‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 80 sur 277 · DES CGMTFS DE SAVOIE · texte numérisé non relu

DES CGMTFS DE SAVOIE

Valais, dont il se rendit maître; ce qui ajouta une nouvelle province à ses états. Ce fut à peu près dans le même temstju« le roi d'Angleterre, Henri lit, son neveu , lui accorda, pour lui et ses descendants , une pension de deux cents marcs u argent à prendre sur les revenus de la couronne.

L'empereur Frédéric II étant parti du fond de l'Allemagne poirse venger d'une révolte des Milanais, arriva, Tan 12'^, a Turin, où le comte Amédée lui fit une des plus magnifiques réceptions. L'empereur en fut si flatté, que, par reconnaissance, il érigea le pays de Chablais et d'Aouste en duché. Frédéric ne se borna point à' cette faveur. L'an 124* > 'l nomma le comte de Savoie vicaire de l'empire en Lombardie et en Piémont. Amédée \oyait, avec une douleur sincère, la rupture scandaleuse qui avait éclaté entre l'empereur et le saint siégr. Dans le dessein de réconcilier ces deux premières puissances (ie l'univers , il va d'abord , l'an 1245 , trouver le pape Innocent IV iC'uni, et tâche, dans plusieurs conférences qu'ils ont ensemble, de l'amener à des voies d'accommodement. Mais l'invincible aversion d'Innocent poui Frédéric ren J ce voyage inutile. Le comte , sans se rebuter, se rend à Crémone auprès de l'empereur, espérant le trouver moins intraitable : peine également infructueuse. Innocent faisait cependant lever des troupes en France pour les faire passer en Italie, sous la conduite du cardinal Ubaldini, au secours de Milan et d'autres villes révoltées contre l'empereur. Mais Amédée, à qui le pape fit demander le passage de ces troupes par ses états , usa d'abord de tergiversations, pour ne pas se compromettre avec Frédéric; et ensuite, pressé par lé pape, il le refusa nettement, dans la crainte que 1 arrivée de cette milice n'empêchât l'empereur de se rendre au concile de Lyon , où l'on devait s'occuper des moyens de rendre la paix à l'église. (Math., Paris, in Hoirie. III et ApoU Pétri de Vineis , liv. 2. )

Tranquille dans ses états, Amédée ne s'occupa plus que de ce qui les concernait, et de fondations pieuses. Ce prince finit ses jours, le 24 juin ia53^ au château ae Montmélian, à l'â\e de cinquante-six ans. Il avait épousé, du vivant de son père, en premières noces, Marguerite (et non Anne), fille de Béatrix, dauphine de Viennois, et de Hugues de Coligni, dont il eut deux filles : Béatrix , mariée, i°. à Mainfroi III , marquis de Saluées; 20. a Mainfroi, roi de Naples et de Sicile; et Marguerite, épouse de Boniface (II, marquis de Montserrat. Amédée épousa, en secondes noces, l'an 1244» Cécile de Baux , <jui le fit père de Boniface , qui suit; de Béatrix, appelée Comtetton dans son enfance , alliée à Pierre de Châlons; d'Agnès,

l68 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

femme d'Humbert , comte de Génevois, fille de Guillaume I J et d'une autre fille.

BONIFACE , dit ROLAND.

1253. Boniface, né le ier. décembre ia44* devint le successeur de son père Amédée , sous la tutelle de sa mère, et la régence de Thomas, comte de Maurienne , son oncle. Peu de tems après, Thomas le conduisit en Flandre au secours de la comtesse Marguerite 11, sa belle-sœur. Boniface s'étant déclaré pour Mainfroi , son beau-frère, contre Charles d'Anjou, qui lui disputait le royaume de Sicile , attira les armes de ce dernier en son pays. Charles , assisté de Guillaume Y, marquis de Monferrat, se rendit maître de Turin en 1262, et de plusieurs autres places. Mais Boniface étant venu à sa rencontre , le défit près de Rivoli, la même année , et mit epsuite le siège devant Turin. Cette entreprise lui réussit mal : les habitants drAsti vrnrent au secours des assiégés, battirent le comte de Savoie, et le firent prisonnier. Ce fut à Turin , chez ses propres sujets, auxquels il avait droit de commander, que cet infortuné prince fut enfermé sans recevoir d'eux aucune marque de commisération. 11 n'eût même tenu qu'à eux de lui rendre la liberté. Maïs le désir de se rendre indépendants et de s'ériger en république , rendit les habitants sourds à toutes les sollicitations qui leur furent faites, pour leur inspirer des sentiments plus équitables. Le chagrin que causa au comte Boniface sa déplorable situation, abrégea considérablement ses jours, qu'il termina, l'an 1263, sans avoir pris d'alliance. Sa force prodigieuse et sa valeur lui firent donner le surnom de Roland.

PIERRE , dit LE PETIT CHARLEMAGNE.

1263. Pierre, comte de Bomont, septième fils du comte Thomas, né, l'an 12.06 y au château de Suze, en Piémont, succéda, malgré les oppositions des enfants de Thomas , son frère aîné, à son neveu Boniface, parce que la représentation n'avait point encore lieu alors en Savoie, il était déjà célèbre par ses exploits. Henri 111, roi d'Angleterre, ayant épousé Léonore de Provence, Pierre , oncle de cette princesse , fit le voyage d'Angleterre , où il fut accueilli avec distinction par le monarque , dont il reçut , peu de tems après , les seigneuries de Richemont, d'Essex, et d'autres terres, outre un hôtel qu'il lui fit bâtir à Westminster. Henri J 11 ne borna point là ses faveurs. Il nomma Pierre son premier ministre, le créa cheya:

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