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1329. Aimon, second fils d'Amédée V, et de Sibylle de Raugé, né le 1 5 décembre 1294, succéda, l'an 1329, suivant les lois du pays , à Edouard , son frère , dans le comté de Savoie. Jeanne de Savoie , fille du comte Edouard , et femme de Jean 111, duc de Bretagne, prétendit vainement avoir droit de succédera son père. Les états de Savoie, auxquels elle s'adressa pour soutenir sa prétention , répondirent à ses dépotés, par l'organe de l'archevêque de Tarentaise, que l'usage constamment observé parmi eux excluait de la souveraineté les filles, tant qu'il subsistait des mâles de la maison régnante. Jeanne n'insista point , et le duc , son époux , garda là-dessus un profond silence. Aimon , paisible possesseur de ses états ^ ne tarda pas à déclarer la guerre au dauphin de Viennois , Guigues VIII , sur lequel il faisait plusieurs répétitions. Celuici en faisait sur lui, de son côté , qui ne paraissaient pas moins fondées ; et leurs prétentions respectives étaient si embrouillées, que le roi de France, après avoir tenu en trêve ces deux princes, pendant deux ans, désespéra de pouvoir les accommoder, et ne voulut plus se mêler de leurs querelles. Chacun intéressa ses parents et ses amis pour sa défense ; on se prit des
{>laces de part et d'autre. Mais Guigues , assiégeant le fort de a Ferrière , fut frappé d'un coup d'arbalète , dont il mourut le lendemain, 28 juillet i333. Les Dauphinois, dont Guigues était chéri , furieux de sa mort , forcèrent la place et la rasè^ rent après avoir égorgé une partie de la garnison. Humbert , frère de Guigues, auquel il devait succéder, était à la cour de Naples, lorsqu'il apprit sa mort. Aimon ne profita point de cet éloignement pour continuer les hostilités. Il fit plus : le nouveau dauphin , à son retour , lui ayant fait proposer une suspension d armes, il y consentit. Le roi Philippe de Valois , durant cette trêve , amena les deux princes à un traité de paix, par lequel ils se cédèrent réciproquement plusieurs terres et châteaux qui avaient occasioné leurs contestations. H y eut cependant encore entre eux quelques différents que des médiateurs puissants trouvèrent moyen de terminer à l'amiable. Pour couper la source de toutes les querelles, le dauphin et le comte, de concert , nommèrent des arbitre* à
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l'effet de limiter les terres de Bugei et de Pauphiné du côlév du lieu dit Boussillon. ( Guichenon , Histoire générale de la maison de Savoie , loin, i , pag. 3bo. )
A la suite de cette importante opération , le comte de Savoie termina aussi tous les démêlés qu'il avait avec le sire de Beaujolais, en lui cédant les villes, châteaux et terres, de Toissei , Lent, et Colligni, à la charge de l'hommage.
Le comte de Savoie , après avoir assuré le repos de ses états, crut pouvoir suivre le désir qu'il avait d'acquérir au loin de la célébrité, par sa valeur et ses armes. Deux puissances prêtes d'entrer en guerre, Edouard, roi d'Angleterre, et Philippe, roi de France , travaillaient , chacune de son coté, pour l'attirer dans son parti. Aimon était proche parent du monarque anglais. Nais, attaché comme ses prédécesseurs à la France, son inclU nation l'emporta sur les liens du sang, et il se déclara pour Philippe, auquel il envoya, l'an i33y , des troupes sous lesordres du comte de Génevois, de Louis de Savoie, baron de "Vaud , et du sire de Villars. Lui-même, quelque teras après, à la tête d'un nouveau corps de troupes , se rendit au camp de Philippe, devant Tournai, dont Loouard faisait le siège. Secondé par le roi de Navarre et le duc de Bourgogne, il fatigua tellement l'armée anglaise , qu'il obligea Edouard d'abandonner son entreprise. La trêve qui fut conclue, Tan 1H40, entre les deux couronnes , permit au comte de Savoie de retourner dans ses états. Une longue maladie, à laquelle ni l'art des médecins, ni les vœux et les pèlerinages ne purent apporter de remède , le fit descendre au tombeau, le 24 )um »343. Ce prince, durant son règne, n'avait levé , sur ses sujets, qu'un seul subside de six gros par feu ; et cependant il en témoigna un grand regret dans son testament fait trois jours avant sa mort. ( Guichenon, Hisi. de Bresse. )
On remarque aussi qu'il fut le premier comte de Savoie qui eut un chancelier résidant à sa cour pour rendre la justice et veiller sur la conduite des autres juges. 11 avait épousé , le ier. mai i33o, dans le château de Caselle , Yolandk , fille de Théodore I, marquis de IVJontferrat ; et, par le contrat de mariage, il était dit qu'au défaut des enfants mâles de la maison des Paléologues , Vaîné de la maison de Savoie , provenant de ce mariage , succéderait au Montserrat. Yolande mourut le 24,décembre 1842, après avoir fait Aimon père de quatre enfants, dont les deux principaux sont Amédée, qui suit; et Blanche, femme de Galéas Visconti 11 , seigneur de Milan.
AMÉDÉE VI , dit LE COMTE VERD.
i343. Amédée VI , fils d'Aimon , né à Chambérî , le 4 jan~