‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 58 sur 277 · DES &UC3 DR CARINTHIE · texte numérisé non relu

DES &UC3 DR CARINTHIE

de Frioul, que soi» frère avait porté sur la fin de ses jours. Cependant Przémislas^ Ottocare envoya Conrad , prévit de Srinn, pour demande! l'exécution du traite fiait entre Ulric et lui. Mais Philippe eut l'adresse de gagner Conrad et de la mettre, dans son parti. lue roi de Bohême, indigné de l'infidélité dcron ministre, se hâta de terminer, par un accommode-» ment , la guerre qu'il avait alors avec Etienne, roi de Hongrie; après quoi, il fit passer une armée en Carinthie , sous la conduite a'Ulric de Lichtenberg. 11 y vint lui-même bientôt après, et répandit la terreur dans le pays. Les seigneurs de Carinthie et de Carniole le prièrent de suspendre les hostilités. On choisit <les arbitres pour décider la querelle. Leur décision fut en faveur du roi de Bohême. Philippe, obligé de loi remettre toutes les places dont il s'était rendu maître, et de lui céder toutes ses prétentions sur la Carinthie et la Carniole, se retira dans l'Auîricke , avec un modique revenu qui hii fut assigné. Mais, l'an» 127-4 , s'e^taot assuré de la protection àc l'empereur Rodolphe f il reprit le titre de duc de Carinthie. Rodolphe, dans le même terris, fait sommer Ottocare de se démettre de L'Autriche, de la Carinthie , de la CarnioVe et de la Styrie , pour s*e» être- em<* paré sans le consentement des états de l'empire. Le rot de Bo-» hême envoie, l'an 1275, à la diète d* Wurizbourg, Bernard, évêque de Seckau , et Henri, prévôt d'Oëltingen, pour y défendre sa cause. Mais ses moyens ayant été rejetés, on en vint aux armes l'année suivante. Mpdolpne, après avoir remporté quelques avantages sur Ottocare , s avança vers Vienne , dont il forma le siège. Ottocare , alors , proposa de mettre l'affaire en arbitrage. Berthold , évoque de Wurtzbourg, Brunon , évêque d'Olmutz , et Otton , marquis de Brandebourg , choisis pour arbitres par les parties , prononcèrent leur jugement, le 10 dé* cembre 1276, dans le camp devant Vienne, en ces termes s « Noos décidons que le seigneur Ottocare, roi de Bohême, » renoncera , simplement et sans restriction , à tout le droit » quHt avait, ou semblait avoir, sur les terres et habitants, » de quelque condition qu'ils soient , de l'Autriche , de la » Carinthie , de la Carniole , de la Styrie , de la Marche , d'Egra * et de Naon ». (Steyrer , Vita Aiberti II , p. 147. ) Ottocare, Gérant soumis à ce jugement , reçut à Vienne , ou plutôt dan» File de Camberg, l'investiture de la Bohême et de la Moravie 5 res autres provinces qu'il avait envahies , réservées à l'empire* (Froélich. ) Rodolphe, presque aussitôt, fit partir le comte Blainard , avec un corps de troupes, pour aller prendre posses* sion , en son nom, de la Styrie, de la Carinthie et des autre» provinces abandonnées par Ottocare , d'où étant revenu h Vienne , il y trouva les députés dt ees province», qui appor-

taient leurs hommages à l'empereur; Vers le commencement de l'an 1277» Rodolphe parcourut en personne 1 Autriche, la Styrie et la Carinthie , pour s'assurer par lui-même de leur fidélité. Le 12 septembre de la même année, le roi de Bohême donna de nouvelles preuves à Rodolphe de sa fidélité , par des lettres datées de Prague, où il confirma les renonciations qu'il avait faites. Cependant la reine , son épouse , souffrait impatiemment sa conduite méticuleuse envers l'empereur. Elle lit tant, par ses' reproches, qu'enfin elle détermina Ottocare à revenir contre ce qu'il avait fait. On a des lettres de ce prince à Rodolphe , datées du 1 1 novembre 1277 , par lesquelles il se plaint d'avoir été grevé par le traité qu il avait conclu avec lui. La guerre , en conséquence , est déclarée entre ces deux princes. L'an 1278, Ottocare ayant pénétré, avec son armée, jusqu'aux portes de Vienne, Rodolphe vient à sa rencontre , et lui livre bataille, le 26 août, à Marschfeld, où la mort du roi de Bohême lui assure la victoire qu'il avait long-tems dis— putée. Philippe crut, sans doute, que cet événement le rétablirait dans le duché de Carinthie; mais Rodolphe ne tarda pas à le détromper , en donnant le gouvernement de. cette province et des autres , dont il avait dépouillé le roi de Bo— Jpême , à Mainard, comte de Tyrol. Philippe mourut, l'année suivante , dans l'état de simple particulier , à Krems , dans la basse Autriche , et fut inhumé aux Dominicains de cette ville, où l'on grava qu'il avait été évêque , patriarche et duc.

MAINÀRD.

1282. Mainaro, ou Mainhart, comte de Tyrol, après avoir administré , pendant huit ans , la Carinthie , en fut nommé duc en titre , et marquis de Tarvis , par l'empereur Rodolphe , le jour de Noël , dans la diète d'Augsbourg. Ce fut la récompense de la cession qu'il avait faite, en 1^83, à l'empereur, de ses droits sur l'Autriche; droits qui lui apparie-: naient du chef de sa femme, sœur du malheureux Frédéric de Bade, duc d'Autriche, décapité, l'an 1268, avec Conradin. On arrêta , en même lems , le mariage de sa fille Elisabeth avec le futur duc d'Autriche , Albert de Habsbourg , fils aîné du roi des Romains; et l'on stipula, qu'à l'extinction de la postérité masculine du duc Mainard, le duché de Carinthie et ses dépendances retourneraient à la nouvelle maison d'Autriche. (Pfeftel.) Le premier septembre suivant , Mainard fut installé à Karnbourg, selon une anejenne coutume, par un paysan qui, Payant fait monter sur une table de pierre , le salua duc de Carinthie, au nom des états du pays. De là, le nouveau duc

Page 1