RAOUL
i3att. Raoul accéda en bas âge au duc Ferri 900 père sons la réjgcuccdc la duchosse sa mère , qu'il perdit en i362.:L'an i33^r, il eut une guerre assez vive avec Henri IV, comte de Bar , qui lui refusait l'Hommage pour des terres mouvantes de son duché. Le roi Philippe de Valois la termina par un arrangement qn il ménagea en!. m» l«*s parties. Raoul, Tan i3£o', passe en Espagne, pour secourir Alfonsc XI, 10* de ( asi lle, attaqué par les Maures. Le gain de la fameuse bataille de Salado, livrée par ces infidèles, le '60 octobre de la même année , fut en partie le fruit de sa valeur. Un moderne lui fait aussi honneur de la prise d'Al~ gezire. Mais cette place ne se rendit qu'en i344 ? après un siège de trois ans , et Uapul étaù de, retour chez lui avant, que ce siège fût commencé. En effei, nous le voyous Accompagner , en , le rot Philippe Je Valois dans la guerre de Bretagne. Adémar, évêque de Metz» profita de son absence pour assiéger Château -Salins , place que la duchesse Isabelle, mère de Raoul , avait tait élever. Mais le prejal échoua dans cette expédition , et donna occasion à la guerre que le duc lui déclara à son retour. Elle dura plusieurs années y et unit, l'an i345-»P*r U médiation de «iean de Luxembourg,
3 ui obligea l'évéque à souscrire aux conditions qu'il plut au or de lui imposer. Cependant ei|e,ne fut point entièrement éteinte , et on la vit se rallumer sous le successeur de Raoul avec beaucoup de violence. Ce prince n'avait pas recueilli sans opposition la succession de son père. Marie, sa tante, fille du duc Thibaut IL, et femme de Gui de Chdtillon , seigneur de la Fère , prétendit (on ne sait pas sur quel fondement) avoir le tiers de la Lorraine. On fa entre elle et Raoul un teaité par lequel celui-ci s'obligea de lui payer pour ses
Prétentions une somme de treize mille livres, monnaie de ours , pour lesquelles, il hypothéqua les terres de Passavant et de Yal-Uoicourt. ( Ce dernier lieu nous est inconnu. ) Mais Raoul négligeant d'acquitter celte dette , Marie et son éppux l'attaquèrent au parlement de Paris, où ils obtinrent» le 10 juillet i344, un arrêt qui condamnait le duc à leur^myer la rente annuelle de deux mille livres jusqu'au remboursement iu capital. (Mss. de Briennc , vol 1.2 fol. 17. ) La. guerre se faisait alors avec une ardeur réciproque en/re l'iVngleteme et la France. J/an , Baoul va joindre le . roi Philippe de Valois , et mène avec lui l'élite de la noblesse. Cefte «mpagne lui fut aussi funeste que , glorieuse. Il fut tu«i
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le a6 aoèt à la bataille de Créci . après y avoir en héros. Son corps fut apporté à l'aobayc de Beaupré, 08 il fut inhumé. Il avait épousé en premières noces, Van 1329, Kléonore, fille d'Edouard 1, comte de Bar, ntorte sans enfants en r33a , et en secondes noces , vers Tan ï3!tyf Marie j>e Blois , fille de Gui de Châtillori 1 , comte de Blois.,- Celle-ci lui apporta en dot plusieurs terres considérables, dont la principale étail le comté de Guise, qui devint l'apanage des cadets de Lorraine; Raoul ne laissa d'elle qu'un
r..iiifu ' JEAN • ■ k • •
1 i34G. Jean I succéda, l'an r 346, à Raoul , son père , ô*am le duché de Lorraine. Il n'avait alors que six moisy suivait D. Calmet ; il avait sept ans, suivant le père Benoît : re que la suite des événements rend plus vraisemblable. La duchesse Marie, sa mère, eut, pendant sa minorité , la régeincé arec Frédéric, comte de Linange, qu'elle épousa en secondes noces. Cette princesse, courageuse et entreprenante , plongea la Lorraine dans de longues et ruineuses 'guerres, surtout c<
contre
l'évêque de Metz, qui se rendit maître à la fin de Château- Salins, qu'elle avait réfusé de lui vendre. Le roi Jean accorefo,
