LÉOPOLD V
• ^177. Léopold V, fils aîné de Henri II et son successeur, fut attaché à l'empereur Frédéric I, et le suivit dans loutes ses expéditions. H fut présent, l'an 1177, à la réconciliation de . ce prince avec le pape Alexandre III, qui se fit à Venise le 24 juillet. L'an 1182, il fit un voyage à la Terre-Sainte, d'où il rapporta un morceau de la vraie croix , qu'il déposa dans l'abbaye de Sainte-Croix, près de Vienne. Léopold était lié d'amitié avec Ottocare 1, duc de Styrie. Celui-ci n'ayant ^oint d'enfants, lui assura la Styrie, l'an 11 86, par son testament auquel il survécut encore six ans. L'an 11 89 , Léopold accompagna l'empereur à la croisade, où il se distingua dans toutes les occasions. A la prise de Ptolémaïs , ou de Saint- Jean d'Acre , il eut son habit tellement couvert de sang, qu'il ne resta de blanc que ce 'qui était couvert par son baudrier. Le duc de Suabe, qui remplaçait l'empereur, son père, mort dans la route , changea , par cette considération , les àrmes d'Autriche, et lui donna un écu de gueules à la face d'argent. La mort ayant aussi enlevé, dans celte expédition , le duc de Suabe , les troupes allemandes refusèrent de continuer le service, et reprirent la route de leur patrie. Léopold, ne pouvant les retenir, demeura au siège avec une partie des siennes. L'arrivée successive des armées de France et d'Angleterre , sous la conduite de leurs rois, Philippe Auguste et Bichard I f ranima le courage des assiégeants , qui se rendirent enfin maîtres de la place. Dans un des assauts qui furent donnés , Léopold s'étant rendu maître d'une tour, y fit planter sa bannière. Le monarque anglais, piqué de cet acte d'anioriré, fait arracher et fouler aux pieds le drapeau par ses gens- Léopold sentit vivement cet affront et résolut de s'en venger un jour, s'il en trouvait l'occasion. Elle se présenta , contre son attente , lorsqu'il était déjà de retour en son pays. Richard , en voulant regagner le sien , prit sa route par l'île de Corfou , et essuya sur la route une violente tempête qui le jeta sur les côtes de l'istrie, où son bâtiment échoua. Obligé de continuer son voyage par terre et de traverser l'Allemagne , en passant pat
l'Autriche, il prit le parti de se déguiser en templier, pour
DES DUCS D'AUTRICHE, lj
n'être point reconnu. Mais il le fut près de Vienne , le ao décembre , et aussitôt arrêté par ordre de Léopold. L'empe^reur Henri VI, instruit de cette prise , acheta du duc d'Autriche, pour une somme- d'argent , son prisonnier , qu'il retint en captivité l'espace de onze mois. Le pape, la reine, mère du monarque anglais, et d'autres princes, sollicitèrent si vivement sa délivrance , qu'à la (in elle fut accordée* , au commencement de février 1194» dans la diète de Haguenau t moyennant une rançon de quinze mille marcs d'argent, dont un tiers pour Léopold. Ge duc ne jouit pas long-tems du fruit de sa ven-geance. Sur h fin de la même année , étant monté à cheval dans re dessein de retourner pour la troisième fois en Paléstine , il fit, près du château de Gratr, une chute si violente, qu'il en mourut le 21 décembre. Ce prince, dans se» derniers moments , témoigna un grand regret , suivant le P. Barre , de la conduite qu'il avait- tenue envers le ror Richard. 11 fut inhumé à Sainte-Croix. Léopold avait épousé, le t2 mai 11 74» Hélène, fille de Geisa II , roi de Hongrie, motte en 1199, dont il eut Frédéric , qui suit; Léopold, qui viendra ensuite; et Cunégonde , femme d'Ottocare y margrave de Styrie^
FRÉDÉRIC I r dit LE CATHOLIQUE.
