NICOLAS MARCELLO
i473. Nicolas Marcello , procurateur de Saint - Marc 9 parvient au dogat le 1 3 août (et non le 4), à l'âge de soixante-seize ans. L'an 1474» auprintems, le sultan Mahomet 11 fait entrer en Albanie une armée de trente mille hommes , sous les ordres de Soliman , pacha , qui met le siège devant Scutari. La place se défend avec tant de vigueur , que les Turcs sont obligés de se retirer au mois d'août suivant. Nicolas Marcello meurt le 1" décembre de la même année.
PIERRE MOCÉN1GO.
1474* Pierre Mocenigo , qui avai fait lever aux Turcs le siège de Scutari, est élu doge le 16 décembre. L'an 147S y Catherine Cornaro , fille de Marc Cornaro , sénateur vénitien , et veuve de Jacques II , roi de Chypre, ayant perdu le roi Jacques 111 , son fils unique , se met sous la protection de la seigneurie de Vénise , pour se défendre contre Charlotte , fille du roi Jean 111, qui lui disputait le royaume de Chypre. Le sénat l'adopte pour fille de Saint-Marc , et en
4;8 CHHONOLOGIE HISTORIQUE
vertu de cette adoption , s'empare du gouvernement de Chypre, ne laissant presque a Catherine que le titre et les honneurs de la royauté. (Voy. les rois de Chypre. ) L'an 1476 , Pierre Mocenigo meurt le 23 février.
ANDRÉ VÀNDRAMINO.
1476. André Vendramino, procurateur de Saint-Marc, est élevé à la dignité ducale, le 5 mars, à l'âge de soixanteseize ans. (Sanuto. ) Les Turcs, l'an 1477 » font une irruption dans le Frioul , où, pendant près d'un au , ils mettent tout à feu et à sang. André Vendramino meurt le 6 mai de l'année suivante.
JEAN MOCÉNIGO.
1478. Jean Mocenigo, frère de l'avant - dernier doge, parvient à cette dignité le 18 mai, à l'âge de soixantej-dix ans. Le sultan Mahomet II prend la ville de Croie en personne, après un long siège , et en fait égorger les habitants , malgré la capitulation qui leur assurait la vie et la liberté. Il assiège ensuite Scutari ; mais il échoue devant cette place , et se retire avec fureur le 28 juillet. La paix est signée , le 26 janvier i4?9 » entre les Turcs et les Vénitiens , qui rendent aux premiers la ville de Scutari. La même année, les Véniliensse liguent avec les durs de Ferrare et de Milan , en faveur des Florentins , contre Ferdinand , roi de Naples, qui voulait les opprimer. (Voy. Flarence.) L'an 1480, ils engagent Mahomet lia déclarer la guerre à ce prince. (Voy. Naples. ) Hercule I, duc de Ferrare, eéfeeprend , l'an 14^2 , d'établir des salines à Comarhio , pour se dispenser de prendre du sel dans les greniers de Venise. l a seigneurie lui fait à ce sujet des représentât ions auxquelles il n'a aucun égard. En conséquence, déclaration de guerre, publiée à Venise, Te 2 mai, contrece prince. (V. Hercule î, duc de Ferrare.) L'an 1484, Bajazet H , l'instigation du roi de Naples, redemande aux Vénitiens l'île de Céphalonîe , qu'ils sont obligés de li>i abandonner. Le 7 août de la même année , la paix est signée à San-Zéno entre les Vénitiens et le duc de Ferrare , qui leur cèile le Polésin de Rovigo. Le papo Sixte IV, qui s'était ik'cl.n contre les Vénitiens et les avait excommuniés, apprenant celte nouvelle , en meurt de chagrin. Innocent VIII , successeur de Sixte , lève, au mois de janvier i485, 1 interdit de Venise, à la demande des ambassadeurs de la seigneurie. Le 4 (ou le S) novembre suivant , le doge Jean Moncénigo meurt de la peste qui , depuis plusieurs années , faisait de grands ravages a Venise et dans les états voisins.
1 DES 0OGE3 DE VENISl* 4?9
MARC RARBARIGO.
i485. M abc Baubarigo , procurateur de Saint -Marc, est élu doge le 19 novembre. Il n'occupa celte place qu'environ huit mois , et mourut le 14 août i486. (Sanulo.)