*l'an i354, au duc Jean, -une dispense d'âge pour gouverner ses états ( Vignier. > L'an i356, il combattit à la bataille^ Poitiers pour la France, contre les Anglais. Il y fit ries prodiges
.de valeur; et après avoir en deux chevaux' tués sous lui, iliat pris et emmené prisonnier eti Angleterre. D. Calmet nie ces prouesses, dans la supposition que le duc Jean n'était ptf encore dans sa douzième année. Mais des auteurs contemporains les attestent, et D. Calmet se trompe dans son calcul. Ce prince fut de nouveau fait prisonnier, l'an 1 364, * ta bataille d'Aurai , en Bretagne, où Charles de Blois, dont il était parent et allié, perdit la vie. Sa captivité ne fut pas de longue dùreev L'air 13657 il se rendit à la tête d'un corps de troupes dans ta
^Prusse ducale, pour secourir les chevaliers Teutomquès,cérttre Olgerde, duc de Lithuanie. Il eut la plus grande part à la victoire remportée *or ce prince, dans la plaine d'Hazéland , près de Thorn. Le duc Jean eut ensuite la guerre avec divers seigneurs dë ses états , qu'il réduisit. L'an i38* * il fit preuve "de valeur et détachement pour la France,* la bataille de Rosebecque, donnée le 17 novembre. Apprenant , l'^n <tne [\ç roi Charles YI était en marché avec son-armér^
BES DUC* Dt LÔRRATNE. 4«3
punir le duc de Gueldrc d'un défi qu'il avait osé lui donner t il vint le joindre avec le comte de Bar, à Grand-Pré. Mais il arrêta reflet de la vengeance du monarque , en déterminant le duc de Gueldre au parli de la soumission. Ayant accompagné Chai les VI à son retour , il découvre une conspiration formée contre lui-même en son absence , par les habitants de Neufcuile.au, qui joignirent l'insulte la plus marquée a la révolte* llrcvient en diligence, et fait pendre trente des principaux rebelles. Mais ce châtiment , loin de faire rentrer les autres dans le devoir». ne fit que les rendre plus indociles et plus mutins» S'étant pourvus au parlement de Paris, ils obtinrent différents arrêts contre le duc , et réussirent , par leurs accusations , à le noircir dans l'esprit du roi. L'effet de la calomnie ne fut que momentané. Charles reconnut bientôt l'innocence du duc à son égard. Il lui rendit non-seulement ses bonnes çrâces , mais encore l'hommage de Neufcbâteau, qu'il lui avait retiré. Les habitants de ce lieu , désespérés de se voir remis sous sa domination , réussirent à s'en affranchir» si l'on en croit quelques écrivains, em se défaisant de lui, par le poison. Ce fut, dit-on, son secrétaire qui se laissa corrompre pour commettre ce crime. Mais celte assertion nous paraît trop hasardée. Dans le vrai , Ton n'est assuré ni des circonstances, ni de la date de sa mort. Tout ce qu'il y a de certain» c'est qu'il mourut à Paris, entre le mois d'août i3p,n et le inois de mars de l'année suivante. Le corps du duc Jean fut rapporté à Nanci, et enterré avec grande pomne dans l'église de Saint- Georges , qu'il avait achevée. À ses obsèques, on Conduisit en offrandes à réalise, comme il l'avait ordonné , trois chevaux , l'un en harnais de guerre , , l'autre en harnais de joute , et le troisième en parement de tournoi , en signe que tout doit retourner à Dieu. Il avait épousé , vers Tan 1 36 1 , Sophie, fille d'Eberhard 111, comte de Wurtemberg (morte en i36o,) ^ dont il eut Charles, qui suit; Ferri, comte de "Vau iic mu n t , tige de la seconde branche des comtes de ce nom et Elisabeth , mariée, i°. à Engucrand de Couci ; 2°. à Etienne , duc de Bavière. Marguerite de ùiini , sa deuxième femme (décédée le premier octobre ion) , ne lui donna point d'enfants. Elle est inhumée à l'abbaye d'Orval. Les premiers anoblissements en Lorraine , datent du règne du duc Jean 1. -, t, ... . ,', « • , •
CHARLES I ou II, dit LE HARDI.