ik)4~ Frédéric, fils aîné de Léopold V, partagea la succession paternelle avec Léopold , son frère , auquel il- laissa la Styrie, en retenant L'Autriche. L'an iiq5,.i! partit, avec plusieurs princes allemands , pour aller faire la. guerre aux Sarrasins d'Espagne. Cette expédition ne fut pas heureuse , et quantité de chrétiens y périrent* Ce mauvais succès ne l'empêcha pas de partir, l'an 1-197, Pour Terre-Sainte. U y mourut , le 1 1 août de l'année suivante , sans avoir pris d'alliance. Son corps , rapporté en Autriche , fut inhumé à Sainte-Croix de Vienne.
LÉOPOLD VI , dit LE GLORIEUX , duc d'Autriche et db Styrie.
1 198; Léopold VI , dit le Glorieux et le Pere diî Clercs, joignit au duché de Styrie, dont il était pourvu, celui d'Autriche , après la mort de Frédéric , son frère. L'an 11 y), il fut attaqué nar Eméric -, roi de Hongrie, qui porta le fer e% le feu dans l'Autriche. Ces hostilités finirent, {'année suivante, par un traité de paix conclu le jour de la Penttc&e. L'ao izobr il prit k croix pour la Terre-Sainte r d'où*
28 CIItkONOVOGlE HISTOJUQUÉ
il paraît qu'il revint, l'année suivante , sans y .avoir rien fait je mémorable. Il parlit , Tan 121 1 , avec le comte de Juliers , et d'autres seigneurs allemands, pour la croisade contre les yÙbigeois. L'an »2i3f il conduisit des troupes en Espagne, jpour faire la guerre aux Sarrasins d'Afrique , qui avaient fait line décente en ce pays. H eut part à une grande victoire remjportée par les Chrétiens sur ces Infidèles , le 28 juin de la même année. C'est ce qu'assurent les chroniques J'Autriche; «nais les historiens espagnols gardent le silence sur cet événement. L'an 1217, il se remit en route avec André 11 , roi de Hongrie, pour la Palestine, d où , s'étant rendus avec les autres croisés en Egypte , ils attaquèrent , au mois d'août 1218 , la tour du Phare, qui défendait le .port de la ville de Damiette. Le duc d'Autriche eut , dans cette expédition , le CpmmanJement de l'armée, après le comte de Berg que la mort enleva, et réussit, le 2S du même mois, à se rendre maître de la tour , malgré la brave résistance de la garnison, tn courage par ce succès , il entreprit , au mois d'octobre suivant, le siège de Damiette ; mais il n'eut pas la patience d'en attendre la (in. JL'an 1219, après une victoire remportée sur les Infidèles, le jour des Rameaux , il se rembarqua , avec une partie des Teutons et des Frisons t pour l'Allemagne. Olivier , qui était alors sur les lieux , dit que , pendant dixhuit mois qu'il resta parmi les croisés, il se distingua constamment par sa piété , par sa modestie , par les dépenses qu'il fît pour tes expéditions militaires , et par ses aumônes. Il donna, ajoute-t-il, à la milice des chevaliers Tmtoniques , cinq mille marcs d'argent pour être employés à l'acquisition d'une terre, et cinquante marcs d'or aux Templiers , que le comte de Chestcr gratifia en même tems de cinq cents marcs d'argent. ( Apud Eckard , Corp. Hisl. meà. ttvi , tom. II , pag. i4to-i4"») L'an 1226, Henri, dit l'Impie , fils de Léopold , se révolta contre son père , qui l'avait fait duc de MeoUing, chassa sa mère du château de Haimbourg, et ne craignit pas même d'attenter à la vie de l'un et de l'autre. Mais , l'année suivante , ce fils dénaturé mourut , laissant , de sa femme Richende , de Louis , landgrave de Thuringe, une fille nommée Gertrude, dont il sera parlé ci-après. L'an i23o , Henri, roi des Romains, fils «tfné de l'empereur Frédéric II, et gendre de Léopold , confirma les privilèges du duché d'Autriche, avec le consentement des princes a qui iappartpnait l'élection du roi des Romains : Benepfaciium principum quorum iuris quemque Romanorum regem e/ïgere (Pfeffel). Léopold , cette même année , s'éfant mis en rpute pour lUtalie , ayec plusieurs princes et prélats, dans le desscia de