AUGUSTIN BARBAïUGO.
i486» Augustin Baubarigo, procurateur de Saint -Marc * est proclamé doge le 28 août. Le conseil des dix envoie , l'ar* ai8#, Georges Cornaro en Chypre, pour amener la reine Catherine , sa sœur, à Venise , et s emparer de son royaume au nom de la seigneurie. François Priuli part des côtes d latrie avec une, fjottepour aller à la suite de Cornaro , et 1 appuyer en cas do résistance de la part de la reine. Catherine, après avoir heauçoup hésité, prend (e parti de se soumettre aux volontés de U seigneurie. Xn conséquence de son abdication * le .général Priuli prend possession de l'île, le 36 février 1489, çt fait arborer Té tendard de Saint-Marc dans Famagouste. te, i4 *nat suivant , Catherine s'embarque avec son frère sur la galère d* Priuli , et arrive le 6 juin à Venise % où file est reçue avec d* grands honneurs» On lui assigna, pour w résidence , le château d'Asolo, dans le Tréyisan , où elk vécut en reine, jusqu'à la lin jlet ses jours. L'an 1490 1 Ascraf-Kaïtbai , sultan d'Egypte, dont le royaume de Chypre était tributaire * accorde , le a mars, 4 l'ambassadeur de Venise, l'acte authentique par lequel il admet la seigneurie dans la légitime possession de la couronne de Chypre, et lui en donne l'investiture moyennant le tribut or-r dinaire de huit mille ducats. C'est ainsi que, par une usurpation manifeste , Venise demeura maîtresse d'un royaume qui appartenait à Charlotte, fille et héritière de Jean Ml, roi de Chypre. ( Voy. les rois âe Chypre. )
L'an 1494 , Charles Vtll , roi de France , étant sur le point Rentrer en Italie , envoie Philippe de Comine à Venise , pouf « disposer la seigneurie à favoriser ses desseins sur le royaume de iNaples. Le sénat se tire de cette ambassade par une réponse courte et sage , qui ne concluait rien. Mais Tannée suivante, les succès rapides de Charles donnant lieu aux Vénitiens de craindre pour la liberté de l'Italie, ils concluent, le 3i mars, dans Venise même, une ligue offensive et défensive contre ce prince , avec le pape Alexandre VI et le duc de Milan. Le marquis de Gonzague est déclaré général de l'armée vénitienne s et le comte de Cajaaze l'est de l'armée milanaise. Le 6 Juillet, ces deux généraux attaquent Le roi de France k Fornoue , et
48o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
•ont battus par une armée beaucoup inférieure a ta leur. On rejette cet échec sur Bernardin Contaréno , commandant de la cavalerie légère des Vénitiens t qui, dans le moment le plus critique de Faction , laissa sa troupe s'amuser au pillage. L'an 1496, les Vénitiens fournissent à Ferdinand , roi de Naples , une bonne flotte , un corps de troupes considérable, sous les ordres du marquis de Mantoue , et une somme d'argent ; toutes choses dont il avait grand besoin pour être en état de chasser les Français du royaume de Naples. Us envoient , dans le même tems , un puissant secours aux Pisans , pour se défendre contre les Florentins , qui voulaient de nouveau les assujettir.
L'an i499> Louis XII, successeur de Charles VIII, tout occupé à s'aplanir les voies pour la conquête du Milanez et pouf celte du royaume de Naples, dont il se prétendait héritier • pratique une ligue avec les Vénitiens , qui fut publiée le a5 mars. Le monarque leur avait promis, pour recompense de leurs services , la Chiara-d'Adda et Crémone , dont Ludovic Sforce , duc de Milan , s'était emparé. Il tint parole pour Crémone , après la conquête du Milanez ; mais on ne voit pas qu'il leur ait cédé la Chiara-d'Adda. La seigneurie soutenait , dans le même tems, une guerre très-rude contre le sultan Bajazet, non-seulement dans le Levant , mais dans le Frioul , où les Turcs avaient pénétré et commettaient d'horribles ravages. Les derniers mois de la même année 14^9 , virent éclore une nouvelle guerre dans la Romagne et la Marche d'Ancône, dont les différentes villes étaient occupées par différents seigneurs qui les tenaient du saint siège, en vertu des bulles des souverains pontifes. Alexandre VI , comptant pour rien ces titres , avait résolu de recouvrer ces deux provinces, peur en faire un état a César de Borgia, son fils. Déterminé par ce motif, il entre dans la ligue des Vénitiens avec le roi de France, et leur promet une partie des places qu'ils l'aideront à conquérir.
L'an i5oi , le doge Augustin Barba ri go termine sa carrière, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Après sa mort , le grand conseil, assemblé pour élire son successeur, établit le tribunal des inquisiteurs d'état, composé de trois magistrats, revêtus d'un pouvoir absolu sur tous les citoyens , pour veiller à la conservation de la république.