DES DUCS DE SAVOIE
prit le parti de se faire transporter à Paris , pour se plaindre des déportements de son fils, au roi Louis XI , son gendre, et concerter avec lui les moyens de le réprimer. Le monarque était alors en Flandre. De retour en sa capitale , où sou beaupère l'attendait , il convient avec lui qu'il fallait s'assurer de la personne de Philippe, et s'engage à prendre les mesures convenables pour y réussir. Philippe , sur une lettre du roi qui l'invitait à le venir trouver, se rendit, sans défiance , l'an i4b3, à Paris. Dès qu'il parut , il fut arrêté et conduit au château de Loches, où il resta l'espace de deux ans. ( Monstrelet , vol. 3 t ch. m et 1 12. ) Le duc étant rentré dans ses états après treize mois d'absence , se vit sollicité par les princes mécontents de Louis XI , de se joindre à eux dans la ligue du bien public* Loin de se rendre à leurs semonces , il se fit porter à Lyon f malgré le redoublement de sa goutte , pour informer le roi , son gendre , de l'orage dont il était menacé. De la , il devait se rendre à Moulins , en Bourbonnais, où le roi était attendu. Mais sa maladie augmentant , il y succomba', le 29 janvier à l'âge de soixante-trois ans, dans la trente-unième année de son règne. Tous les historiens qui ont parlé de ce prince , font l'éloge de sa valeur, de sa justice et de sa bienfaisance. H avait épousé, l'an i43a, Anne de Lusignak , fille de Janus , ou Jean II, roi de Chypre, qu'il perdit le 11 novembre 1 462 , après en avoir eu huit fils et sept filles. Les principaux de ces enfants, sont Amédée, qui suit; Louis, qui, ayant épousé , l'an i458, Charlotte, reine de Chypre, tut couronné roi de cette île, et dépossédé avec son épouse par Jacques II, frère naturel de Charlotte ( voyez les rois de Chypre); Janus, comte de Genevois ; Jacques , comte de Romont ; Philippe , comte de Bresse , depuis duc de Savoie ; Marguerite, mariée, i°. à Jean, marquis de Montserrat , a0, à Pierre de Luxembourg, comte de Saint-Pol; Charlotte, femme de LouisXl, roi de France; Bonne, mariée â Galéas- Marie Sforce , duc de Milan ; Marie , femme de Louis de Luxembourg , comte de Saint-Pol et connétable de France. Le duc Louis établit, le iS mars 14^9, le sénat de Turin, qui n'est que pour le Piémont.
AMÉDÉE IX y dit LE BIENHEUREUX.
146S. Amédée IX , fils aîné du due Louis et son successeur, né, le 1er. février i435, à Thonon, eut, au commencement de son règne, avec Guillaume de Montferrat , des démêlés qui furent terminés, sur la fin de 1467, par la médiation du roi Louis XI. Amédée, étant d'une complexion faible, et sujet à Tépilepsie % remit , du conseutemeat de la noblesse et du peu-
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pie, la régence de ses étals à la duchesse YolaWDB , son épouse, fille du roi Charles VU. Les comtes de Genevois, de Romont et de Bresse , frère d'Amédee , en conçurent de la jalousie , et prétendirent que le gouvernement leur appartenait. Ayant levé des troupes pour faire valoir leurs prétentions, ils vinrent assiéger le duc et la régente dans Montraelian, dont ils se rendirent maîtres. De là , ils emmenèrent Amédée à Chanvbéri. Mais la duchesse eut le bonheur d'échapper à leur vigilance, et alla se renfermer dans le château d'Apremont , d'où elle dépêcha au roi Louis XI , son frère, le seigneur de Ftaxieu, pour lui demander un prompt secours. Ce prince ayant chargé le comte deComminges, gouverneur du Dauphiné, de marcher au secours de sa sœur avec le plus de troupes qu'il pourrait ras* sembler, fut obéi sans délai. Le comte alla faire le siège d'Apremont, où les partisans des princes tenaient la duenesse, en quelque façon , prisonnière, et la mettaient dans le plus grand danger. La place fut prise à minuit , du même jobr qu'elle fut attaquée, et la duchesse fut emmenée à Grenoble pour y être en sûreté. Le ressentiment de Louis XI contre les princes dp Savoie eût été poussé plus loin , si les cantons de Berne et de Fribourg ne se fussent entremis pour les réconcilier avec le monarque. Les parties elles-mêmes le choisirent pour arbitre de leurs différents, et l'administration des affaires fut laissée, par provision, a la duchesse. Amédée mourut avant la décision de Louis, le aS mars i472* à Verceil, où il fut inhumé. Les vertus de ce prince, et surtout sa grande charité envers les pauvres, qu'il appelait le rempart de ses états, lui ont mérité le titre de Bienheureux On lui dit un jour que ses aumônes épuisaient ses finances. Hé bien , dit -il , voici le collier de mon ordre , qu 'on le vende , et qu 'on soulage mon peuple*
Il laissa de son mariage, qu'il avait contracté l'an i4^2, tro'* fils , Philibert et Charles, ses successeurs, Jacques-Inouïs, maruis de taex} avec trois filles, dont laînèe, Anne, épousa Frééric d'Aragon, prince de Tarente, et ensuite roi de Naples; Marie, la seconde, fut alliée à Philippe, comte de Neuchltel en Suisse; et Louise, la troisième, donna sa main, l'an i4?9 « à Hugues de Châlons , après la mort duquel elle se fit religieuse au monastère d'Orbe, où elle mourut en i5o3.
PHILIBERT I, dit LE CHASSEUR.
147a. Philibert 1, né, 107 août i465, à Chambéri, succéda, sous la tutelle et la régence de sa mère Yolande , au duc Amedee, son père. Les princes de Savoie, appuyés par le duc de Jiourgogne f continuèrent de contester la régence à la du*