DBS DUCS D'AUTRICHE. 39
travailler a la réconciliation de l'empereur avec le pape Gré» eoire IX , meurt à San-Germaiio , le 26 juillet. Ses entrailles furent inhumées au Mont-Cassin , et son corps rapporté à l'abbaye cistercienne de Lilienfel , qu'il avait fondée. Il avait épousé, l'an 1200, Théodora , de la maison de Comnènes, morte en 1246, et enterrée à l'abbaye de Neubourg. De ce mariage, Léopold eut un fils, de même nom que lui, mort en 1216 y à l'âge de dix ans, d'une chute ; Henri, dont oq vient de parler ; Frédéric, qui suit ; Marguerite , femme , i°. de Henri, roi des Romains , fils aîné de l'empereur Frédéric II v dont elle eut deux fils jumeaux , qui furent , dit-on , empoisonnés, dans un âge tendre , par Mainfroi, leur oncle, dans la Pouille où ils étaient élevés ; 20. d'Ottocare , ou Przémislas- Ottocare II , roi de Bohême ; Constance , femme de Henri f Illustre , marquis de Misnie , qu'elle épousa l'an 1234; et Gertrude, mariée, en 12/^1 , à Henri Raspoo, landgrave de Thuringe.
FREDERIC II , dit LE BELLIQUEUX.
ia3o. Frédéric , à qui ses exploits méritèrent le surnom dé* Belliqueux, succéda, l'an i23o, à Léopold, son père, dans les duchés d'Autriche et de Styrie , et fut le dernier de sa maison. Léopold , en mourant , avait laissé un trésor consirdérable : ses officiers, s'en étant saisis , refusèrent de le rendre sur la sommation que l'héritier leur en fit. Poursuivis pour ce sujet , ils prirent les armes pour défendre leur proie et mirent tout à feu et à sang; mais Frédéric vint à bout de les dompter. L'an 1262 , il étendit ses possessions en Carniole , dont il se qualifia seigneur (Busching) ; mais, la même année, il eut guerre avec ^enceslas III , roi de Bohême, qui le battit deux fois dans le cours de cette année , et fit de grands ravages dans l'Autriche. La campagne suivante fut plus heureuse pour Frédéric. 11 entra dans la Moravie, où il prit diverses places sans que Wenceslas pût s'y opposer. André II , roi de Hongrie , excité par ce dernier, enlra dans l'Autriche, pour obliger Frédéric à quitter la Moravie. 11 y réussit ; mais les forces que Frédéric lui opposa ne lui permirent pas de continuer la çijerre. H se hâta de faire la paix, et se retira. Krér déric , invité par ce prince , vint quelque tems après en Hongrie , où il fut magnifiquement reçu. Mais la réconciiiar lion de ces deux princes ne fut pas durable. Comme le duc d'Autriche continuait de faire la guerre en Moravie, André ♦ toujours attaché au roi de Bohême, fit en sa faveur, l'an 1235, une diversion dans la Styrie, tandis o^ue Wenceslas
3o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
