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son entêtement. {Gauftid. wta S. BernardL , 1. 4 > c. 3.) On était alors vers la fin d'août de Tan i i5i , selon les chronique* d'Anjou, et non pas î i5o, comme Mathieu Paris le marque, ainsi que Robert du Mont. Le comte d'Anjou mourut, en effet, au Château-du-Loir , le 7 du mois suivant , d'une pleurésie qu'il avait gagnée en se baignant dans la rivière du Loir. Son corps fut inhumé dans la cathédrale du Mans , et il fut le premier 9 suivant le continuateur de Guillaume de Jumiége, qui eut sa sépulture dans l'enceinte de ceite ville. On voit encore aujourd'hui sur un des piliers de cette église , vis à-vis de la chapelle du Crucifix, une table de cuivre émaillé, où il est représenté, son épée nue de la main droite , et de l'autre son écu , dont le champ est d'azur, à quatre lionceaux d'or, lampassés de gueules. On lit au bas ce distique :
Ense tuo , princeps , prœdonum turba fugatur ; Ecclesiisque quies , pace vigente, datur.
Ce monument lui fut érigé peu de tems après sa mort , par Guillaume, évêque du Mans. Jean de Marmoutier et l'auteur du G esta Consul, Andeg. , font un magnifique éloge du comte GeofFroi , qu'ils représentent comme un prince rempli de valeur, zélé pour la justice, habile au métier des armes, versé dans la connaissance des lettres^ éloquent par-dessus tops les clercs et les laïques de son tems , et doué de toutes les qualités politiques et morales. Le premier de ces deux historiens nous apprend de plus que sa chevelure était d'un blond ardent, qu'il avait les yeux étincelants , la taille haute , le corps maigre et nerveux. Des politiques modernes lui reprochent comme une lâcheté de n'être point passé en Angleterre , pour aider sa femme à s'opposer à l'usurpation du roi Etienne. Mais ils ne font pas attention , qu'en prenant ce parti , Geoffroi se serait exposé à perdre ses propres états , ayant affaire à des vassaux qui le tenaient sans cesse en haleine par leurs révoltes , et ne cherchaient que l'occasion de s'affranchir de sa domination. M. Hume met sur le compte de ce prince, une atrocité dont nous croyons devoir le décharger. Les chanoines de Séez aydut élu, l'an ii44» Géraud , pour leur évêque , sans la participation du comte Geoffroi , les officiers de ce prince , à son insu , se saisirent de l'élu , et lui firent subir à lui seul (et non pas , comme le dit M. Hume, à tout le chapitre) une opération aussi cruelle que honteuse , afin de le rendre inhabile aux fonctions de l'épiscopat. Mais le comte, loin d'avoir coramaudé une action aussi détestable, ainsi que cet historien U
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prétend , loin même de l'approuver , livra les coupables au tribunal ecclésiastique , et permit aux évêques de la province y de dtspdseï du siège de Séez , comme ils jugeraient à propos. Voilà le fait dans son exactitude. ( Voy. G allia Chnstiana , tom. XI, col. 6^7.) De Mathilde, sa femme, décédée à Rouen, le 10 septembre 1 167 , et inhumée à l'abbaye du liée, le comte Geoffroî laissa Henri , qui suit ; Geoffroi, qui, ayant eu pour sa part, trois places en Anjou, devint ensuite comte de Nantes; et Guillaume , décédé à Rouen , le 3o janvier 1 164 ; avec une fille , nommée Erame, mariée , suivant Ménage (Hist. de Sablé, pag. 35o) à Gui V> comte de Laval, après avoir été inutilement recherchée par David, prince de Galles. Mais Jean, moine de ftlarmouticr , historien de Geoffroi , et Raoul de Dketo , La font bâtarde , et réalisent son mariage avec le prince de Galles. Sur le premier point , on peut leur opposer le témoignage de Thomas Pactius , également contemporain , comme eux , de GeofFroi. Gaufridus pulcher , dit cet auteur, Andega&ensium , Cenomanensium, Turoniarumque cornes, Normanomm dux, ex Mathilda -uxore très filios , unamque filiam germerai Emrnam nomine , formosissimam , ingenuamque prœ omnibus natu n uni niant puellam. A l'égard du mariage d'Emme avec David , on pourrait l'accorder, en disant qu'elle n'épousa le comte de Laval qu'en secondes noces. Une ancienne chronique française donne encore une fille naturelle à GeofFroi , qu'elle nomme Adewis, et fait épouse de Raoul le Jeune, prince deDéols. (Bouquet, tom. XII> p. 4^7. ) L'ancien auteur de la vie de Henri 11 , roi d'Angleterre, et Robert du Mont (ibid. , tom. XIII, pp. i65-3ob*), donnent de plus à Geoffroi un fils naturel r. nommé Hamelin 7 marié , selon le derniei* , à la comtesse de Varenne, veuve de Guillaume , comte de Mortain , fils du roi Etienne.
Guillaume de Newbridge, Jean Bromton et Walter Hemmingford assurent qu'en mourant. Geoffroi fit un testament par lequel il déclarait que sa succession , excepté Chinon , Loudun et Mirebeau , qu'il laissait à Geoffroi , son deuxième fils, demeurerait entre les mains de Henri, son fils aîné , pour retourner à ce même Geolfroi , lorsque Henri se serait mis en possession de l'héritage de sa mère , c'est-à-dire de l'Angleterre et de la Normandie. Henri, ajoutent-ils, étant pour lors absent, le comte lit jurer les prélats et les seigneurs qui étaient présents, de ne point inhumer son corps , que ce prince n'eût juré de se conformer à ces dispositions. Henri, à son arrivée, hésita, selon eux , quelque tems, s'il ferait le serment ; mais la honte de laisser son père sans sépulture, et la crainte d'aliéner l'esprit de ses vassaux, lui arrachèrent enfin cette soumission. M. Hume
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regarde cé récit comme une fiction , parce que Jean de Marmoutier, dans l'histoire du comte Geoffroi, ne dil rien de son testament ; comme si cet historien , oui écrivait du vivant et sous la domination de Henri , eût été libre d'avancer une vérité si flétrissante, ainsi qu'on va le voir, pour l'honneur de son maître.
