GEOFFROI
L'au n44t le 19 ou le ao janvier, Geoffroi fut reçu dans Rouen, dont il ne prit néanmoins la grosse tour que le
avril suivant. Il fut aidé dans ce siège , suivant Robert âw Mont, par le roi de France et le comte de Flandre , et ce fut «Jors qu'il fut reconnu duc de Normandie. L'an n45, il re- Journe en Anjou, pour réprimer un nouveau soulèvement de la noblesse, excité par Robert de Sablé. Le roi Etienne conservait toujours un parti dans la Normandie. Geoffroi , l'an 1 149 engage le roi Louis le Jeune, nouvellement revenu de la croire, à lui prêter secours pour achever la réduction de ce duché, sous la promesse de céder au monarrjuc, le Vexin ner~ jjiand. Cette expédition ayant réussi, Louis le Jeune donna Investiture de La Normandie au jeune Henri , fils de Geoffroi r *près avoir reçu de lui non l'hommage simple, comme quefc-
épies modernes l'assurent , mais l'hommage plein et îîge : Normaniam Henrico Jilio comitis tradidit , et eum pro eadem terra in hominem lifiium acre pi t. ( Hist, Ludov. VII , apud Dnchesne x toux. IV, pag. 41 40 Cependant Geofîroi tenait assiégé, depuis trois ans , dans le château de Montreuil , en Anjou , Girard de Berlai , ou Bellai , pour se venger des dégâts qu'il avait faits à Loudun, à Saumur et dans le territoire d'Angers. Etant venu à bout, Van n5o, d'emporter la place, il la fit raser et mit dans une étroite prison Girard , qui était tombé entre ses mains. IjC pape et le roi s'intéressèrent pour la délivrance du prisonnier, le premier, parce qu*il avait réclamé sa protection , le second, parce que Girard, selon Jean de Marmoutier, était son sénéchal dans Je duché d'Aquitaine. Snr le refus que fit Geofîroi de lejrendre, le pape frappa ce comte d'excommunication. Le roi Louis le Jeune, de son côté* se mit'eo devoir de l'y contraindre par la voie des armes. Il entre en Normandie, accompagné du prince Eustache, son beau-frère, pour le remet tre en possession de ce duché. Le jeune Henri accourt avec des troupes pour l'arrêter. Les deux armées se rencontrent devant le château d'Arqués. Mais comme on était sur le point d'en venir aux mains , les plus sages de l'armée de Henri , dit Robert du Mont , engagèrent ce prince à faire au roi quelque satisfaction , au moyen de quoi les deux armées se séparèrent. Mais à peine le monarque est-il de retour à Paris, quHl apprend que Geofîroi vient de reprendre sur Rotrou , comte du Perche, le château 'de Neuil, deNube, que Jean , fils de Guillaume Talvas , comte d'Alençon # lui avait livré l'année précédente par trahison. Toute l'animosité de Louis contre le comte d'Anjou , se rallume à cette occasion. Il lève une nouvelle armée, qu'il envoie sous les ordres de Robert , son frère , dans le Vexin , en attendant qu'il vienne la joindre. GeofTroi et son fils, non moins diligents que lui, épargnèrent aux Français une partie du chemin. S'étant présentés à eux sur les bords de la Seine , prçs de Meulent , ils se disposaient à les charger, lorsqu'on apprit que le roi était retenu par la fièvre à Paris. Cette nouvelle suspendit les hostilités. Le comte amena à Paris Girard de Bellai , qui faisait le sujet de la guerre, et le remit au roi. Il lui restait à se faire absoudre des censures, et les prélats qui assistèrent à la conférence, lui offrirent , pour cela, leurs bons offices auprès du pape; mais il prétendît qu'elles étaient nulles, et protesta qu'il ne se donnerait aucun mouvement pour les faire lever. Sur quoi, saint Bernard , oui était de rassemblée, prédit, suivant un de ses biographes, qu avant la fin de l'innée, le comte courrait ou éprouverait quelque grande affliction en punition