attaquait l'Autriche. Frédéric, pressé de deux c6tés, n'eut vas de meilleur parti à prèndre que de demander la paix. «Elle lui fut accordée à des conditions qu'on ignbre. Frédéric n'était nullement réglé dans ses mœurs : ayant fait violence à plusieurs femmes devienne, il souleva contre loi les habitants de cette ville , qui le contraignirent d'en sortir et de se retirer parmi ses troupes , campées à quelque distance de là. Cet affront ne le rendit pas plus sage. Au libertinage , ifr joignit l'avarice , et pilla les monastères de ses états pour avoir de quoi fournir à ses plaisirs. Sur les plaintes qui furent portées contre lui à l'empereur Frédéric il, il fut cité, l'an 1236 , à la diète d'Augsbourg , où il refusa de comparaître. La diète procéda contre lui, et le déclara déchu de ses duchés par contumace. Ce jugement fut applaudi par les principales villes d'Autriche et de Styrie, qui secouèrent le joug de leur duc. L'empereur, étant venu avec une armée, l'an 1267 , en Autriche, accompagné du roi des Romains, du roi de Bohème f du duc de Bavière, et d'autres princes h entra sans résistance dans Vienne, où il resta l'espace de trois mois. Pendant le séjour qu'il y fit, il mit cette ville au rang des villes impériales, y fonda une université, et , en partant, iry laissa un gouverneur pour la défendre. Réduit à l'état d'un particulier et d'un proscrit, Frédéric se retira à Neustadt. Il y passa environ: » quatre ans; après quoi , profitant de l'absence de l'empereur ^ qui était en Fouille, il leva des troupes, livra bataille aux Impériaux qui étaient dans Vienne, et remporta la victoire; Il lit ensuite le siège de cette ville , qu'il contraignit à lui ouvrir ses portes. D'autres succès firent rentrer sous sa puissance la Styrie et la Carniole. Pour demeurer paisible possesseur , il ne lui restait , à ce qu'il semblait , qu à faire sa paix avec l'empereur. 11 alla, dans ce dessein , le trouver à Vérone, et vint a bout de le fléchir par ses soumissions. Mais , pendant son absence, le roi de Bohême, par les intelligences.
3u'il avait dans Vienne , trouva moyen de s'y introduire et e sven rendre maître. Le duc Frédéric, à son retour, plutôt que de hasarder un siège, aima mieux composer avec son ennemi , en lui offrant une somme d'argent , moyennant laquelle il se retira. Pour cimenter la paix qu'il venait de conclure, Frédéric mena sa nièce Gertrude en Bohême, au jeune Uladislas, fils de Wenceslas et marquis de Moravie r qui l'avait demandée en mariage.
L'an 1243 , la guerre s'alluma entre l'Autriche et la Hongrie. Ce fut le roi Bêla IV qui la déclara pour venger l'affront que Frédéric avait fait à sa seconde femme, cousine du roi de Hongrie, en la répudiant. Elle dura trois campagnes r à la
DES DUCS D'AUTRICHE. 3i
dernière desquelles le duc Frédéric étant sorti de Neustadt à la téle de son armée , combattit victorieusement contre les Hongrois. Mais , dans l'action , il fut blessé d'un coup de flèche- 4 l'œil , et tomba sous son cheval qui l'étoufFa le i5 juin 1*46. Ce malheur jeta la consternation dans son armée , dont le roi de Hongrie emmena plusieurs milliers de prisonniers en son pays. Quelque tems avant sa mort , il avait fait ériger sa prevince de Carniole en duché , et l'Autriche en royaume ; mais cette dernière faveur n'eut point d'effet. Frédéric , le dernier mâle de l'ancienne maison de Bamberg , fut inhumé à l'abbaye de SainterCroix , sans laisser d'enfants de ses deux femmes, •Gerthude , de la maison de Brunswick, suivant Arnpech Chrofu Austr.) , qu'il avait épousée en 1226 , et Agnès , fille 'Otton, duc de Méranie , dont il se fit séparer en 1243. Théo* dora , mère de Frédéric , ne lui survécut que huit jours , Le chagrin de la mort de son fils ayant causé la sienne. ■ •
