barthélemi ia49* Conduit prisonnier à Bologne, il est réclame} avec menaces, par l'empereur, son père , qu'on n'écoute qu'avec rae-* vpris, Frédéric, changeant de ton , offre, pour la rançon de son fils, d'entourer la ville avec un fil d'or. Il ne réussit pas mieux. Enip mourut à Bologne , après vingt-trois ans de captivité t pendant lesquels, il fut tr.titi:, d'ailleurs, avec tous les honneurs dus à son rang et à sa naissance. On lui fit des funérailles magnifiques et vraiment royales. Quant à la guerre qui avait occasioné sa détention , elle fut terminée par la médiation du pape Innocent IV, irréconciliable ennemi de Frédéric et de sa race. Qui s'imaginerait que cette guerre , dont nous traçons un fidèle précis d'après Camponaccio , qui en a donné une Victoire particulière , a fourni au Tassoni la matière de son poê'roç héroï-comique de la Sçcchia rapita , ou du Sceau cnlerc ? Le marquis. Azzon ne fut que spectateur des querelles de Modènc et de Bologne, attendu que ni l'une ni l'autre de ces villes n'était de sa dépendance; et n'ous ne rapportons ces faits que parce qu'ils intéressent une repu.-» blique qui tomba sous la puissance de ses successeurs.

Les lettres ont l'obligation à monseigneur François-Marie d'Est, évèquç de Reggio et abbé de Nonantola, d'avoir une histoire diplomar Jique très- intéressante de celte abbaye célèbre. Le savant cbevalier Tir raboschi l'a publiée en $zux volumes in-foliq , imprimes * Modçfl* en 1784,

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