DES DUCS DE CARINTHIE
sVtant transporté dans ia plaine de Zollfeld {campus Solùmsis)^ près de Clagenfurt, il y fit , étant assis sur une chaise de pierre, la distribution de ses fiefs , et donna , entr'autres largesses , le comté palatinat de Carinthie à son frère Albert , comte de Goritz. Lan iaqa , Mainard choisit pour sa capitale la ville de Saint- Veit sur fe Glan, après y avoir fait bâtir un château. Il y mourut le 3i octobre iag5, et fut inhumé à l'abbaye de Stams.. Il avait épousé, i°. Tan iaôc), à Munich, Elisabeth, fille d'Otton l'Illustre, duc de Bavière, et veuve de Conrad, roi des Romains, morte le 6 octobre 1273 ; a°. Agnès, fille d'Herman VI , margrave de Bade. De ce dernier mariage , il eut , i°. Louis , qui suit; a0. Albert, mort le jour de saint Georges 1292, et mari d'Agnès, fille du comte d'Harjeloch et de Hocbenberg, qui le fit père de Marguerite, femme de Frédéric IV, burgrave de Nuremberg; 3°. Otton, oui viendra ci-après; 4°. Henri , qui fut collègue de Louis et d Otton ; 5°. Elisabeth, femme d'Albert I, duc d Autriche, puis empereur ; 6*^. Agnès, mariée à Frédéric I , landgrave de Thuringe et marquis de Misnie, morte en. 1293.
LOUIS , OTTON et HENRI.
1295. Louis , Otton et Henri , tous trois fils de Mainard, succédèrent à leur père dans le duché de Carinthie et le comté de Tyrol. Louis mourut le 22 septembre i3o5 , sans avoir pris d'alliance. Otton finit ses jours à inspruck, le a5 mai suivant; féte de saint Urbain, après avoir eu quatre filles d'EuPHÉMlE, son épouse , fille de Henri , duc de Breslaw. Henri , le dernier . des trois frères, resta seul duc de Carinthie. Il avait épousé, l'an i3o6 , Agnès , fille de Wenceslas IV , roi de Bohême et de Pologne; mariage qui, après l'assassinat de Wenceslas V, arrivé au mois d'août de la même année , donna occasion à plusieurs seigneurs de Bohême, d'appeler Henri, son beaufrère, à la couronne ; mais Rodolphe, fils de l'empereur Albert, l'emporta sur Henri, qui fut chassé de Bohême. • Rodolphe étant mort au mois de juillet 1007 , Henri fut rappelé en Bohême ; mais il eut un nouveau concurrent dans la personne de Philippe le Beau , duc d'Autriche , qui se désista néanmoins en i3ob\ On fut contraint aussi de rendre à Henri la Carinthie^ dont on l'avait dépouillé. L'an i3oc), l'empereur Henri VIl^ voulant faire tomber ce duché, ainsi que le royaume de Bohême, à son fils Jean, fit déclarer, à la diète de Francfort , Henri, fils de Mainard , déchu de l'un et de la Bohême , à cause de'sa nonchalence , et lâcha, en conséquence, un décret de proscription contre lui. Chassé de la Bohême, Henri se retira dans XVII. I0
la Carinthie, oh il se maintînt et continua de porter le titre de roi de Bohême. Il fonda l'hôpital d'Inspruck et la chartreuse de Schnals. Une maladie prompte l'enleva, le 4 avril i335, au château de Tyrol , après avoir été marié trois fois, i°. Tan i3o6, comme on \à dit , avec Anne, fille de Wenceslas IV , roi de Bohême, morte le 3 septembre i3i3; Tan i3i5, en automne, avec Adélaïde, fille de Henri, duc de Brunswick- Grubenhagen , morte le ib* août i3ao; 3é* Tan i3*7 , avec Béatrix , fille d'Amédée V, comte de Savoie , morte le 20 décembre t33i. Du second mariage, il eut Marguerite , surnom* xnée Maultasch, qui viendra ci-après, et Adélaïde, née en i3i7, dont il sera encore fait mention par la suite.
