‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 201 sur 277 · SEIGNEURS DE LA MAISON D'EST · texte numérisé non relu

SEIGNEURS DE LA MAISON D'EST

AZZON VI.

11 96. Atto, Azzo , ouAzzolino, marquis d'Est, sixième du nom de celte maison , sans contredit l'une des plus anciennes et des plus illustres de l'Europe, était déjà podestat de Ferrare en 1196. 11 y. acquit une grande autorité, et il obtint aussi la même dignité à Padoue , l'an 1 199. Azzon tirait son origine, ainsi que les Malespina et les Pallavicini, en ligne directe, comme le prouve Muratori , d'Obert 1 (1) ,

(1) Ascendants cPAzzo V! , d'après les tables généalogiques, 1, 3 et 8 de Muratori. ( Voy. Antichità Estcnsi cd ltaliane , part. 1. )

Boniface I, comte de Lucques et duc de la Toscane, fleurissait dans l'année 811. Il laissa deux fils. Berald , autrement Berchard ou Bérenger, qui vivait en 829 , et Boniface , qui suit.

Boniface II . comte, ou duc de la Toscane , et préfet de la Corse , vivait en 829 ; il laissa un fils , qui suit.

Adalbert I, marquis et duc de la Toscane, fleurissait dans les années 847 et 875. Il laissa deux fds, Boniface, comte en 884i et Adalbert H, qui suit.

* A d albeat II, surnommé Le Riche , marquis et duc de Toscane,

3ç)0 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

seigneur de Canossa, que l'empereur Otton 1 fit comte du sacré palais , en ^62. Après avoir perdu Léonore , fille de Thomas , comte de Savoie , sa première femme , il épousa , le 22 février 1^04, Alausie, ou Adélaïde, fille Je Renaud de Châtillon , prince d'Antioche. En i2o5, Azzott chasse Salinguerra de rerrare, et détruit son château de la

mourut en 917, laissant deux (ils, Lambert, marquis et duc de Toscane vers Tan 931, et Gui, qui suit.

Oui, marquis et duc de Toscane , finît ses jours vers I*an ç,3o. Plusieurs conjectures donnent lieu d« croire que de cette famille, et nommément de celle du marquis Gui, naquit

Adalbert 1U, marquis d'Italie, vivant en Tannée 940. Il laissa un fils, qui suit.

ObertI, ou Albert, fut, dit Muratorî , non-seulement marquis d'Italie, mais aussi comte du sacré palais; dignité la première du royaume d'Italie, qui rendait celui qui la possédait vicaire du sou* verain, et lui assujétissait un grand nombre des villes de cet état. Indigné de la tyrannie du roi Bérenger H, et de la persécution qu'il faisait à la reine Adélaïde, veuve du roi Lothaire , pour la contraindre à épouser Adalbert, son fils, il alla trouver, en Allemagne, le roi Otton I pour l'engager à venir délivrer cette princesse ; ce qu'il obtint, comme on l'a vu ci - devaut. Le premier monument dans lequel on voit Obert qualifié marquis , est de Tan 931 , et le dernier de Tan 971. ( Voy. Aniickità Estensi ', part. 1, pp. i34~i5a. ) Mais il y a bien de l'apparence qu'il prolongea beaucoup plus loin sa carrière. Il jouissait en bénéfice de l'abbaye de San- Colomban de * Bobio. 11 eut pour successeur son fils,

Obert II, marquis d'Italie, qui fleurissait depuis l'an 994 jusqu'à l'an 1014. H laissa au moins trois fils, savoir Azzon I, qui suit; Hugues I, marquis et comte depuis Tan 1014 jusqu'à Tan io38 ; Adalbert, marquis, fondateur de l'abbaye de Castiglione en l'année io33; et peut-être Gui, marquis en 1029.

Albert-Azzo I, marquis d'Italie et comte, fleurissait depuis l'an loi 4 jusqu'à l'an 1029. Il laissa un fils , qui suit.

Albert-Azzo H , né vers l'an 996, marquis d'Italie, comte de Lunigiana, seigneur d'E*t ( en latin A teste ), et de Rovigo (en latin JRoéigium) , mourut en 1097. Il est la tige des familles régnantes de Brunswick et de Modènc. De Cunégonde, princesse de la maison des Guelfes, il laissa Guelfe IV, duc de Bavière, de qui descendent les princes de la maison ducale, électorale et royale de Brunswick ; et de Gersende , fille d'Herbert Eveille-Chien ; comte du Maine , ** deuxième femme, il eut Foulques I, qui suit ; et Hugues II , marquis d'Italie et comte du Maine, vivant l'an 1100. Ce dernier laissa trois fils, Auo III, marquis, mort en 11 4» î Tancrcde, marquis, mort en H45; et Robert, marquis, vivant encore en liai. Le marquis Tan-

