‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 66 sur 277 · SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS · texte numérisé non relu

SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS

Une nation sans chef, composée de treize corps politiques différents entre eux par la forme du gouvernement , démocratique chez les uns , aristocratique chez les autres , également divisés par le culte religieux , ici Catholiques , là Zuingliens ou Calvi^ nistes , mais réunis par un amour égal de la Kberté, telle est en précis la république des Suisses. Celtes , ou Gaulois d'origine , ils avaient souffert que des colonies de Cimbres et de Suèves vinssent s'établir parmi eux , et leur avaient abandonné la partie septentrionale de PHelvétie. C'est par là qu'on peut expliquer ce qui a donné naissance à la diversité de langage , qui subsiste encore entre cette partie et le reste de la Suisse. Le nom d'Helvétiens fut commun à tous , jusqu'à la grande confédération qu'ils firent au quatorzième siècle , et depuis laquelle ils ne sont plus connus que sous le nom de Suisses. Lorsque Jules César entra dans les Gaules, ils étaient partagés en quatre cantons, dont la position et l'étendue ne sont pas faciles à déterminer. La population de ce pays était telle alors, qu'on y comptait douze villes et quatre cents villages ; mais le produit du sol faiblement cultivé, ne fournissait que difficilement à la subsistance de ses nombreux habitants (t). Orgetorix , le plus opulent et le plus

(i) Voici quelles étaient alors l'étendue et les bornes de l'Helvétie. César, dans ses commentaires, sépare les Helvétiens des Germains par le Rhin, des Séquanais par le Mont-Jura, et des Àllobroges par le lac Léman et le Rhône, par où il parait que ces peuples occupaient r outre ce qu'on appelle aujourd'hui la Suisse allemande « tout le pays de \'aud, le Valais et le pays de Gex, le long du lac Léman et du Rhône d'un côté • et du Mont- Jura de Vautre,

Page 1