‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 81 sur 277 · ÈS COMTES DÊ SAV01È, V · texte numérisé non relu

ÈS COMTES DÊ SAV01È, V

lier-, et lui confia la garde des places les plus importantes du royaume. (Pingon, Hisl, Sabaud. , liv. 9.) Pierre ^ s'a perce va ut que le haut degré de fortune où il était parvenu dans un pays étranger, y faisait des jaloux et pouvait exciter du trouble, demanda prudemment son congé, et l'obtint à force de sollicitations. Mais au moment où il allait s'embarquer, le roi le fit rappeler , et le contraignit d'accepter le gouvernement de Douvres (Math. Paris, iùid.)

Henri III , quelque tems après, ayant formé le projet d'envahir le Poitou , envoya Pierre de Savoie pour se concerter avec les partisans qu'il s'y était faits , et haier cette révolution. Mais ayant été découvert , il se trouva trop heureux de pouvoir s évader. Etant retourné en Angleterre 4 il assista au parlement qui se tint à Londres en 12 J.8. L'amour de la patrie le rappela, en 1255, après une longue absence, en Savoie. Pendant le séjour qu'il y fit, il visita l'abbaye de Saint-Maurice, en Chablais, dont l'abbé, nommé Rodolfe, lui Ht présent de l'anneau de Saint-Maurice, précieuse ielique avec laquelle tous les souverains de Savoie, depuis cette époque , ont toujours pris possession de leurs états. Pendant le séjour que Pierre fit en sa patrie , il entra en guerre (on ne sait pour quel sujet) avec Albert de la Tour-du-Pin , en Dauphiné. Mais des amis communs s'étant rendus médiateurs . terminèrent la querelle à l'avantage de Pierre, qui reçut, en dédommagement, le château de Falaviers, au diocèse de Vienne. La trêve conclue entre la France et l'Angleterre étant près d'expirer, Pierre fut rappelé, l'an 1257, par Henri III, à Londres , d'où il fut envoyé, l'année suivante t à Paris pour être Un des plénipotentiaires dans le traité de paix qui se négociait entre les deux couronnes. Les articles préliminaires ayant été arrêtés au mois de juin, Pierre revint en tendre compte à Henri III. Ce fut l'année qui suivit son retour qu'Ebles, fils unique d'Humbert, comte de Genevois, s'étant retiré à Londres pour se soustraire aux persécutions de Guillaume, son oncle , qui lui avait ravi son héritage , transmit ses droits a Pierre par son testament du 12 mai i*5o,. Pierre fit bien valoir cette donation lorsqu'il eut succédé au comte Boni* face. A peine fut-il en possession de la Savoie, qu'il se mit en devoir de punir la ville de Turin des outrages qu elle avait faits à son prédécesseur. Etant venu l'assiéger, il s'en rendit maître sans beaucoup de difficulté. Les rebelles avaient lieu de s'alten-* dreà un traitement rigoureux ; mais Pierre eut la générosité de leur pardonner. Un nouveau voyage qu'il fit en Angleterre , lui valut la succession vacante d'Herman, comte de Kibourg, que son neveu Richard de Cornouaille lui donna en .qualité d'empereur, pour tout ce qui relevait de l'empire. Eberhard XYU. aa

de Habsbourg, comte de Lauffenbourg, qui se qualifiait aussi comte de Ki bourg, disputa au comte Pierre le don que l'empereur lui avait fait. La guerre s'étant élevée entre eux, Pierre remporta sur lui deux victoires éclatantes, qui déterminèrent, en ia66 , la ville de Berne , qu'Eberhard inquiétait , à se mettre sous sa protection. Pierre Payant en son pouvoir , la fit agrandir considérablement, et par les bienfaits qu'il répandit sur elle, il mérita le titre de père et de second fondateur de Berne. (Simler, de Rep. kefoet. , liv. i ; Guillim. , de Rep. hehet, , liv. 3 , cap. 6\ ) Cette ville ne le posséda pas lone-tems. Epuisé de fatigues , il mourut à Cbillon , dans le pays de Vaud , le 9 juin 1268. Ce prince fut généralement estimé pour sa valeur , sa prudence , sa douceur et sa générosité : vertus qui lui méritèrent le surnom de Petit Chariemagne. D' Agnès , son épouse , fille d'Aimon, seigneur de Faucigni, et son héritière, à'iaquelle il avait donné sa main en 1266 , il ne laissa qu'une fille, Béatrix, mariée, i°. à Guignes Vil (et non VIII ) , dauphin de Viennois; 20. à Gaston VII , vicomte de Béarn , morte en i3io. Jacques I, roi d'Aragon, avait d'abord jeté les yeux sur cette princesse pour l'épouser, et il avait consulté là-dessus le pape Clément IV, qui lui répondit, le 11 août 1266, par une lettre où il disait : « A l'égard du mariage que vous vous » proposez de contracter avec Béatrix , fille du comte de Savoie, » prince de bonne renommée , et sur quoi vous nous demandez » notre avis , nous ne pouvons vous répondre autre chose, » sinon que si l'on considère la condition de la personne , la » noble et ancienne maison de Savoie a produit d'excellentes m femmes , qui ont été recherchées par des rois ; et que de ce » côté-là , pourvu que la princesse vous plaise , rien ne doit » vous empêcher de lui donner votre main ; car cette race a » aussi eu, et a même encore à présent, des hommes distini> gués par leur valeur ; et sa fécondité est telle , cjue ses bran- » ches s'étendent au près et au loin dans les provinces voisines » et chez les peuples reculés. Mais si vous nous consultez sur » cette question , la princesse a- 1- elle droit au comté , ou 9 non ? nous ne savons ni ne pouvons rien dire là-dessus de » précis , attendu (m'en plusieurs pays , la jurisprudence , tant » en vertu des lois impériales que conformément à la coutume » des lieux , donne l'exclusion aux femmes pour les fiefs. Et , » quant au fait dont il s'agit , nous pouvons vous assurer que » quand même le droit de la princesse serait bien fondé , à » moins qu'on ne consentît volontairement à vous laisser pren- » dre possession de la chose, vous vous trouverez impliqué dans * un labyrinthe de contestations dont il vous serait difficile de *■ vous tirer. Que si vous vouliez poursuivre votre droit l'épée

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