DES SEIGNEURS DE FERRA RE. 3o,t

Fratta ; mais il y rentre bientôt. Allié, en 1207, avec ^es San-Bonifacio et les Mantouans, il défait, à Vérone, Ëzzelin le Moine , repousse les ennemis jusqu'au lac de Garde , et revient ensuite attaquer Sali ngu erra, qui était allé au secours d'Ezzelin. En 1209, Azzon va au-devant d'Otton, roi d'Aile-* magne, qui se rendait à Rome , pour y recevoir la couronne impériale. Ce fut à cette occasion qu'il eut le chagrin de voir que ce prince, quoique son parent , portait à Ëzzelin et à Salinguerra , une affection particulière. Avant cette époque , le pape Innocent 111 avait nommé Azzon marquis d'Ancône; Marche sur laquelle les papes avaient des prétentions, comme faisant partie du fameux héritage de la comtesse Mathilde* L'empereur Otton IV, pour conserver ses droits , lui conféra, de son côté , la même dignité , au mépris du serment qu'il avait fait à son couronnement impérial , de restituer au saint siège les terres allodiales de Mathilde. Le pape ayant frappé d'ana thème , l'an 1210, Otton, et l'ayant déclaré déchu de l'empire, Azzolin abandonna son parti pour embrasser celui de Frédéric 11 , son rival, qu'Innocent protégeait alors. Azzolin mourut au mois de novembre 1212, laissant du premier lit, Aldovrandin ou Aldobrandin , qui suit; et du second, Azzon, qui fut le septième de son nom; Agnès, mariée à Ëzzelin le moine; et Beat ri x , fondatrice du monastère de Gemola, morte Tan 1226.

ALDOVRANDIN I.

1212. Aldovrandin I, fils d'Azzolin, lui succéda dans le marquisat d'Est et la Marche d'Ancône, dite aussi la

crède eut un fils de même nom que lui, qui mourut Tan 11 64» sans postérité mile. Hugues laissa ses enfants en Italie , pour aller prendre possession du Maine, où il était appelé par les seigneurs du pays. ( Voyez les comtes du Maine. )

Foulques I, marquis d'Italie, seigneur d'Est, Rovigo, etc., meurt vers l'an 1 136. De ce prince descend la famille des marquis d'Est , ducs de Ferrare et de Modène. Il laissa cinq fils, Boniface 1 , marquis d'Est, mort en n63; Obizzon I, qui suit; Foulques II, marquis d'Est, mort en 11 78; Albert, marquis d'Est, mort en 1184 ; et Azzo IV, aussi marquis d'Est.

Obizzon I , marquis d'Est , meurt vers l'an 1x94. II eut deux fils, Boniface III , marquis , vivant l'an 1212 ; et Azzon V, mort avant son père , l'an 1193, laissant un fils de même nom que lui , qui suit.

Azzo VI, ou Azzolin, marquis d'Est et d'Ancône, seigneur do Ferrare , dont il est question ci-dessus.

Se)* CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Marche de Warnîer ; mais il n'eut pas la même autorité que lui dans Ferrare. Salinguerra , qu'Azzolin en avait fait hannir, n'a pas plutôt appris sa mort, qu'il y rentre avec les siens. L'an I2i3, il oblige Aldovrandrin , le 29 mai, à faire avec lui un traité par lequel il était dit qu'ils éliraient en commun le podestat , et qu'ils gouverneraient la ville ensemble ; mais Aldovrandin ne tint pas sa promesse. Il fit une ligue avec les Parmesans, les Mantouans et les Modénois contre Salinguerra. Ces derniers étaient animés contre lui , parce qu'il s'était emparé de la personne de Balduino Vis-Domini , leur podestat, et lui avait fait arracher la langue. Aldovrandin assiégea pour la seconde fois , en iai3, le château de Ponte-Duce, et obligea Salinguerra à le lui abandonner pour le raser entièrement* (Voyez Tiraboschi , tom. I , pag. 286.) L'an 121 4 » pressé par les sollicitations du pape Innocent lit, Aldovrandrin prit les armes pour recouvrer la Marche d'Ancône, dont les marquis de Célano, partisans d'Otton IV, avaient envahi la plus grande partie. Aldovrandin mourut empoisonné l'an i2i5 , ne laissant qu'une fille, Béatrix , que son oncle, Azzon VII, maria, Pan ia34 , à André II, roi de Hongrie.

