DES COMTES DE SAVOIE. I
vifr i334, succéda, Tan i343, à son père, sous la tutelle île. Louis de Savoie, seigneur de Vaud , et d' Amédée, comte de Genevois. 11 avait un rival dans la personne de Philippe , duc d'Orléans, fils du roi Philippe de Valois, à qui Jeanne de Savoie , duchesse de Bretagne , et fille du comte Edouard , avait légué, pâr son testament, fait Tan i334, ses droits ou ses prétentions sur le comté de Savoie et la seigneurie de Bauge. Le père du légataire ne négligea point le bénéfice de ce testament. Après en avoir long-tems sollicité vainement l'exécution, il était résolu de la poursuivre par la voie des armes. Les lu leurs d'Amédée, effrayés de ses menaces, firent, avec les commissaires du roi un traité par lequel ils cédaient au duc d'Orléans, une rente de deux mille livres sur le trésor royal à Paris, avec le château de Winchestre , au-dessus de Gentilli , et le château de Milli , en Auxois ; au moyen de quoi le comte Araédée resta possesseur tranquille de l'héritage qui lui était contesté. Les lettres par lesquelles il ratifia ce traité , sont du mois de février i34b. (Mss. du Roi, n°. 9420, fol. 40 L'an 1347, il profite de la négligence de Jeanne 1, comtesse de Provence et reine de Naples, pour s'emparer de plusieurs places que celte princesse avait dans le Piémont. Mais Luchin Visconti , seigneur de Milan , non moins avide que lui de faire des conquêtes en ce pays , le croisait , et enlevait a sa vue les
f)laces les plus importantes. Amédée, pour l'arrêter , fait une igue avec le prince de Piémont et de Morée, le comte de Genevois et le duc de Bourgogne. Luchin , de son côté , s'allie avec le marquis de Montferrat, qui cherchait aussi à s'étendre dans le Piémont. Les deux partis ayant rassemblé leurs forces , en vinrent à une bataille, dans le mois de juillet i34y. JUle fut sanglante , et la victoire , long-tems disputée , se déclara enfin pour le comte de Savoie. (Murât. Ann. t. VIII, p. a55. ) Amédée aimait fort les jeux militaires. Ce fut ce goût qui le porta, l'an i348, à célénrer, pendant trois jours, des joutes et des tournois, où il parut avec des armes et un habillement de couleur verte, monté' sur un cheval caparaçonné de même ; ce qui lui fit donner le surnom de Comte Vekd. Son amour pour les amusements convenables à son tang , ne préjudiciait point à ses devoirs. Jacques de Savoie , prince de Piémont f son parent, se comportait tyranniquement envers ses sujets, Amédée , sur les plaintes qu'ils lui portèrent, envoya, l'an i34c), sur les lieux , en qualité de suzerain, des commissaires pour prendre connaissance de l'état des choses. Le prince fait massacrer les officiers du comte, et donne, par^ cette atrocité, le signal d'une guerre qu'il n'était pas en état de soutenir. Amédée étant entré dans le Piémont avec une armée nombreuse et XVII. *3
aguerrie , se rend maître , en peu de teras , de toutes les places, bat les troupes du prince à Rivoli , et le fait lui-même prisonnier. Mais non moins généreux que brave, il lui rend presque aussitôt la liberté avec ses états, après lui avoir fait prêter uû nouveau serment de fidélité. La France étant devenue maîtresse du Dauphiné, par la donation que le dauphin Humbert 11 lui en fit, le comte de Savoie entra, l'an 1 »53 , en guerre avec «lie , touchant quelques places qu'il revendiquait en cette province. La victoire se rangea plusieurs fois sous ses drapeaux. L'an io54, il défit si complètement Hueues de Genevois, qui «vait pris le parti de la France , à la célèbre bataille des Abrès, que du côté des vaincus, dit Guichenon, il ne resta personne pour en porter la nouvelle. Il acquit , la même année , de Catherine de Savoie, veuve de Guillaume I , marquis de Namur, Ja baronnie de Vaud et les terres que cette princesse possédait dans le Bugei et le Valromei. (Guichenon, Ilist. Gén.deta maison de Savoie, t. I, p. ) l-e 5 janvier !&S6 (n. st.), fut un jour mémorable par divers échanges qui se firent à Paris, «ntre le roi de France et le comte de Savoie. Ce dernier gagna les seigneuries de Faussigni et de Gex. ( Guichenon , ibid. p. 409. ) Ainsi Busching se trompe en disant que la première, «n 1 2^3 , fut réunie au domaine des comtes de Savoie. Le mariage d'Amédée avec Bonne de Bourbon , sœur de Jeanne, femme du dauphin Charles, depuis roi de France, suivit de près ce traité. Cette alliance l'attacha aux intérêts de la France , qu'il servit utilement contre les Anglais.
L'an i3Gi , le comte Amédée étant venu dans une de ses terres du Piémont , la compagnie Blanche , l'une de ces grandes compagnies, qui, après avoir désolé la France, étaient passées, les unes en Espagne, les autres en Italie, instruite de son arrivée , fit une marche forcée pour le surprendre avec sa suite. A la vue de cette troupe, il se réfugie dans le château. Mais y ayant été aussitôt assiégé , il fut obligé d'en venir à un accommodement, qui fut de payer à ces brigands, cent quatre- vingt mille florins d'or, dont partie fut comptée sur-le-champ , et le reste promis avec caution. Celte aventure , ignorée de Guichenon , est rapportée dans la chronique de Pierre Azario, qui ne nomme point la place où elle arriva. (Murât. Rerum Ital. Script., t. XVI, p. 3yo.) Le comte Amédée, et Rodolfe de Loupy, gouverneur du Dauphiné , pour mettre ce pavs et k Savoie à couvert des incursions des grandes compagnies, firent, le 16 mai à Saint-Genez, un traité de confédération,
par lequel ils s objigeaient de s'entr'aider mutetlement contre elles. (Uecueil de Fontanieu, vol. 86.) C'est encore à Tan i3tii qu'on doit rapporter l'institution faite par Amédée , de Tordre