‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 40 sur 277 · DUCS DE CARINTHIE · texte numérisé non relu

DUCS DE CARINTHIE

ERNEST, dit DE FER et LE CUIRASSÉ.

l4li. Ernest, privé de l'administration de l'Autriche, proprement dite , par la résolution que prirent les états du

Î>ays, de n'obéir qu'au jeune Albert , fit , Pan 141 1 , avec son rère Frédéric , suivant Arnpech , un partage des autres biens de leur maison, en vertu duquel Ernest eut la Carinthie, la Styrie et la Carniole; et Frédéric, le Tyrol avec le comté d'Habsbourg, le landgraviat d'Alsace, et tout ce qu'on nomme l'Autriche supérieure. Cette même année , ou la suivante , Ernest fit le pèlerinage de la Terre-Sainte, au retour duquel, «'étant rendu en Pologne , il y épousa Cimmjrge , fille de Ziémovit, duc de Mazovie. Etant passé, l'an i4»4, «n Styrie, il y assembla les états , dont il confirma les privilèges par des lettres données le 18 janvier de la même année. De là il alla se faire inaugurer en Carinthie. Ce fut un paysan qui fit la cérémonie, suivant l'usage $ et la confirmation des privilèges de la province en fut la conclusion. Dans le diplôme donné à ce sujet et daté du a5 mars 1 41 4 , Ernest prend les qualités d'archiduc d'Autriche, de Styrie, de Carinthie, de sei-

§neur de Carniole , de marquis des Venèdes et de Portenaw, e comte de Habsbourg, de Tyrol , de Ferrette et de Kibourg, de marquis de Burgaw, de (andgrave d'Alsace, etc., par où l'on voit que les titres patrimoniaux étaient communs entre les princes de la maison d'Autriche, même depuis la séparation de leurs différentes portions. Frédéric, son frère, ayant été mis, l'an i4i5^ an ban de l'empire, Ernest se rend a Inspruck , et se met en possession du Tyrol, pour empêcher qu'il ne tombe en main étrangère. Mais Frédferic ayant fait sa paix, l'année suivante, avec l'empereur, il est obligé de le rendre. L'an i4»3, il renouvelle , par lettres du 18 septembre, données à Neustadt, l'ancien pacte de défense mutuelle, conclu par ses ancêtres avec les évêques de Bamberg. Ce prince mourut à Gratz , en Styrie , le 10 juin , un samedi avant la féte de saint Vite ( i5 juin) de l'an i4*4, à l'âge de quarante-six ans , et fut enterré à l'abbaye de Runa , ou de Rain. Il avait épousé, t°. Marguerite, fille de Sogislac V, duc de Poméranie , morte en 1408 ; a*, l'an 1 4 i-s 1 • *'

DES ARCHIDUCS D' AUTRICHE ET DUCS DE CARINTHIE, Si

Cimburge , comme on l'a dit , fille 4e Ziémovit , duc de Mazovie, morte en 1429, et inhumée à l'abbaye de Lilienfeld, dont il laissa Frédéric, et Albert , qui suivent ; Marguerite, femme de Frédéric 11 , électeur de Saxe; et Catherine, mariée à Charles le Guerrier , margrave de Bade. Spener dit que Cimburge était d'une force extraordinaire pour son sexe.

FREDERIC HI ou V, et ALBERT VI f dit LE PRODIGUE.