1^91 au plus tard. Charles, fils amé du duc Jean I, devint son successeur à l'âge de vingt-cinq ans. Peu de mois après sa proclamation , il partit pour l'Afrique, avec le duc de Bourbon, * a la prière des Génois. Ces deux princes , agissant de concert»
4©4 ctfhoNoLocri msTontQcr
mirent 1fc £êçê devant Tunis T dont ils fie purent se rr*k?re maîtres, battirent ensuite. iWméedcs infidèles, et revinrent après âvoif délivré fous tes enclaves chrétiens: L'an 1^9, Charles alla an secoors des chevaliers T eu toniques. Cette e*pé- 4MttClffl , Où' il prit en bataille rangée le duc de Lithoanic , qu'il envoya prisonnier au château de'Marienbourg, dnra pr*s de quatre an*. H remporta, Fan 1407 , une grande victoire suc les troupes luxembourgeoises de Louis, duc d'Orléans , frère du Tdi, jointes à relies des ducs de Bar , de JuHers, de Berg , des comtes de Nassau, de Salm, de Sarwerden, de Saarbruck, cjui étaient venues l'attaquer entre Lhampigneul et Nanei. Son attachement pour l'empereur Hubert , son beau- père, lui- avait attiré cette guerre. Vers le même tenus* il futeitéau parlement de Paris, pour repondre sur les plaintes qui furent portées contre lui par les habitants de Neufchâteau, non moins ennemis de ce prince , qu'ils l'avaient été de son père. Charles ayant1 refusé de comparaître , la saisie fut ordonnée , et en conséquence , drs oHiciers furent envoyés pour arborer les panonceaux du roi sur le* portes de la viUe ^ en signe de matn-mise. Le duc les ayant fait arracher , porte l'insolence jusqu'à les attacher à la queue dt son cheval, se faisant honneur ue les tramer dans la poussière» Arrêt du parlement qui le condamne à mort , avec ses complices. Ce jugement, par la protection du duc de Bourgogne, dont le duc de Lorraine était pari isan ) n'eut aucun effet pour lors. Edouard, duc de Bar, ayant fait, l'an 1412, une invasion dans la Lorraine , Charies le repousse avec le secours de Bernhart , marquis de Bade. (Schoepflin , Hùt. Zarinsho-Bûd.i tom. il, pag. 96. ) Le duc Charles accompagna, la jnëtne année, le roi de France au siège de Bourges. Au refour de cette expédition , il se rend à I*aris. Jean Juvenal des Ursins, avocat du roi , l'aperçoit , comme il est présenté au monarque pat le duc de Bourgogne. 11 élève la voix, et demande qu'il soit livré au parlement, pour en faire justice. Le 'duc de Lorraine f étonné de cette fermeté , tombe aux genoux du roi , et le supplie, la larme à l'œil , de lui pardonner. Sa grâce lui accordée, et le parlement l'entérine. ( Pasquier.) L'art t4r^*
après la mort du connétable Bernard (r) d'Armagnac, il est revêtu de cette dignité par la reine Isabelle de Bavière. Mais, i'au i4*4, 'I en est dépouillé par ie roi Charles VU, pour n'avoir pas été légitimement institué. L'an i43i ^n- $«•)» je
duc Charles meurt ie n5 janvier, et est*nterréà Saint-<ieorgesde 2*anei. 11 eut de Marguerite ut Bavière, fiHe de l'empereur
<i) £t»oo pas CWies, comme port* l'éfliUofc des B*é*kfiai.
