DES MARGRAVES D* AUTRICHE
tobre 1096, et y fut inhumé dans le tombeau de ses ancêtres. Ftha , son épouse , fille , suivant plusieurs historiens , de l'empereur Henri III, mais plus vraisemblablement , selon la conjecture de D. Jérôme Pez , de Welphe I , duc de Bavière , lut donma Léopoid, qui suit, et Albert, avec six filles, dont les principales sont Elisabeth , femme d'Ottocare M / margrave de Stirie; Hiiberge ou Helberge, femme de Borzivoi 11, roi de Bohême ; et N. , femme de Leutolde , marquis de Moravie. Hha , mère de ces enfants , survécut à son époux , et suivit à la Terre-Sainte le duc de Bavière et l'archevêque de Salzbourg avec d'aulrés princes , dont la plupart périrent dans Cette expédition, ltha fut prise par un prince sarrasin , et Ton ignore ce qu'elle devint par la suite.
LÉOPOUD III , dIt LE PIEUX.
109G. LÉOPOLB 111, successeur de Léopoid H, son pire, mérita ie surnom de Pieux par ses vertus. Entre les bonnes œuvres qu'elles produisirent, on remarque ses libéralités envers les églises. Il augmenta les biens de celle de Mclck, et obtint t Fan 1 1 î3, de Home, une bulle qui exemptait ce monastère de la juridiction de l'évèque de Passaw, et le soumettait immé* diatement au saint siège. L'année suivante , il fonda une église à Neobourg, où il établit d'abord des chanoines séculiers» puis , en 1 133 , des réguliers de l'ordre de Saint -Augustin. L'an ii3G, autre fondation de Léopoid ; ce fut celle de Sainte-Croix pour l'ordre de Çîleaux. Loin de prendre sur ses sujets d«s quoi fournir à ces établissements, if diminua les impôts $ et versa d'abondantes aumônes dans le sein des pauvres, il mérita, la reconnaissance de tous les gens de bien par son exactitude à rendre la justice, et la sévérité avec laquelle il punissait le crime, lorsque la prudence et l'intérêt public ne permettaient pas de le pardonner. Il adoucit les moeurs féroces dés Autrichiens par de sages règlements, et épura leur religion en abolissant plusieurs superstitions auxquelles ils étaient Livrés. Nous fie dissimulerons pas, néanmoins, une tache de sa vie, qu'il effaça ensuite par la pénitepee : ce fut d'avoir embrassé le parti du jeune- Henri , révolté contfe l'empereur Henri IV, son père. Après la mort de ce (ils dénaturé, qui régna depuis sous le nom de Henri V, il eut des voix pour l'empire ; mais voyant que le plus grand nombre était pour Lothaire, il se fit un devoir de lui céder. Le caractère pacifique de ce margrave n'ex-* cluait point la valeur. II en avait fait preuve, l'an 11 14» cqntre Etienne , roi de Hongrie , dont; il repoussa les attaques avec k secours du duc de Bohême , et ravagea ensuite les états par
représailles ; après quoi il revint triomphant chez lui (ChrcnU? Meliic. ) On parle encore d'une autre victoire qu'il remporta sur le même. Léopold mourut, comme le prouve Lambécius* le tS novembre de Pan n36, et fut inhumé au monastère de Neubourg, qu'il avait fondé, à deux lieues de Vienne, pour des chanoines réguliers. Le papé Innocent VI II le mit au nombre des saints, par sa bulle dii 6 juin i485. Léopold avait épousé, l'an 1106, Agnès, fille de l'empereur Henri IV, et veuve de Frédéric I , duc de Suabe , qu'elle avait fait père d'un fils de même nom que lui , et de Conrad , duc de Franconie , depuis empereur, troisième du nom. Léopold eut d'elle dixhuit enfants, dont sept moururent en bas âge. Les onze restants sont Albert , qui suit; Henri, dit Jochsamergott 9 duc de Ba-, vière ; Léopold, dit le Libéral , dont nous parlerons avant Henri ; Ernest , dit le Jeune , mort à dix-huit ans ; Otton , moine de Morimond, puis évéque de Frisingue en u38, mort le 22 septembre n58 (ce prélat suivit, en u47» l'empereur Conrad à la Terre-Sainte , fonda , dans son diocèse f deux abbayes de Prémontrés, et se rendit célèbre par sa chronique et son histoire de l'empereur Frédéric I ) ; Conrad f évêque de Passaw en 1 1 48 , puis archevêque de Salzbourg en *i64, mort en 1168; Berthe, femme de Henri, burgrave de Raîisbonne ; Agnès, femme, suivant l'histoire de la fondation de l'abbaye de Melck, de Boleslas, duc de Pologne, dit le Frisé f qui, par conséquent, a dû être marié deux fois; Gertrude f femme de Wladislas III , roi de Bohême ; Elisabeth, mariée à Herman , landgrave de Thuringe ; et Judith , femme de Rai— nier, marquis de Montserrat. (Hieronym. Pez, Rerum Austriac. t. I , pp. 299 et seq. ) La mère de ces enfants termina ses jour* en 1143.