1246. Gertrude , fdle de Henri, dit l'Impie, duç de Medling» nièce de Frédéric par son père, et femme d'UoAXlSLAS, marquis de Moravie, fils de "Wenceslas III, roi de Bohême, prétendit aux duchés d'Autriche et de Styrie, comme héritière > après la mort de son oncle Kat tendu que ces fiefs étaient nuement féminins. Ses tantes , sœurs de Frédéric . desquelles on 9 parlé ci-dessus , voulurent lui disputer cet héritage; mais l'em-r
Ï>ereur Frédéric, jaloux de s'approprier une si riche succession » a mit en séquestre , et en confia le gouvernement , au nom de l'empire, à Otton, comte d'Eberstein. Uladis)as n'en poursuivit pas avec moins d'ardeur les droits de sa femme. Les conjonctures étaient favorables.. Le comte d'Eberstein , abandonné en quelque sorte par l'empereur , que les troubles de l'Italie avaient obligé d'y transporter toutes ses forces , ne put empêcher Udalislas de subjuguer V Autriche. Mais, celui-ci mourut sans enfants Tan 134.7. Alors Heiuiaj* VI , margrave de Bade * neveu, par sa mère, de la duchesse de Bavière, engagea sa tante à demander pour lui Qertrude en mariage, et l'obtint sans difficulté. A la faveur de cette alliance , il se mit en possession de l'Autriche , dont il reçut l'investiture de l'anti-césar Guillaume, roi der Romains, à la recommandation du pape Innocent IV. Les partisans, que l'empereur Frédéric avait en Autriche , refusèrent au nouveau duc l'obéissance , et furent appuyés par les princes voisins. Herman prouva qu'il était capable de .faire tête à ses ennemis. Mais la mort l'enleva le 4 octobre 12S0. De son mariage , il laissa^un fils d'un an , nommé Frédéric, qui périt, avec l'infortuné Çonradin, sur. un écha-
3a CHRONOLOGIE HISTORIQUE
faud à Naples Tan 1268 ; et une fille, nommée Agnès , qui devint femme de Meinhard, ou Mainàrd, comte de Tyrot»
Ottôh, duc de Bavière, ayant appris la mort d'Herman, envoya son fils v Louis , avec une armée en Autriche, dont i\ conquit rapidement la meilleure partie. Les états delà province s'assemblèrent à Crems , où Ton prit la résolution d envoyer une députation à Meissen , pour offrir le duché au margrave dd Misnié , ou à l'un de ses fils. Mais les députés s'étant arrêtés sur leur route à Prague , le roi Wenceslas y dont ils furent magnifiquement reçus , les empêcha d'aller plus loin , et les pressa d'accepter pour duc son fils Ottocare , ou Przémislas- Ottorare , marquis de Moravie.
Cependant Gertrude avait contracté une troisième alliance avec Romain , fds d'un prince de Russie ; mais incapable de défendre l'héritage de sa femme, il la laissa enceinte d'une fille , et retourna dans son pays pour ne plus revenir en Autriche. Le marquis de Moravie, arrivé dans ce duché , chassa Gertrucle, qui sé retira à Meissein chez Constance , sa tante , d'où elle alla ensuite finir ses jours dans un cloître. Ottocare t après l'expulsion de Gertrude , chercha , pour colorer son usurpation, à s'allier avec Marguerite* fille ae Léopold, duc d'Au* triche , veuve, pour lors, de Henri, roi des Romains. Elle y consentit , quoique fort âgée , et le mariage se fit à Hainbourg l'an 12S2. Ce ne fut néanmoins qu'avec peine qu'il obtint le duché d'Autriche , que Béla , roi de Hongrie dévastait depuis deux ans. La Styrie, qui était pareillement en proie aux ravages de ce dernier, demandait pour son souverain le duc dd Bavière; mais le Hongrois s'opposait à ce vœu. On en vint à un tfâité, par lequel Béla eut la Styrie, et Ottocare fut maintenu dans le duché d'Autriche.