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DES DUCS DJB LORRAIN 4ô5:
Uobert v qu'il avait épousée l'an i3y3t deux fdi, morts eo bas âge, et deux filles, Isabelle, mariée, l'an i4ao» a René d'Anjou , qui suit ; et Catherine , femme de Jacques , marquis de Bade. C'est de ie mariage que sortent les deux branches de Bade-Baden, et de liatje- Dourlach , toutes deux issues des anciens courtes de Zeringhen. Le duc Charles eut encore d'une maîtresse,, nommée Alix du Mai , trois (ils et deux filles. La jtutuu'e malheumne Attsott , dit une .ancienne chronique, elle faisait du du*: ce qu'elle voulait ; mort il fut, incontinent elle fut ptinçe fit mise sur une charette : par touz les quarts-forts de la *Uk ftU mince; on lui jettoit de C ordure au visage , secrètement on lu f it mourir, A i 'égard de la duchesse Marguerite , elle mourut en odeur de sainteté * l'an i4^4* Charles le Hardi, se voyant sans enfants mâles légitimes, avait fait un, testament par lequel il déclarait héritière de ses états. Isabelle , sa lille aînée ; et au cas qu'elle ne laissât point d'enfants, Catherine, sa seconde lille. pour assurer i eftet de cette disposition, il avait assemblé l'ancienne chevalerie, au nombre de quatre-vingt-trois personne V» qui déclarèrent , par un acte authentique, signé le i3 décembre i4aî>-> qu'au défaut de mâles, les femelles pouvaient hériter du duché fit seigneurie de Lorraine , et qu'en conséquence, après la mort de Charles, ils reconnaîtraient pour souveraine Isabelle, sa lille aînée, laquelle , venant à mourir sans poster» lé f «erait remplacée par sa sœur cadette.
RENÉ I D'ANJOU, ftiT LE BON.
i43 1. René 1 D'Anjou, duc de Bar, fils de Louis II , duc d'Anjou et roi de Naples, fut reconnu, du chef de sa femme, duc de Lorraine par 1rs états, après la mort et en vertu du tçsta«aent de Charles 1 + sori beau-père. Antoine de Vaudemont, iils, île AVcri et neveu de Charles , lui contesta cette succession, prétendant que la Lorraine était un fief masculin, ce que niait »on rival , et sur quoi les jurisconsultes étaient partagés. La môme incertitude régnait alors dans presque tous les états de l'Europe, sur le droit de succéder au trône : chose étonnante! on était neuf à cet égard , comme si ces états ne faisaient que de paître; et les peuples étaient les victimes de l'ignorance de. ceux qui devaient les éclairer, et de l'ambition des grands, qui en abusaient pour entreprendre <ie les subjuguer. Tel fut le. malheur de la Lorraine dans la querelle du comte de Vaude-rmont et du duc de Bar. Ils ne tardèrent pas d'en venir aux; armes, pour défendre leurs droits équivoques. Le premier ayant mis dans ses intérêts Philippe le Bon , duc de Bourgogne , ce prince lai envoya le maréchal de ïWon§e©n, qui joignit à sou
uigitiz
armée de Bourguignons, l'élite de ces compagnies d'aventuriers, dont le royaume était alors infesté. De son côté , le dû'c René obtint du ro. Charles VU , son beau-frère, un corps de troupes , commandé par le brave Arnaud-Guillaume de Barbara.!, lieutenant-général de Champagne et de Brie. Avec: ce' renfort , ,1 ravage le comté de Vaudemont , dont il assiège en,' sn.te la capitale. Mais, apprenant que l'ennemi vient au sicdurï de la place, ,1 interrompt , malgré les représentations de Ba^i bazan , celle entreprise, pour aller au-devant de lui. Les oèiii'
nrrnppc c 4"tn,t , ^ ^, , . . » : . i i », . , . ... .