ALBERT II , surnommA LE DÉVOT*
11 36. Albert, fils. aîné de Léopold, était, avant de lui succéder, avoué de l'église de Neubourg et de toutes celle», de sa Marche; emploi dont il s'acquitta si bien, qu'il lui valut le surnom de De\*ot. Ayant épousé N. , sœur de Bela II » roi àe Hongrie, il défendu son beau-frère contre le prince Bo-. rich, fils du roi Colornan, qui lui disputait le trône, et le fit; triompher de ce rival. Il survécut très-peu de tems à son père, étant mort sans postérité le 10 novembre n36. Il fut inhumé dans l'église de Neubourg.
LÉOPOLD IV, dit LE LIBÉRAL.
. ii 36. Léopold IV, troisième fils de Léopold le Pieux*
JDfcS DUCS to'ÀtfïRICftfc* a5
succéda au margraviat d'Autriche, après la mort d'Albert, son frère , par préférence à son autre frèrê j Henri , plus âgé que lui. L'empereur Conrad , son frère utérin , ayant privé de la Bavière le duc Henri h Superbe, en 1 1 38, donna ce gouvernement à Léopold, qui én jouit jusqu'à sa roor* , arrivée le 18 octobre* 1 14a. Il ne laissa point d'enfants de Maris, 9©r* cportse , fille de Sobieslas I, duc de Bohême , et fut inhumé à l'abbaye de Sainte-Croix , en Autriche. (Voy, Us ducs de Bavière.)
HENfcl II, surnommé DE JOCHSAfoÉRGOTT, premier &qc.i>' Autriche»
1142. Henri, surnommé de JoctisameRgott, frère aîné de Léopold, le remplaça dans le margraviat d'Autriche et dans le duché de Bavière. L'empereur Conrad , son frère utérin , avant de lui donner ce duché , lui avait déjà fait épouser Geutruoe , veuve de Henri le Superbe. Mais il la perdit Tan 11 43, la seconde année de son mariage, sans en avoir eu d'enfants. L'an 11 47 » il accompagna l'empereur à la croisade. A son retour, il contracta , en repassant par Constantinople , une seconde alliance aVec Théodora , nièce de l'empereur Manuel Les différents subsistant toujours pour la Bavière, entre lui et Henri le Lion, fils de Henri le Superbe , il abandonna ce duché, Tan u54, voyant l'empereur Frédéric I disposé à l'adjuger à son antagoniste. Mais , pour l'indemniser, Frédériç obligea Henri le Lion, Tan u56, de lui céder la haute Autriche en-deçà de l'Ens, qui, jusqu'alors, avait relevé de la Bavière ; après quoi , il érigea ce margraviat en duché héréditaire, par lettres données, le 17 septembre 1 1 56 , a Ratishonne, en présence des principaux seigneurs do f empire, qu'il nomme dans sa bulle principes elec tores. (Du, Mont, Corps Diplom. , tom. I, part. 1 , pag. 81.) Le nouveau duc d'Autriche accompagna, l'an n58, 1 empereur dans son
lui; mais le soui qu il prit <i étendre et de décorer cette villef en fit une des principales villes d'Allemagne. Il eut différentes guerres, dont on ignoré le détail, avec Geisa, roi de Hongrie; avec \Velpfte, duc de Bavière; avec Conrad, marquis de Moravie ; et le jeune Ottocarfc , margrave de Styrie. Tout ce que nous en savons , c'est que son pays souffrit beaucoup des incursions de ses voisins. Il mourut d'une chute de cheval, le l'S janvier 1177, et fut inhumé à l'abbaye des Bénédictin*
Y xvn; - 4
écossais de Vienne , qu'il avait fondée. Théodore, sa veuve; lui survécut jusqu'en 1 1Ô4 , suivant la critique de N eu bourg, ou u85, selon celle de Melck. Elle fut inhumée auprès de sou époux., qu'elle avait fait père de Léopold, qui suit ; de Henri, dit l'Ancien, duc de Medling, mort en \xa&\ d'Agnès, -femme d'Etienne 111 , roi de Hongrie.