L7an tuSjy Przémislas-Ottocare, sans déclaration de guerre * fait une irruption subite dans la basse Bavière. Surpris de cet acte d'hostilité , le duc Henri fait venir à son secours , Louis , son frère, comte palatin. Leurs forces réunies obligent l 'ennemi à se retirer avec une perte considérable.
Ottocare avait toujours à cœur la cession qu'il avait faite de la Styrie. fan 1260, il fit éclatér son regret en conduisant une armée de cent mille hommes en Hongrie. Béla , qui avait prévu son dessein, lui en opposa une plus forte. Les Hongrois furent néanmoins battus au mois de juillet , et le prix dé la victoire fut la Styrie, qu'ils furent obligés de rendre.
L'an 1261 , dégoûté de Marguerite, sa femme, et ne pouvant plus la souffrir , Ottocare demande au pape la permission dè s'en séparer et de contracter un autre mariage. Malgré le refus
1>ts ftfccs to'ÀtJtfctfiHÊ. 83
qu'il essuie, il relègue Marguerite à Crems, et épouse Cubégonde, nièce de Béla IV, roi de Hongrie.
Le roi de Bohême hérita, Tan 126^, de la Carinthie, par le testament du dernier duc, Ulric III, qui, n'ayant point d'enfants, lui fit ce legs en 126s, au préjudice de Philippe , son frère. Celui-ci, après quelques efforts impuissants nouf empêcher l'effet du testament , est forcé de se contenter drune pension viagère. (Voy* Philippe, duc de Carinthie. )
Ottocare, Tan 1271 , porte la guerre en Hongrie, où il fait la conquête de plusieurs places. Ktienne, rôi de Hongrie, lui rend la pareille dans les incursions qu'il fait en Autriche et en Moravie. Les hostilités réciproques cessent au bout de deux années , sans aucun avantage ni pour l'une ni pour l'autre des parties. L'empire , cependant , était sans chef depuis environ deux ans. Les grands de la nation germanique, touchés des maux qu'entraînait cette vacance du trône impérial, jettent les
Îeux sur Ottocare pour le remplir. Il rejette avec dédain 'offre qui lui en est faite, satisfait de ses vastes domaines, qui s'étendaient depuis la mer Baltique jusqu'à la mer Adriatique* Enfin Rodolphe ou Rodolfe (IIe. du nom dans la généalogie de sa maison ) landgrave d'Alsace , comte de Habsbourg, et de Kibourg en Suisse , avec leurs dépendances , qui faisaient une grande partie de cette contrée (1) , est élu roi des Romains,
(1) La maison de Rodolphe tirait son origine d'AuALRic, ou Athic, •tus connu sous le nom tudesque d'ETHicoN, duc d'Alsace, mort Ter» an 690. ( Voyez les ducs d'Alsace. )
Ad albert, fils aine d'Ethicon, et son successeur au duché d'Alsace, mourut Tan 722. Il avait un frère puîné , nommé comme son père , d'où l'on fait descendre la maison de Lorraine. ( lùid. )
Luitfrid I, fils aîné d'Adalbert, lui ayant succédé au duché d'Alsace , mourut avant l'an 769.
Luitfrid II , fils puîné de Luitfrid I , mourut , vers l'an 800, avec le titre de comte de Sundgaw. ( Voyez Luitfrid, duc d'Alsace; et Lnjtfrid I , èomlc de Sundgav. )
Hugues , fils puîné du duc Luitfrid II, et son successeur au comté de Sundgaw , mourut l'an 837.
Luitfrid III, fils puîné de Hugues, lui ayant succédé au comté de Sundgaw m oui* ut en 864.
Luitfrid IV, second fils de Luitfrid III , et comte, après lui, de Sundgaw, mourut vers l'an 910.