armées s étant Rencontrées près de Bullegnéville, sur là Mëiisè" le a juillet i43i (,), René, encore contre l'avis de Barbazan * fait sonner la charge et engage, le combat. L'événêmeni né démentit pas et surpassa même le sinistre pressèntiment1 du && lierai français. Une batterie masquée , manoeuvre inconnu* jusqu alors, que i armée ennemie, en s'ouvrant , laissa jouer, termina 1 action dans l'espace d'un quart d'heure. Tout cei qu elle n écrasa point prit la fuite, a un petit nombre près. Bar-' iwzan remporta, du champ de bataille, des blessures, dont itî mourut quelques heures après. Son corps fut porté à Saint-' Denis, en irance, où l'on voit son tombeau. Le duc René!0 fut pnsonmer après avoir été blessé au visage, fut envoyé aiT duc de Bourgogne , qui le fit conduire au château de Brâcon-C sur-Salins, don il fut , la même année, transféré à Dijon . et1 « nferme dans la tour du château ducal , qu'on voit encore V jourd nui , et qu'on nomme la tour de Bar ou la tour du rof Jlene ( i785.) Le comte de Vaudemont ne sut pas profiter de; sa victoire : au lieu d entrer les armes à la mam dans la Lor-' raine, il convint avec la duchesse Isabelle , femme de René.* d une trêve qui fut prolongée à diverses reprises. Pendant qu'elle*' dora, la Lorraine fut administrée par six chevaliers de l'an-
s en rapporter à leur arbitrage .
touchant les prétentions réciproques des deux princes; et su
0) La date de cet événement et la posilion du , s . ,, «mue
sont marquées par les vers suivants : \ f
L'an mil quatre cent trente et un,
Beux jours après le mois de juin , :)ùU „ ^ouogiiicjia & fcnlre Sassuri et Beaufrémont, M yjn$t'n£&î An tome , comte de Vaudemopt , t ; / \
ta le maréchal de Bourgogne, 'îti* i
Gagnèrent la dure besogne Où le bon duc René fut pris
Avec plusieurs de ses amis. ^ ■> - ' XiûvsJ»
(^A^,tomelVfpa8,l5,f- ^
mS DUCS *E LORRAINE. 4<>7
leur refus d en connaître , l'affaire fut portée au concile de Bâle et devant l'empereur Sigismond. La décision de ces nouveaux arbitres fut en faveur de René , mais elle ne changea rien à son sort.' 11 avait obtenu, le premier mai i4'fo, son élargissement en donnant deux de ses fils pour otages , à condition de revenir dans sa prison , si dans le délai d'un an , il ne saccommo Jait pas av«»c son rival. L'accommodement n'eut point lieu, et tout le fruit que René relira de son voyage de Lorraine, fut le mariage convenu d'Yolande, sa fille , avec Ferri , fils du comte de Vauderuont; mariage qui dans la suite, comme on le verra, fil passer le duché de Lorraine dans cette maison. Fidèle à sa parole^ René revint au terme marqué, se constituer de nouveau prisonnier. Il l'était encore, lorsqu'en i435, le royaume de Naples lui éçhul par la mort de la reine Jeanne , qui l'avait institué son héritier. Celle fortune ne servit qu'a faire hausser le pr|x de sa liberlé. Isabelle , sa femme alla prendre possession pour lui de ce royaume, où il eut encore un compétiteur dans la personne d'Alfonse , roi d'Aragon. Enfin , Tan i436 , René obtient son élargissement vers la mi- novembre, moyennant une rançon de deux cent mille écus. (Voy, Philippe le Bon , duc de Bourgogne. ) L'année suivante , après avoir établi un conseil de régence pour la Lorraine, il part pour Naples, où de nouvelles disgrâces l'attendaient. Pendant son absence, le comte de Vaudemont fait des excursions dans leRarrois et la Lorraine, pour se venger du délai que