i4a4* Frédéric, né le 21 septembre i4*5, suivant le P. Froélich , ou , selon d'autres , le 23 décembre de la même année, succéda au duc Ernest, son père, en Carinthie, et demeura sous la tutelle de Frédéric , comte de Tyrol , son oncle , avec Albert VI , son frère , jusqu'en i435 , qu'il prit le gonvernement de son duché. H fit , en i436, le pèlerinage de la Terre-Sainte , et , à son retour , il se joignit à son frère et à son cousin Albert V, pour protester contre le titre de prince d'empire , accordé , le 3o novembre de cette année, aux comtes de Cillei. De là une guerre qui s'éleva entre ces comtes et la maison d'Autriche. L'an i438 , les, parties, par un compromis daté du ier. mai, convinrent de s'en rapporter à la décision d'Albert d'Autriche , roi de Bohême et de Hongrie , oui , sur la fin du même mois , devint empereur , deuxième de son nom. Ce monarque f à ce qu'il paraît ( car on n'a pas son jugement ) , décida en faveur des comtes de Cillei. Frédéric , l'an i44o , devint roi des Romains, troisième ou quatrième de son nom, et ne négligea pas les intérêts de sa maison. L'an 1442 , par traité du 17 juin, il s'allie , comme chef de la maison d'Autriche , avec la ville de Zurich , contre les sept autres cantons helvétiques , avec lesquels elle était en guerre depuis six ans. (Voy. la ChronoL hisL de la Suisse.) L'an i453 , le jour des Rois , en qualité de chef de l'empire , il donna des lettres - patentes portant érection du duché d'Autriche en archiduché. ( Hergott , Génealog. Hasburg. , tom. 1 , pag. 226. ) 11 accorda en même tems, aux archiducs, le droit de créer des comtes, des nobles , d'établir des péages , d'imposer des tailles , etû Depuis ce tems , l'archiduc d'Autriche est devenu la première personne de l'empire après l'empereur, auquel il ne se croit pas inférieur ; quoique , comme membre de l'empire , il reçoive de lui l'investiture. L'empereur est même obligé de venir faire cette cérémonie sur les limites de l'Autriche , et l'archiduc le reçoit à cheval , vêtu à la royale , le bâton de commandement à la main , et sur la tête une couronne

5* CHRONOLOGIE HISTORIÇUK

ducale rehaussée de fleurons, fermée d'un bonnet à deux pointes affrontées, et surmontées d'une croix semblable à celle de la couronne impériale. L'an 14^7, après la mort do Ladislas le Posthume , Frédéric veut s'emparer seul de l'Autriche. Son frère Albert , et Sigismond , son cousin , comte de Tyrol , s'opposent à cette usurpation et l'obligent à partager avec eux la succession de leur parent. Mais Albert, aussi avide qu'il était prodigue , veut , à son tour , avoir tout Parchiduché, et prend les armes pour dépouiller l'empereur de la part qui lui était échue. La guerre entre les deux frères dura l'espace de six ans , et presque toujours à l'avantage d'Albert , Uquel ; en i463 , vint mettre le siège devant Tienne , pour achever la conquête de toute l'Autriche inférieure. Mais Georges Podiébrad , roi de Bohême , étant venu au secours de l'empereur, délivra la place, après avoir obligé, parsa seule présence, les assiégeants à se retirer. Albert, s'étant réconcilié avec son frère , mourut d'apoplexie en celte ville , le 3 décembre de la même année, sans laisser d'enfants de Mathilde, fille de Louis 111, électeur palatin , qu'il avait épousée en 1 44^ , après la mort , dit-on , d'un premier mari dont nous ne trouvons ni le nom ni le titre. Cette princesse, étant retournée dans le Palatinat, mourut à Heidelberg, l'an 3 482, et fut enterrée à Tubingen , dans léglise de Saint- Georges. L'archiduc Albert le fut à Saint-Etienne de Vienne.

Frédéric, l'an 1477 1 se vit encore sur le point de perdre l'Autriche , que Mathias, roi de Hongrie, avec lequel il s'était brouillé , parcourut en conquérant jusqu'aux confins de la Bavière , et que Frédéric ne sauva que par un traité de paix ignominieux. Il la perdit effectivement, en i485, par la nouvelU conquête qu'en fit le même souverain , qui la conserva jusqu'à sa mort, arrivée l'an 1490. Alors Frédéric, qu'il avait obligé de mener une vie errante pendant cinq ans, revint dans Vienne, où son vainqueur avait terminé ses jours, et fit rentrer l'Autriche sous son obéissance , avec d'autant plus de facilité , qu'il n'avait plus d'ennemi qui lui én disputât la propriété. ( Voyez Mathias, roi de Hongrie. )

Frédéric enfin termina sa longue et peu glorieuse carrière à Lintz, en Autriche, le 19 août i49^? à l'âge de soixante-dix^ huit ans, et fut enterré à Vienne, dans le tombeau de ses ancêtres. 11 avait épousé , le 18 mars i45^, Elbonore , fille d'Edpuard , roi de Portugal ( morte le 1 er. septembre 1 467 , et enterrée à Neustadt) , dont il laissa un fils , qui suit; et Cunégonde, mariée, en 1488, avec Albert le Sage, duc de Bavière, \Voy. Frédéric III , empereur. )

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