Loitmid V, second filt de Luitfrid IV, était comte de Sundgayr en XVII. S
Digitizeci by
le ier. octobre 1273, par Louis le Sévère, électeur palatin/ entre les mains duquel tous les autres électeurs et princes, qui étaient présents , avaient compromis. Rodolphe faisait le siège de la ville de Bâle, révoltée, lorsqu'il apprit son élection. A cette nouvelle , il part et se rend en diligence à Francfort , où il est reçu avec applaudissement de toute l'assemblée. Ottocare v dont il avait été maréchal, c'est-à-dire préfet de ses écuries, fut le seul des princes qui refusa de rendre hommage à sa nouvelle dignité. Rodolphe lui avait rendu néanmoins des services importants dans la guerre qu'il avait eue avec la Hongrie. Le nouveau césar ayant convoqué une diète à Augsbourg, y fit ' —
912 et 925. 11 eut deux fils , Luitfrid VI, son successeur em Sundgaw * et Gontran, qui suit.
Gontran, dit le Riche , deuxième fils de Luitfrid V, était comte en Argeu, dans la Suisse, et possesseur de terres considérables en Alsace et en Brisgaw. Il laissa un fils, qui suit.
Kaneelin , ou Lantold , fils de Gontran le Riche, et comte d'Aïttnbourg , mourut le a5 mai 990.
Radeboton , second fils de Kanzelin, mourut le 3o juin de l'année
Werner I , dit le Pieux , troisième fils de Radeboton, fut le premier comte de Habsbourg, en Argeu, dont le château avait été fondé par Werner, son oncle, évêque de Strasbourg. 11 mourut le 11 novembre 1096.
Otton, successeur de Werner I, son père, an comté de Habsbourg, et landgrave d'Alsace , fut tué le 8 novembre 11 \i.
Werner II, fils aîné d' Oit on, et son successeur au comté de Habsbourg et d'Adalbert, son oncle, au landgraviat d'Alsace, vivait encore le 23 avril 1167.
Adalbebt, ou Albert, dit le Riche , successeur de Werner , son père, au comté de Habsbourg et au landgraviat d'Alsace, mourut le a5 novembre 1199.
Rodolphe I, dit l 'Ancien et le Paisible, fils atné\d'Adalbert , ou d'Albert I , et son successeur au comté de Habsbourg, comme au landgraviat d'Alsace, mourut en 1282.
Albert II r dit le Sage , fils amé de Rodolphe I, et son successeur , mourut en Syrie vers l'an 1240. De son mariage avec Hedwige , fille d'Ulric » comte de Kibourg, il eut trois fils et trois filles. Les fils sont X Rodolphe, qui devint empereur, *>». du nom; Albert, chanoine de Râle et de Strasbourg, mort le x janvier 1256, et Hartman : les filles^ Elisabeth, femme dr Fre'déric, comte de Zollern et burgrave de Nuremberg ; Cuncgonde ; et N... , qui fut dominicaine.
DBS DUCS D'AUTRICHE. 35
cher Ottocare , sur les plaintes que les états d'Autriche lui avaient portées de (a tyrannie qu'il exerçait en ce pays. Le roi de Bohême , dédaignant d'assister à cette assemblée , y envoya ses ambassadeurs, qui, non contents de protester en son nom contre l'élection de Rodolphe, se répandirent en propos outrageants contre sa personne. La diète, indignée, les chasse ignominieusement , déclare Ottocare rebelle à l'empire , et autorise Rodolphe à lever des troupes pour le poursuivre comme usurpateur de (l'Autriche.