MARGUERITE , dite MAULTASCH , et JEAN-HENRI DE BOHÊME, ALBERT et OTTON, ducs d'Autriche.
x336. Marguerite , dite Maultasch à cause de la difformité de^ sa bouche , fille aînée du duc Henri , mariée au prince Jean ou Jean-Henri, fils de Jean, roi de Bohême, se mit en devoir, après la mort de son père , de prendre possession de la Carinthie. Mais elle fut traversée par l'empereur Louis de Bavière , oui accorda ce duché , par lettres du 2 mai i336 , aux deux frères , Albert et Otton , ducs d'Autriche et de Styrie , à oui le droit sur la Carinthie avait été réservé dès les années 1200 et 1286. Marguerite et son époux, soutenus de Jean, roi de Bohême y prirent les armes pour soutenir leurs 'prétention*. Mais, n'ayant osé commettre aucune hostilité dans la Carinthie, dont le peuple n'était nullement disposé en leur faveur, ils portèrent la guerre dans le Tyrol , où ils firent des progrès assez rapides. Cependant le roi de Bohême étant en voie d'attaquer la Prusse , fit, le 10 octobre , iH36, avec les ducs d'Autriche , un traité de paix, par lequel Marguerite eut le Tyrol , avec quelques châteaux en Carinthie ; et le reste de cette province fut adjugé aux ducs d'Autriche , à condition de rembourser les frais de là guerre au roi de Bohême, qui promit de faire ratifier ce traité à son fils et à sa bru. L'an i33; , nouveau prétendant au duché de Carinthie. Ce fut Jean, fils de Frédéric IV, burgrave de Nuremberg , et de Marguerite , fille d'Albert de Carinthie , et arrière-petit-fils , par sa mère, de Mainard , due de Carinthie. Mais il s'en tint à des menaces de guerre, et mieux conseillé , il se désista de sa demande. L'année suivante, les états assemblés à Qratz, députèrent, le 12 septembre , au duc Albert, pour lui demander de nouvelles lois. Albert leu* ayant laissé le choix de celles qui existaient parmi leurs voisins, ils adoptèrent celles de la Styrie, dont oa fit une nouvelle
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constitution, qui fut disposée au château d'Ottervisch. L'an 1*439, mort du duc Otton , arrivée le 16 février. Il laissa deux fils ,' Frédéric et Léopold , qu'il avait recommandés , par sou testament , à son frère Albert. Fidèle à la mémoire d'Otton 9 Albert associa ses neveux au gouvernement de la Carinthie.. L'an i34i , au mois de novembre, Marguerite, mécontente de son époux, sous prétexte d'impuissance, léchasse de sou lit et du Tyrol. L'auteur et l'instigateur de ce divorce, était l'empereur Louis de Bavière , qui , dans l'espérance de procurer a sa maison le Tyrol et la Carinthie , avait insinué à Marguerite de quitter le prince Jean-Henri, pour épouser son fils Louis , margrave de Brandebourg. Cette nouvelle alliance se fit à Méranie , le 10 février i34a, avec dispense, non du
Sape, mais de l'empereur, lequel, en faveur de son (ils et e sa bru, non-seulement confirma les droits et privilèges du Tyrol , mais leur conféra , de plus , le duché de Carinthie 9 malgré la pleine et paisible possession d'Albert d'Autriche. Jeanne, femme d'Albert, trouva moyen, l'année suivante, de gagner l'empereur et de le réconcilier avec son 5p°ux * <H**il laissa en jouissance de la Carinthie. L'an 1848, Charles IV, nouvel empereur , frère de Jean ou 4«an-Henri , marquis de Moravie , confirma , le 28 mai , au duc Albert et £ ses fils f Rodolphe et Frédéric, les droits qu'ils avaient à leurs duchés, Albert mourut le 20 juillet i358 , à Vienne, avec le surnom de Sage, que sa conduite lui avait mérité. ( Voy. iss ducs d'Autriche pour la suite des ducs de Cipi*$de. )
DES COMTES D'ANDECHS