• Geoffroi Plantagenet exerça le droit de régale en Normandie, sur les évêchés comme sur les abbayes. Nous en avons la preuve dans une lettre d'Arnould de Lisieux , au pape Luce II, rapportée au second tome du Spicilège , dans laquelle il dit que ce prince jouit deux ans et plus du revend de l'évêché de Lisieux, en vertu du droit de régale : Bona ont ni a episcop lia redimere de manu comiiis Andegavensis ançebary quœ ipse mihi pcr duos annos et très mcnses abstulerat , quia electus canonicè sine ipsius désigna* tione fueram consecratus.
HENRI II, duc de Normandie, comte d'Anjou et du Maine, et roi d'Angleterre.
u5i. Henri, investi du duché de Normandie, en iiSoj succéda, Tan n5i, à Geoffroi le Bel, son père, dans les comtés d'Anjou et du Maine A ces deux provinces, il joignit, Tan 1 152 , le duché d'Aquitaine , par son mariage avec Eleonore, femme répudiée du roi Louis le Jeune. Ce dernier, irrité de voir les deux filles qu'il avait eues d'Eléonore, frustrées par là de l'espérance de succéder au riche patrimoine de leur mère , devint alors l'ennemi de Henri. Pour se venger , il fait une ligue avec Geoffroi , frère de Henri, mécontent luimême du peu de part qu'il avait eu à la succession de son père , avec Eustache , fils du roi Etienne , et les comtes de Blois et du Perche , pour enlever à son rival , non-seulement l'Aquitaioe , mais la Normandie et l'Anjou. Tandis que Geoffroi va soulever les barons angevins , les quatre autres princes confédérés entrent en Normandie, et débutent par le siège de Ncufniarché , dont ils se rendent maîtres par les intelligences qu'ils avaient dans la place. Mais la valeur et l'activité de Henri ne leur permettent pas de faire de plus grands progrès: ils le rencontrent partout où ils dirigent leur marche , et toujours sont obligés de reculer. Henri, se trouvant supérieur en Normandie, «isse de bonnes garnisons dans ses places , et vole en Anjou f contre son frère , qu'il mène battant avec les barons de son
prti i jusqu'à ce qu'il les ait réduits à demander la paix. Il laccôrde; et ayant gagné son frère, il l'engage à marcher contre
Sa CHRONOLOGIE HISTORIQUE
le comte de Blois , qui lui retenait le fief de Fréteval. La gar*-3 nison de la place , à leur approche , fait une sortie si vive sur eux, qu'elle met en déroule leurs troupes, et fait prisonnier* Geoffroi. Pour le racheter , Henri fut obligé de consentir à la destruction de la tour de Chau mont-sur- Loire, qui incommodait le comte de Blois. (Bouquet, tom. XII, pag. 517.) Etant repassé ensuite en Normandie, il fait une trêve avec le roi da France , après quoi il s'embarque pour l'Angleterre. ( Robert du Mont. ) Henri ayant succédé , l'an n54, au roi Etienne j Geoffroi , son frère lui redemande l'Anjou et le Maine , ert vertu du testament de leur père et du serment qu'il avait fait de s'y conformer. Henri se fait absoudre de son serment par le pape , et prétend ensuite n'être plus tenu à rien vis-à-vis de son frère. Geoffroi en appelle a son épée , et fait le dégât dan» l'Anjou. Mais Henri , plus habile que lui , non content de réprimer ses courses, lui enlève ses terres, dont il lui rend ensuite te domaine utile en retenant les châteaux, afin qu'il ne soit plus désormais en état de lui nuire. Pour lui prouver même que cette retenue n'était pas l'effet de l'avarice, Henri lui assure, en dédommagement de ses châteaux , une pension de deux mille livres angevines. Cet accommodement, suivant Robert du Mont, est du mois de juillet 11 56. Geoffroi, vers le même tems, eut lieu de se consoler du mauvais succès de ses armes, par le choix que les Nantais firent de lui pour leur comte. ( Voy. les comtes de Bretagne. )
La passion d'augmenter ses états agitait sans cesse Henri et ne lui laissait point de repos. L'an n58, il obligea Thibaut Y, comte de Blois , avec lequel il était en guerre depuis quatre ans , à lui céder Amboise et Fréteval. ( Voy. les comtes de Blois. ) L'an 11 5o,t il (ait une expédition dans le comté de Toulouse , à dessein de s'en emparer , comme d'un bien , selon lui, appartenant à Ëléonore, sa femme. (Voy. les comtes de Toulouse. ) L'année suivante , il célèbre à Neubourg le mariage de Henri , son fils , âgé de trois ans , dit au Court -Mantel, et de Marguerite , fille du roi Louis le Jeune, âgée de sept ans, qui avaient été fiancés sur la fin de l'année précédente, et s'empare aussitôt de Gisors, de Neuchâtel et de Néaufle , trois places qui avaient été promises en dot à la princesse. Comme ces deux époux étaient trop jeunes pour consommer le mariage, le roi d'Angleterre avait obtenu sourdement une dispense de Rome pour le faire célébrer. Louis le Jeune, indigné de cette supercherie, recommence la guerre. Elle fut terminée en 1 163, par le pape Alexandre 111 , à son arrivée en France.
Henri, Tan 1168, cède à ton fils aîné la Normandie, le