René apportait à la célébration du mariage d'Yolande, sa fille, avec Ferri, fils du comte. René quitta Naules, l'an i44a , pour revenir en Lorraine, où il séjourna l'espace de trois ans. C'est dans cet intervalle qu'il reçut, Tan i444» k v*s*te ^u r01 Charles VU, et de son fils, le dauphin Louis, qui se rencontrèrent à sa cour, avec les plénipotentiaires du roi d'Angleterre, Henri VI , et de Guillaume de Saxe. On y agita plusieurs affaires importantes, dont la première fut l'accomplissement du mariage d'Yolande, avec Ferri. La chose réussit , enfin , par les soins du monarque français , ce qui réconcilia les deux beaux-pères. Les Anglais traitèrent ensuite de l'alliance de Marguerite , seconde nlle de René , avec leur souverain ; après quoi on conclut des ligues contre le duc de Bourgogne , dans lesquelles entra Guillaume de Saxe , qui avait des prétentions sur le duché de Luxembourg. Enfin, Charles Vil, à la prière de René , s'obligea de l'aider à réduire la ville de Metz, qui se prétendait indépendante des ducs de Lorraine. En conséquence ils allèrent ensemble mettre le siège devant cette ville. L événement de cette expédition fut que la ville resta dans son indépendance , moyennant la somme de deux cent mille écus , qu'elle paya au roi de France , pour les frais
4o8 Chronologie historique
de la guerre, et une quittance qu'elle donna à René, de cent mille florins, qu'elle lui avait piétés. De là le monarque et le duc se rendirent/» Châlons-sur-Marne, où la duchesse deltourgogne vint de son côté, dans le même tems, avec l'eveque de Verdun , pour demander au roi l'exécution de plusieurs article du traité d'Arras , auxquels on avait donné atteinte. Ayant obtenu la satisfaction qu'elle désirait , elle accorda , par une espèce de retour, la remise qu'on lui demanda pour Rent», de l'excessive rançon , que le duc, son époux , avait attaché à la liberté de ce prince. Mais elle mil deux conditions à cette grâce, dont la première fut que René céderait au duc de Bourgogne, ses prétentions sur Cassel, en Flandre, et l'autre, que le roi de France retirerait de Montbéliard sa garnison, qui, sous la conduite de Jacques hou haut, faisait des courtes funestes sur les terres de Bourgogne. Telles furent les opérations de la conférence deChàlons, dont l'époque est de Tan 1 44^- René quitta cette année la Lorraine, pour ne plus y reparais re, ou du moins que très-rarement. Son séjour , depuis ce tems , fut partagé entre Paris, Angers et Aix en Provence. L'an i453, il remet, le 26 mars , le duché de Lorraine entre les mains de Jean , duc de Calabre , son (ils aîné. René mourut le 10 juillet i4*o, à Aix , d'où son coros fut transporté à Angers. Il avait épousé en premières noces , le 24 octobre 1420, Isabelle, fille du duc Charles, morte le 27 février i453 (n. st. ), dont il eut Jean, duquel on vient de parler; Louis, marquis de Pont-à- Mousson , mort à l'âge de vingt ans, sans alliance ; deux autres fils, décédés en bas âge ; Yoiandc , mariée , comme on l'a dit, a Ferrî de Vauderaont ; Marguerite , femme de Henri VI y roi d'Angleterre. Jeanne de Laval, fille de Gui XIV, sa seconde femme, qu'il épousa le 10 septembre de Tan i4^4 * ne loi donna point d'enfants: elle mourut en 1 49^* (^°y« René, duc d'Anjou ; René , comte de Provence ; et René , roi de Naples. ) Le fut René qui mit sur les monnaies de Lorraine la croix à double^ traverse, qu'on nomme croix, de Lorraine,