‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 41 sur 277 · MAXIMILIEN I · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN I

1493. Max imi lien I , né le 22 mars 14^9, de l'empereur Frédéric III , et d'Eléonore de Portugal, est le premier de sa maison qui ait été qualifié archiduc en chancellerie. Fils d'un père sordidement avare , il n'eut ni une éducation ni un entretien convenables à sa naissance. Son bonheur fut néanmoins tel , que , sans argent , et manquant même du nécessaire , il obtînt la main de la plus riche héritière de l'fiurope après les têtes couronnées. Nous voulons parler de Marie , fille unique de Charles le Téméraire , duc de Bourgogne , tué , le 5 janvier 1477 1 à la bataille de Nanci. La mauvaise politique de Louis XI, roi de France , occasiona cette alliance. Marie lui avait été offerte pour le dauphin , son fils. Non-seulement il rejeta l'offre; il ne permit pas même au comte d'Angoulême de porter ses vues sur la princesse , tant il se défiait des princes de sa maison. Il s'imaginait pouvoir enlever de force à Marie son patrimoine, et satisfaire, en la dépouillant, sa haine contre la maison de Bourgogne. Mais apprenant ensuite que les Gantois, maîtres delà personne de Marie , songeaient à. lui donner, dans la personne de Maximilien, un mari capable de la défendre, il voulut revenir sur ses pas. Il n'en était plus tems. Olivier le Daim , son barbier , qu'il envoya à Gand avec le titre d'ambassadeur , y fut reçu avec le mépris que méritait sa personnes On ne lui permit pas même de voir la princesse. Tout le fruit qu'il remporta de son ambassade , fut la révolte de Cambrai , qu'il excita en s'en revenant. Robert Gaguin, général des Mathurins , que Louis envoya dans le même tems à l'empereur et a son fils pour les détourner de l'alliance qu'ils projetaient, ne réussit pas mieux dans sa négociation. L'électeur de Trêves et le duc de Bavière arrivèrent à Gand , peu de tems après, pour faire la demande de la princesse au nom de l'archiduc. Marie accepta sa main par le conseil de la dame d'Halluin , sa confidente et sa dame d'honneur; et son consentement fut ratifié par les états du pays , assemblés à Louvain. Le duc de Bavière aussitôt l'épousa , par procuration de Maximilien , avec tout l'appareil de l'étiquette grossière du tems. On rapporte , en effet, qu'étant entré dans le lit nuptial , il se coucha auprès de' Marie, armé de toutes pièces au bras et à \à cuisse droite , après avoir placé une épée nue entre lui et la princesse. Maximilien parut enfin à Gand, le 18 août 1477 » pour consommer son mariage. Mais il y était venu dans un équipage si mesquin , que son épouse fut obligée de lui fournir jusqu aux vêtements les plus nécessaires. Ce n'est pas ici le lieu de parler des guerres

que cette alliance occasion a. ( Voy. Louis XI, Marie, princesse des Pàys-Bas, et l'empereur M*ximi\ien I. ) Marie finit ses jours le 27 mars 1482, à l'âge de a5 ans, par un événement tragique, laissant de son mariage deux enfants , Philippe, dit h Beau , et Marguerite. A la tutelle de ces enfants, Maximilien voulut joindre la régence de leurs états. Les Flamands s'opposèrent à cette prétention , et forcèrent le prince à conclure la paix d'Arras avec le roi Louis XL Par ce traité , l'archiduchesse Marguerite fut fiancée au dauphin , depuis le roi Charles VIII, avec les comtés d'Artois et de Bourgogne pour sa dot, et l'assurance de la succession éventuelle dans tout l'héritage de sa mère , au défaut de Philippe, son frère , et de ses descendants ; mais ce mariage n'eut point lieu. L'an i486 , Maxi-~ milien est élu roi des Romains , et, l'an i49$, il succède à l'empire. ( Voy. les empereurs , Marie , souveraine des Pays-Bas f et Philippe le Beau , son fils. )

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