AZZON VII.

i2i5. Azzon VII, dit Novello, ou le Jeune, successeur d'Aldovrandin , son frère , dans un âge encore tendre, fut obligé , dans le commencement, de céder presque toule l'autorité à Salinguerra dans Ferrare. Ayant repris le dessas en 1221 f il chassa ce rival, qui , bientôt après, rentra dans la ville, au moyen d'un accommodement. L'année suivante, chassé à son tour par Salinguerra, il vint mettre le siège devant Ferrare; mais Salinguerra, l'ayant attiré dans la ville avec cent des siens, sous prétexte de traiter de la paix, excita contre lui une sédition, dont il n'échappa que par la fuite. L'an 1240, s'étant ligué par les intrigues île Grégoire de Montelongo , légat du pape , avec les Vénitiens, les Bolonais et les Mantouans, il vint à leur tête faire le siège de Ferrare*, au commencement de février. Salinguerra ayant été fait prisonnier, le marquis Azzon se vit délivré d'un, dangereux ennemi, et Ferrare, où il avait des intelligences, lui ouvrit ses portes. L'an 1249, le fameux Ecelin V (1), podestat de

(1) On a souvent confondu ensemble les différents Ezzelins; et H nous paraît indispensable de faire ici connaître ces hommes célèbres side'figurés par les erreurs des historiens.

DES SEîGtîEURS t)E FERRARË» 3t)S

ÎPadoue, et le plus redoutable tyran d'Italie, enlève au mdrtqnis Azzon , les arraes à la main , une partie de ses terres, Azzon , Tan i25(3, entre dans la croisade publiée par le pape contre Ecelin. Il mârche avec les croisés au siège de l'adoue. Celte

Ecelo, ou Ezilone , fils d'Arpon , était un des barons allemands tjui accompagnèrent, vers io36 , l'empereur Conrad II en Italie. Il lui donna les fit'.fs d'Ûnora et de Homano , dont ses descendants portèrent le nom. Gisla, sa femme, qui vivait sous la loi lombarde , est ïiommt'e dans une dortation faite, par son mari, au monastère de Saint-FéJix, en 1074. Urt diplôme de l'empereur Henri IV, de 1091, en faveur des religieuses de Saint-Pierre de Padbue, est le dernier -acte où l'on voit paraître Ecelo I. H semble qu'il mourut peu après, alors âgé de plus de quatre-vingts ans , et laissant deux enfnnts » Ecelo II et Albérico. Ghérard Maurice fait un grand éloge de la probité et des vertus d'Ecelo I.

Ecelo II et Albérico I, son frère, firent, à divers monastères, de riches donations, qui leur méritèrent la réputation dé personnages

? - a 1AI A J l»-» . . Il \) ^ l. lv

Î>ieux et respectables. Au passage de l'empereur Henri V, eu Italie ^ 'an 11 16, ils étaient assis à ses côtés quand il rendait la justice. Là femme d'Ecelo II s'appelait Aica ; celle d' Albérico, Citnizza ou Cunecondb, dont il laissa un seul fils, Ecelo 111. Albéric mourut avant 1 154»

Ecelo III , aussi appelé, par un diminutif, Ecelino, suivant l'usage de ce tems-là, que nous avons déjà expliqué, fut encore surnommé// JJalùû, ou le Bègue , à cause de la difficulté qu'il éprouvait m parlant. Imitateur de la générosité de ses pères envers l'église, il passa à la Terre-Sainte en n47* lors de la croisade prèchée par saint Bernard t et mérita l'honneur d'être choisi pour chef par tous les aventuriers lombards qui s'y étaient rendus. Il y acquit beaucoup de gloire, et la soutint le reste de sa vie. Ce seigneur habitait ordinairement Vicence, ou Trevigi. A sa mort, arrivée vers Tan n83. il laissa, de son épouse Àuria da Baone, deux fils, Giovanni , marié à Béatrix da Baone, et Ecelin IV, dit le Moine; il en obtint aussi deux filles, Cunizza, mariée à Tisolino da Campo Sampiero , et Gisla.

EcELlflo IV, dit // Monaco, ou le Mot né, fut ainsi surnommé parce que , vers la fin de sa vie, il se retira dans un monastère de Be'-» nédictins, pour se préparer à la mort : action fréquemment usitée dans le moyen âge. Il naquit vers n5o. Ayant épousé, d'abord fort jeune, Agnes, fille d* Azzon VI , marquis d Est , qui mourut eu couche, il se remaria à SperoNelLa DalesManiuni, qui abandonna son époux pour s'enfuir avec Olderico di Fontana, et mourut, en 1199 , âgée de cinquante ans, après avoir eu successivement cinq maris. Ecelin épousa ensuite Cecilia DA Abano , fille de Mainfroi , comte de Badone , qu'il répudia parce qu'elle avait été violée par Gérard dâ Campo Sampiero : ce fut la causé des guerres cruelles qui ravagèrent ensuite la Marche de Trevigi. Ecelin j>rit enfin, en quatrièmes noces,

Page 1