L'an 127S, le nouveau césar marche a la tête d'une armée contre Ottocare , après l'avoir inutilement sommé de se dessaisir de l'Autriche, de la Carinthie et de la Styrie. La fierté du roi de Bohême tombe a la vue des forces de l'empire prêtes à l'écraser. Dans la crainte de perdre son patrimoine, il consent de rendre les provinces qu'il y a iéunies. La paix qui suit cet accommodement , est cimenté par un double mariage entre les enfants d'Ottocare et ceux de Rodolphe ; mais elle n'en fut pas plus durable. Le roi de Bohême , à l'instigation de sa femme, recommence la guerre en 1278. Bataille donnée entre lui et Rodolphe, le 26 août de cette année , près de Marchfeld, sur la rivière de March, au-delà du Danube. Ottocare y périt. Wenceslas , son fils aîné , travaille en diligence a s'accommoder avec l'empereur. Le vainqueur se met incontinent en route, pour aller mettre la main sur les trésors d'Ottocare , renfermes dans le château de Prague, et s'emparer même de ses états; mais il est arrêté par l'opposition d'Otion , marquis de Brandebourg, nommé tuteur, par le feu roi, de Wenceslas, son fils aîné. Par le traité d'iglau , qu'ils firent ensemble, Wenceslas obtint l'investiture de la Bohême et de la Moravie , en renonçant aux prétentions de son père. Rodolphe avait encore a satisfaire deux compétiteurs pour l'Autriche , savoir, Mainard , comte de Tyrol , époux d'Agnès , sœur de Frédéric de Bade, duc d'Autriche , décapité y en 1268, avec Conradin , dernier rejeton de la maison de Suabe, et Henri l'Illustre, margrave de Misnie , qui avait épousé la princesse Constance , sœur de Frédéric le BeUiaueux , dernier duc d'Autriche de la maison de Bamberg. Le premier obtint, pour compensation de ses droits , le duché de Carinthie avec la Marche de Tarvis, et sti-
Eula en même lems le mariage de sa fille Elisabeth avec AL ert, à qui Rodolphe, son père, destinait l'Autriche. L'empereur s'accommoaa avec le 'second , en lui engageant la ville impériale de Mulhausen en Thuringe, et lui confirmant la Possession de la province domaniale , appelée le pays de la Pleisse , qui comprenait la plus grande partie de la principauté <f Aitenbourg. Ces arrangements faits > l'empereur demande à la
diète d'Augsbourg, son agrément pour conférer à ses deux fils , Albert et Rodolphe, les duchés d'Autriche, de Styrie, et la seigneurie de Carniole; ce qui lui fut accordé par acclamation. ( Voy. ci-dessus les landgraves de la haute Alsace. )
L7einpereur Rodolphe termina ses jours , comme on l'a dit ci -devant, en 1291. On a donné les noms de ses deux femmes , les dates de leurs mariages et celles de leurs morts , sur quoi nous n'avons rien à corriger ; mais «je qu'on a dit sur le nombre de ses enfants et sur celle de ses deux femmes à laquelle chacun d'eux appartient , a besoin de quelque correctif. M. Pfeffel en compte quatorze , et M. le baron de Zurlauben, seulement dix , qu'il fait tous sortir du premier lit. Ce sont , j°. Albert, qui suit ; 20. Hartman , comte de Habsbourg et de Kibourg, landgrave d'Alsace, qui se noya, le 20 décembre 1282; 3°. Rodolphe , duc d'Autriche et de Styrie, comte da Habsbourg, landgrave d'Alsace, moit l'an 1290, {voyez son article ) ; 4°« Charles , mort enfant ; 5°. Mat hd de, femme de Louis le Sévère, comte palatin du Rhin, et duc de Bavière , morte en i3a3 ,( et non i3o3); 6°. Catherine, mariée, en 1276, à Otton , quatrième fils d'Albert 11, duc de Saxe, morte en 1285 ; 70. Agnès , mariée, en 1278, à Albert H, duc de Saxe, dont on vient de parler, morte en i322; 8°. Hedwige, femme , i°. de Henri , duc de Breslaw, 2°. d'Otton , marquis de Brandebourg, morte en i3o3 ; 90. Judith , femme de Wenceslas IV, roi de Bohême, décédée en 1297; io°. Clémence , mariée à Charles-Martel, roi de Hongrie.